Charles humann-la-nouvelle-jerusalem-d'apres-les-enseignements-d'emmanuel-swedenborg-paris-1889
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Charles humann-la-nouvelle-jerusalem-d'apres-les-enseignements-d'emmanuel-swedenborg-paris-1889 Charles humann-la-nouvelle-jerusalem-d'apres-les-enseignements-d'emmanuel-swedenborg-paris-1889 Document Transcript

  • ,11 NOUnUE JERU~nEM DAPRÈS Les Enseianements dEmmanuel SWÉDENBORG ----::=-:..:;~---SES PROGRtS DANS LE MONDE SES PRINCIPES DE DROIT DIVIN ETLEURS APPLICATIONS SOCIALES PAR C. HUMANN Avocat au Bar1eatt de Paris, ~~ « Vene:t et débattons nos droits, dit Jéhovah.» Esaïe, l, 18, PARIS AU DÉPÔT DES LIVRES DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM tl, lne Thouin (Panthéon) 1889
  • AVANT-PROPOS Ce travail est destiné à tous ceux qui nont ni le temps, ni loccasion de lire les nom­ breux ouvrages de Swédenborg. Nous en avons condensé la substance de manière à présenter lensemble des doctrines de la Nouvelle Jérusalem en un très petit volume. Nous espérons que sa lecture donnera à quel­ ques-uns le désir de recourir aux écrits origi­ naux de lauteur; nous avons donc indiqué avec soin les passages des éditions princep&J et de leurs traductions en français, que nous avons cru devoir citer textuellement, afin que chacun puisse en contrôler lexactitude. Nous avons continué cette étude par une petite histoire abrégée des progrès de la" Nouvelle Jérusalem dans le monde et qui forme la seconde partie de notre livre. La troisième partie a pour objet lexamen de quelques applications sociales des princi­ pes de ce nouveau droit divin au monde moderne, et qui semblent devoir être les conséquences de leur adoption. 1
  • AVANT-PROPOS Enfin une quatrième partie complète lou­vrage, en donnant une idée de la transforma­tion que ces doctrines produiraient dans lamanière denvisager les faits scientifiques,littéraires et artistiques. A la fin se trouve une liste bibliographiquedes principaux ouvrages scien~ifiques etthéologiques dE. Swédenborg} présentésdans leur ordre chronologique. La table des matières ne fait que repro­duire lordre des quatorze chapitres de lou­vrage avec leurs sommaires; les sujets ensont indiqués par une suite de numéros quifaciliteront létude: de,.,lensemble de ce tra·vail. _. ~- ... lW
  • INTRODUCTION La Nouvelle Jérusalem, qui a été prédite par Daniel et amplement décrite dans lApocalypse, la été suivant le langage des symboles et des mythes, qui est trop peu intelligible pour concor­ der avec lesprit moderne actuel; mais elle se trouve expliquée par Emmanuel Swédenborg, sous une forme rationnelle, qui tend à affranchir lidée quon peut se faire de la sainte cité de Dieu, du caractère mystique sous lequel la voient tons ceux qui sont trop exclusivement impressionnés par le sens littéral des descriptions bibliques. Lensemble de sa théologie se trouve dégagé, dans ses nombreux ouvrages religieux, de~ diffé­ rents texte~ bibliques, de manière à présenter une religion aisément applicable à tous les actes de la vie privée et de la vie sociale; cette religion estparfaitement adaptée aux progrès de nos idéesmodernes, qui sont trop souvent enrayées par destendances autoritaires et mystiques, lorsquellesne le sont point, par les tendances opposées duscepticisme. Les doctrines chrétiennes, présentées dans ca tesprit nouveau, ne peuvent manquer, tôt ou tard,davoir une influence très-grande non-seulementsur lEglise de lavenir, mais aussi sur les mœurs;elles auront aussi pour résultat dactiver, lasolution de la question sociale, dans le sens deléquité et de la justice.
  • II DlTRODUCTION Les principes de droit et de justice, proclamésen i 789 par la révolution française, re!lterontlettre morte, dans leurs applications sociales,aURsi longtemps que le niveau de la moralitépublique ne sera pas plus élevé. Or, ce nÎleau nedeviendra plus élevé que lorsquon reconnaîtraque la morale et la justice, bien loin dêtre indé­pendantes du sentiment religieux, en découlentnécessairement ; lorsque ce sentiment, dégagéde ses obscurités actuelles, cessera dêtre à létatvague, et revêtira une précision quil ne peut ac­quérir quà la condition de se présenter sous laforme dun ensemble rationnel de vérités pratiques.Celles-ci ne doivent donc laisser apercevoir au­cune contradiction dans leurs principes essentiels,mais doivent donner satisfaction à toutes lesaspirations du cœur et à toutes les exigences delesprit philosophique. Il est, par conséquent,très-important aussi, de dégager le sentimentreligieux de ses liens purement extérieurs avecdes églises particulières; il faut le séculariseret laccentuer dans ses formes utilitaires etsociales, car la religion et la justice sont sœurs, et elles ne soat fécondes, qUà la condition dêtre placées en dehors des partis politiques et danslindépendance la plus absolue. La révolution de 1789 reconnut en principe que la justice est dorigine sociale mais non pri­ vée; la justic~ vient de plus haut encore: elle est dorigine divine. Si tous les hommes sont égaux devant la loi humaine, cest parce quils sont égaux devant la loi divine. Le principe dominant est que nous sommes tous les enfants dun Père
  • UI INTRODUCTIONcommun, qui doit être accepté comme Dieu uni­que : voilà pourquoi nous sommes tous frères etvoiià pourquoi aussi la morale découle de la reli­gion; de plus elle se fonde sur la fraterBité :cest le même lien qui nous unit tous au Dieuunique. Mais pour pratiquer la fraternité et la justice,il faut une morale sociale qui dé<;oule dunereligion compréhensible à tous, et qui enseigne àtous la fraternité et ses règles; or, celles-ci nesont autres que les préceptes de la justicesociale. La France a fait un grand pas devant lhuma­nité en proclamant les principes de f 789 dontelle célèbre cette année le centenaire. Elle enferait un de plus, en popularisant les doctrinesreligieuses quelles quelles soient, doù ces prin­cipes découlent rationnellement, mais qui sontincompatibles avec lesprit sectaire qui seul en­tretient les rivalités, aussi bien entre les hommesquentre les différentes communions chrétiennes. Cest le sentiment religieux de léquité ou delégalité fraternelle qui impose le besoin de dé­velopper la production des richesses sociales, demanière que tous aient drait à lexistence et trou­vent dans la satisfaction de ce droit des débou-:­chés pour un travail suffisamment rémunérateur,assuré à tous. Mais pour que la justice sétablisseparmi les hommes et les protège dans laccom-:­plissement de cette grande tàche, il est nécessaireque le sentiment religieux oppose des bornes au~passions et à légoïsme des intérêts individuels. Parexemple,cest le sentiment religieux de la fraternité
  • IV lNTRODUCT.ION etde:la justice qui soppose à ce que le bon marché des produits de consommation continue à sobtenir aux dépens de la vie des ouvriers ou par la ruine des patron8, au lieu de 3obtenir par le perfec­ tionnement de loutillage et de la main-dœuvre. Il est donc nécessaire de se mettre avec ardeur à inculquer à tous les véritables lois du sentimentreligieux de fraternité et dhumanité, pour réta­blir les bons rapports entre gouvernants et gou­ vernés, riches et pauvres, patrons et ouvriers, etc. Or, pour cela, il faut une morale qui fasse appel par sa seule évidence à lajustice et à la conscience de tous; une morale qui se dégage delle-même par le seul bon sens dun sentiment religieux éclairé, mais non plus aveugle et mys­ tique. Cest dans les enseignements de la nouvelle dispensation quon retrouvera cette religion laïque et anti-sectaire, qui doit réveiller les consciences les plus engourdies, et leur montrer combien sont aveugles ceux qui prétendent que toutes les religions indistinctement sont filles de la superstition et de lignorance. En réalité, la superstition et lignorance ont été les seules causes de leur décaden<:e. Cel~e-ci sest accentuée de plus en plus, cl mesure que les hommes ont abandonné et méconnu les prin­ cipes originaires au nom desquels ces religions avaient eu droit de cité parmi les hommes. Emmanuel Swédenborg admet avec tout le monde moderne quune religion na sa raison dêtre quautant quelle reste fondée sur lamour de Dieu et du prochain. Lhomme, selon lui,
  • INTRODUCTION vnest le prochain que suivant la qualité dubien qui, chez lui, procède du Seigneur; et,comme le bien est le prochain, lamour est leprochain, car tout bien appartient à lamour. Or,le prochain est non-seulement lhomme dans lesingulier, mais cest aussi lhomme dans le plu­riel; en effet, cest une société petite et grande,cest la famille, cest la Patrie, cest lEglise, cestle Royaume du Seigneur : voilà le prochainauquel on doit faire du bien daprès lamour (i). Swédenborg explique la raison dêtre des hi8­toires les plus incompréhensibles de lAncien etdu Nouveau Testament; il leur donne un sensparfaitement clair et sadaptant à la (:onceptiondun Dieu juste et miséricordieux. Il nous pré­sente lenseignement des sociétés humaines parDieu, comme celui dun Père qui instruit ses en­fants dune manière dans lenfance et duneautre manière quaRd ils sont arrivés à la matu­rité. Swédenborg nous montre que nous sommestous solidaires dans le présent au point de vuedes progrès religieux, politiques et sociaux, et ilnous fait voir, daccord avec la science moderne,que lhistoire passée des sociétés humaines, tientcomme par un enchaînement des plus logiques,à leur histoire à venir; celle-ci sera leurcouronnement et la coaclusion naturelle des hautes destinées auxquelles lhumanit6 future estappelée. Voir les numéros 88 à 91 de (l La Nouvelle Jérusalem etde sadoctrine céleste.» - Traduit du latin par M. Le Boys des Guays.3 édition. Paris 1884. Librairie Swédenborgienne.
  • PREMltRE PARTIEti N~UVEttE JÉRU~itEM Dapres les Enseignements dE. SWÉDENBORG ~"--- CHAPITRE 1er CARACTÈRBS DE LA VOCATION DE SWEDENBORG SOMMAIRE1. Sa phil()sephie et sa science. - 2. Sa doctrine de la 8érie. - 3.Se8 découvertes Rcientifiques.- 4. Sa do.... trine de la forme. - 5. Le spirituel nest pas un natu­ rel plus pur. - 6. Il Y a des vérités qui ne peuYelt être connues que par la Révélation. - 7. La nouvelle ère chrétienne annoncée par Swédenborg. - 8. Carac­ tère rationnel et non olul!! mystique de ce nouveau règne du Christ. - 9. Le~ enseignements de la nou­ velle Jéruilaldm étaient déjà révélés dans les saintes écritures par certains passages du sens littéral, épals ça et là, ou non encore réunis en corps de doctrines. - 10. Les sciences naturelles servent aussi de moyen dintroduction dans la connaissance des choses spi­ ritu~lles. -11. Le spiritisme conduit lhomme non régénéré à laliénation mentale. - 12. Les communi­ cations de Swédendol:g ave:: le monde spirituel nont dautre but que de compléter lexplication des textes bibliques. i. - Emmanuel Swédenborg vécut de 1688 à1771 et il ne commenca à écrire sur la théologiequaprès lâge de cinquante ans. La premièrepartie de sa vie a été consacrée à la publicationdouvrages scientifiques qui avaient suffi à lerendre célèbre non pas seulement en Suède, sapatrie, mais dans lEurope entière. Dans ses
  • 2 CARACTÈRES DE LA VOC.lTION DE SWÉDENBORGécrits scientifiques, il se propose darriver à laconnaissance des vérité:3 spirituelles, en allantdes choses visibles aux choses invisibles; il con­sidère les vérités scientifiques comme des signesreprésentatifs des vérités spirituelles et commeun moyen dintroduction vers celles-ci. Sesécrits scientifiques SOë,t comme une préparation etmême comme une introduction à ses œuvres théo­logiques; ainsi, dans l/Economia re,r;ni ammalispublié à Londres en 1740-41, et dans le Regnum.animale publié à La Haye en 1744-45, il se pro­pose de rechercher lâme, et détablir quelle estde forme humaine, la nature matérielle subis­santlattractioll de la vie spirituelle et se mou­lant pour ainsi dire sur celle-ci pour créer lec?rps physique et lui donner un semblant deVIe. Mais les théories philosophiques sont peu goü­tées des savants modernes, dont la grande pré­occupation est laccumulation des faits. Néan­moins Swédenborg, en véritable philosophe, nenpersiste pas moins à chercher le fil conducl e urqui doit guider, dans ce dédale de faits scien­tificlues, le sage désireux de dominer sa scienceet qui ne veut pas rester écrasé sous son fardeau.Il pensait que si les cieux racontent la gloire deDieu} (i) et peuvent nous révéler des faits scien­tifiques destinés à nous servir dmtroduction àdes vérités supérieures, cest à la condition dedémêler les doctrines qui sen dégagent et dontils sont lexpression la plus merveilleuse quonpuisse imaginer. Il voit donc dans toutes Jescréations de la nature un ordre admirable dont ilsagit de faire ressortir les lois. Ceci lamène à formuler la doctrine de la sériequi est le point de vue analytique et essentielle­ (1) Psaume XIX. 1.
  • CA.RACTÈRES DE LA VOCATION DE SWÉDENBORG .3ment scientifique de la nature, puis la doc­trine des formes qui est son point de vuesynthétique et esthétique, et enfin la doctrinedes degrés qui est son point de vue moral etphilosophique. 2. - La doctrine de la série lui fait reconnaî­tre que les parties qui composent toutes les subs­tances jusquaux pluspetites sont e~actement sem­blables à ces substances elles-mêmes. Le modedaction des substances ou des composés nest quele résultat grossi et comme lombre du mode dac­tion des parties qui les composent. Ainsi, la vési­cule pulmonaire est lunité du poumon; cette par­tie plus petite est en fait, un petit poumon; demême le foie est composé de petits foies. Nos organes obéissent comme les astres a.xlois organiques des nombres; les formes les pluspetites ou les premières son t des modèles desformes les plus grandes, car elles comprennenten elles-mêmes toutes les choses qui suivent enordre jusquau dernier effet. Chaque substance du règne animal, végétalou minéral, peut être divisée en ses moindresparties, sans perdre aucune de ses qualités ouattributs. Au contraire, plus grande est la réduc­tion dune substance en ses moindres partiesconstituantes, plus ses effets sont distincts, plusgrand est SOD pouvoir. Cette théorie des infiniment petits, fait pres­Mntir la doctrine dHahnemann qui a découvertque telles substances qui, dans la forme compo­sée, op.t une action à peine perceptible sur le corpshumain, produisent les effets les plus marquésaprès avoir été tritnrées, divisées et délayées. 3. ~ Elle conduit Swédenborg à créer des cu­bes, des tétraèdres, des pyramides et dautresformes cristallines par des assemblages diversdatomes de forme sphérique; cest pourquoiM. Dumas dans sa Philosophie chimique, le con­
  • " CARACTÈRES DB LA VOCUION DE SWÉDENBORGsidère comme le créateur de la cristallographieet il ajoute que les traités métallurgiques deSwédenborg sont des ouvrages classiques dignesdoccuper une place entre les traités dAgricolaet les meilleurs de ceux que lon ait faits de nosjours. LAcadémie des sciences a inséré dans sonhistoire des arts et métiers, la traduction de lapartie des ouvrages métallurgiques de Swéden­borg concernant le fer. Swédenborg publia en 1718 une Introductionà lalgèbre, et il enseigna le premier en Suède,le calcul différentiel et intégral. Il publia lan­née suivante un ouvrage sur le s~stème décimaldes poids et mesures, qui eut une seconde éditionea 1795; il expose dans ce livre les raisonsmêmes qui ont fait adopter plus tard ce systèmeen France et dans dautres pays. Il fit imprimer en 172t son Prodromus prin­cipiorum, un essai sur les principes des chosesnaturelles; cest dans cet ouvrage quil proposepour 13 chimie, une nomenclature qui a quelqueressemblance avec celle qui fut acceptée plustard en France et dans tous les pays. Avant Priestley et Lavoisier, Swédenborg éta­blit quune atmosphère pure et séche est un com­posé de deux parties con~tituantes qui sont com­binées dans .:les proportions inégales; que lélé­ment qui est en plus grande quantité éteint lacombustion, et que Lélément qui est en moinsgrande quantité, est une partie constituante deleau aussi bien que de lair. Avant Priestley et Lavoisier, il disait que leauest une substance composée de deux élémentsquil désigne clairement; enfin il reconnait quela terre nest pas un élément ni une substancesimple comme on lavait cru jusqualors. Avant Lagrange, Swédenborg expose claire­ment la doctrine du mouvement des étoiles, lelong de la voie lactée, leur mouvement diver­
  • CARA.CTÈRES DE LA VOCATION DE ~WÉDENRORG 5 geant vers le nord, et leur mouvement convergeant vers le sud, ce qui est une des plus grandes vé­ rités de lastronomie moderne. Avant Laplace, il avait aussi essayé de démon­ montrer que les mouvements des planètes étaient déterminés par laction du soleil les entrainant dans une atmosphère éthérée; et avant Buffon, il avait parlé de la génération des planètes par le soleil. Le marquis de Thomé affirmait en 1785, que Buffon sétait servi de lhypothèse de Swé­ denborg sans indiquer la source où il lavait pui­ sée. Le marquis de Thomé a encore établi que Swédenborg avait présenté une théorie complète de la formation du monde par laction de lélément magnétique, et il ajoute dans le Journal encyclo­ pédiqtte du 1er septembre 1785, (TO!. YI part. 2.) quil avait dès 1720 fourni une théorie complète1 du magnétisme terrestre. Avant Faraday, Swédenborg avait encore dé­ couvert quelques-unes des lois qui régissent le magnétisme terrestre; ainsi lidentité des courants magnétiques et des aurores boréales; de même il avait montré que la position de léquateur ma­ gnétique était différente de celle de léquateur géographique. Dans la première période de sa carrière scien­ tifique, Swédenborg sétait occupé de mathéma­ ques, de physique, de chimie et surtout de minéralogie ; il consacra ensuite dix ans de sa vie de 1736 à 1745 à létude du règne animal et il publia des ouvrages danatomie. Swédenborg présente alors des vues nouvelles sur bien des organes du corps humain: ainsi, il signale le premier, le mouv.ement propre du cer­ veau et il décrit le trou de Mouro, ou le passage entre les deux ventricules latéraux du cerveau. Du cerveau, nous dit-il, provient ce qui fait la vie intérieure du corps, et du poumon, ce qui fait la vie externe. Il découvre aussi le premier
  • 6 CARACTÈRES. fil!: LA VOCATION DE SWÉDENBORGlendosmose et lexosmose, ou la perméabilité desmembranes aux fluides. En ce qui concerne le sang et sa circula­tion, les mMecins sont daccord pour penserque depuis Harvey, rien de plus original navaitparu su~ cette fonction, surtoui pour ce quiregarde les rapports de la circulation de la lympheet du fluide nerveux. Il a devancé Dumas sur lavitalité propre des globules du sang, et surlanalyse de ses divers éléments. De plus, ilprétend que le fluide nerveux est comme lâmedu globule du sang rouge, et que ce globule tientdes qualités de lâme et du corps, et est aussibien esprit que matière. 4. - Cest ce dernier genrf1 détudes quilamène à préciser dune manière plus complèteque dans ses précéde~ts ouvrages, sa doctrinedes formes; celle-ci montre lévolution de la na­ture sélevant progressivement.i usquà des créa­tions qui se rapprochent de plus en plus de laforme humaine. En fait, dit-il, le corps humai.est la réalisation dune géométrie transcendanteet toutes ses opérations ne sont que lapplicationdes lois mathématiques supérieures. La nature est purement mécanique dans sesmouvements; il en résulte que tout plan danslequel elle apparait, en partant du minéral pourarriver jusqUfi lhomme, est caractérisé par unmouvement qui dessine gé0métriquement unefirme particulière. Tous les mouvements du règne minéral sontangulaires comme on le voit dans les cristallisa­tions ; cette forom! angulaire est terrestre et cor­porelle. La seconde forme et la suivante enmontant, est la forme cir~ulaire ou sphérique, diteangulaire perpétuelle, parce que la circonférencedu cercle est la génératrice et la mesure de:i;formes angulaires. La forme encore au-dessus,est la forme spirale, qui est la génératrice et la
  • CARACTÈRES DE LA VOCATION DE SWÉJl)ENBORG 7mesure des formes circulaires; ses rayons et sesdiamètres ne sont pas recta-linéaires et ils neconvergent pas à un centre fixe dans le cercle;mais ils sont circulaires dune manière variée,et ils ont pour centre une surface sphérique;cest pourquoi la spirale est appelée aussi unecirculaire perpétuelle. Cette forme nexistejamaissans des pôles, un axe, des foyers, un grandcercle, des cercles plus petiots et leurs diamètres.Il y a encore des formes plus élevées comme laspirale-perpétuelle, proprement la vorticale, et laperpétuelle-vorticale. A cette description toute géométrique des for­mes dans leurs gradations ascendantes, Swéden­borg ajoute que les âmes humaines sont crééeset adaptées à la réception et à linflux de la formespirituelle; il venait de dire que la forme vorticaleest la plus élevée de toutos les formes naturelles,et que son centre dans le firmament nest ni unpoint, ni un cercle, ni une spirale, mais une gyrevo1"ticale, quil considére comme le commence­ment non matériel, mais spirituel de toutes lesforces actives de la nature. 5. - Mais il y avait ici un écueil qui pouvaitlamener au matérialisme, en lui représentantlâme humaine comme formée dune nature maté­rielle plus pure; il se met à labri de ce dangerpar sa doctrine des degrés qui complète la doc-­trine de la série et la doctrine des formes. Gettedoctrine des degrés éclaire dun jour nouveau laphilosophie de lhistoire de lhumanité, et ellenous montre que les deux mondes, le naturel etle spirituel, bien loin dêtre continus, sont conti­gus et en même tem11s opposés. La doctrine de la série et la doctrine des de­grés, combinées avec la doctrine des correslion­dances et des représentatifs, montrent en effet,quil y a seulement des concordances ou de sim­ples analogies entre la création matérielle et la
  • 8 CA:RAfIlTÈRES DE LA. VOCATION DE SWÉDE~BORGcréation spirituelle, mais que les deux mondes80nt opposés, et par suite absolument distincts etséparés; ils sont comparables à deux plans pa­rallèles qui ne peuvent jamais se confondre, au­trement leur contiguité, leur parallélisme ou leurcorrespondance cesserait immédiatement. Les­prit, principe actif, peut il est vrai. pénétrer lamatière, élément passif et inerte, mais jamais lemonde de la nature matérielle ne peut pénétrerle monde spirituel. Dans le Re,gnum animale et aussi dans la Clefhi~roglyphzque, ouvrage posthume publié par sondiscipleHindmarsh à Londres en 1784, il pose labase de ce quil appelle 0: la science des corres­pondances, » ~cience quil développe plus am­plement dans ses ouvrages théologiques. Lexamen des doctrines chrétiennes de Swé­denborg nous amenera naturellement à lexplica­tion de la science des correspondances et nousdonnera loccasion de formuler la doctrine desdegrés qui repose uniquement sur les notions defins, de causes et deffets. 6. Dans ses écrits théologiques, qUl furent pu­bliés seulement à partir de lannée 1749, il adoptecomme principe dominant les vérités révéléespour en tirer toutes les déductions logiques, etainsi rendre accessibles à lentendement humaintoutes les doctrines de la foi en les présentantsous une forme rationnelle. Il y a nous dit-il.des vérités au-dessus de la raison humaine, etcomme telles, elles ne peuvent être connues deshommes que par une révélation divine; par exem·pIe, cest la Révélation qui nous enseigne lexis­tence de Dieu, celle du monde des esprits, ainsique le principe de lunité de Dieu, de sa toute­Puissance, de sa Toute-Présence et de sa Toute·Science. Ce sont bien là des vérités an-dessus dela raison humaine, et qui échappent à toute in­vestigation scientifique; mais elles ne sont nul­
  • CAHACTÈHES DE LA VOC>..TION DE gVJtflENI30IG 9[ement contraires à la laisoll, car 011 peut en dé-duire tout un enchaîuement. dn conséquences, etmême tout le CMpS du clroit divin, cest-~-dire,une leligion démontrée, Bien loin dêtre contraires à la raison, RUCf: per- dent Jeur caractère my:stiquc, ,l, me~ure que grâcea ux progrès de Jesprit humain, el 1er, peuyclllétro comprises rationnellemnnt, ct confirméesscienLifiquemeut. Il fiC faut pas en concluce quele ratioualisme soit destiné à être substitué auchristianisme, C:Jl ce nest pas ici la raifou seule(jli est le poiut de départ du raisonnement, maisla vérité révélé" ; or, il suffit que le christia-nisme soit pré~rllt.é sous llDO forme rationnellepour pouYC1ir saclaptcr au génie modellle. 7, .- SWédcnlJolg nous dit l!<ns ses OUVlagfsthéologiques, 0.t il dit aussi dans une lettre adres-sée à sou ami, Je Dr Bartleyque sa vic spirituellea été ouverte durant la vic de son corps naturel,à partir de lannée 1743, et quil a rcçu du Sei-gneur, la mission dexpliquel;a BiLle et les vraiesdoctrines chrétiennfs qui y sont renfermées; (;eslIoctriJles Ile pouvaient être mises ell lumièreavant que les temps du second Avé:1emeilt duPils de lbomme ne fussent arrivéR. Il est ainflÎ parlé de co s~~eond Avènemellt d::lnsle chapitre XXIV, verset ;30 de lévangile de Mu-thicll: « On verr:l. Ir. Fils de 111Ornme venant dansles nuées du Ciel avec puissance et gloim. » Ilfaut entendre par Jes nuét:s du Czel, la Parole dansle sens de la lettre, parce que la lettre c.ache sou-vent la vérité nue qui estninsi voilée pal la nuée;et par la puissance et la ,qloiJc dans lesquellesle Seigneur doit venir, il fin,t entendl0 le sensspirituel de la Parole. Le second Avéllemeut lIuCbrist qui doit coml1lencer lère de la seconlleéglise cbrétienne, dite Nouvelle Jérusalem, estclonc un Avén(ment non pas en personne, commeon le croit généralement, mais un Avénement 2
  • la CARACTÈRES DE LA. VOCATION DE SWÉDENBORGdans la Parole qui procède de Lui, et qui seracomprise dans son sens spirituel. Lorsque Swédenborg faisait la description dece quil a vu dans le monde spiritueC sous le ti­tre de « Mémorables, » il rédigeait en mêmetemps pour la Diète de n61, les mémoires lesplus estimés sur les finances de la Suède. Lou­verture de sa vup· spirituelle, navait donc nulle·ment Dui à f:es facultés naturelles, ni à :a hauteconsidératian don t il jou issai t dan s sou pays. (1) 8. On fl6lut ajouter quo S·wédcDborg no Illit ja­mais en avant ses communications avec lemondespirituel, ~ommc prouve de la vérité de se::; doc­ trines. Bien loin de là, il affirmait que toute con· version ou adhésion à des yérités non velles fon·dées uniquemen~, sur des faits surnatur€ls, qui frappent limagination, se dissipe hientôt; etil enseignait que pnrtout où la vérité nest pasaimée pOlir elle-même, et recherchée pOlir ullebOllne fi n, elle ne peu t être rép. llamen t reçue; aucu Il témoignage externe, ou caractère surnaturel ~;e peut produire la conviction dans un esprit chezlequel elle ne se roc()mmande pas par son ()vi­dence intérieure comme véridique et raisonnable,On ne doit ùonc pas cOflsidérer Swédcnborg comme un mystique; cest, uous<lit·il, süllen1t~nt a lCC la ide de la raison et ell prcnan t lEcritu 10 sainte pour règle de foi, que nOllS clevons rejeter ou accepter les doctrines sOIlI~.ises Ù not,o exa­ men. NOliS dirous donc quo SWt)(]8Ilbol,", doit nrus intéresser, uon pas parco quil a Vll cles esprit:", mais parce quiluous préseuto une explicaLion ra­ tionnelle de tout lens0.mblo des prilll:Ïpes du droit divin tels quils doi~:ellt <lLre acceptôs par Essai su, la hal/sse et la(1) Il avait déjà publié eu 1721, sonbaisse des cows publics de Stockholm; il Y fnit une critiquetrès vive du papier-monnaie; loUTage fut rèimprimè cn 1771,
  • elARACTÈRES DE LA VOCATION DE SWÉDENRORG 11le christianisme. De plus certains hommes ontpu enrichir le monde de certaines vérités, maisnous nen connaissons guère auxquels il ait été donné den embrasser lensemble. On ne peut pas considP.rer Swédenborg commeun réformateur, mais on doit le cODsiàérer, et onfinira par le recon naître, comme un porte -voixautorisé, cest-à· dire, comme le hérault de lanouvelle ère, ou de la nouvelle dispensation, dontil a publié les doctrines, et tracé les caractèresprincipaux. Il ne fut en réalité rien de plus, etil ne voulut être rien de plus, car il se contentadécrire ses explications de la Bible, laissant àceux qui les adopteraient dans lavel1il, toute li-berté pour organiser le culte de la nouvelle Eglisesous la forme qui leur paraltrait la mieux adap-tée à son esprit. 9. Swédenbolg nom, dit quaprès le second Avé-nement du Christ, on pourra écrire sur le fron-tispice du Temple: Nunc licet. pour annoncer aumonde, quil est permis maiutenant de pénétrerpar lentendement dans tous 1eR secrets de la Pa-role, et cela, parce que les doctrines chrétiennesforment une chaîne dé vérités, que le Seigneura eu soin cie révéler dans certains passages de lalettre même. En dautres tErmes, dans la ncuvelleEglise, lentendement ne doit plus être mis SOIISlobéissance de la foi, comme dans les églises dupassé; de plus, les parties doctrinales de la Pa-role doivent être puisées directement et pleine-ment dans son sens littéral, car dans ce sens, ditSwédenborg: « la Parole est comme un hommevêtu dont la face est nue et dont les mains sontnues; toutes les choses qui appartiennent à lafoi et à la vie de lhomme, ainsi que celles quiappartiennent à son salut y sont nues; mais tou-tes les autres sont vêtues; et daIJs plusieurs en-droits où elles sont vêtues, elles sont vues à tra-vers leur vNemènt, comme oa voit une femme à
  • 12 CARACTÈRES DE LA VOCATION DE SWÉUENBORGtravers une gaze légère placée devant sa face ~ (1) 10. Swédenborg écriv3it à son ami Œettinger,le11 novembre 1766, vingt et un ans après avoir reçule don de communication avec le monde spiri­tuel, quil avait été choisi afin de mettce au jourlenseignement des vérités spirituelles sous uneforme rationnelle. Il ajoute dans cette lettre, queles vérités spirituelles ont une correspondanceavec les vérités naturelles parce quelles se ter­ minent et se reposent en celles-ci. Il finit en di­sant que cest pour cette raison quil a été intro­duit par le Seignenr, dabord dans les sciencesnaturelles, et que de cette manière il avaitété préparé de 1710 à 1744, lorsque le Ciel luifut ouvert. Chacnn est introduit, dit-il, par le moyeu des choses naturelles dans les choses spirituelles, car lhomme naît naturel, par lédu­ cation il devient moral, et après la régénération, il devient spirituel. « Lhomme doit commencer, dit-il, (2) par :es scientiqques qui sont les vmis (vera) de lhomme naturel, et ensuite p:u les doctrinaux qui sont les vrais de lhomme spirituel dans son homme uature!, afin dêtre initié clans lintelligence et la sagesse, cest-il-dire, afin dentrer dans la vie spi­ rituelle daprès laquelle lhomme deï ient homme.» il. Dans plusieurs passages de ses écrits, Swé­ denborg dit que la vue spirituelle peut être ou­ verte sans préjudice, mais exceptionnellement chez certains hommes, lorsque Dieu le permet, et lorsquil a préparé pour cela lhomme, en le mettant à labri des dangers de cette communi­ cation avec les esprits infernaux qui ne cher­ chent qUà le tromper et à le rendre aussi méchant queux. (1) Vera ChIistiana Reli,gio; Amsteloclami 1771,. Voir latraduction de M. Le Boys des Guays, au n 229. (2) Arcana Cœlestia, Lonclini 17M;-.1758 V.la traductionde M. Le Boys Des Guays, au n 3i26.
  • CARACTÈRES nE LA VOCATION DE fWÉDENBORG 13 Bien loin cl encourager ce que, de nos jours,on appelle liJ spiritisme, il disait il son ami Rob-sahrn qui lui demandait si daulles que lui nepouvaient pas jouir du commerce avec les es-prits, ~ Prenez garde, cest un chemin qui mèneà lhopital des fous. » - Les se:nblables attirentleurs semblables; cest en vertu de cette loi quelhomme actuel, qui est plongé dans un amourexclusif du côté externe des choses, et qui nestpoint régénéré, ne peut entrer en communica-tion quavec des esprits qui sont également danslamour exclusif des cho.ses externes; tels sontles esprits infernaux: ils ne cherchent quà per-ciro les hommes en les induisant en erreur. 12. Il est important de rema.rquer queSwéden-borg- na pas eu, et quil ne professe pas davoirGU des visions proprement dites, telles que ~esprophètes les ont eues; mais il a eu des entre-tiens avec les esprits et la facul té de ~oir ce qui~e passe dans le monde spirituel. Ses conversa-tions a vec les esprits, tantôt bons, tantôt mauvais,et les témoignages quil nous apporte de ce quila vu dans le monde spirituel, nont dautre butque dexpliquer les tex les bibliques. Ce ne sontdonc pas des visions figurati vos et représentati-ves de vérités spirituelles telles guon été lesvisions de Jean dans lApocalypse et les visionsdes Prophètes. 01. des ,,:isions simplement explicatives des textes de lEcriture saintr>, des commentaires de ces textes, Ile constituent que de simples ensei-gnements de vérités spirituelles, qui sont restéesgénéralement ignorées jusquà présent, parcequelles prO/iennent dun monde différent de ce- lui dans lequel se passe notre vie terrestre. Swédenborg (1) enseigne que les Prophètes, à (i) De Cœlo et Infemo.-- Londini ; 1758. Voir la traduc-tion do M. Lo Boys Dos Guays, au no 251.
  • 14 CARACTÈRES DE LA VOCATION DE SWÉDENBORGla différence des A!lCiens, qui étaient inspirés parun influx divin, ont dû écrire exactement ce que lEsprit leur a dicté, lors même quils nen com­prenaiflnt pas le sens. Les écrits de Swédenborg, on le voit, ne sont pas jestinés comme ceux des prophètes ou desautres é~:-ivains inspirés de Dieu) à être ajoutés;} la Bible, pour eo former partie intéglante, maisils sont simplement destinés à servir dintroduc­tion à sou étude, en la commentant et en la met­tant à la portée de tous il1distinctement) mêmedaos ses points les plus oLsculs. Hs sont, en ou­tre, destinés à servit aux hOlllmes de témoigna­ges des événements qui sc sont passés et qui sepassent dans le monde spirituel; sans la con­naissanc8 de ces événemeuts, la Bible, resteraitencore uo livre purement mystique) et indéfini­ment felll1é à liutelligen(:e des hommes, surtoutence qui concerne lejugement deroier, dont on aune iclée si tausse et si obscure, lorsquon accepteà ce sujet, seulement le sens littéral.
  • CHAPITRE IILES QU:.rRE ÉGLiSES DU PASSÉ DANS LEURS IlAPPORTS AVEC LÉGLISf<: DE LAVENIR SOMMAIRE13. La légende des quatre ùgeR du monde dans ses rap­ ports avec la croyance il lunité de Dieu.- H. Néces~ité (lun cinquielne ilge ou dune cinquième éRlise, qui suc ­ cede aux qnatre premières églises, et qui l~st do~tinée à ramoner lhumanité à une conception précise de lunittl de Dieu. 13. Les caractères de la vocation de Swédenborgayant été tracés dans le précédent chapitre, nousavons à examiner les doctrines pal lesquelles leséglises du passé se rattachent à léglise de lave­nil, cl ile Nou v€ lle Jérusalem, et présentent celle-cicomme leur conclusion dernière. Toute lhistoire de lhumanité peut être résu­mée en quelques ligues, lorsquon sait la dégagerdu sens spiritud des texte3 de lEcriture saintequi décrivent la légende des âges, et notammentde ce que le prophète Daniel dit cie la statue queNébuchadnézar vit en songe. Il y a dans le passé quatre types dEglises,ou quatre règnes différents de Dieu parmi leshommes lEglise dAdam, dite Eglise Très-Ao­donne, lEgli~e de Noé, dite E~lise Ancienne,lEglise Israélite et lEglise Chrétienne. Cesquatre Eglises supposerlt un lien social différentpOlll ch:lclJnü delles, plutüt quune Eglise parti- ­culière, ot ainsi un génie distinct et bien caract{l­risé dans ces quatre âges successifs des sociétéshumaines; ceux-ci répondent à lâge dor, à lâge
  • 16 LES QUATHE ÉGLISES DU PASSÉdargent, à lâge dairoin et à lâge cie fer, aiusiqualifiés clans la mythologie et pur les poètos delantil1uitô, Mois allCl1lle do (·{S quatre H"~vélati()n~ ou docos qlwtre Avénements du Spignollr, na surtipOUl nwintonir inl~lcte parmi les hommes, la<.:r()Y<1nC~1 à lin Dieu 1l1liq1lO. Do là 03t vonue lafin, ou la consommation de chacune de ceséglise", ot par suite lhumanité a été auLant clolois mCIl;lC:éI3 du péril duue iDtorrliptiou .d") Loutecornmunicatioll entlo 10 ciel 0t la terre, cost-3.­dire ÙU p(llil dr) la (:ossaLiulI do toute conjollctiol1de Dieu avec lholl1lllü. 14, Ce pôril [lIOVÎ()llt do ce que le monclo ter­restre est ia p(:p:nicrc cles cioux : il faut cloncquil y nit tOlljCIIni slIr la terr" Ulle {lglise assezjlroche de la v2rité, pour êtro suscoptilJl0 doxer­COI lino influenco divine, plus ou moin~ direc;Le,Il ne in fluoncc pro idcntielle SUI los sociétés h u­m:1Ïnes ct SIU tous les hommes indistinctement.LEglise du S(~igI18UI, nous dit S,védenborg, estp::JILOllt SUl le globo entiel" quoiquelle soit spé­eialollwnt où 10 Seigneul est lO~~OllllU ct où il yala Palo!o (1) Lhllm:1nité nn suit pas dans le COlllS dessiècks tl<:llItre loi qlle colle (IlIC suiL lhommeindividuel, qui passo pal les qualle phases deloofnnce, de ladolescence, cle lâge mür et de lavieillcsse. Ces vieissitudes pôriocliqllos des tempssont comille la répétitiou des quatre saisons ciolannée, ou lies quatre phases du jour: 10 matin,10 midi, le soir et la nuit: chacune de ces phasesse suit hiérarchiquement, comme les noLions dofin, de causo, deffet premier et deffet dernier.Cest ainsi, quen résumé, les sociétés du passése rattachent à celles du présent, et présentent (1) De nova lIieiosolyma et ejttS doct}ùta cœlesti, Londini1758. -- Voirla traduction de M, Le Boys Des Guays, au no 244,
  • DANS LEURS R.~PPORTS AVEC LÉGLISE DE LAVENIR 17celles cie lavemr comme leur conclusion der­nière. Or, la tendance de lhumanité à mesure quellevieillit, de même que tonte vieillesse qui tombeon (lécrépitucle, êst de sabandon ncr de plus cril>lus à lamollI des choses externes, à lexclusionJes vérités intérieures ou supérieures qui fontlâme et la vie des premières. Cet amour excessifdes externes caracténse lesprit du mal, cle·même que lamour des vérités interues caractériselesprit du bien. Il faut clone que lhumanité revienne graduel­lement par les influences providentielles dunedispensation nouvelle, 01 dun nouvel A.vùnementclu Soigneur, il lamour des vérités intérieures etsupéri0ures, sans oxclure pour cela soo zèle etses pmgrès dans les vérités de fait, externes etsciellti ti qnes. A cette cl)udition seulemollt, lhumanité trans­formera la décrépitude dont est. menacée savieillesse, en sagesse IlOuvèlle; et cest danscette transformation qui doit être lente et gra­duelle pl)ur resler définitive, que consistera laraison dêtre et la 111 ission de la cinquième Eglise,qui est ce!le cie lavenir, et qui, déjà, a commencéà succéder aux quatre :~glises précédemment nommées, qui SOllt les Eglises du passé. Cest da cette cinquième Eglise que Daniel parle aux chapitres II, v81set 44, et VII, v. 13, H; et cest delle quil est question dans lApo­ calypse, au chapit.re XXI, v. 1, 2. Elle se l~omme la « Jérusalem nou velle. "
  • CHAPITRE III. r;f:GL1SE IllTF; TRÈS-ANClENNE, SES DOCTRŒES ET SON JUGEMENT· DERNIER. SOMMAIRE15. Le, Ilir.n et le Vrai sont doués de vie, Cil tant qUilR vi vi fi"lIt les formc,; et lCD ctres qui ~on t lelm, vase,; récipionts. Le Vr"i e~t hl forme du Dilen, et constituil nol le yie 1(,,,110. Lalllour d Il Lien poude birm conRtïlua le i"ll Rodai d"D homm~,; de ltige (lor, dils • les filR du Ciel, ou • le::i CG!::ites. » - lG. Les sh: jours de la cr0alioll du lllOO!.];, 1igllrent la rogénération de lùme humainc ,,,~kYaul ;11l-,ksSlID dll pllr wllurnlislllP.­ 17. Le Bien ot II) Vrai ::iont d,~s snl.J~t;HIL:"~ soirituel1es non créa})l,s, lui Ùmllll)llt tiilectemont do J6hovah. - ,18. La éIla.l"ur et la Inluière s}Jiriluelle~, cesl-il.-dirl), le biln e~ Tai, Ollt pour foycr uUlio!eil spirituel pt pour corr,sp(,n<l;lIIL:e~ d;.ns le 1l10lU!O terrestre, 1.1 chaleur et la !umiére du soleil naturel. - 19. Lhomme uest qunn organe de 1:1 vie de! )ip.u. - ?O. Le ~olej] spirituel ([ l, ,ol,il Ilutlrd qni correspolI,.lent lun ù lalltrf. SIlII1 1oligille des COll"J~pondanc(:)~ ,les cr6ationR <11 nloll,lo n dllrd .1·UC les néatioTls du monr!r, spiri­ t lJ, 1. -- :2 L La i p. lamou l ot. la sagé~;o, le bien "1 le Hai, la ciwlollr et la lumière ne SOllt pas crèa­ })Ies. mais il ;1 (,lé (.réé des formes qui les reçoivent. -- 28. Linfini [;""t pas dans les espaces et les temps qui sonllls al tributs propres de la nature, mais il est lans le bien iltle vrai lui sont les attributs propres dc> 1:1 Toute-Puissance divin! ·toiL ils lirent leur SOlllce.­ 23. Le Seigneur ost l<lme du nlacrocosme ou très-grand hOlllllle. - :2/1. De la solioaritè. -- 26. Des nationalités. - 26. Linilnx divin. - 27. Autres conséquences de la doctrine qui el,seigne que linfinI est dans le bien et le Yl<li, mais non ,bns les espaces et les tempD. Lâme de jhomme c~t en parfaite forme humaine d son corps naturel nestque lenveloppede son corps spirituel.-28. Llime hUIllaine est immortelle, mais lùme animale eRt mortelle. - 29. Lu sagesse des lr-"s-Anciens comparée iL la science des modernes. -- 30. Larbre <In la scifnef du bien et du mal, et larbre de vie dans le jardin de la :;agesse dit Paradis tenestre. -- 31. Décadence do la Très-Ancienne Eglise, dite ùge dor. -- 32. La fin de ce premier monde eut lieu par un jugement dcrniCr. 15. - Les hommes de la première Eglise dite
  • LÉGLlSE DITE TRÈS-ANCIENNE 19Très-Ancienne, étaient nés dans lamoUl du bien,811 ce sen; qlle linstinct do lamour du semblableconstitua llne science tOllto formée en eux; maiscet amour instinctif qlli tut chez eux le bien dela volonté, ne soxerça dabord que sur les effetsnoturels ou extemes du bien et du vrai. Ils séle­vèrent ensuite progressivement :lu-dessus de cepur naturalisme e~l dégageant par la pel1sée lebien et le vrai des DJIInes v:lliées de lellrs appli­cations, et en les érigea[1t JI! principes non passeulement duminants Illais vivants. lis étaientdans lâge do lenfance de lhumanité, et par suitecomme au~ eniants, les choses inanimées leurparaissaiont c10IlU()S do vie. Ei! lualité, le Bienet le Vrai SOI!l cloués dt~ vic, ell taut quds viri­tient les follllCS 011 les êtres qui saut lours vàsesrécipients; ils saut au-desslIs de la raison humai­Ile, et ils constitu8nt la v9ritahle source de tOlitelumière et do tout pouvoir do la raison cn nOits. Le Vrai est l:.l callse de 101]t co f[lIe Ilons voyonsintellectuellemout el il a tout pouvoir Sllr nous,bien loin que lIOUS àYOllS le moindre pou voir surlui. Le Vmi est la forme du Bieu, et il est siréellement cette forme quil est impossible decomprendre le bien sans le formuler on vrai; cestainsi que le Vrai est la IUlllièro de la pensée, etle Bien en est la chaleur. Le Vlai ainsi envisagéest vivant; cest la véritablo vie J~ notre vie, lavéritableàrne do toutes nos actions et eutreprises.Il est dautant plus vivant que eous ne vivons quepat lui et daus lui, cest-à-dirè que nous ne vi­vons réellement que dans le monde des causes;ce nest que par les externes gue 1l0Ug vivonsaussi dans le monde des effets, mais leffet nexisteque par 13 cause; il nost quull rêve on quuneapparence par rapport il notre vie interne, tandisque la cause est la vie de notre àme, ainsi notrevie réelle. Aussi, par aimer le semblable ou le prochain,
  • 20 LÉGLISE l)lTE TRJ;:S-ANCIENlCEles lIès- Anciens en lendi len t, non pas laimerCIuant ,1 la personnG, llIai.s aimer le Bieu et leVrai ell lui; et par aimer le Seigneur, ils cnten­dir()llt 6g::l!ell1ent, llon pas laimer quant à lapersonno sfule!ncnt, mais aimer le Bien et leVnli clont il est la source unique. Cet amour cé­leste du bien pOUf le bien, une fbis greffé sur leurinstinet du Lien naturel, développa celui- ci etcar<1ctér:sa le lien socinl de ces hommes de lâgedor qui furent appelés" les fils du Ciel ~ ou ~ les Cél}stcs .• Etant liés dans lamour du bien,i1s se trouvaient el! communication directe et constante avec les soci()tés angéliques qui étaient dans le même :llnOilr. Les connaissances quils possédaient leur 6wiellt ainsi directement révéléas du monde spi­ litllol, parcQ quils étéJient dan!> la sagesse, et la science pOUl pratiquer cette sagesse leur était dOllnée par surcroît. En dautre::; termes, ils na­ Vai{~llt daLltre ~cien(~e que eelle qui découlait de source Jo leur l:ŒU1, ou qui leur était inspirée pal letIl sage~se même. 16. - Les onze prem iers chapitres de la Genèse Jécri von t dans li n langage en tièrement mythique, ces conquètes graduelles de la première humanité dans la sagesse, sous la figure des six premiers jours de la création du monde. Cesjoul~ désignent six périodes de cette élévation de lâme ilumaine vers son créateur. 11 est dit que Dieu créa le ciel ct la terre; cela revient à dire que Dieu régénéra lhomme intelOe et lhomme externe, en lélevant au-dessus du pur naturalisme. Le ciel est lhom­ me interne, la teree (-nt lhomme externe. Le septième jour figure létat de repos de lâme ré­ sultant de la conquête de cc bien célest0 qui donne à lhomme interne la domination sur ~on homme externe.(1) (1) Voir _~rr,aues célestes, tomes 1 et II.
  • SE8 l>OCTJ:U~ES ET SUN .1 U(ŒMEYI lJERNlE [{ 21 Les chiffres mentionnés dans la Genèse et clouton sost servi bien à tort pour fixer les dates dela création du monde, ou pour indiquer- les âgesdes personnages mythiques, dits patriarches,sont figuratifs.(i) 17. - En somme, les Très-Anciens observèrentque le bien et le vrai font impression sur lemental humain qui est la partie intellectuelle delàme, de même que la chaleur et la lumière phy­siques font Impression Sllr le corps, et les objetssur la vue de lœil. Ils se confirmèrent ainsi dansla pensée que le bien et le vrai ne sont point desêtres do raison, ou de pures abstraetious, maisquils constituent des suhstances spil ilucllcs dont proviennent toutes les essences des choses, etquils sont des émanations dire(~tos de Jôhovah,qui est seuL le Bien même, le Vrai mên1l, oulArnour même, la Sagesse même, en un mot, la Vie uni­que: quainsi ces substances spirituelRs Ile sont pas créables. Le Bien est réellement le feu spiri­ tuel doù dérive la chaleur spirituolle, olllamol[ qui réchauffe et vivifie nos corps physiques; et le Vrai éclaire nos pensées, de même que la lumière éclaire notre vue physique, 18, Ces substances spi ri tllel1cs lion cléablcs quon appelle le Bien et le Vrai, ont clonc pOlIT correspondances dans le monde terrestre la cha­ leu! et la lumière du soleil naturel. Or, ce Bien et ce Vrai émanent de ]a sphère qui entoure le la Soiglleur, et ils orrt pour foyer [ln soleil spiri­ t!lci dont notre soleil natllre! ost la correspon­ dauce terrestre. Cest du Bien et dll Vrai que procèdent la cha­ leur et la lumière spirituelles du moncle spirituel; celle chaleur et cstte lumière spirituelles ont pOUl réceptacles et contenants, les atmosphères du monde spirituel, de même quo la chaleur ct la (2) VoirAlcanes célestes, no 48.2.
  • 22 LÉGLISE DITE nü:s ANCIENNElumière du soleil naf.mel, ont peur réceptacleset contenants nos atmosuhères terrestres, àsavoir, daprès Swéclcn1Jorg, (1) laure, léther ctlair. Tout être li lrx.emple du S()igneur <:st le centredune sphèro d:émanation; 3 plus fortt~ raison,le ~ejgneW, lEIre Infini, principe originaire detoutes choses. Cest en raison de cette antiquecr(lyance, quïl (st dl! tr2ditioll dalJs les :lIlS, dereprésenter la fac0 du Seigr10llr CI1I()ur(~e dulle3uléole ou dun cercle de lumière. 19. La volonté est le réceptacle dn bien ou delamour, et lentendement est le r(~l;eptacle duvrai ou de la sagesse; le mariage d8 la volonté(~t de lentenclement ou du bien ct du vrai S0 rf~a­lise clans les actes; cest-ii-dire daus les œUHPSexternes, dites œuvres de d1arité qui caractéri­sent la troisième [ac.uIté de lâme humaille : lopé­ration ou laction. La volonté qui passe il lacteprésuprose un organisn;e vivant. Lcs montaIs humains ainsi constitnp.s par lavolonté et lcntend0rnent, sont lIe simples rèci­picDts dG ces rayons de chaleur et de IUlnièrespirituelles: il en r(~su1te qllo lhomme bi8n loindêtre par lui-même la vie, ainsi quil ie croitavant dôtlf~ réglqJeré ou avant !lêtre créé hommespiritw;l, nest :p,uu organe d0 la vin de Diou. 20. Le ~oleil spirituel vivilir> notre soleil natu­reL co(]slitlle son principe actif (1 celui de touteslos créations de la n~lturo qui, pal elle-mênw estinerte. Ces ~réations de la nature ne sont que descorrespondances et cles signes des créations dumonde spirituel. Cest en ace"rd avec cottP. trèsalltique croyance, quil est dit à propo~, du dfc!iude lEglise cl1rétlenn8. dans Mathieu XXIV, 29. « Aussitôt après lanIiction de ces jours, lesoleil sera obscurci ct la lune n0 dOllllèra plus (1) Vraze Rcli.r;ion chilitienne ; n" ~i2.
  • SES DOCTHINES ET SON .JUGEMENT DEH)lEH 2Hsa lueur, et les étoiles tomberont des CÎr·ux, ctles puissances des cieux seront ébranlées. ~ Lesoleil qui sera obscvrci sapplique au solpil spiri-tuel et sentend de lamour envers if; Seignelll ;la lll11e sentend de la foi en Lili; les étoiles scn -te"dent des connaissances du bien ot du vrai. Le soleil du ciel spiritllel représente donc leSeigneur; sa lumière est Je divin vrai et sa cha-lem est le divin bien. Les amospMres spirituellesvoilent la face du divin so.pil, comme les nungescachent souvent le nOtre afin <le tempérer lar-deur de lamour divin; comme le soleil matériel,il est le centre eornmun des êtres. Il est dit d::ms ~!aLhieu, ch3p. XVII, vers 2,:« Et Jésus fut transfiguré et sa !3Ce rcsplenditcomme un soleil.» La Parole clans S;1 Ldoire,eest-à-d ire, dans son sens spi ri tue J, est ici ropré-sentée pal le Seigneur, lorsquIl est transfiguré.Cet enseignement de la transfiguration du Sei-gneur peut donc encore servir il nuus ralllr~ncrft la croyance des Très--Anciens dans lexistencedu soleil spirituel; son opération dans nos men-taIs où il envoie cles rayons de l:J cbalcur (lnbien et de la lumière du vrai, nest autre quelEsprit Saint en nous. On peut tirer la mümoconclusion de f:crtains passages de lAncien-Tes-tament, et notamment dans Esaïo XIII, D-ll;Ezéchiel XXXII,7, 8; .Joël III. 15. 21. Pour hien ccmprendro lopération résul-tant de lunion de làme et du corps, ainsi que laeorresj)ond311cc qui existe entre le spirituel et lenaturel, il faut remarquer avec Swéclenborg (1) (lue « la vie, lamour et la sagesse, le bieu ct 10 vrai,la chaleur rt la lumière, ne sont pas cré>1bles,mais il a été créé de" formes qui les reçoivent. »Or, nos âmes sont cles formes qui les reçoivent,et en cette qualité, elles sont des substances spi- (1) Vraie Religion chrétienne U" 40,364,471, 4i2.
  • 24 LÉGLISE DITE THI~S ANCIRNNI: rituellas finies. Dans le sens de son étymologie, le mot substance (sub stm"e, être ou se tenir des­ sous) ne signifie plus lin élément malériel, mais le principe actif et unique qui vivifie les êtres ayant un corps matériel. La matièr8 nest que la forme externe et grossière, Jenveloppe de la substauce ou cie l(?.::;prit iui vivifie; et, par elle­ même, la matière est passive ct inertc~. Cest el1 preuant le mot i3Ubstallce d:11s l:C sens que Swédenborg (1) nous dit q1l0 les GhOS0S subs­ tan tielles son t les com men ce 111 ents des choses matérielles et que la matière est une aggloméra­ tion de substances; il dit aussi (2) que les choses matérielles tirent leur origine des choses spiri­ tuelles. Ainsi, la matière qui est faite originaire­ ment. de la substance émanant de Dicu, a crssé. une fois devenue matière, davoir qlloi que cc soit de divin en elle; elle peut néanmOinS recevoir ue nouveau courant de vie émanant de Dieu, dès lors quelle sect à constituer de nouvelles formes organ iques. On voit que dans les trois règnes de la nature les formes def; corps, de même que les goûts, les couleurs et les "deurs qui impres­ sionnent nos sens physiques, ne se produisent quen raison de ce que les biens el les vrais qui les expriment ainsi exté:ieurement, sont intô­ rieurement des substances spirituelles vivantes; celles-ri exhalent clone leurs (Iualités au dehors avec variations, SU1vant quclles sont modifiées par la nature originaire et la destination de~ ma· tières ou des formes qui leur servent de vases récipients. La matière elle-même reste, toutefois, morte comme précédemment, et elle napparait douée de vie que pal linflux divin qui la fait croI­ tre sous une forme animale, végétale ou même (1) Vraie Deligion ehléLienllc, n° 280. (2) Delitiœ Sapientiœ cle .·1 mo)c conjugiali. A mstelodam i 1768, N° 207.
  • SES DOCTRINES ET SON JUGEMENT DERNIER 25minérale. Létude des religions antiques, parti­culièrement celle des Ariens, nous montre aussique dans les croyances primitives, ce nest quepar une émanation de ~a propre substance queDieu engendre le monde. SwécJcnborg dit (1) que « les choses finies aveclesquelles Dieu a créfl lesprit <le lhomme sontdes substances spirituelles qui se trouvent dansle monde spirituel, et qui ont allssi été transpor­tées dans !Jotre terre, et y on t été renfermées;si elles nétaient pas en même temps avec lessubstances matérielles, aucune substance ne pour­rait être imprégnée par les intimes, ni par suitecroitre dune manière merveilleuse sans aucunedéviation depuis le premier jet jusquaux fruits, etjusquà de nouvelles semences .... Linfini ne peutcréer autre chose que le fini et lhomme étant fininest autre chose quune forme que linfmi peut vi­vifier daprès la vie quil a en lui-même; cest la cequi est entendu par ees paroles: J~hovah Dieutarma lhomme poussière de la terre et il soufftadans ses 1w1"ines une âme de vies. )) (Genèse II. 7.) 22. Linfini nest pas ailleurs que dans 10 bien etle vrai qui sont les attributs de la Toute-Puissancedivine, doù ils tirent leur source. Ces attributs di­vins sont aussi des qualités propres et inhé.rentesau monde spirituel, de même que les espaces et lestemps qui correspondent au bien et au vrai, sontdes qualités propres et inhérentes au monde maté­riel. Lhomme lui-même pense au bien et au vrai;il les voit dans les œuvres dart, où ils se traduisentpar la splendeur du vmi qui est le beau; il faitainsi la synthèse de lœuvre sans se perdre dans lesdétails de lanalyse, ou clans les idées despace etde temps, dès lors quil conçoit hien lunité de len­somble. A plus forte raison, Diou voit son œuvre (1) Vraie Religion chrétienne; no 470. 3
  • 26 LÉGLISE DITE TRÈS-A.NCIENNEentière, et y est Tout-Présent en dehors des espa­ces et des temps. 23. La croyance que le Seigneur est ainsi Tout­Présent en dehors des espaces et des temps, peut en­core résulter de cet ens~ignement de Swédenborg,puisé dailleurs dans lEcriture sainte, a savoir quele monde des anges et le monde des hommes, appa­raissent a la fois aux yeux du Seigneur, comme unseul homme, cest-iL-dire, en une forme humaine gé­nérale, quil nomme Gr::!:nd-Homme; on pourrait lanommer aussi Grand-Etre. Les anciens la nom­maient Macrocosme pour la distinguer de lhommeindividuel dit Microcosme ou petit monde. Observons que le Seigneur est lâme ou la vie dece Grand-Homme; de plus admettons avec Swé­denborg que chacun des membres de ce Grand­Homme, que chacun de ses organes, représententautant de provinces distinctes, autant de demeurespour des sociétés angéliques. Le génie particulierde chacune de ces Sociétés correspondra à lusageou à lutilité de lorgane quelles occupent et quisert en même temps au bon fonctionnement de la vie de ce Grand-Homme. Nous reconnaîtrons dèslors avec les anciens, quil existe une correspon­ dance entre lorganisme du macrocosme et celui du microcosme. Nous ne serons donc pas éloignés de chercher à tirer comme eux une infinité de consé­ quences, r~sultant de ce parallélisme entre la vie du Grand-Etre qui embrasse lhumanité entière, et la vie de lhomme individuel dit petit monde. 24. Or, la doctrine de la Nouvelle Jérusalem est que tous les hommes sont entre eux dans les mê­ mes rapports, que sont entre eux les différents or­ ganes du corps humain; quil est dans les lois de lordre que lhumanité narrive tt la perfection, quà la condition darriver ~t lunité, et que nous som­ mes tous, hommes comme nations, solidaires les uf!s des autres. Ceci est simplement exprimé dans lEcriture sainte par cet enseignement que les fidè­
  • SES DOCTRINES ET SON JUGEMENT DERNIER 27 les font le corps du Christ, quils sont en lui et quilest en eux. Tel était aussi le génie du langage antique: ilétait synthétique, parce que lhomme primitif vi­va.it par les choses internes plutOt que par les cho­ses externes; en peu de mots, on exprimait une in­finité de pensées que chacun comprenait et sous-en­tendait; mais de nos jours, il faut beaucoup para­phraser. Aussi, nos langues sont devenues analy­tiques à cause de notre besoin de tout préciser;nous ne voyons les extensions du vrai quà la con­aition de les formuler extérieurement avec tous lesdéveloppements possibles, et de mettre continuel­lement les points sur les i. Il en résulte que tousnos systèmes religieux ou sociaux, à force dêtreanalytiques deviennent sectaires, et séloignentde la vérité en voulant trop la fixer; or, celle-ci nesupporte toutes ces entraves externes quà la con­dition de pouvoir constamment se retremper danslesprit synthétique, et ainsi maintenir la sagessetoujours présente, au milieu de tout ce fatras scien­tiflque; cest-à-dire, rétablir lharmonie et léquili­hre entre les vérités externes et leurs origines quisont les vérités internes. . 2;,. Nous sommes tous, hommes comme nations,solidaires les uns des autres. et les nationalités exis­tent tout autant dans le monde spirituel que danslcmonde terrestre: chaque grande société du inondespirituel est comme une nation distincte, par celamême quelle est en possession dun principe qui ladistingue cles autres grandes sociétés ou nationali­tés. Toutes celles-ci dans leur ensemble forment leCiel entier dit Macro-Urane, quelles préfèrent à,elles-mêmes, et pour le perfectionnement duquelelles travaillent sans cesse comme nations, tout ense perfectionnant constamment tant au point de vuenational quau point de vue indiYiduel. Lhommeindividuel est destiné il (ormel un ll.ficro-Umne oupetit Ciel. Cc Ciel est en lui et non pas hors de lui.
  • 28 LÉGLISE DITE TRÈS- ANCIENNE Si lhomme individuel est un petit monde oumicrocosme, il est lui-même un univers entier ainsique nous pouvons nous en assurer par lexamende son corps; celui-ci est constitué de parties in­nombrables et infiniment variées qui correspon­dent aux parties innombrables et infiniment va­riées du grand monde ou macrocosme. Le monde terrestre est la pépinière des Cieux:il y existera donc toujours de grandes sociétés,correspondantes à. celles du monde spirituel, cest­a-dire des nationalités qui se distingueront les unesdes autres par des caractères particuliers et desusa$,es spéciaux auxquels elles serviront dans lin­téret de lhumanité entière. 26. On peut comprendre par ce qui précède, quele Seigneur influe chez les Anges du Ciel et chezles hommes, de même que lâme influe dans le corpsde lhomme; celui-ci nest lui-même quun organede la vie de Dieu. Il en résulte quil doit être im­possible au Seigneur de penser it un homme dansun sens isolé, cest-a-dire, autrement quau pointde vue de la place quil doit occuper dans le Grand­ Homme, car ce sera.it penser de lui faussement. « LEglise universelle sur la terre, » (1) dit Swe­ denborg, « est en présence du Seigneur comme un seul homme, mais lEglise où est la Parole et où par elle le Seigneur est connu, est dans cet homme, comme le cœur et le poumon; que tous les hommes et tous les membres du corps tirent par diverses dérivations leur vie du cœur et du poumon, cela est connu; de même aussi le genre humain qui est en dehors de lEglise où il y a la Parole reçoit de là la vie et constitue les membres de cet homme. » On peut encore admettre avec SwédenbQrg que si Jéhovah sest incarné sur notre terre, de prefé­ rence il, toute autre de lunivers, cest parce que les (1) Voir le Ciel et lEnfer, no 308, - Voir aussi la Vlaie Reli­gion Chrétienne no 268.
  • SES DOCTRINES ET SON JUGEMENT DERNIER 29habitants, de notre planète sont dun génie plus ex­terne que les habitants des autres terres de luni­vers, et que le Seigneur doit être présent dans lespremières de même que dans les dernières chosesde la nature. Cest pourquoi il est dit lalpha et lo­méga, le commencement et la fin. 27. Comment ne pas admettre une doctrine aussirationnellement déduite et si féconde en conséquen­ces utiles tt connaître? Cette doctrine nous amènecomme par la main à comprendre que le Divin doitêtre partout Tout-Présent, Tout-Sachant et Tout­Puissant; quil ne peut être dans les espaces nidans les temps, qui sont seulement les caractèrespropres à la nature matérielle; en réalité, les appa­rences des états correspondants aux états internesou spirituels du bien et du vrai! Il existe dans le monde spirituel une étenduespirituella ou substantielle, mais non point uneQtendue matérielle; « cest pour cola», nous dit Swédenborg, (1) « que les anges habitent entre eux,aussi séparément et aussi distinctement que les hommes pour lesquels, il y a une étendue maté­rielle. » Cependant lidée spirituelle ne tire rien delespace, mais elle tire tout de létat. Létat se dit de lamour, de la sagesse, de la vie, des affections et des joies qui en proviennent. Cest pour cela quil apparaît dans le monde spirituel des espaces semblables aux espaces sur la terre; mais néan­ moins ce sont des apparences, car en leur qualité détendue spirituelle, ils ne sont ni fixes, ni déter­ minés comme sur la terre. On peut observer que même dans notre monde terrestre, un chemin paraît long ou court, suivant létat de notre cœur; il est long pour arriver chez un ami, mais le temps paraît court durant notre entretien avec cet ami. (1) Vraie Religion chrétienne n- 29.
  • 30 LÉGLISE DITE TRÈS-A.NCIENNE Chez lange, toute idée despace sévanouit, ence sens que la longueur cest létat du bien; la lar­geur, létat du vrai, la hauteur, le degré délévationrésultant de lunion du bien et du vrai. Le bien estlêtre même de la chose, et le vrai, son existence;cela se justifie en géométrie, parce que la longueurdun corps en est lêtre, et cest la largeur unie àla longueur qui en produit la forme. Ainsi, la lon­gueur est lindication de lêtre, et cest la largeurunie à elle qui en est la manifestation. Dans le monde spirituel, les espaces peuventêtre allongés et rétrécis; ils peuvent être changéset variés, et comme ainsi ils ne peuvent être déter­minés par aucune mesure fixe, ils ne peuvent êtresaisis par aUCLme idée naturelle. Ils le sont seule­ment par lidée spirituelle qui, sur les distances delespace, nest pas autre qüe ce quelle est sur lesnuances ou sur les différences du bien et sur lesclista,nces du vrai, ce qui constitue seulement uneapparence despace, suivant les affinités des pen­sées et des affections. Cependant, malgré cette mobilité des espaces etdes temps, les choses vues dans le monde spirituel,sont plus distinctes et plus réelles que celles quenous vovons revêtues de formes matérielles. carelles expriment létat réel du cœur de chacun denous; ainsi, la vérité telle quelle est dans les inté­rieurs, est lue à livre ouvert, et pal suite continuel­lement enseignée dans ses applications aux usages,à laide des représentations, correspondances deschoses externes, ou créations infiniment variées decc monde spirituel. . Ce nest pas le corps de lhomme qui pense ainsien dehors des espaces et des temps, mais cest sonesprit; son esprit nest pas son corps naturol, maisil est partie intégrante de son corps spirituel; ce­lui-ci vivifie toutes les parties de celui-là, et setrouve aussi comme celui-là en parfaite forme hu­maine avec tous les organes dont est doté le corps
  • SES DOCTRINES ET SON JUGEMENT DERNIER 31physique. Il y a donc un homme intérieur qui ani­me et modifie lhomme extérieur; cest le premierqui ressent de la douleur dans un membre qui a étéamputB, et qui, par conséquent, nexiste plus pourle second; ainsi une partie du corps dans laquellelâme nest pas, ne ,;it pas. En dautres termes,comme nous le dit lapôtre Paul: il y a un corpsspirituel, et il y a un corps animal. Le corps naturel et le corps spirituel, lhommeexterne et lhomme interne, ont donc chacun unevue ouverte et une vie distincte dans un mondedifférent. Le mental humain nest en réalité quela forme du divin bien et du divin vrai, spirituel­lement et naturellement organisée: le cerveau estcette forme; or, comme lhomme entier dépend de son cerveau, toutes les choses qui sont dans son corps, sont des appendices qui vivent par ces deux principes. 28. De ce qui précède, il découle, en résumé, que lhomme est bien un organe de cette vie uni­ que qui émane de Dieu, et qui constitue en même temps pour son âme, cette atmosphère spirituelle dans laquelle elle se meut, vit et respire spirituel­ lement. Swédenborg nous dit: (1) « Comme chez lhomme il y a enchaînement avec le divin, et que son intime est tel, quil peut recevoir le divin, et non-seulement le recevoir mais même se lappro­ prier par la reconnaissance et laffection, ainsi par le réciproque, cest pour cela que lhomme, parce quil a été implanté dans le divin, ne peut jamais mourir; en effet, il est dans léternel et dans lin­ fini, non-seulement par linflux qui en procède, mais même par la réception... » « Chez les ani­ maux brutes, il ny a aucune réception, ni aucune appropriation réciproque du divin, par quelque reconnaissance et par quelque affection, ni par con­ (1) ArcaneB céleBt&8 no 5114.
  • 32 LÉGLISE DITE TRÈS-ANCIENNEséquent aucune conjonction, et puisque tel est leurétat, les formes récipientes de leur vie ne peuventêtre que dissipées;. en effet, chez eux, linfluxpasse à travers leurs formes organiques jusquedans le monde et il sy termine et sévanouit, maisjamais il ne retourne. Linflux du monde spirituel chez les animauxest dit instinct, parce quil opère chez eux sanslintermédiaire de la pensée. En réalité les ani­maux, les végétaux et même les minéraux nontune existence propre que parce quils sont aussidans différentes mesures, des récipients de la viede Dieu; mais soulement, des récipients duneexistence sensuelle, externe ou naturelle; car lapensée des animaux même les plus élevés dansléchelle des ètres napproche jamais de la penséerationnelle-spirituelle, ct reste toujours sensuelle­naturelle. En effet, les animaux ne peuvent séle­ver iL la conception de lharmonie des lois qui gou­vernent lunivers, mais ils restent dans linstinctparticulier a chaque espèce; cet instinct ne cons­titue chez lanimal quune science toute forméequi ne léclaire nullement en dehors de sa spécia­lité; elle ne lui permet pas délever sa pensée au­dessus de lamour purement sensuel de ce quiconcerne son existence physique; or celle-ci nobéitquà des impulsions comparables a celles du som­nambule. « Il semble, » elit Swédenborg, (1) « queles bêtes puissent vouloir et quelles puis­sent comprendre, mais elles ne le pCLrvent point;cest une affection naturelle, laquelle en elle-mêmeest un désir, avec une science sa compagne, quiuniquement les conduit et les porte a faire ccquelles font. » Lhistoire ancienne nous fait reconnaître des (1) Sapientia Angelica de Divina Providentia, Amstelo­dami 1764. Voir la traduction de M_ le Bois des Guays auDO 96.
  • SES DOCTRINES ET SON JUGEMENT DERNIER traces de cette théorie dans le culte des animaux tel quil existait encore dans les temps histori­ ques chez les anciens Egyptiens. Chaque animal suivant son espèce a son instinct particulier qui 33 provient dune affection particulière; il possède formée en lui, la science particulière à. cette affec­ tion; il devient alors le hiéroglyphe ou le symbole de cette affection particulière qui le guide dans sa vie, quil figure et dont il revêt la forme naturelle. De là lorigine du culte dont il était lobjet, eu lhonneur de laiIection bonne quil représentait. Mais lhomme il la différence de lanimal, ré­ sume en lui toutes les aflcctions, et cest ainsi que de plus que lanimal qui ne fait que tendre à la forme humaine, et sen approche plus ou moins, sans jamais latteindre entièrement, lhomme revôt cette forme humaine, la plus parfaite de toutes. Toutes ces créations du monde naturel nexis­ tent quo comme des récipients de la vic émanée de Dieu, mais il des degrés infiniment variés sui­ vant la nature ou la forme du vase récipient; et, en somme, la difIérence entre lhomme et lanimal est, que celui-ci possède une ttme naturelle et que celui-là a en addition, une ùme spirituelle. 29. Les Très-Anciens lisaient ces vérités de la sagesse dans le livre do la nature qui leur servait de bible et qui remplissait pour oux 10 môme usage que celui aU<1l1cl est cllstinée notre Bible, écrite; mais nous autres modernes, malgré nos prodi­ gieuses connaissances scientifiques, nous les igno­ rons généralement. Les choses du monde naturel, nétaient pour les Très-Anciens que des signes significatifs des cho­ ses du monde spirituel; leur langage était, en con­ f;équence, purement hiéroglyphique ou symboli­ que, et non pas encore phonétique comme il le de­ vint plus tr.rel, lorsqu j ls furent dun génie plus externe, et quils sattachèrent plus aux signes quaux choses signifiées. Ils ne connaissaient dau­
  • 340 LÉGLISE DIfE TRÈS-ANCIENNEtre moyen de communiquer leurs pensées que parla mimique des yeux, le mouvement des muscles 1de la face, lexpression de celle-ci et les gestes. Delà cette tradition des temps préhistoriques, rappe­lée par Hésiode et par Ovide que les premiershommes étaient muets. Mais les hommes en devenant plus externes,cessèrent graduellement de refléter limage de Dieuen ce sens quils cessèrent dêtre les récipients dubien et du vrai influant de Dieu clans leurs men­taIs, et ils recherchèrent de préférence leursmoyens dinstruction dans la science, ainsi dans lavue des choses externes qui frappaient leur espritpar lintermédiaire des sens physiques. En devenantainsi sensuels, ils reflétèrent limage du serpentqui figurait pour eux le sensuel, et qui était parsuite aussi, lemblême de la prudence dans leschoses externes. Dès lors, il:; voulurent se guiderdans la recherche de la vérité par eux-mêmes, alaide seulement des sens physiques, ainsi par lascience seule, à lexclusion de la sagesse, au lieude se borner à se servir de cette nouvelle méthodedinvestigation pour confirmer les vérités spirituel­les quils savaient par révélation. En effet, lespritdu bien unit l~ science ~l, la së1f?esse, cest-Il-dire, lecôté externe des choses aux verités intérieures quien forment lâme et la vie; mais lesprit du malcherche la science à lexclusion de la sagesse, ouil subordonne celle-ci ~l, celle-la. Cest avec raison, il est vrai, que lanalyse distingue dans la pensée,lobjectif du subjectif; seulement lanalyse nest que la moitié de lœuvre a réaliser et la moitiémorte, car cest la synthèse qui lui donne la vie.Dailleurs, la science mise en opposition avec lasagesse ne peut servir qua nier celle-ci, ou à niergraduellement toutes les vérités révélées, au lieude servir, comme cest son rôle, à les confirmer, il, les consolider et à les développer dans des appli­ cations de plus en plus étendues.
  • SES DOCTRINES ET SON JUGEMENT DERNIER 35 30. Les Très-Anciens voulurent donc, pour par­ler le langage mythique de la, Genèse, manger delarbre de la science du bien et du mal, et délaisserlarbre de vie placé au milieu du jardin de la sa­gesse, dit paradis terrestre; or, la science nestquun assemblage de vérités externes ,dites de fait,et elle ne forme que les limites extérieures de cejardin paradisiaque. Néanmoins, ils déplacèrentlarbre de la science pour le mettre a la place delarbre de vie, au milieu du jardin de leur sagessenouvelle, dès lors déchue de son état dinnocence;en effet, linnocence consiste il se laisser conduirepar le Seigneur, et lon sort de cet état dinnocencelorsquon veut se conduire soi-même. 31. On savait cependant, chez les Très-Anciens,ce que lévangéliste Jean nous enseigne, (1) lors­quil nous dit que Dieu est lAmour même parcequIl est la Vie même, et lon savait aussi que lesanges et les hommes ne sont que des récipients oudes organes de la vie de Dieu; mais ces véritésséloignèrent peu à peu du cœur, et restèrent àpeine d<lllS la pensée. On nignorait pas non plusquun homme qui se laissait entraîner à croirequil nest pas un organe de la vie de Dieu, maisquil est lui-même la Vie, ne pouvait plus être dé­tourné de la pensée quil était Dieu; et, môme touthomme qui croit quil ya en lui, la moindre par­celle de vie, lui appartenant en propre, donneprise chez lui au mal, jusquà ce que les tent.-ttionset les combats quil doit soutenir pour chasser cetteerreur enracinée en lui, aient fini par lédifier sursa valeur propre et par le rendre conscient que lehien et le vrai en lui, sont des substances spiri­tuelles non créables, qui influent de Dieu, et quine peuvent émaner de lhomme. Celui-ci ne cesseen effet, de senorgueillir que lorsquil est bien (1) V. 26; XI. 25; XIV. 6.
  • 36 LÉGLISE DITE TRÈS- ANCIENNEpersuadé, quil est par lui-mème impuissant et ab­solument nul. Alors seulement il devient un pau­vre en esprit, et il est heureux, suivant lenseigne­ment du Seigneur dans son sermon sur la monta­gne. On voit donc comment lamour instinctif dubien périt peu il peu chez les Très-Anciens et futtransformé en amour de soi; cependant ces hommesprimitifs continuèrent h avoir des communicationsavec le monde spirituel; mais en vertu de la loist"mt"lia sùnilibus, ils en curent seulement avec lesesprits qui, de même queux, étaient tombés danslamour exclusif des choses externes, et par suiteétaient devenus méchants comme eux. La sagesseantique de la Très-Ancienne Eglise est, dès lors,transformée en idolâtrie et en magie; cc fut un dessignes des approches de la fin de ce premier monde. On peut conclure de ce qui précède sur la sa­gesse cll)S Très-Anciens que ces hommes primitifspossédèrent des facultés dune puissance prodi­gieuse, qui se sont graduellement émoussées, etdont les traces clans les hommes actuels ne peu­vent encore se retrouver quaccidentellement danslirritation malacüve de lours nerfs, se manifestantdans les phénomènes merveilleux du magnétismeet de lhypnotisme. 32. CG qui est appelé la fin du monde arrive,lorsque léquilibre entre le bienetlemalestrompu,parce que lhomme cesse dètre libre daller aubien. Jéhovah-Dieu exécuta donc à la fin de cettepremière église dans le monde spirituel, un pre­mier jugement dernier qui est figuré dans la Genèsepar un déluge deau, ce qui signifie un déluge defaux et de mau..i:. Ce déluge caractérise la mort spirituelle de laplupart de ceux qui restèrent attachés au culte dela Très-Ancienne Eglise, lorsque celle-ci était déjà.consommée. Elle était consommée dès lors quelleétait dénuée de tout bien et de tout vrai internes,
  • SES DOCTRINES ET SON JUGEMENT DERNIER 37et par suite impuissante à maintenir comme parle passé, la communication entre le ciel et la terre,entre Dieu et lhomme. « Dans le ciel, écrit Swéclenborg, (1) il Y a ex­tension de toutes les affections du bien et du vrai,et communication et conjonction HL avec tous ceuxqui sont dans des affections semblables; ct, danslenfer, il y a extension de toutes les affections dumal et du faux, et communication et conjonctionlà avec ceux qui sont dans des affections sembla­bles. )) Lors donc que le mal lemporte sur le bien dansles sociétés humaines, le monde spirituel se peu­ple de plus en plus desprits méchants, et léqui­libre entre le bien et le mal sc trouvant rompu auprofit du mal, lhomme dominé par ces influencesmauvaises, cesse dêtre libre daller au bien. De là,la nécessité dun prompt jugement dernier. Par ces mots de la Genèse: (2) « Il ny aura plusde déluge pour perclre la terre, » il est signifié quon ne périra plus spirituellement par dabomi­ nables persuasions, comme a péri la postérité dela Très-Ancienne Eglise (lui a voulu se conduire ellu-même, et sest persuadée que la vie était enlhomme et non pas en Dien; quainsi. lhomme Mait Dieu. (1) Voir lopuscule: De ulimto Judicio, Londini,. 1758. Tn.­ducUon do M. Le Boys Des Guays; au no 9. (2) Genèse; chap. IX. 11
  • CHAPITRE IVLÉGLISE ANCiENNE; SA U(;NE DE DÉMARC,.TION AVEC LÙGLISE PRÉCÉDENTE ET SA DlilLE SOMMAIRE33. Second et nouveau règne de Dieu parmi les hommes figuré pal lhistoire de Noé et de ses lilR. - Le lien so­ cial était lamour du vrai ponde vrai. - 3/[. Ln Bible de lEglise Ancienne. -- 35. Cette Bible tran8forme ln. c.onnaissance des corresponllilnces qui était cher. le;.; Très-Anciens, en une préoccupation de lesprit, d a.insi en une science dite « sci(nce des correspondan·· ces .• - 36. Cette Bible de lEglise Ancienne précède la nôtre qui en contient des extraits. - 37. Les deux phase8 de lEglise Ancienne qualifiées dâge dargent et. dàge dairain. 33. Les eHets du premier jugemo!1t dernier,ceiOt-à-dîre, du jugement dernier de lEgliiOe Très­Ancienne, sc firent sentir sur la terre, par un se­cond ct nouveau règne de Dleu parmi les hommes:létablissement dune église nouvello mieux adap­tée que la Très-AnciOlme au gouie nouveau dessociétés humaines; cette église nouvelle qui estfigurée par lhistoire de Noé et de ses fils. Ce quil importe donc de connaitre préalablementcest la ligne do dcmarcation entre le promler etle second règnQ. de Dieu parmi les hommes car ladistlnction entre ces deux règnes est bien marquée. A la différence de lanlmal qui conserve toujourslinstinct particulier il son cspèec, ct en qui setrouve toute formée la science particulière il. celinstinct, lhomme avai 1, pordu irrévocablemen tJinstinct du bien, parce que sa vülünté etait entièrernent corrompue par suite de Jabus quil en avait
  • LÉGLISE ANCIENNE 39fait. Ce mal sétait aggravé chez ses descendants aupoint de devenir héréditaire; il vint alors au mondenon plus avec la science instinctive de la pratiquede lamour de son semblable, mais dans une igno­rance complète de toutes choses, même de cellesqni sont indispensables il son existence physique.Ne sachant plus rien, il devait tout apprendre, maisgrâce à son entendement, il lui restait laptitude àtout apprendre. Lentendement dut donc faire scission avec lavolonté qui était corrompue, afin dêtre indépen­dant de celle-ci, et par suite afin de devenir capablede la guider, de léclairer, de la ramener au bien,ainsi de faire renaître lhomme à nouveau. Par cemoyen la possibilité de régénérer lâme humainesubsistait, et relIe-ci pouvait encore opérer sa con­jonction avec Dieu; le lien social de lEglise An­cienne devenait donc lamour du vrai pour levrai (1). (1) Cette distinction entre le premlee et le second àge dumonde e~t conforme aux conclusions que la science peut main­teuant tiree de létude des crànes les plus anciens comparés àdau tees moins anciens. La foeme particuliére des plus ancienspamit être celle dite dolicocéphale. Dans cette dernière formeles oeganes instinctifs de la volonté contenus dans le cerveletavaient, che7. ces hommes peimitifs dits antédiluviens, un dé­veloppement pins considéeable que ceux de lintelligence con­tenus dans le cerveau. Cette conformation extraordinaire pournote8 humanité actuelle montle la prédominance des senti­ments instinctifs SUI lintelliRence; elle persiste encore chezcertaines peuplades sauvages décImes et tombées dans la bes­tialité. On la retlouve aussi ch87. quelques grands criminels.- Le culte des ancêtres se llrésente éf;ialement, lorsquon létudiedans les religions de lanllquité, comme un reste de cette Trés­Ancie,nne Eglise. Ce culte con tinua à avoir des représentants, demême que léglise Israélite qui est représentée encore de nosjours, bien que religieusemellt parlant, elle soit considéléecomme arrivée à sa tiu depuis dix-huit siècles. Dans le cultedes ancêtres, chaque famille gardait le dépôt des traditions deses pères: ces traditions consistaient dans le souvenir quollavait conservé au foyer domestique des communications desancêtres, avec le monde spil"ituel. Ge culte des ancêl:es dontil est tant question dans lhistoile rie Geèee el de Rome, a en·core laissé des traces che7. les peuples de lOrient et notam­ment che7. les Chinois. -- Voir à cc sujet le beau livre de
  • 40 LEGLISE ANCIENNE; SA LIGNE DE DÉMARCATION La. conjonction avec Dieu nest pas une conjonc­ tion mystique car elle est une conjonction axec le vra.i émanant de Dieu: cest donc une conjonction rationnelle. Voici comment cette conjonction avec Dien doit se réaliser, suivant ce que Swédenborg écrit au n° 11 de la Vraie Religion chrétienne : « La foi en Dieu entre dans lhomme par le chemin ant<:rieu1 qui va de lâme dans les supérieurs de leniende­ ment; mais les connaissances sur Diou entrent par le chemin postérieur, parce que lentendement les puise par les sens du corps <Ians la Parole 1é,élée : et la rencontre des deux influx se fait au milieu de lentendement; et la foi naturelle qui nest quune persuasion devient la foi spirituelle qui est la re­ connaissance elle-même; lentendement humH in est comme un bureau de change dans lequel se fait la commutation. )) Ainsi, se combinent la sagesse ct la science. linflux de Dion. et linilux de la nature, pour réaliser dans lhomme, le mariage de la vo­ lonté ct de lentendement, du bien et du vrai, et ainsi opérer en lui cette seconde mti~;~allcc dite ré­ génération, Chez les Très-Anciens. le bien influait directe­ ment clans la volonté ct de hl dans lentendement sous forme de Tai: mais à partir de la seconde Eglise dite Ancienne nous venons de voir que lin­ flux suit, durant le cours de la régénération cle la volonté, la route inverse. Depuis lors la foi est pre- M. Fustel de Coulanges: la Citë Antiqtie. -- Noa~ croyons quà mesure que la science moderne percera les ténobres de ces ~a.illlrngè jtemps arrtéhistorisques, ou conclura à la prédomiuD.)t;,P de la durant Jâge de lE.glise Très-AÙci1mlic,.J.ie lafâcol Jlifc>,kW ura,a t .làg~ do r~Hlise :?-1,îC,ie]llfë;-"(!-(jlCfàê8(.pîutle)dUl·~U t ptlH1Q de l]1ghl;c dJ~J:)cr,et on lm a la predomllJ:tnctnllfla race Jr blan~d:llaïirl~((.c(lui emlJl:tsse Ie~ temps cIe lEglise ISlatliite et-dElleghse "chr61lOnne. On peut trouver des argumen Ls dans ce sens, en consultant le livrc de M, Adhémal sur « Les 1évo­ ltitions de la Me,- " ; Po",is 1860 i el, le livre de M. de Saint- Yves: « la mission fles h0;,ts.» ,
  • AVEC LÉGLISE PRÉCÉDENTE ET SA BIBLE 41mière par le temps. parce que cest elle qui pénè­tre préalablement sous forme de vérité dans len­tendement; néanmoins, elle redevient dernière aupoint de vue do la fm, car aussitôt quone a impré­gné la volonté ou le cœur de lhomme, elle se trans­forme en bien spirituel, cest-à-dire en charité;alors, cest lentendement qui devient linstrumentde la volonté, ou la foi, linstrument de la charité. 34. A la fin de la Très-Ancionne Eglise, lamourexclusif des choses externos, manifeste par le désirde se conchùre par soi-même ot non plus par le dic­tamen interne, boucha complètement les voies parlesquelles cet influx divin pénétrait dans lâme hu­maine. Pour rétablir la communication interrom­pue de la vérité, il fallait donc une nouvelle Révé­lation sous une forme plus externe, cest-à-clire sousune forme mieux adaptée au génie nouveau dessociétés humaines. Voici comment, il nous estenseigné dans la Bible quelle se fit: il est dit dansla Genèse (1) gue Chanoch ou Hénoch marcha avecDieu. et la même chose est dite de Noe. Marcheravec Dieu, cest enseigner et vivre selon ln doctrinede la foi, suivre le droit chemin qui conduit il, lavérité et ida justice. Quelques hommes de la Très-Ancienne Eglise,personnifiés dans Hénoch, réunirent en corps dedoctrine les traditions principales de leur Eglisepour lusage de cette postérité nouvelle qui devaitinaugurer lEglise de Noé, dite Eglise Ancienne. Cest ce qui ost appelé dans le langage symboli­que de la Genèse « bâtir une ville» (2) Il est encoredit dans la Genèse. (3) « Et Hénoch ne fut plus par­ce que Dieu le prit. » Cela signifie que cette doc­trine fut préservée pour lusage de la postérité.Toute chose qui sert il. transmettre un fait donné de (1) Chap. V. 22. VI. 9: (2) Chap. IV. 17. (3) Ghap. V. 22-24. 4
  • 42 LÉGLISE ANCIENNE, SA LIGNE DE DÉMAHCATlONgénération en génération est dite dans la Bible, nelaisser aucune traec de mort derri.ère elle. Telle estaussi la raison des faits concernant la mort de Moïseet dElie. On sait quo le corps de Moïse qui repré­sente la Parole historique, fut enterré par Jého­vah, (J) et aucun homme ne connut son tombeau;de même le corps dElie (2) qui represente la Paroleprophétique. Il en est de même du corps du Sei­gneur qui ne put être trouvé au sépulcre (3) On saitaussi quo dans la scène de ]a Transfiguration, onvit Moïse et Elie sentretenant avec le Seigneur. La deuxième Eglise dite Ancienne, ou lEglise deNoé, se trouve ainsi, par lintermédiaire de Hénoch,en possession dune Révélation plus externe, carelle revêt la forme du Livre, ct olle devient la pre­mière Bible écrite; ecllo-ci précède la nôtre, et lanôtre en contient des extraits. 35.LaBibleprimitive des hommes delâge dor oude la Très-Ancienne Eglise, etait lue courammentpar eux sm les chosœ de]a naturo, qui servaientde signes hiéroglyphiques des vérités spirituellesquelles représentaient, et elle consistait dans laconnaissance des correspondances des choses dumonde naturel avec les choses du monde spirituel;mais cette Bible de la nature cessant dêtre lisible,fut perdue avec la connaissance des correspon­dances, pour les hommes de lâge dargent ou delEglise Ancienne; elle ne fut même pas pour euxune connaissance, car elle èlevint unc preoccupa­ tion de lesprit, en un mot, une science, la sciencedes correspondances. Cette science nouvelle crée une conscience chezles hommes de léglise de Noé, et elle remplacelantique pe1ception qui révélait il leurs prédéces­seurs, les vérités spirituelles. Ils curent ainsi la (1) Deut. chap. XXXIV, 5-7. (2) II Rois II. 11-17. (3):Jean XX. 5·7.
  • AVEC LÉGLISE PRÉCÉDENTE ET SA BiBLE 43 foi, chose nouvelle et inconnue jusqualors; elle enveloppait la charité qui, antérieurement, suffisait a tout. En dautres termes, le bien suffisait de lui­ même aux Très-Anciens, parce que le vrai en dé­ coulait de source, sans avoir été jusqualors lobjet dune préoccupation de lesprit. Cette connaissance des correspondances ainsi transformée en science, fut non-seulement connuo(1) nous dit Swédenborg, mais cultivée dans un grand nombre de royaumes ; elle était la principale science des anciens, mais elle est perdue depuis les com­ mencements des temps historiques. Elle était bien connue en Asie, dans la terre de Canaan, dans lEgypte, lAssyrie, la Chaldée, la Syrie, lArabie, à Tyr, iL Sidon; des côtes maritimes, elle fut transportée en Grèec; mais là elle fnt changée en récits fabulelL:, ainsi quon peutie voir, par les récits les plus anciens de cette contrée. 36. La Bible à lusage de lEglise Ancienne con­ tenait une pa,rtie historique connue sons le nom de « Guerres de Jéhovah, » et une partie prophétiqueappelée « le!ivre cie Ja::;char,)) ou « du Juste. »Ces livres sont cités dans notre Bible actuelle (2) quicontient aussi des extraits de cette Bible ancienne,notamment les onze premiers chapitres de la Ge­nèse jusquà lhistoire de Noé. Swédenborg af­firme (3) que cette parole écrite, mais antérieure il,la nôtre, est encore conservée dans la Grande Tar­tarie, où les étrangers, dit-il,nont point accès, saufles Chinois. 37.A cette Eglise Ancienne qualifiéepar les pocHesdâge dargent, succéda une seconde Eglise, ou plu­tôt une seconde phase de cette Eglise Ancienne, qua­liliée dâge dairain. Cc nom lui fut donné i1 cause (1) Vraie Heligioll chrétienne n" 201, 202, 275. (2) Nombres, XXJ.. 14,15,27-30; Il Samuel 1,17,18; .Josué X.12, 13. (3) Vraie Religion chrétienne; n 279.
  • 44 LÉGLISE ANCIENNE, SA LIGNE DE DÉMARCATIONde la nature plus externe encore du culte, le géniehumain continuant à devenir plus externe égale­ment; de spirituels, les hommes étaient devenusnaturels et leur lien social devenait aussi lamourdes effets externes du bien et du vrai. Lairain, demême que le cuivre ct le bronze, figure le bien na­turel, et aussi le bien rationnel qui estle bien du vrainaturel. Dans sa première phase, lEglise Ancienne avaitété changée en idolâ-tries diverses, suivant les di­verses nations et même en ~ciences magiques; dansla. seconde phase de cette Eglise Ancienne, on réa­git contre cette tendance, en fondant le culte dessacrifices, qui fut institué par Béber; il parait cor­respondre à lâge héroïque.
  • CHAPITRE V LÉGLISE ISRAÉLITE. SOMMAIRE38. Les Israélites nont plus dautre lien Rocial que la­ mour du bien-être matérieL Leur espoir dun royaume temporel pour dominer 8tH toute la terre est illusoire, et ne lepose en réalité que SUI la mission confiée à ce peuple de conserver et de transférer aux. autres nations le dépàt intact de lAncien l8stament. - SI:I. Mysti­ cisme de lÉglise Israélite et sa fin. 38. LÉglise suivante, qui succéda a lÉglisedHéber prit son point de dép?-rt dans lhistoiredAbraham, et elle fut appelée lEglise Israélite. Ici,lâge de fer commença, car los Jtùfs navaient pasdautre lien social que lamour du bien-être maté­riel. Toute leur relig!on, bien que destinée aser­vir de fondement a lEglise chrétienne, ne reposaitque sur lespoir dun royaume temporel par lequelils espéraient dominer sur toute la terre. Cest ce désir du peuple Juif qui perce encore dansson aptitude particulière à senrichir dans les spé­culations financières, qui l~ rendit propre a remplirsa mission a légard de lEglise chrétienne, et quilui fit conserver intact, le dépôt de la Parole deDieu, cest-à-dire de lAncien Testament; ce dépôtfut envisagé par les Juifs comme un instrument dedomination à venir sur toutes les nations de la terre,et comme un trésor quil était de leur intérêt degarder avec la sollicitude et la tenacité de lavare.Ce dépôt était destiné par le Seigneur a être uninstrument de régénération de lâme humaine. LAlliance faite par Jéhovah avec Abraham com­
  • 46 LÉGLIS>E I~RAÉLITE prise dans sa lettre, ainsi judaïquement, peut ètre considérée comme fallacieuse, car ses effets ont été pour ses descendants, une véritable déception. Il parait, en effet, impossible de concilier cette promesse avec la dispersion des Juifs qui attendent toujours lour Messie; mais cette conciliation est, au contraire, possiblo, pour tous c;cux qui voientlesprit il travers la lettre. On saperçoit alors, quenréalité ce sont les enfants dIsraël qui ont manquéà leurs promesses; car Ei la promesse faite à Abra­ham est Lille alliance, le Décalogue est également une alliance entre Dieu et lhomme, la plus sérieusecertainement. Or, les Israélites nont point remplila condition de lalliance faiteavecDieu,parcequilsrendirent la loi de Dieu, de nul effet, par leurstraditions. Ils ont substitué la tradition aveugle acette loi cles commandements; le Seigneur Lui­même lafiirme dans le Chapitre XV, 6, de Ma­thieu. De plus, il faut observer, quen réalité, la pro­messe de la terre de Canaan, signifiait et représen­tait daprès la science des correspondances, la pro­messe du Royaume céleste. Abraham, bion quo le premier personnage réel,historiquoment parlant, cité dans la Bible, nen estpas moins un personnago représentatif. Il est lepère des croyants, car dans 10 sens le plus élevé,Abraham représente le Seigneur. Ainsi, létat de régénération qui est la conquêtedu royaume céleste, vers laquelle le Seigneur nousmène, a été leprésento par la conquôte de la terredo Canaan, et los combats ainsi que les conditionsil. remplir, pour acquérir cette terre de Canaan, quifigure le roya.ume celeste, ont été représentés parles épreuves variées des Israélites da.ns le désert. ,39. Tous les cultes étaient représentatifs depuislEglise Ancienne, et dans lEglise Juive, le culteétait devenu deplus, aveugle ct mystique ; en effet,on ignorait le sens significatif de ces correspondan­
  • LÉGLISE ISRAÉLITE 47ces devenues simplement représentatives dans lesens mystique, et elles étaient appliquées aveuglé­ment dans les rites et les cérémonies. LÉglise Israélite, de même que lÉglise dHo­ber, ne fut, en réalité, cp/une continuation du côté~xt:rne d,u cult? de lE~lise Ancienn~, car elleetmt representatlV0 d~ mème que celle-cl; ce fut lafin de la période des Eglis,es anciennes. La consommation de lEglise Ancienne, propre­ment dite, est décrite dans la Bible par lextirpa­tion des nations de la terre de Canaan, et aussi parplusieurs extirpations et destructions dans les Pro­phètes. , La dôcadence de lEglise Israélite est décrite tantdans les parties historiques de la Parole que dansses parties prophétiques; dans les parties histori­ques par les actions déréglées des rois Israélites;dans les parties prophétiques, il sagit de la con­sommation ct de la déviation de cette Eglise et sur­tout du nouvel Avonement du Seigneur ou de Jé­hovah qLÙ devait sincarner dans le Christ. La consommation de lEglise Israélite est pré­dite mais non décrite dans la Bible. Ce fut la des­truction de Jérusalem et la dispersion sur toute laterre de la nation Juive.
  • CHAPITRE VI LÉGLISE CHRÉTIENNE, LE JUGEMENT DERNIER DES ÉGLISES PRÉCÉDENTES, LA THÉORIE DES DEGRÉS, LA BIBLE ET LES MIRACLES. SOMMAIRE 40. Lunité de Dien dans la Trinité. - 41. Le Jugemont dernier des Eglises Ancienne!;, exécuté pal le Seigneur durant sa vie dans le monde. - 42. Premiers fondements de ll!;~liso chré­ tienne. - 43. La théorie des degrés ltJpose sur les notions de fin, de cause et-aëïlef. - 41. Applications de la théorie- ()~, / rIes de~rés. - Il,j. Lo domaine de la liberté spirituelle de lhOm 111e emhlusse trois plans ou trois régions du mental: ~~/~ .v(..~ J le célesÜJ. le sl.u.rHuel et le natur~01. - 46. Il Y a un qua ­ I tlîèmUîitan, ,lit s9!l8!0l,lnais il ne compte plus lorsquil ~agit de liberté spirituelle. -- 47. Les de~lés discrets ou de hauteur; dits discontinus et les degrés de lurgeur dits conti ­ nus, -- 4~. Les demeures dans le Ciel, et la division du Ciel en deux H oyannlos ou en trois Cieux. - 49. La théorie des degrés fiert ellcore à précifier la distance qui sépare lhomme~ / de lanilllnl, et aussi à montrer la progression de lhomme dans!Lo, _ t:i:F-.." la voie do sa ll!.généra.i.on, ce qni lélève bien au-dessus oe - lanimal. -- ~O, T~es dlfJërents sens de la Pa lole révélée. -­ ,51. Règle pour distingl1lJI les li Vles de la Parole réyélée des ( livres éaits p:u los hommes. Indication des livres reconnus comme inspirés de Dieu. -- 52. Les deux- sac[ements: la sainte Cime et le Baptême. --53, Les~altèrations de la v,é!,ïté lorsquelle d<)scend de Di"u, sa SOllrcù un ique, pOUl sadotp­ ter aux difTélollCs gônies fies sociétôs. Les quatre styles de lAncien Jost:llllent. -- 54, Lantlopomorphisme. - ­ 55. Le malia:e et lù~ symboles auxquols il donne lieu. - ­ .56. Les vérités appall)ntes et hs vérités rèelles, ou la .~ "6 0 c, -- Parolè faite chail, ct ~eS élévations au-dessus du sens de ":-J.a-leufe: .-- 57. A. datn[ Jo l(t fondation de(IJ:;gl-s.~_chrétienue, Ilhumalllte lemonte 10 cycle dos ages, ft rejette graduello­ ment les t",viit.iolls mortes pOUL IOlU substitu.Jl lesprit nou ­ veau. -- 58. Los tnill1cles lher. les Juifs distingués des mira­ cles chez lefi chl·étions. -- 5J Le:; mitaeies violentent le libre arbitre de lhommo et TH) produisel,t quLUlO foi natulelJe. bientôt dissipéo ; les miracles magiques. 40. Lhumanité a parcouru les étapes de sa dé­ cadence jusque dans lAge de fer mêlé à largile,
  • LÈGLISE CIlRÉT1E~NI!: 49suivant ce que Daniel nous dit de la statue queNabuchadnôzar vit en songe. Le fer figure le vrai externe séparé du bien deses applications: cest la foi séparée de la charité.Largilo figure le faux qui na de consistance niavec le vrai ni avec le bien. Cest lorsque lhumanité est arrivée à cet état dedécadence spirituelle, que Jéhovah sincarnecomme fils de Marie, et que par suite, il naît dansle mal héréditaire de lâge de fer mêlé a largile. Le Seigneur doit donc combattre ce mal hérédi­taire provenant de Marie, en triompher, ainsi dé­pouiller progressivement lhumain provenant dunemère pour revêtir lhumain provenant du Père oude Jéhovah, lâme du Christ. Le fils est donc le Christ. et le Christ est aussile corps ou lHumain de Jéhovah. Le Saint-Espritest le Procédant de lUnion du Père et du Fils,cest-a-dire, de lâme et du corps. Voilà pourquoi Jésus a pu dire: « le Père estplus grand que moi, )) ce qui signifie que lâme estplus grande que le corps. De plus, Jésus a encoredit: « 11110i et le Père, nous sommes un (1). )) Lhomme lui-même est composé dune âme etdun corps; lopération qui procède de leur union,cest-tt-dire, de lunion de lhomme interne qui estlâme, avec lhomme externe qui est le corps, semanifeste dans les œuvres, de mème que lopéra­tion qui procède de lunion de lHumain du Sei­gneur avec Jéhovah, est leur Procédant, cest-a­dire, le Saint-Esprit. Lhomme est ainsi limagedo la Trinité divine. Dailleurs, cétait la coutume dans les temps pri­mitifs de personnifier les propriétés de lâme hu­maine comme si elles étaient des personnes distinc­tes. Par exemple, il est écrit (2) que « les dieux (1) Jean XIV, 28; X. 30. (2) Genèse. 1. 26.
  • 50 LE JUGEMENT DERNIER DES ÉGLISES PRÉCÉDENTES(Elohim) dirent: Faisons lhommeitnotreimage etselon notre ressemblance, » pour signifler que les a1."tributs divins se combinaient tous dans la créationde lhomme. Celui-ci est limage de Dieu parcequil est le vase récipient du bien et du vrai divins,et il devient la ressemblance de Dieu lorsquilsélève au degré céleste do lamour du bien pour10 bien. On lit aussi dans les Psaumes CnI et CIV :« Bénis, 6 mon àme, Jéhovah ». David sactress0donc it son homme interne, comme ü. une personneàistincte. Or, lhomme interne qLii est làme, esteffectivement, en parfaite forme humaine. Les trois propriétés essentielles du Seigneur,sont donc appelées Père, Fils et Saint-Esprit, dansle langage imagé des Orientaux. Jamai.s aucun juif, dailleurs, ne so serait con­verti, et naurait cru au Christ, sil sétait do suitret ouvertement dévoilé aux hommes comme Jé­hovah incarné, tandis que SOllS le nom de Fils deDieu, il prépara les voies aux disciples de lEglisede lavenir, pour être reconnu comme Dieu uni­que. Il sc dit, en effet, fils de Dieu, bien que les an­ciens prophètes et les philosophes laient annoncécomme devant être Dieu même. ·Mais lorsque léglise Ancienne tomba en déca­dence et devint le culte d.es sacrifices personnifiédans Hôber, cette attente générale en déviant desa pureté originaire, avait fini par introduire lusagepour le père de famille de sacrifier lill enfant. Commeon croyait que le fils de Dieu, lorsquil viendraitdans le monde, so.Orirait lui-même en holocauste,on en concluait quen sacrillant son propre enfant,on faisait expiation de ses pochés et quon sc ren­dait Dieu propice. Cest ainsi quAbraham (1) prend les injonctions (1) Genèse, XXII. 2.
  • LA tHÈORtE DÉS DEGFtÈS 51 de sa conscience didolâtre pour un commandement réel que Dieu lui donne, suivant le sens littéral du texte, doffrir son fils Isaac en sacrifice: il est sou­ vent écrit dans la Bible que Dieu parle, lorsquil sagit, en réalité, dune chose de conscience ou de foi. (1) 41. Durant sa vie terrestre, le Seigneur exécuta dans le monde spirituel, un second jugement der­ nier, sur tous los hommes venus de lEglise An­ cienne et de lEglise Israélite, et en même temps sur tous eoux qui étaient restes de la première église dite Très-Ancienne. Quelques-uns navaient pas été compris dans le premier jugement dernier,et voici pourquoi: lorsque le Seigneur permet aux méchants de so faire dans le monde spirituel, descieux ou des habitations factices, dans lesquels ilsrestent jusquau jour du jugement dernier, cestparce quils sont en consociation avec des espritsbons mais simples, quils ont entraînés avec eux etquils ont trompés. Ce nest donc que lorsque lestemps sont venus, suivant la parabole du bon grainet de livraie, quils peuvent etre séparés et leursconsociés méchants précipités en enfer. Le second jugement dernier arriva à la suite dela dostruction du bien intollectuel dans lentende­ment humain; nous avons vu que 10 premier juge­ment dernier arriva a la suite de la destruction dubien de la volonté. Ce second jugement dernier est annoncé suivantle sens littéral de la parole par le Seigneur dansJean en ces termes : (2) « Maintenant il Y a juge­ment de ce monde; maintenant le chef de ce mondesera jeté dehors. )) Il est écrit également dansLuc (3) « Jésus dit: jai vu Satan comme un éclairtomber du ciel. )) (1) Voir Arcanes Célestes, 11° 371, 2818. (2) Jean, Xli. 31. (3) Luc, X. 18.
  • 52 LA BIBLE ET LES MIRACLES 42. Après ce second jugement dernier, le Sei­ gneur pose les premiers fondements de lEglù,e chrétienne. Le but do Jéhovah on doscendant dans le monde avant la destruction de lEglise Israélite, destruction qui se consomme par la dispersion des Juifs, fut dopérer la Rédemption et au moyen de celle-ci. rétablir la communication entre le ciel et la terro, pour que la régéneration, et par suite le salut de lhomme continuassent à être possi­ bles. Les hommes étaient devenus entièrement sen­ suels, ct, en conséquence, ils étaient dLm génie beaucoup plus externe que dans lEglise AnCierine; cest pourquoi, Jéhovah-Dieu dut employer des moyens plus externes également, pour que ses en­ seignements puissent les pénétror, et servir à leur régénération. 43. Mais comment apprécier, ou comment me­ surer dune manière notte ot précise, ces gra.daJi2gs diy~~s du génie humain indiquées par les qua­ tre àges ou par les quatre églises se succédant lune à lautre, ces abaissements successifs de lhumanité vers lamour des externes, et en même temps ses relèvements futurs vers la régénération qui doit êtro opérée au moyen de la Rédemption? Swe­ donborg nous initie dans ce but à la connaissanco des degrés. Hien nest plus simple que sa théorie des degrés, lorsquon la rattache aux notions de{ till.de ca~se et d91et, qui on forment le caractère essentiel; seulement ces trois élémonts do la loi de jlunité densemble do toute œuvre divino ou hu­. maine, nous présentent nécessairement los appli­ cations les plus variées, et souvent les plus com­ pliquées dans los détails.1 44. Ils nous dévoilent le secret de la J2hilo­ s.Q..RÈiEl. de Jhi~ire clans sos enchaînements1 au passé, au présent et à lavenir de lhumanité. Ils nous révélent aussi sous une forme ra­ tionnelle et par suite vraisemblable, la raison
  • LÉGLISE CHRÉTIENNE 53 dêtre de la croyance a lexistence dans le monde spirituel de trois Cieux, de trois enfers opposés, et encore la raison-a.~ètre de la croyance il, lexistence ~e t~en~ de la:Paro~ révélée; correspondants }O i () ~ a ces trOIs CIeUX, ètcaches sous lecorce de la lettre de lEcriture sainte. La connaissance des domaines divers ou des dif­ férents plans sur lesquels la liberté de lhomme peut trouver indéfiniment des champs dactivité, est une application importante de la théorie des degrés. Nous savons ainsi qua la fin de lEglise Israélite, lhumanité ne pouyait tomber plus bas, car après avoir exploré toutes les régions du domaine de la liberté spirituelle de lhomme, elle était descendue jusque dans le plan exclusivement sensuel et cor­ porel, qui ne forme que le plan de la liberté maté­ rielle, 45. Le domaine de la liberté spiri tuelle de lhomme peut en effet, être embrassé dune seuIl vue densemble lorsquon le groupe en trois plans: le céleste, le spirituel et le naturel. Ce sont là. troi: régions du mental, que lhomme peut tour à tour, indéfiniment explorer, en vertu de sa liberté spiri­ tuelle; ces trois plans doivent être envisagés commo parallèles. Ils figurent précisément les trois gran­ des phases cie la décadence des âges signifiées pa r lor, largent et lairain; noublions P(lS que ce~; trois plans se tiennent ontre eux dans les mêmes rapports que los notions de fin de cause et deffet. Les Très-Anciens sétaient élevés jusquau plan céleste de lamour des fins, qui est lamour du bien pour le bien; les ArièlêllS sétaient tenus sur le plant spirituel du monde c1~llJJ.s.es, qui est lamour du ( vrai pour le vrai; ensuite ils sont descendus sur leJ plan naturel Q.~~~.il0ts, qui. est lamour des effets . externes du blCn et du llm. 46, Enfin lâge de fer figure un quatrième plan. inférieur encore aux trois precédents, et qui peut être appelé sensuel, mais qui ne compte pas en
  • 54 LE JUGEMENT DERNlER DES ~;GLISES PRÉCÉDENTES dehors de ce monde terrestre, et lorsquil sagit de régénération ou de liberté sQiril!lelle; cest, en effet, leplan 4e la nature, ~atéri~l~; celle-ci est comme lenveloppe dermère a-ë8ïrOls autres, ou leur parallélisme le plus extérieur. Cc quatrième plan reçoit par linflux spirituel qui descend suc­ cessivement des trois autres plans, lùme et la vie dont la matière inerte devient le corps, cest-a-dire lenveloppe la plus externe de la substance spiri­ tuelle. ~ L(sensuel est le dernier degré de la ~ lhomme a-cthérant et inhérant iL soI.l-iêorpPl~el, Lhomme sensuel est celui qui juge et conclut da­ près les sens du corps, et qui ne croit que ce quil peut voir de ses yeux et toucher de ses mains. Un tel homme pense extérieurement et non intérieure­ ment en soi; ses intérieurs sont entièrement fer­ 1J més. Les hommes sensuels raisonnent avec hardiesse et adroitement, parce que leur pensée est si-prèSl de1-eurparole quelle se confond presque avec elle, et parce quils fond(mt toute leur intelligence sur cette parole quils tirent de leur mémoire; mais ils raisonnent daprès les illusions dos sens qui Sédui.sent le vulg~i~e. Ils peuve~t mêm~ ._p.a~~or p.QlJJ: de grands gentes dans des opoques- ou II y aIJ encore peu de sagesse dans le monde; en réalité, si la pensée nest pas élevée au-dessus des choses sensuelles, lhomme na que peu de sagesse; mais quand lhomme élève sa pensée au-dessus du sen­ suel, il entre dans une lumière plus claire et enfin dans la lumière spirituelle. 47. Le lien social des Très-Anciens étant lamour du bien, leur génie était de voir les choses plus particulièrement au point de vue des fins quau point de vue plus externe des causes ou des effets; cependant, comme ils étaient naturels-célestes, ils ne voyaient ou ne prenaient en considération que les fins dernières de leur degré céleste, qui sont
  • LA THÉORIE DES DEGRÉS 55plus externes que les fins premières ou secondes.Il y a, en effet, sur ce plan qui correspond au cielcéleste, dit troisième ciel, et aussi sur chacun desautres, des développements en superficie du plusau moins dans le sens des internes aux externes. En dautres termes, tous ces plans sont entreeux comme des degrés de hauteur ou de profon­deur, dits degrés disc7"ets ou discontinus; mnis cllégard de chacun deux considéré comme un mondeà part, il y a des degrés du plus au moins, C08t-8­dire, des développements en superficie qui sontindéfinis, et quon qualifie de degrés de largcw,ou de degrés contlnus. Ceux-ci sont caractérisé::dans le plan céleste, par les fins premières, secon­des et dernières; dans le plan spirituel, par k,causes premières, secondes et dernières; enfindans le plan naturel, par les effets premiers, second;et derniers. Ces effets premiers sont des fins relati vement auxeffets derniers, de même que dans le plan spirituel.les causes premières sont des fins relativemeut:lLL·.causes dornièros, ct de même que dans le plan cé­leste, les fins dernières sont des effets relativemen ,aux fins premières. 48. Ces trois plans dans leur ensemble, donnentune idée générale des demeures que le Seigneu:"dit quil nous a préparées dans le Ciel, et en mêm::temps du troisième Ciel dont parle lapôtre Paul;( i)ils se présentent comme trois principales r9gions :le monde des fins, le monde des causes et le mondi)des effets. Cependant, il ne faut pas en conclurequil y ait trois Hoyaumes dans le Ciel. Le Ciel a été distingué en deux Royaumes, (2) luCéleste et le Spirituel, bien quil y ait trois Cieux.consistant chacun en sociétés innombrables. J-laisle Ciel naturel se subdivise en spirituel-naturel et (1) Jean XIV 2. - II Corinthions. XII. 2 (2) Voir le Ciel et lEnfor, no 20 il 28, et 29 ft 10.
  • 5Ô LA BIBLE ET LES MIRACLESen céleste-naturel; ainsi il appartient en partie auRoyaume spirituel, et en partie au Royaume Cé­leste. A u-dessous du Royaume spirituel se trouve leMonde des esprits qui est intermédiaire entre leCiel et lenfer, et où les nouveaux arrivants se pré­parent pour habiter définitivement, soit avec lesbons dans lun des deux Royaumes, céleste ou spi­rituel, soit avec les méchants dans les deux enfersopposés, également peuplés de sociétés innombra­bles, et distingués en ceux qui sont dans lamourdu mal pour le mal, et en ceux qui sont dans la­mour du faux pour le faux: les habitants de ce pre­mier enfer, sont qualifiés Diables ou mauvais gé­nies, et les habitants du second, Salans ou mau­vais esprits. Ce second enfer est moins mauvaisquo le premier enfer dit diabolique et le précède. En ce qui concerne ceux qui sont dans le mal,Swédenborg dit: « Il y a aussi un total renverse­ment détat dans le naturel, quand il ny a rien queles faux qui sen sont emparés; cela arrive rare­ment chez lhomme, tant quil vit dans le monde,mais il en est ainsi dans lautre vie pour tous ceuxqui sont jetés dans lenfer; si cela arrive rarementà.lhomme tant quil vit dans le monde, cest parcequalors il est continuellement tenu dans unétat où il peut êtro réformé, pourvu quil renoncelibrement aux maux; mais après la mort, sa vie lesuit, et il demeure dans létat quil sost acquispendant tout le cours de sa vie dans le monde; alorscelui qui est dans le mal ne peut plus être réformé;et afin quil nait point de communication avecquelque société du Ciel, tout bien et tout vrai luisont enlevés, doù il résulte quil reste dans lemal et dans le faux qui saccroissent selon la fa­culté quil sest acquise dans le monde de les rece­voir, mais néanmoins il ne lui ost pas permisdaller au-del!t cles limites acquises; cest ce ren­versement détat qui est entendu ici; ce renver­
  • LÉGLIiE CHRÉTIENNE 57 sement est tel, quil ne peut plus être corrigé quant aux intérieurs, mais il lest seulement quant aux extérieurs, savoir, par les craintes des pei- nes ; lorsquil les a subies souvent, il sabstient en- fin du mal, non librement, mais forcément, la cu- pidité de faire le mal restant toujcurs; cette cupi- dité est réfrénée, comme il a été dit, par les craintes qui sont les moyens externes de correction, et qui contraignent: cest là létat des méchants dans lautre vie. ) (1) Si la vie particulière de chaque homme dans ce monde, le suit dans lautre monde, il ne peut en être de même dos enfants morts en bas âge; ceux- ci nont pas vécu dans ce monde assez longtemps pour sacquérir une vie et une individualité propres qui les suivent dans le monde spirituel: cest pour- quoi Swédenborg dit quo les enfants aussitôt ar- rivés dans le monde spirituel y sont instruits par dos anges, et ils arrivent il, létat adulte, en propor- tion quils font des progrès en intelligence et en( sagesse; alors 10 Sei.gneur pourvoit a des mariages entre eux. (2) Ils sont aussi quelquefois abandonnés pour un temps à leurs maux héréditaires, mais( seulement pour quils en aient conscience, et puis- sent bien se COIDlaître eux-mêmes intérieurement(3l. Ainsi tous les enfants sans exception sont sau- vés, et font partie des sociétés angéliques, quils aient été baptisés ou non dans le monde terres- tre,quils soient nés nimporte dans quelle religion. Comme chacun des trois Cieux correspond à un génie différent de lhomme et a un génie différent des sociétés humaines, il faut en conclure que cha- cun deux correspond il un langage différent et à un état social difIérent. Dans le Ciel intime ou (1) Arcanos célestes, no 6977. (2 Voir lamoUl Conjugal, no 4·14; ot les ArC"1!.e8 célestes, no 2307. (8) Voir le Ciel et lEnfer; no 312. 5
  • 58 LE JUGEMENT DERNIER DES ÉGLISES PRÉCÉDENTESsupérieur qui est figuré par le plan le plus élevédes trois, on voit toutes choses au point de vuedu Seigneur, dans le second on voit toutes chosesau point de vue de lÉglise, et dans le troisième,on voit toutes choses au point de vue individuel,ou de lhomme considéré comme Eglise. 49. La théorie des degrés peut encore servir apréciser la distance qui sépare lhomme de lani­mal. Les animaux ne peuvent, en effet, séleveraux degrés supérieurs, et ils restent nécessaire­ment dans le degré naturel; ils ont, au lieu de lapensée, une vue interne qui influe du monde spi­rituel et fait un avec leur vue externe par correspon­dance. (1) Chaque espèce est une forme de quelqueamour naturel, et reçoit la lumière et la chaleurspirituelles, médiatement par IG Ciel et lEnfer,les bêtes douces par le Ciel, et les bêtes mauvaisespar lEnfer. Noublions pas que ce troisième plan,dit monde des effets, ou monde naturel, ainsi quenous lavons expliqué ci-dessus, a plusieurs degrésde largeur ou continus, suivant quon lenvisageau point de YUO de ses fins, de ses causes ou de seseffets; en dautres termes. suivant quon lenvisageau point de vue des rationnels, des naturels ouscientifiques, ct des corporels ou des externes sen­suels. Les animaux les plus parfaits, écrit Swédenborg (2 )sont des récipients de la vie des trois degrés delargeur du monde naturel ou du monde des effets;ceux qui sont moins parfaits, des récipients de lavie de, deux degrés de ce monde, et les imparfaitsdes récipients do la vie dun seul degré; maisll~mme seul est _~n récipi~nt de la vie des troisdegrés, non:"seulement du monde naturel, maisaussi des degrés du monde spirituel; de là vientque lhomme peut seul être élevé au-dessus de la (1) La sagesse Angélique sur la Divine Pruvidence; n· 74. (2) La sagesse Angélique sur le Divin Amuur, n. 66.
  • LA. THÉORIE DES DEGRÉS 59 nature, et quil est immortel, différant en cela detout animal. Il ajoute (1) que lhomme nait dans le dernier degré du monde naturel; il est ensuiteélevé par les sciences dans le second degré, et se­lon que par les sciences, il perfectionne son enten­dement, il est élevé dans le troisième degré, etalors il devient rationnel. Cest ainsi quil se pré­pare asélever plus tard jusquaux degrés spirituels,dits de hauteur, et il peut y arriver en smspirantde la sagesse divine enseignée dans la Bible, et enlappliquant à sa vie. 50. Nous avons vu, en effet, que chacun des plansou des degrés de hauteur de cette sagesse divine,le naturel, le spirituel et le_ céleste, correspondentà trois sens différents de ~ Parole révélée, qui seprésentent comme des enveloppes de plus en plusintérieures de la pensée humaine. Nous avons vuaussi quil y avait un quatrième plan, et, par suite,quil y a encore. un quatriè~ sens, le plus ex­terne de tous: cest le sens(tittél:11l; le troisièmesens en remontant est le sens naturel; le deuxième,le sens spirituel~ et le premier ou plus intime lesens· céleste.. Cest sur ces trois sens de la Paroleque repose la science des correspondances; il sagitici, on le voit, de symbolique, mais une symboliquequi se base sur des faits précis, nest nullementimaginaire. La Parole révélée est donc lexpression des sensdifférents et correspondants du vrai divin danschaeun de ces plans différents de la. vie de lâme,et lhomme peut se fixer à volonté sur lun de cessens correspondants, suivant lusage quil fait deson libre arbitre. (2) 51. Il en résulte cette conséquence trés impor­ (1) SOJ1ientia A n,llelica de Divino A more, A mstelodami176.1. Voi!- la tladnction do M. Le Boys-Des-Guays, no 67. (2) Voir la Vraie Religion Chrétienne; no 282 à 331 pour Jex­plication des trois sens correspondants des Préceptes du Dé·calogue.
  • 60 LA BIBLE ET LES MIRA.CLEStante que les livres de la Parole 1"évélée, ~out seu­lement ceux qui ont été écrits dans ces trois sens;les autres livres delaBible qui ne renferment pointà la fois ces trois sens, ne sont pas inspirés deDieu, mais sont lœuvre des hommes. Cest en vertu de lapplication do cette règle queSwédenborg (1) reconnait comme livres inspirés deDieu, dans lAncien Testament: lescinq livres deMoïse; Josué, les Juges, les deux livres de Samuel,les deux livres dos Rois, les Psaumes de David,Esaïe, Jérémie, les Lamentations, Ezéchiel, Daniel,et les douze petits prophètes. Dans le Nouveau Tes­tament, les quatro Evangiles et lApocalypse. Cependant il enseigne que les autres livres de laBible, quil cite souvent à lappui de ses doctrines,sont confopnes iL la vérité, et quils peuvent être utiles ft lEglise. Il considère les épîtres de Paul etdes autres apôtres, comme des ouvrages purementdogmatiques; ils ont, nous dit-il, été écrits. dansce style simplement humain, parce que lEglisechrétienne primitiYe devait commencer par leurentremise, et que le style allégorique de la Parole révélée. naurait pas convenu pOUl des doctrinesqui devaient être pr<8ent6es dans un langage sim­ ple et clair. il la portôe de tous les lecteurs. Lesécrits des apôtres, nous dit Sw6denborg, (2) sont de très bons li vres pour lEglise, on tant quils in­ sistent ~;nr la doctrine de la charité et de la foi qui en dérive, aussi fermement que la fait le Seigneur lui-même dans les é1ll1giles ct dans lApocalypse. Ainsi la Parole révélée diHère de tout langage humain, parce Cjue sadres:,;ant iL la fois aux anges des trois cieux, en même temps quaux hommes, aux sages en même temps quaux simples, chacun (1) Voir Arcanes Célestes; n 10,325, (2) Voil la lettre de SwédenbOlg au D Beyel, le 15 Avril1766; elle est reproduite dans la R;vue de la Nmwelle Jéru­salem, tome III p. 88.
  • LÉGLISE CHRÉTIENNE 61y trouve une alimentation spirituelle, appropriée àlétat de son âme. 5.2. Nous disons une alimentation spirituelle,parco quo ]a, verité ljui émane de Dieu, sa sourceunique, est réellement uno nourrituro de làmo,nourriture qui domande pour être appropriée parlhomme intérieur, son vase récipient, un certaintravail do digestion, do même quo la nourriturematérielle, pOLU 6tro appropriée par le corps phy­sique. On sait dailleurs, que lEglise fait le corpsdu Christ, (1) et que lhomme en qui est lEgliseest dans quelque membro de ce corps. Mais quest­ce que le corps du Christ sinon le Divin Bien et leDivin Vrai. Cela ost entondu pal ces paroles deJean.(2) ( Celui qui mange ma chair et boit mon sangen Moi demeuro et :Iloi en lui. » Cost en rais0n dece fait que 10 sacrement de la Sainte Cène, repré­sente pal le pain, lappropriation de la chair duChrist qui est le Bien; et par le vin, lappropriationdu sang du Christ, qui est]e Vl"ni. Cette conjonertion avec Dieu, nost donc pas une conjonctionmystiquo, car elle ost uno conjonction avec le bienet le vrai dont Il est ln source uniquo. On voit donc que les choses spirituelles, maisfinies, aveclesquollos Dieu a créé lùmo de lhomme,composée de deux facultés ossentielles, la volontéet lentendement, forment le vase réceptacle des­tiné il recevoir et il approprier la chail et le sangdu Seigneur, cest-il-dire, ]0 bien ot le vrai, afin delos utiliser, pour développer son corps spirituel,ou cette <tmo, ainsi son individualité propre. Lecorps spiIituol ou litmo, croit en beauté et enbonté, en proportion quil puise plus abondam­ment sa vie ou sa nourriture à sa source Divino 10Bien et]o Vrai. Chacl:n imprime ~l ce bien et ~t cevrai divins, un caractère distinctif, suivant lusage (1) nphé~. 1. 2·~. l COI. XII. 27. Rom. Xfr. 4.5. (2) Jean VI. 56.
  • 62 LE JUGEMENT DERNIER DES ÉGI.I8ES PH Ér.f: n F:1TRS quil fait de son libre arbitre. De la lindividualité de chacun, aussi distincte et aussi variée quil y a dindividus. Swédenborg (1) nous !lit à. ce propos, que lhomme est comme un objet qui bigarre en soi los rayons de lumière, et quo si cet objet présente des couleurs désagréables, ce nest pas la lumièrequi en est la cause, car ces mêmes rayons de lu­mière peuvent être aussi bigarrés en couleursagréables. En ce qui concerne le Baptême, ce sacrementdoit nous préparer a cette appropriation de la vé­rité comme nourriture spirituelle; il doit donctoujours précéder le sacrement de la Sainte Cèneparce que lhomme ne peut sapproprier le bien etle vrai, quaprès leur avoiriait place dans son âme,en purifiant celle·ci du mal et du faux, cest-à.-direen les éliminant par la repentance. Le Baptème estseulement un signe extérieur dintroduction dansla société des chrétiens, un engagement de sy ins­truire, et il devient ainsi un signe de purificationde lhomme interne, qui doit fuir les maux commepéchés contre Dieu, avant de pouvoir appliquer lesbiens à. sa vie, pour se les approprier et pour serégénérer. 53. La vérité, ainsi que nous lavons vu précé­demment, est une substance spirituelle non créa­ble, qui a son point de départ dans la sphère quientoure le Seigneur, doù elle rayonne indéfini­ment. Dans son essence, elle est la vie qui descenddu Seigneur successivement dans des plans, dontle plan le plus externe est le plan de la vie terres­tre. Ainsi, du Seigneur, cette vérité divine passe,comme alimentation spirituelle dans les sociétésangéliques, puis elle pénètre clans les sociétés hu­maines, en se revêtant toujours de nouvelles for­ (1) La Sagesse Angélique sur la Divine Providence; na 330.
  • LA THÉORIB DES DEGRÉS 63 mes adéquates il, leurs différents génies. Cest pourquoi, les différents ~crits qui composent la Bible portent en eux-mêmes le sceau du génie des hommes auxquels ils sadressent directement. On distingue, en conséquence, dans lAncien Testa­ ment, quatre styles difFérents: il y a dabord les(énigmes de lankC1!lité. (1) Cest. en effet, des des­ êtHïëlantsaela Très-Ancienne Eglise, que Moïse a pris les onze premiers chapitres de la Genèse; ils son.t éc.rits dans le style mythique et ils traitent( de la régénération de lhomme, sous la figure de lhîS"foîr-e-des six jours de la création du monde. A partir du Xlcme chapitre de la Genèse, commence lhistoire dAbraham, premier personnage histori­ 9.11e. Ce second style prend donc le nom de style . istorique., et il nous présente lhistoire du peu pIe Juif, telle quelle est arrivée: il en résulte que ce sont les faits historiclues eux-mêmes, qui alors, deviennent des représentatifs ou des symboles des vérités spirituelles; et, en effet, a quoi servirait lllistoire des hommes raconté dans un livre ins­ piré de Dieu, si cette histoire nétait pas présentée dans les faits, qui peuvent, sous le voile du sym­ bole, manifester lenseignement spirituel? Le troisième style est le style prophétiqLÏe qui embrasse tous les livres des proph~tes, et qui est sou­ vent, à peine intelligible dans le sens littéral, pré­ cisément parcequil renferme dans le sens interne, des enseiOnements très profonds. Enfin, le quatrième style est celui des Psaumes de Dayid, qui tient le milieu entre le style prophé­ tique et le langage ordinaire; là sous la personne de David comme roi, il sagit dans le sens interne. du Seigneur. (2) Il fau(observer encore que la vérité se trans­ forme même en faux, lorsquen continuant son (1) Il QIl est question dans le Psaume LXXVIII, versets 2 à 4· (2) Voir Arcanes célestes, 11° 66.
  • 64 LA BIBLE ET LES MW.CLE>évolution elle pénètre chez les hommes méchantset dans les sociétés infernales. De lit vient, quelleparaît être quelquefois dans le sens littéral de laParole, le contraire de ce quelle est dans son sensspirituel. Ce nest donc pas Dieu, mais cestlhomme ou le vase récipient, qui est la cause decette altération, et qui, suivant lusage quil faitde son libro arbitre, colore la vérité différem­ment. 54. Lorsquil est dit dans la Bible que Dieu ser~pent, quil se met en colère, quil est jaloux,quil se venge, ce sont là autant dexpressions in­compatibles avec lidéo quon peut se faire dunDieu juste et miséricordieux, mais cependant, par­faitoment compatibles avec le génie barbare et ladureté du cœur du peuple Juif, auquol les écri­vains sacrés sadressaient. Ceux qui ont tué avec plaisir, lorsque cela leurétait commandé, étaient homicides depuis long­temps dans leurs cœurs, et les Juifs étaient telscomme le prouve leur histoire. Les peuples quitombèrent sous les coups des Juifs ne valaient pasmieux; ils étaient tout aussi méchants, et ilsétaient détruits par dautres méchants; cest ainsique le IRal agit en nom;: il porte en lui-môme sapeine, et nous détruit complétement au moral. Lorsque la Parole dit: « tue, détruis a la façonde linterdit, » cela signifie dans le sens spirituelnon pas tuer les hommes, mais les passions et lesvices, car cest toujours la, sagesse quelle enseigneaux hommes; elle na pas dautre but. Cest pour­quoi, uno autre révélation devait élever leshommes au-dessus de la lettre de la Parole; maisauparavant, il fallait que cette lettre fut connue etacceptée par des hommes. Si dailleurs, le langage de lAncien Testamenteût été trop élevé pour ceux au:~quels il sadres­sait, directement, il ne leur eùt été daucun se­cours. Lantropomorphisme quon doit reprocher
  • LÉGLISE CHRÉTIENNE 65 aux Juifs,.nest pas celui qui attribue iL la divinité un corps et des membres, puisque lhomme est fait il, limage de Dieu, mais bien celui qui lui at­ tribue les passions mauvaises de la colère, la fu­ reur et la vengeance, quoique le Dieu miséricor­ dieux soit le seul Etre dans llmi,rers, qui en soit absolument exempt.__ _ 1 55. Dans son sens interne, (1â Parold ne traite que du Seigneur, de lÉglise et de Thomme consi­ déré comme Eglise; telles sont les gradations des trois sens quelle nous présente à la fois; partout, il y est question du mè)Jiage céle§te, cest-iL-dire, du m~ge du Seignel,ll avec lEglise, ou de la conjonction de Dieu avec lhomme, qui est aussi le mariage du bien et du vrai dans lhomme; et, dansre--sens opposé, il est question du mariage in­ fernal, qui est le mariage du mal et du faux. 1 Le mariage de lhomme et de la femme, doit se modelersur le mariage céleste, ou sur la conjonc­ tion de Dieu avec lhomme, car la femme doit pen­ l ser par le mari, et le mari vQulilir par sa femme. En dautres termes, le mari doit représenter le vrai quil puise en Dieu, et la femme doit repré- senter le bien de ce vrai, quelle puise également en Dieu, pour donner une forme appropriée iL la sagesse de son mari; il est lentendement; elle est . la vo~o. nté, parce que le Il.:arj .sinsp.i!e de la. s~~esse 1 ,dej)ll:!-!l., et que la fonIme Ul!lle cette sagesse du mari. Ce nest pas iL dire que chacun, tant lhomme( que la femme, ne jouisse pas dun entendement et dune volonté, mais cela revicnt L dire, que len­ tendement prédomine chez lhomme et que la vo­ lonté prédomine chez la femme. En effet, lhomme nait plus particulièrement pour être intellectuc1 ou rationnel, ainsi pour pen­ ser daprès lentendement, et la femme nait plus particulièrement pour être volontaire, ainsi pour penser daprès la volonté. On peut donc dire que le vrai rationnel caracterise lhomme et que laffe~-
  • 66 LE JUGEMENT lDERNIER DEB ÉGLISES PRÉCÉDENTES tion de ce vrai ca,ractérise la femme. Ainsi le mari donne linteine, cest-a-dire, Qûm-e aux enfants, soit spirituels, soit naturels, issus du mariage, et la femme leur donne lexterne, cest-a-dire, le eorps. Cétait aussi lopinion des anciens, notam­ ment dAristote, que lenfant tenait son âme de son père et son corps de sa mère. Il La femme est lafIectio~r laquelle le vrai du )J maires"fr:-éalise, platlgt.ï0 ou àmené fi: la vie ;clle est la--graceet la beauté, parce qudIe transforme le vrai du mari en bien, tandis que le mariQStJaJ_orce etla virilité, par cela seul quil représente le vrai qui li est le principe, ou la raison dêtre de ce bien de la femme; il est le sang, elle est la chair, parceque le sang dans laBiblüliguro :I.e vrâi.et la chairc1e bien. Dans le sexe masculin, lamoûr est intérieur et la sagesse extérieure; dans le sexe féminin la sa­ ( ~!it..intérie.ure et lamour esi extéeieur..- ..- - - La mère de famill~ est le symbole 10 plus élevé et le plus sacré de lEglise dans la Parole qivine. La mère naturelle avec ses enfants figure lEglise, [ la véritable mère spirituelle avec ses enrants, c"ôst­ a-dirû, avec ses fidèles. Si notre mère naturelle pourvoit il notre nourriture naturelle, lÉglise J pourvoit il notre nourriture spirituelle; de mêm.e que notre mère naturelle, elle préside a not~e naissance spirituelle qui est notre secona.e -nais­ sance, cest-a-dire, it notre régénération: elle nourrit nos corps spirituels, ainsi nos âmes, car elle les développe spirituellement en sagesse et en beauté. De l:union du Seigneur comme Père céleste avec lEglise comme mère spirituelle, il descend une sphère qui tend ü une union correspondante entre lépoux et lépouse, et non-seulement cela, mais lamour paternel et lamour maternel pro­ viennent de la sphère de lamour divin qui flue du Père céleste dans lEglise. La fidélité de lépouse à ses vœux conjugaux,
  • LA. rHÉOklIt DES DEGR~S 67 est employée constammep.t dans la Parole, pour représenter la fidélité iL lEglise du Seigneur. De plus, les devoirs de la maternité. servent ~t repré­ 1 senter les devoirs spirituels de lEglise à légard çle)l.Jses enfants. La Nouvelle Jél:usalem par laquelle est enten­ due la Nouvelle Eglise chrétienne, est appolée la Fiancée ou lépouse d~ lAgneau. Le Seigneur et lEglise sont les parents que ( dans le sens spirituel, nous devons honorer, pO,!l que nos jours soient prolongés sur la terro. LE­ glise comme parfait état de vie, de même aussi comme institution divine, con::;iste dans lunion du vrai réel au bien spirituel de la vie. Cest il savoir que la volonté qui a été créée chez lhomme comme un réceptacle du divin bien, et lentende­ ment qui a été créé chez lui comme un réceptacle du divin nai, doivent être conjoints; or, dans la mesure quo cette union par mariage entre le bien et le vrai, est effectuée dans les mentaIs des hommes, dans cette même mesure, lÉglise est établie en eux. Le vrai est masculin. par rapport au bien de ce vrai qui est plus externe et qui est féminin, parce quil est comme son enveloppe. Cest pourquoi le mari représente le vmi de lEglise, et la femme le bien de ce vrai. Dans lÉglise céleste, le mari était dans le bien, et)épouso dans le vrai do ce bien; mais dans lEglise spirituelle, lhomme est dans le vrai, et lépouse dans le bien de ce vrai. (1) On sait que tout ce qui dflue dun sujet et qui lentoure est appelé sphère. Il ya plusieurs sphères qui procèdent du Seigneur, nons dit Swédenborg, et il ajoute que la sphère universelle de toutes est (1) Voir Arcanes célestds; no 4823. - Voir aussi lamoul conju~al.no 75 et s.
  • 68 LA BIBLE ET LES MIRACLES la sphère conjugale, parce que celle-ci est aussi la sphère de propagation, par con:::Gluent, la sphère suréminente de conservation de lu~ivers créé par les générations successives. Swédenborg dit en­ core, que la forme masculine est la forme intellec­ tuelle, el ~lue la formoféminine est la forme volon­ taire; la forme intellectuelle ne peut par elle mènw séchauffer de la chaleur conjugale; mais elle peut séchaufIef de la chaleur conjonctive de quelquun en qui cette chaleur a été implantée par création; par conséquent, elle ne peut recevoir cet amour que par la forme volontaire de la femme, laquelle lui est adjointe, parce que celle-ci estaussi la forme de lamour.lCette sphère de lamour conjugal est donc reçue par le mari au moyen de lépouse, car tout co qui procède de lépouse affecte 10 mari dune manière conjugale, sans quil en soit de même pour les autres personnes du sexe. Dans son origine, cotte sphère conjugale qui inl1ue dans lunivers est divine; céleste pt spirituelle chez les anges, natu­ relle chez les hommes, animale et corporelle chez les animaux. Mais comme cette sphère est reçue immédiatCJuent PieU le sexe f<i..~pin et médiate­ ment par le sexe masculin, il sensuit que cotte sphère qlli est sainte dans son origine, peut être changée on une sphère opposée; la sphère opposéoJt ~st appelée Spl.lè~e de prostituti?l1 (;hez de telles femmes et sphore do scortatlOn choz de tols hommes (1). 56. n y a lieu de distinguor dans la Bible, les vérités apparentes des vérités réelles, cest-il-dire, la lettre de lesprit. Nous pouvons observer à ce propos Cl Lle la lettre de la Parole est dans les mê­ mes rapports il légard de son esprit, que le rôgne du Christ on chair il légard du règne du Christ en esprit. La Parole est, en eflet, comme le dit lévan­ géliste Joan, Dieu Lui-même en chair et toutes (1) Voir lAmeur Conjugal, no 222 à 225; 386 à 400.
  • LÉGLISE CHRÉTIENNE 69choses par elle ont été faites. Cette Parole divinepeut donc être considérée comme une incarnationde Dieu, car de même que le corps du Seigneurétait lincarnation de Jéhovah, dont la divinité, non-seulement demeura, mais pénétra à traversson incarnation; de I~ême, les mots, les phraseset les sentences de lEcriture Sainte, sont autantde demeures de la sagesse ou de la pensée de Dieuqui pénètrent à travers leur chair, cest-a-dire àtravers leur lettre. Or, celui qui lit la Parole seulement dans le senslittéral, et qui croit dans la simplicité de son cœurque Dieu sirrite, quil hait les pécheurs, les jetteen enfer et quil se venge, parce que cela est ex­primé en apparence par le seul sens littéral, setrouve guidé vers le bien, par la crainte seule;avant que de lôtro par lamour de Dieu. La craintede Dieu, est, en effet, ]e premier pas vers la sa­gesse. Mais cette première disposition morale est destinée a disparaître, dès quo le mental souvre àla lumière du vrai, car alors le sens littéral a servià lhomme, comme un pont pour passer ft son sensspirituel. Il sopère alors en lui une transforma­tion qui est sa régénération. On voit que si le sens externe a eu pour utilitédamener au sens interne, il meurt à ce service, ctsuivant lexpression cles anciennes mythologies,linitiateur doit être tué par linitié; en langageévangélique, il est dit que le Christ doit partir.afin que le COl).solateur ou Paraclet, quil nousenvoie et qui est le Saint-Esprit, puisse vonirft sa place, pour praparer son règne en esprit, àsuccéder ason règne en chair. Rion de ce qui est terrestre ne peut aller au Ciel;aussi, dans notre état mondain, nous nous plaisonsseulement aux apparences du vrai, a.vant dêtreprêts pour nous abreuver aux sources mêmes duvrai réel, ou avant de pouvoir voir la chose signi­fiée cachée derrière le signe; mais dès que cette
  • 70 LE JUGEMENT DERNIER DES ÉGLISES PRÉCÉDENTES lumière sest faite, alors nous aVOIS deviné lénig­ me du sphinx; celui-ci meurt, et lEglise du passé est devenue en nous, le cadavre autour duquel sassemblent les aigles, pour faire place iL lEglise de lavenir, a la sainte cité de Dieu, en un mot, il. la Nouvelle Jérusalem. Mais ces vérités apparentes qui sont comme des échelons pour que tous indistinctement puissent sélever jusCJuaux vérités réelles, ne font nulle­ ment obstacle à cc que dans le sens de la lettre de la Parole révélée, ]e Divin Vrai ne soit dans sa plénitude. Cest, en effet, dans ce sens de la lettre, quon doit puiser la doctrine, ou le dogme, qui perce ça et HL, ainsi (lue nous lavons expliqué pré­ cédemment au n° 9, comme une lueur i. travers la nuée, ct qui doit servir dintroduction à louver­ ture du sons spirituel, de même quà létude de la science des correspondances. 57. LEglise Israélite devait sattacher judaïque­ ment <LU sens littéral de la Patole; cest pourquoi cette Eglise représente lhumanité dans la région la plus externe du mental, et ainsi ello représente lhomme danslamourexclusifdu bien-être matériel: (ce lien" socIal était alors caractélisé pa-lHf culte du veau dor. /--- Mais il faut ensuite que lhumanité~onte1 successivement tous ces plans du domaine de1: libclté spirituelle, quell~Temontèles trois régions du mentcll humain qualil1èescredcgrés de hauteur, le bien naturel, le bien spirituel ct le bien céleste. C~i?t le ré§..umé_<J~ t9ut le cycle d~~s gQ.e_.l5l Rédempteur nous donne les moyens de remonter, cil-posant les premiers fondements de lEglis"e chrétienne. Ce nest donc plus vers le passé, que lhomme doit regarder, pour conserver les ancien­ nes traditions intactes, et sauvegarcler par elles, la société de la barbarie; mais cest vers lavenir quil doit tourner ses regards, <t pour cela, il doit rejeter graduellement les traditions mortes, ne
  • LA THÉORIE DES DEGRÉS 71plus sy attacher obstinément, lorsquelles meu­rent delles-mêmes dans la conscience des hommes,et què lesprit nouveau réussit a leur substituerquelque chose de vivant. Le corps social remplitlà un devoir aussi impérieux, que lhomme indivi­duel qui se repent de ses erreurs pass~es et qui amesure quil sen repent, réussit a leur substituerdes doctrines vraies, de manière, neih-seulementa seréformer, mais à se régén~lOr intérieurement.Nous avons vu que ces deuxactes, le repentir etlalimentation spirituelle a la source de la vérita­ble vie, trouvent leurs applications représentativesdans le culte chrétien, par les deux Sacrements duBaptême et de la Sainte-Cène. 58. LEglise ehrétienne primitive, ne pouvaitcependant être fondée sur uno intelligence ration­nelle de la Bible, bien quelle .eùt déja dans sonculte les deux mêmes Sacrements; elle devaitcommencer par être fondée sur la. crainte de Dieudont elle héritait de lEglise Israélite, et de plus,sur lamour de Dieu, que devait lui inspirer Jého­vah incarné dans le Christ, avant de pouvoir êtrefondée sur lintelligence de sa sagesse. Cest pourquoi aussi, les miracles eurent encorelieu; il faUait des miracles pour les premiers chré­tiens, de même que pour les Israélites, afin queceux-la, qui étaient comme ceux-ci, des hommessensuels, puissent également aborder, par destransitions insensibles, le premier seuil de la sa­gesse, et de plus, le dépasser, pour penétrer dansson sanctuaire. Mais les miracles chez les Juifs se distinguentdes miracles chez les chrétiens: ils avaient pourbut chez les Israélites damener i:t une croyanceexterne fi Jéhovah, afin que la communication deshommes avec le Ciel pùt continuer, par des repré­sentatifs et par une Eglise représentative. Cesmiracles inspiraient donc à ces hommes sensuelsla crainte de Jéhovah, la crainte qui, nous le répé­
  • 72 LA BIBLE ET LES MIRACLES tons, est le premier seuil de la sagesse. Lusa.ge des représentatifs dans la science des correspondan­ces, est de retenir la pensée de lhomme sur le re­présentatif, tandis que la pensée angélique est surla chose mêmo signifiée: cest ainsi que lhommede lEglise Juive se conjoignait a lange et parsuite au Ciel dans une pensée commune. PourlEglise chrétienne cc représentatif était devenu,Jéhovah incarné dans le Christ; Il se substituait àtous les représentatifs do lEglise Jlùve et repla­çait la science des correspondances sur une nou­velle base, plus directe et mieux adaptée au génienouveau des sociétés humaines. Aussi. chez leschrétiens, les miracles, surtout ceux do la guéri­son des maladies, furent non plus, 10 moyen defaire naître la foi, mais le résultat de la foi. Cesmiracles furent donc efioctués par ceux qui possé­daient la foi ft la divinitti du Christ, quils recon­naissaient comme Dieu Tout-Puissant et Unique;ils furent effectué.s en même temps, par une obser­vation exacte des correspondances des choses na­turelles avec les spirituelles. Cette connaissancedes correspondances, nétait pourtant pas réellechez ces hommes sensuels et ignorants pour la plu­part, mais eHe était donnée par intuition, ct le pou­voir lui-même lem venait directement du Sei­gneur: il en fut ainsi, parce quil fallait que leSeigneur instauràt lEglise chrétienne si souve~tannoncée dans la. Parole, et pom cela il fallmtquon crClt, quIl était le Dieu Tout Puissant. 59. Mais les miracles ont ecIa de nuisible quilsviolentent le libre arbitre de lhomme cn le for­(:ant à croire; et ainsi, ils ne font naître en lui,quune foi sensuelle qui sc dissipe bien vite, pa.rcequelle nenvisage que le côté externe cles choses.De là vient que Swédenborg écrit: (1) (( Quest-ce (1) iJocl7ina novœ Hierosolymae (1,1 Jiide, Amstelodami1763, Traductiou française de M. Le Gays Des Guays ; Paris1859. (voir au no 4 de cet opuscule.)
  • LÉGLISE CHRÉTIENNE 73 que croire, et ne point voir si la chose est vraie? Et si quelquun dit néanmoins quil faut croire aveuglément sans comprendre pour avoir la foi, il sattire cette réponse: Timagines-tu être un Dieu en qui je croirai, ou me prends-tu pour un insensé en demandant que je croie une assertion dans la­quelle je ne vois pas le vrai? fais donc que je voie. De cette manière le dogmatiste se retire. La sa­gesse consiste uniquement en ce point: Voir etcomprendre les choses quon pense. » Cette nouvelle manière denvisager la foi, inau­gure le nouveau règne du Christ, son règne dansle sens spirituel de la Parole, et elle se distinguede la foi du précédent règne du Christ, son règnedans le sens littéral de la Parole: ce dernier règnealopposé du premier, met lentendement sous lo­béissance de la foi. Il est impossible de méconnaître lorsquon litl~s évangiles, que les Chrétiens de la primitiveEglise, ont été, aussi longtemps quils ont conservéle don des miracles, inspirés par une foi vivante, 1baséë-sur lacharité, et qtÙ respectait la facultéj 1rationnelle de lhomme, tout en nétant pas entiè­rement éclairés par celle-ci. En effet, le Seigneur,dans de nombreux passages des évangiles reprocheà ses disciples de ne pas avoir la foi, ou den avoirtrop peu, bien que cette foi quil désirait voir eneux, ne parut pas encore, être susceptible dêtredéveloppée par la faculté rationnelle (1), Nous devons en conclure qüe cette foi salvifiqueenfantine, 9-0nt étaient inspirés les chrétiens de laprimitive Eglise chrétienne, mais qui ne peut plussadapter à notre génie moderne, a dû être infuséeaux disciples de même que le don des miracles quien fut la conséquence. Rappelons à ce sujet quesur chacun des plans de vie, nous avons vu quil (1) Voir Matthieu, VIII, 13; IX, 22; XIV, 30; Luc VII,9; Jean XX, 29. Voir aussi no 58 ci-dessus et ci-après no 146. 6
  • 74 LE JUGEMENT DERNIER DES ÉGLISES PRÉCÉDENTES ya des degrés de largeur qui se tiennent entre eux comme les notions de fin, de cause et deffet. On peut les envisager au point de vue des ration­ nels, des naturels ou scientifiques ,et des corporels ou des externes sensuels. Swédenborg nous dit encore, quil y a les intellectuels, les rationnels, et les scientifiques de la foi, qui procèdent en ordre des intérieurs vers les extérieurs (1) Il faut en conclure que la foi des premiers disciples était comme celle de Thomas, plutôt sentie ou vue phy­ siquement, cest-a-dire naturellement, que vue intérieurement et rationnellement. Pour distin­ guer cette foi vivante des premiers disciples, de la foi aveugle de la décadence chrétienne, il suffit dobserver, que ceite foi aveugle réside dans la mémoire,et quelle ne cherche ni ne désire avoir la lumière de la faculté rationnelle, tandis que la pré­ cédente désire cette lumière et est toujours dispo­ sée il se laisser éclairer par elle. En ce qui concerne les miracles, Swédenborg nous fait de plus, observer, qucn réalité les dieux des gentils ont fait plus de miracles que le vrai Dieu, et quon peut citer à ce propos lhistoire de Simon le magicien: cest ainsi quon séduit les simples, comme le Seigneur lenseigne dans Ma­ thieu, chap. XXIV, 24._-- Les miracles magiques, écrit S,védenborg (2),« se montreht -dal1s la-forme externe semblables aux miracles divins; sils sc montrent semblables, cest parce quils découlent de lordre et que lor­ dre se montre semblable dans les derniers où sé- tablissent les miracles; par exemple, le Divin Vrai procédant du Seigneur a en soi toute-puissance; f de la vient que la puissance est aussi dans les 1 vrais, dans les derniers de lordre; voila pourquoi ~ les méchants sacquièrent par les vrais, la puis­ (1) Voir Arcanes Célestes, no 2504. (2) Voir Arcanei Célestes, no 7337.
  • LA. THÉORIE DES DEGRÉS 75 sance et dominent sur les autres» ... «( Daprès cela il est évident que les miracles magiques quoi­ que dans la forme externe, ils se présentent .sem­ blables aux miracles divins, ont néanmoins en eux une fin contraire, savoir celle de détruire les cho­ s.es qui appartiennent a l.Ég.lise, tandis que lesI miracles divins ~nt~n eu;lajilLd_édifier les cho­J ses.J],uiappartiennent a lEglise. » Orivoir donc que même pour opérer les mira­ cles magiques, ill~Jl~it.-®_serYir-des.@lre~on­ dances comme dune base dernière dans laquelle e1Iluaient les vérités intérieures.
  • CHAPITRE VII riÉCÀDÉNCE DE LÉGLISE CHRÉTIENNE; SON JUGE ­ MENT DERNIER; NOUVELLE ÉGLISE CHRÉTIENNE, DITE NOUVELLE JÉRUSALEM, ET MISSION DEMMA ­ NUEL SWtDENBORG, EN CE QUI CONCERNE CETTE ÉGLISE. SOMMAIRE 60. La trinité o.es dieux. - 61. Le Ditm-Homme et la pierre o.angle. - 62. Létat de glorification o.u Sei­ gneur et son état dexinanilion. - 6S. LHumain du Seigneur est devenu Substantiel-Divin. - 64. La pré­ sence du Seigneur chez les hommes est immédiate depuis qun~a-reYélu solI: Dïvin-lllltnrel. - 65. LEs ­ prit de sainteté dont il est qlle~tion dans lAn,cien ­ Testamtnt et lEsprit-,Saint dGmt il est question dans le Nouveau Testament. - 66. LEglise Chrétienne est discréditée pal le rationalisme, depuis quelle a mis ses 0.0gmtl8 et son IJouvoir sacerdotal au lieu et place de la Bible qui est restée incomprise. - 67, LEglise chrétienne est devenue la Babylonie clont il est ques­ tion nans lApocalypse. - 08. La charitA 8~ule ~ubsiste, la foi ayant disparu pal suite du déclin de lEglise 1 chrétienne; cast la nouvelle Egli-e qui dével~ppera 1 cette charité pal un! interprétationtrationnelle-de la Parole de Dieu. - 69. Le jugement dernier décrit dans lApocalypse a eu lieu maintenant, daprès le témoi ­ gnage de Swèdenborg. -- Les Preu ves de la rélllild de la mission 0.8 Swédenborg, résul!ent ne linterpréta ­ tion rationnelle quil nous donne de lÉcriture Sainte. - 70, La Nouvellli Jérusalem, lEgliFe de lavenir doit être instaurée et établie pal louverture du sens spiri­ tuel de la Bible. 60. Malgré ses miracles, lÉglise chrétienneC·Vors lliim,itive ne sest pas montrée à la hauteur de sa -mission, et elle ne la pas remplie, Les dix-huit
  • DÉaAD~CW. Q~l,L~~~BI~~l c~~ttlENNK 77., siècles par lesquels elle a passé, ne mar.Q.uent en­ core qüë le l/erceàu dù chris#inisme: ~ëjr;"dês i~s rv,.,s premiers sièc1es, lÉglise a devié de sOÏÏ-clieffifh; c-arélle a commencé a être infestée; par des sch1S!. 1 mes et des hérésies, qui lont ébignée qLlr.!e_<iin­ gel)tion pré~ise de ~E~~Di,e:l~ Elle ~ rebo~n~. de bouche, 11 est vral, un seul Dleu, niais én ttbïs personnes, dont chacurie en particulier, 6~ par elle-même, était Dieu, ainsi une Trinité diviséa: Ce nest plusune Trinité enupe seule pers~ùme~oti en un seul Dieu unique qui remplit différents rôles, pour être comptîs par le ~énie de plus èri l pius externe des sociétés humaitt~s. Cette erreur sur la Trinité, sest enracinée dans le mental humain par lUlée de t~ois dièUx, bien que sur les lèvres il ny eût g,ue lé mot dml Dieu unique. De là une oppositionentré lapensée etle langage, qlli a été le point de départ de la déca­ dence de lEglise chrétienne., l, ,1 En effet, les docteurs de lEglis,e, sl;livan.t l~ ~qo­ trine même quils ont fabriquée api~ le cdncHe da Nicée, enseignent quil faut croire iL Dieu le Père, à,Î)iëü le Fils et il Dieu lEsprit!JSaint, qui sbnt tous trois invisibles et qui existent dans le monde dans une semblable essence divine ; cependatit, avec Dieu invisible. la conjonction nest pas pos­ sible. " " ( l Rien nest plus faux que de cro~re que Q1Umain du Seigneur soit séparé du Di,?,i~, et <{uen actita­ lité il a été séparé chez lè Pape, en qlll aurait été transféré son pouvoir humain et non son pouvoir divin. 1 ~ 1 61. La conjonction avec Di~u dap.s la peJ?~ée plus externe de lhomme actuel, ne peut avpirlieli, quà la condition dy voir Dieu icoinmli H6mme, ( et ainsi iL la fois sous forme divine et humaine. . Mais la conjonction avec Dieu in,:i8ible, ou en de­ hors dè toute forme prëcisepouvint être smsie par la pensée humaine, ~st, ainsi que le dit SweQ:en: . ) ,. JI; IJ,I c ) Itqf ,, -;r fj)
  • 78 SON JUGEMENT DERNIER borg, comme si lon voyait un homme qui, duhaut des airs, nous invitait à venir a lui, ce qui serait impossible. Voilà pourquoi, le Seigneur dit dans MarC XII, 10: « Navez-vous jamais lu cette écri­ S _ ture? la pierre quont rejetée ceux qui bàtissent, 1 J celle-la est devenue pierre dangle. )) (1) La pierre, ainsi que la personne même de Pierre, figuren.u?Joiàl_~ivinité du Christ; aussi Jésus fen parlant de sa aivmïtBs"éêÏ1e :" « Moi je te dis que tu es Pierre et sur ce rocher je bâtirai mon Eglise.» (2JIl suffit de lire les lignes qui précédent le passage que nous venons de citer, pour sassu­ rer quil sagit bien de l~foi"à Ja divinitQ du Chr~st, et nullement dun prétendu pouvoir spécIal con­ cédé a la personne de Pierre, qui est même qua­ lifié de Satan, quelques lignes plus bas. " Il f~ut donc que la pierr? rejetée par les~- J )) teêtes)iu passé, devienne tête dap-glc de lEglIse <Ielâ"venir, de cette cinquième Eglise ,destinée à être le couronnement de toutes les Eglises du passé. Il faut surtout avoir un~jus~. Jdée dJLDieu, car tout le corps de la théologie en dépend, comme une chaîne dépend de son premier anneau; et çhacun, nous dit Swédenborg, (3) obtient sa place dans le Ciel, selon son idéei!,e Dieu, car cette idée est comme une pierre de touCheavec laquelle on éprouve lor et largent, cest-à-dire, le bien et le vrai, tels quils sont chez lhomme. 62. La glorification du Seigneur est la glorifica­ tion de lHumain quil prit dans le monde, et lHumain gJorifié du Seigneur est leDivin.llatu~el. En effet, lEvangile nous atteste que le Seigneur est ressuscité du sépulcre avec tout son corps, et (1) Psaume CXVIII, 22. - Esaïe XXVIII, 16. - Za­ charie. X. 4. (2) Mathieu XVI, 18, 19. (3) Vraie Religion Chrétienne; no 163 .
  • NOUVELLE ÉGLISE CHRÉTIENNE DITE NOUVELLE JÉRUSALEM 79 Il nen a rien laissé dans le sépulcre. Dès que cette glorification fut opérée par lunion de son Divin et de son Humain, il ne restait plus rien du mal héréditaire provenant de Marie, et il nétait plus son fils. Son corps naturel, une fois la glorifica­ tion opérée, a joui de tous les privilèges de son corps spirituel. . Mais avant cette glorification, et durant le com­ bat contre le mal héréditaire provenant de Marie, lunion entre le Divin et lHumain nétait pas réa­ lisée, et le Christ était encore dans létat dexina­ mtion, cest-à-dire, dhumiliation à légard de Jé­ hovah. Ce premier état est celui de tout homme qui de naturel devient spirituel; en ce qui con­ cerne le Seigneur, cet état est décrit dans les Psaumes et dans les Prophètes, particulièrement dans Esaïe. Pendant cet état dhumiliation, le Fils prie le Père et sadresse à, lui comme a un être dis­ tinct; il dit quil fait la volonté du Père; en outre, sans cet état dhumiliation, il neût pu être cruci­ fié. Mais lunion est opérée dès que lhomme ex­ terne est subjugué par lhomme interne; cest alors létat de glorification, car la régénération est opé­ rée par lunion entre lesprit et le corps, entre le Père et le Fils. Le Seignem se montre dans ce second état, toutes les fois quil dit que le Père et lui sont un, que le Père est en lui, et quil est dans le Père, et toutes les fois quil fait des mira­ cles. 63. Swédenborg enseigne que lHumain du Sei­ gneur lorsquil eùt été fait Divin, na plus été un organe de la vie, ou un récipient de la vie de Dieu, mais quil a été la. Vie même, cest-a-dire Jéhovah Lui-même (1). Son corps nétait donc plus alorsl. ( simplement matériel, ni simplement spirituel, mais il était devenu Substantiel-Divin, ce qui nar­ rive à aucun homme qui perd définitivement son (1) A.rcanes célestes; no 2658.
  • RO MISSION DEMMANUEL SWÉDENBORGcorps matériel, lorsquil meurt, et reste seule­ment dans son corps substantiel ou spirituel. Mais le Seigneur ayant un corps en même tempsSubstantiel et Divin, ce corps contient de la chairet des os dun caractère différent du corps maté­riel, et différent aussi dun corps simplement spi­rituel ou substantiel. En effet, il vint vers les disciples les portesétant fermées, et après avoir été vu, il devint invi­sible ; (1) de plus, il put manger une nourriturematérielle, ce qui est impossible à un corps spiri­tuel, qui na, nous dit,Luc (2), ni chair, ni os. Ainsi,le corps du Seigneur est divinisé jusque dans sanature physique, et cest ce qui fait que ce corpsa pu présenter les phénomènes dont les disciplesont été témoins. 64. Cest aussi ce qui fait que le Seigneur avantson Avénement dans le mons:le, na pu être pré­sent chez les hommes de lEglise, que médiate­ment par les Anges qui le représentaient; maisdepuis son Avénement, il est présent chez euximmédiatement, parce quil a revêtu son Divinnaturel. Ce qui permet aux hommes devenusmaintenant tout-à-fait naturels et sensuels de ve­nir a létat spirituel, et de se conjoindre a Lui parla charité, même dans les manifestations les plusexternes de leurs œuvres, ainsi de sélever dunebase moins autoritaire que par le passé, mais plusessentiellement utilitaire. Observons, en effet, que Jéhovah ne pouvaitatteindre personne dans les enfers et sur la terre,sil nétait pas dans les derniers de lordre, commeil est dans les premiers. Il est venu dans les der­niers par son Humain; aussi, est-il appelé dans laParole, le Premier et le Dernier, lAlpha et lO·méga, le Commencement et la Fin. Il revêtit donc (1) Jean; XX, 19, 20. (2) Luc; XXIV, 39.
  • EN CE QUI CONCERNE CETTE ÉGLISE 81 les principes de la nature matérielle qui caracté­ risaient lhomme devenu par son amour excessif des choses externes, dun génie entièrement sen­ suel-corporel. Cest pourquoi le Seigneur eut à combattre le mal héréditaire quil tenait de Marie, à le vaincre et à glorifier en lui les principes de la nature, en les unissant ainsi a son Divin. Par là il acquit un médium de pouvoir surnaturel pour continuer comme par le passé, à influer dans les mentaIs humains et à les guérir de leurs infirmités. Pour juger de la distance entre les premiers et les derniers de lordre, il ny a qua sen référer à la théorie des degrés expliquée ci-dessus, ou bien à la marche suivie par lhumanité dans sa progres­ sion vers le culte exclusif des chos~s externes, depuis son berceau jusqua la fin de lEglise Israé­ lite. 65. Lesprit de sainteté mentionné au Psaume II, 13, et deux fois dans Esaïe LIlI, 10, 11, ainsi trois fois seulement dans lAncien Testament, est cette même vérité qui pouvait influer de Dieu dans lentendement humain, sous la forme dun dictamen interne, pourvu que lhomme fût dans lamour de la vérité, et dans le désir de la connaî­ tre pour l?-ppliquer à sa vie. Dans lEglise Ancienne et aussi dans lÉglise Israélite, on navait pas encore lEsprit-Saint, dit Consolateur ou Paraclet, dont il est question dans le Nouveau Testament. Cest cependant, le même dictamen interne qui peut maintenant influer di­ rectement de Jéhovah incarné dans le Christ, et pénétrer le mental des hommes de nos jours, bienj~UilS soient d.evenus plus exclusive~nt e~ternes et sensue!s que leurs prédécesseurs dès Eglises îicleïliles. En effet, personne ne pouvait voir le Père ou Jéhovah, lame du Christ, même en pemée, avant quil ne fût incarné dans le Fils, cest-à-dire, avant quIl ne fût descendu jusque ~~Qlan deJa_ ?~~.ril_QhY.§i_g!:le. Aussi, dans
  • 82 DÉCADENCE DE LÉGLISE CHRÉTIENNE lAncien Testament, Jéhovah napparaît jamais aux hommes, autrement que par lintermédiaire dun ange; et, cest sous cette forme angélique et humaine, que les hommes avant la venue du Christ, pouvaient avoir Dieu présent il, la pensée et le voir. - 66. Le chapitre XXIV de lEvangile de Mat­ thieu, traite d~~.!~__corrul~.HQI! de lE­ glise chrétj..Q.we, Jusqu a sa fin caractérisée au v8r­ sel2Klorsquil est dit: )) Où est le cadavre, là sas­ sembleront les aigles.)) , Si ce dernier état de lEglise a été comparé à des aigles qui sassemblent autour dun cadavre, cest parce que les aigles signifient les rationnels de lhomme qui, sils se disent du bien, sont des rationnels bons, et sils se disent du mal, sont des rationnels faux. (1) Les raisonnements faux sont ici :figurè~ par les aigles sur un cadavre, et ce cada:­ ~ J J v.r~~JEglise chrétienne arrivant il sa fhfêt s,e 1 dgr~aJlt ~lJe-même par des rai.sonnements faux, puis plus tard entièrement discréditée par le rati.o­ nalisme; celui-ci est attiré par ces mêmes raison­ nements faux, parce quil sc plaît à les combattre victorieusement. Telle a été lœuvre de Voltaire et de son école,qui ont rendu ~L la ci vilisation chre­ tienne le service de devenir consciente de sa pro­ pre existence; il a montré que les progrès de, ladoucissement des mœurs, prévalaient contre lEglise elle-rnême,qui sen éloignait en sobstinant dans son intolérance sectaire. D~5 On peut dire aussi que lÉggse na été ch~é-:-:rr;1LJ tien~L que ~e llQm, et quelle-ne la pas été, en réalite, daÎ1s son essence: car les dogmes des con­ ciles et le pouvoir sacerdotal ont été mis au lieu et place de la Bible qui, dailleurs, a été incomprise; (1) Arcanes célestes; n·3900, 3901.
  • SON JUGBMENT BERNIER 83 il en est résulté que la Parole de Dieu est devenue impuissante à régénérer lhomme. 67. La Babylonie dont il est question dans lA­ pocal;1)se est celle daujourdhui; elle aconunencé après le premier Avénemcnt du Seigneur Jésus­ Christ,51t elle a continué jusquà nos jours. En effet, lEglise devient la Babylonie quanclla cha­ l rité et la foi cessent, et quà leur place commence lamour de soi; cet amour de soi se manifeste maintenant par lesprit sectaire et clérical qui veut dominer sur les consciences et se substituer [ a Dieu. Cest là ce qui est entendu par labomina-, a , tio~ <!e la_désolation et par lobscurcissement du) s01e11 et de la lune. 68. Quand lÉglise arrive ainsi ft, sa fin, alors se réalise ce que le Seigneur dit de Pierre qui repré­ sente la foi, ct ge lt~illV qui représente la Ç.harité: à s~v~ir, que c?ierry dev~nù .vieux ~erait tenu ~t oblIge daller dans une dlrectlOn qULI ne voudraLt ) pas suÏ"rre, mais que Jean demeurerait jusqua la 1 11 seconde venue du Seigneur~ (1) Cela est entendu de"Th-foi qui périrait dans lEglise, et de la charité qui survivrait. On peut aisément en déduire ce fait j ~lstifié par lévénement, à savoir, quà la fin de lEglise, - la théologie est peu en honneur, et que son ensei­ gnement doctrinal est impopulaire; aussi, on ridi­ culise ceux qui défendent une foi irrationnelle; les . Yr.,ti~~rines sont même quelquefois confon­ dues avec les dogmes. et sont comprises dans une ( condamnation générale de tout enseignement dog­ matique. . De là vient aussi, que dans la Nouvelle Eglise, on distingue le dogme de la doctrine: le dogme est une doe}rine imposée sous une forme auto:r:.i­ taire par lEglise du passé, tandis que dans lE ­ glise de lavenir, la doctrine sera une vérité pré-t (1) Jean XXI, 18·22.
  • 84 NOUVELLE ÉGLI8E CHRÉTIENNE sentée SOUS une forme rationnelle, et simplement proposée a la libre acceptation de tOUS. En dau­ tres termes, la ch~rité doit prédominer sur la foi dans la nouvelle Eglise, et la foi ne sera plus que son instrument de développement et de progrès. Cest donc bien, ainsi que nous lavons expliqué, déjà, lin.,relligQnce r~tiùnnelle. <le la Parolëqui12n; 1 édifiera la nouv61lë"""Eglisedlré1ismn:e,--ra re~dra 1 indestructible, et la mettra a labri des atteintes . du rationalisme. 69. Un troisième jugement dernier précède le nouveau règne du Christ; son règne en esprit doit succéder a son règne en chair --9-ui na été que le règne du sens littéral de mParole., En dautres termes, lapresence interneau--Sergneur doit gra­ duellement se substituer à sa présence externe en nous, ainsi que lui-même lenseigne dans ce pas­ sage de Jean: (1) « Il vous est avantageux que Moi je men aille; car si je ne men vais pas, le Conso­ lateur ne viendra point à vous; mais si je men vais, je vous lenverrai. )) De même que le Jugement dernier de lÉglise Très-Ancjenne, et de même que le Jugement der­ nier des Eglises Ancienne et Israélite, le troj~ième Jugement dernier, celui de la première Eglise J! chréMDne, arrivée a sa fin, sést execuîeaans le monde spirituel: cest celui que décrit lApoca­ lypse. ,Ce jugement dernier, tel quon laccepte dans lEglise de la nouvelle Jémsalem, ne ressemble guère, on le voit, au Jugement dernier, tel quon lattend encore dans les églises chrétiennes qui no sattachent quau sens littéral de la Bible. Beau­ coup de chrétiens simaginent quà la fin du monde, tous les corps des morts vont surgiï~-delèUrs tOm­ beaux et ressusciter, même lorsquils ont été en­ tièrement dissipés, même lorsque le globe terres­ (1) Jean XVI, 7.
  • DITE NOUVELl.E JÉRUSA.LEM 85 tre ne suffirait plus pour les contenir. Or, cela est contraire iL la raison, et tellement en opposition avec le sens commun, quune pareille croyance se réfute delle-même, et ne vaut pas lhonneur dune discussion. Cest cependant, la croyance de tous ceux dont la pensée sommeille au point de crain­ dre de sélever au-dessus des préjugés du vulgaire, et qui nont quune idée vague de lâme, parce quils ne la comprennent point sous laspect de la forme humaine, sans laquelle pourtant, elle nau­ rait aucune vie. Daprès le témoignage de Sw~denborg, le juge­ ment dernier de la première Eglise chrétienne, sest opéré durant lannée 1757, sur les habitants méchants du monde des esprits, dont le nombre sétait accru de manière it devenir nuisible aux hommes. Les bons esprits ont été élevés au Ciel, les méchants précipités en enfer, et linfluence divine, qui sexerce sur les hommes par loffice des anges et des bons esprits,a été rendue plus efficace à la suite dune communication plus abondante damour et de sagesse. De là les progrès faits par lhumanité depuis un siècle, dans la voie des amé­ 1 liorations sociales et des découvertes scientifiques, qui sont sans comparaison avec les progrès des temps antérieurs. On demandait des signes à Swédenborg, pour quon crût à la réalité de sa mission, par exemple, quil révélât lavenir. Il répondit : « Autant lhomme connaît lavenir, autant sa raison et son entendement avec la prudence et la sagesse, sen­ gourdissent et se détruisent. »-- La vraie preuve de sa mission se manifeste dans linterprétation0rationI)ellEfquil nous donne des 1 prédictions çle lApocalypse, (1) et du chapitre XXIV de lEvangile de Mathieu, qui concerne le (1) Apocalypsis Revelata j Amstelodami, 1766. Ouvrage traduit en français par M. Le Boys-Des:"Guays.
  • ~ l , - - " (.; • () c, ; ) 86 LA. MISSION D EMMANUEL SWEDENBORG deuxième Avénement du Seigneur expliqué dans ses A ?canes Céleste&. Le miracle véritable est dans le dévoilement de ~ tant de véritü..s. nouvelle.s,et . sur. lesqu.elles lEglise chrétienne peut sétablir comme sur un fondement inébranlable. Le miracIe-:-l1esCvrai; sentend gé­ ilelateinent des phénomènes quon ne compre~ld pas et qui renversent toutes nos notions sur les lois de la nature. Cependant, combien ces lois de la nature, paraissent plus merveilleuses encore lors­ quon arrive à, les comprendre mieux par les pro­ grès de la science! Cest ainsi, principalement, que les cieux racontent la gloire de Dieu, bien au­ trement que par les miracles propremen!dits (1). A 1 pl,u~ fort~ raison, le cons sp~rituel ~l~ l$"Par~~ ré­ l velee, dOlt nous ouvrir les ClOUX splntllèts, en nous racontant dune maniôre plus merveilleuse encore, la gloire de Dieu, par le dévoilement de sa sagesse. Svédenborg nous présente le Seigneur comme un Père qui instTllii ses enfants dune manière dans leur enfance, et dune autre manière quand ils sont en âge de rai:;on. A un siècle éclairé une foi aveugle nest plu; possible, mais la seule ad­ missible , est une foi basée sur cles preuves ration­ nelles et confirmées par des faits scientifiques. 70. On voit que la Nouvelle Jérusalem, lEglise de lavenir, doit êtI(~ instaurée etétablie, non plus par des miracles, .mais p_ar une intelligence ration­n~/"" J nelle des saintes Ecritures, et par louverture de ( leïlr sens spirltüël: avant de devenir spirituel lhOnlrlle doit commencer par être rationnel. ... Swédenborg écrit: (2) «( ParrTaParo1§estenten- . ,:,6"0<; du le Seigneur quant au Divin vrai ;»~par « toutes choses par Elle ont été faites, et sans Elle na été fait rien de ce qui a été fait, et le monde par Elle (1) Psaume XIX. 2 (2) lApocalypse expliquée; n° 294.
  • EN CE QUI CONCERNE CETTE ÉGLISE 87 a été fait, » (1) il est entendu que toui&s_clloses ont été crées par le ~!,--ài; comme (La PalQJe si­ gnifie le Seigneur quant au Divin Vrai, cest pour cela quil est dit « quen Elle il y avait la vie et que la vie était la lumière des hommes, que cétait la lumière véritable; » la lumière signifie toute in­ telligence et toute sagesse provenant du Divin Vrai, car celles-ci font la vie de lhomme; la pré­ sence du Seigneur chez chacun avec son Divin Vrai, doù procèdent la vie etla lumière est enten­ due par « la lumière luit dans les ténèbres, et éclaire tout homme venant du monde; » par « les tén6-­ bres ne lont point reçue et le monde ne la point connue, » il est entendu que ceLL: qui sont dans les faux du mal ne perçoivent pas ainsi et ne reçoi­ vent pas le Divin Vrai; les ténèbres signifient les faux du mal; que ce soit le Seigneur gJlant au Ivin Humaiù, qui est entendu ici parÎh Parole( ce1a est é"ldént car il est dit: La Parol-eaJté faite chaù, et elle a habüé parmi nous, et nous avons vu sa glozre; (2) la gloire aussi signifie le Divin Vrai. » Il est manifeste que cette lumière du Divin Vrai ne peut éclairer CClU qui la cherchent par linter­ médiaire du Pape ou du Pouvoir sacerdotal, au lieu de la chercher eux-mêmes directement où elle se trouve, à savoir dans la Bible. La dispensation nou~lle qui inaugure le nou­ veau règne du Christ, son règne en esprit, a pour objet, non-seulement de nous donner une intelli­ gence rationnelle de la Parole révélée, mais sur­( tout de nous amener à réaliser le christianisme pratiquement, dans tous les actes de la vie sociale. Cest par lamour exclusif de la science que les Très Anciens ont perdu la sagesse; cest par . lamour de la sagesse confirmée par 1a,science, que (1) .r eau I, 1-14. (2) Voir ci-dessus, U 56.
  • 88 DÉCADENCE DE LÉGLISE CHRÉTIENNE les modernes progresseront dans une sagesse en core plus élevée, et quils la conserveront indéfi­ niment au moyen de lintelligence toujours ou­ verte, toujours en éveil, dl,! sens spirituel de la ./Parole. . -l:ia civilisation morale et la civilisation maté­ rielle, la sagesse et la science, une f9.i.Lé_qu.Uibrées}I lune par lautre, seront indestructibles. ..
  • CHAPITRE VIIIPRINCIPES DORGANISATION DE LA NOUVELLE JÉRU­ SALEM, ET SA IIUSSION DANS LE l!ONDE. SOMMAIRE71. SwédenIJoJg a déclaré qUtl personne ne pouvait pré­ dire quand, et en quels lieux, la Nouvelle Jérusalem 1devait se manifester comme Eglise visible. 72 -- LaJ>ÏilLre .gétacMe sans laide des mains qui abattit la statue de) mJ5üëhadnezar, figure la vérité qui simpose delle­ même à la conscience des hommes. - lE?,hse et lEtat remplissent des fonctions diiférenl>ls. - 73. LEgliso de la Nouvelle .Jérusalem doit être formée jans le Ciel avant dêtre formée visibI811:ent dans le monde terr~s­ tre. - 71,. Le mode de recrutement des mini.3tres de la Nouvelle Eglise, doit 6tre J2.ur de. touLesprjt clérical, parce qllil sagit dnne religiOnessentiellement 19,1cJ-U.0. - 75. Le prétendu pouvoir transféré par Pierre ft 101­ cIre ecclésiaslique est linspiration de lamour de do­ miner sur les consciences. - 76. LimposiLion des mains peut signifier linvestiture dans 18s fonctions, mais elle nest pas la cause originaire do la tmnsmis­ sion ou Saint-Esprit; elle ne doit pas êtie faite par des ministres, mais par des laïques,dél)gués à cet eHel pal lAssemb,lée des fidèles de chaque )Eglise particulière. - 77. LEglise nouvelle doit sorga.-niser démocratique ­ ment sur lnc base fraternellc,et non plus; alistocrati­l quenfenl. - 78. Enjêalité, la Nonvelle Eglise accepte dans lordre politique,loute fonne établie je gouverne ment; elle accepte les hommes tels quils sont, afin de les amener progrûssivement ft ce quils doivent être; elle enseigne, cependant, que les qnestions de princi ­ PilS,doi vent lem porter sur les questions de personnes. L ..79. Swédenborg dit que la nalion française regarde la Parole comme sainte, queTIenesiiBil pas le joug J de la domination eeclésiastifT!le, mais il ajoute, quelle marchera vile ù sa ruine, si lordre ecclésiltstique con ­ tinue ù posséder la cinquième partie du royaume.­ SO. A propos des Hollandais, il montre sos préférences pom la forme républicaine du gouvernement; mais il 7
  • 90 PRINCIPES DORGANISATION DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM prédit que lenr adorat~~_pour Ma:millon les conduit iJ la décadence:- 81. La mis8i6U de la Nouvelle Eglise - ( est dordre pmement religieu x.; elle tend à affranchir les chrétiens de toute 1Ll!ellû sacerdot,ale, en léveillant che:.: eux lesprit dinitiativ8, et en fournissant à tous, les moye.ns dacquérir pal eux- m8me~ lintelligence des saintes Ecritures. - 82. La Nouvelle Eglise, tout en restant un8 quant à8es principes, sera infiniment va· riée quant aux fonn8s de son culte. - Lorsquil y a des diflérences sur la maflière de comprendre certaines doctrines, ces différences doivent rester il larrière· plan et la cl1ari~é dJit prédominer. 71 Après avoir présente dans un cadre restreint, mais que nous avons essayé de rendre aussi com­ plet que possible, les éléments essentiels qui peu­ vent donner une idée densemble des origines et des d.Q.ctrines de la Nouyelle Jérusalem, nous de­ vons mamtenant rechercher les principes de son organisation comme Eglise visible. Dans le chapi­ tre suivant, nous docrirons les progrès de ses éta­ blissements dans les cinq parties du monde, de­ puis son existence qui date dnn siède. Un ami de Swedenborg, Christophe Springer, écrivait de Londres le 18 janvier 178.2 à Pernety, alors bibliothécaire à Berlin: « Deux ou trois semai­ nes avant sa mort, je lui demanc1ai quand il croyait que la Nouvello Jérusalem se manifesterait, et si cette manifestation aurait lieu dans les quatre par- I ties du monde? Sa réponse fut quaucun mortel l nen pouvait prédire le temps, pas même les anges célestes; mais que cétait dans la seule volonté de Dieu)) (1) 72. Dans le songe de Nébuehadnezar raconté par le phophète Daniel, il est d~ù-!!le pierre do- t.lc~l~é~ sans lalcl~ des mains, ~02gttit la statue, e~~s que cette pierre deYint un grand rocliCr- qui rem­ .Jplit toute la terre. (1) Voir cette letlle dans la traduction française de Pernetv: « Les merveilles du Ciel et de lEnfer; »Berlin 1786. •
  • ET SA MISSION DA.NS LE MONDE 9i 1 Les mains figurent la force externe et physique;il. .r_let, comme cette pieI:r<.3 devenue un gran~.xocl~.er, symbolise lEglise de lavenir, il faut en -conclure ." que sous son influence, cette Eglise, qui est aussi ( la V érit~urée E.ar une pierre, simposera delle­ j mèr.P:é, et nullement par cles moyensartificiels,tels que laide de la force matérielle ou dune autorité externe. LEglise visil)le bien que distincte de lEglise invisible, doit lui rester indissolublement unie, ainsi se présenter toujours, comme lexpression de vérités qui simposent c1eli~s-mç~mes a tous ses membres, parce quelles sont tombées dans le do­ maine de leur conscience; ou suivant le langage biblique, parce quelles sont comme la pierre dé­ tachée sans laide des mains; cela, revient i1 dire que ce culte ne doit jamais redevenir purement externe, ou comme unc; religion imposée par le clergé, et non comprise, ni acceptée librement par les laïques; autrement cc serait le culte de la dé­ cadence de lancienne église chrétienne, au lieu dêtre le culte de la dispensation nouvelle. Pour ô"iter cet écueil, il y a clonc lieu de ne pas confondre le culte externe avec Je culte interne. En effet, le côté externe du culte religi<mx, qui consiste dans la pratique du cérémonial de léglise, est distinct du côté interne, qui est lenseigneme,nt ( des doctrines ct du sens spirituel de la Bible; et cependant, il doit servir dinstrument pour dévelop­ per dans liLme de chacun de nous,lintelligence du Créateur et de la création, et par suite lamour dëDieu et du prochain. Ainsi ce côté externe des formes du culte, doit, précisément, pour dépouiller tout caractère trop exclusivement externe, être lexpression sincère et transparente de lenseigne­ ment des préceptes de droit divin, ou de la sagesse divine ,telle que chacun la puise dans létude de la Parole révélée. Mais la pratique sociale de ces préceptes de
  • 92 PRINCIPES D>,ROANISATIûN DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM droit divin, qui simpose a la conscience de chacun des fidèles, et qui se transforme alors en préceptes de droit positif humaiIlo, est tout à fait distincte et séparée de lEglise même, qui inspire cette pratique sociale puisée dans la conscience religieuse de lindividu. En effet, elle est le résul­ tat de linfluence purement spirituelle et morale de lEglise,sur la société et sur les institutions socia­ les. Par conséquent, une Eglise spirituelle, telle que la Nouvelle Jérusalem restera toujours entiè­ rement séparée de lEtat dans la crainte de cesser dêtre une Eglise spirituelle. LEtat qui représente la société, doit, de son coté, reconnaître linviola­ bilité de la conscience de lindividu; cest même .3 !ln de nos principes de 1789.. Ur- (. Ainsi lEtat1ne doit empiéter sur aucune des attributions de lEglise,2ni celle-ci sur aucune des attributions de lEtat: les deux institutions sont bien séparées c,ar elles remplissent des fonctions dïfférentes: lEglise recherche directement les préceptes de droit divin; lÉtat, lorsquil accepte linfluence toute morale de lÉglise, les transforme en préceptes de droit positif humain. La mission de lEglise doit donc être restreinte ft lenseigne~l1ent@Ja s{lgesse divine, tele quelle se-dogage-de la méditation des saintes Ecritures, car son royaume nost pas de ce monde. 73. La nouvelle Eglise, daprès ses principes mêmes, et particulièrement, daprès ce passage de lApocalypse, où il est dit que la Nouvelle Jé­ rusalem descendit du Ciel dauprès de Dieu, ne peut sétablir dans le monde sous une forme visi­ ble,qua mesure quun certain nombre de disciples, soit sorti de ce monde terrestre, pour fonder un Ciel nouveau. Cest sous les influences do ce Ciel 1 nouveau, que la Nouvelle Jérusalem pourra pren­ .11dre;graduellement les développements dune orga­ nisation visible, se nianifestant sous des formes plus externes, bien que distinctes et séparées,
  • ET SA MISSION DANS LE MONDE 93 CoIIime institutions religieuses, des institutions po­ litiques et sociales. Lorsque le Seigneur fit SOIt second Avértement dans le monde, en révélant ré ~ns)spirituel de la1 Bible, par lintermédiaire dE: Swédertborg, pour étë].blir une nouvelle Eglise chrétienne chez les hommes, la premièro rtétait pas encore erttière· ment dévastée comme Eglise visible et externe; mais elle était entièrement détruite et jugee comme Eglise invisible et interne. En effet, avant que cette Eglise fùt entièrement déva§tée, il était nécessaire que le sens interne de lâ Parole fût ré­ vélé, afin que la Nouvelle Eglise ait l:ies fondements pour sétablir dans le monde et se sübstituer pro­ gressivement à lAncienne Eglise chretienne (1). La cause de ce jugement lent et graduel dans le monde terrestre, de lEglise chrétienne ancienne, quant à sa forme visible, comparativement au ju­ gement beaucoup plus prompt dans le monde spi­ rituel, de lEglise chretienne ancienne quant à son essence invisible, provient de ce que lEglise sur la terre est le fondement de lEglise invisible dans les Cieux, et que tous les hommes indistinctement, quelle que soit lEglise dans laquelle ils sont nés, doivent avoir à leur disposition tous les moyens nécessaires pour opérer leur salut. 74. Une Eglise visible, surtout lorsquelle ne fait que naître, a besoin de ministres pour ensei­ gner ses doctrines et montrer quelles sont plus efficaces pour la régénération, que les anciens dogmes. En ce qui concerne la Nouvelle Eglise, il nous semble, quen France surtout, où lon sat­ tache plus particulièrement au coté rationnel des choses, on restera généralement opposé a lemploi du moyen artificiel de ce quon est convenu dap~ (1) Apocalypsis explicata; Londini 1785. Ouvrage posthume traduit par M, Le Boys-Des-Guays. Voir no 948,
  • 94 PRINCIP~S DORGANISATION DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM peler,un ordre régulier dans lorganisation ecclé­ siastique. Cependant, dans plusieurs autres pays, où la Nouvelle Eglise sest dèja organisée, on a préféré ce dernier modo do recrutement ecclésiastique, dans la pensée quil en imposerait plus, et en éloi­ gnerait les faux frères et les tièdes. Mais coux-là comme celL:-ci, no tardent pas ~t quitter lEglise, dès quils se sentent soumis à lépreuve du moindre sacrifice personnol, et avoir il contribuer pour leur part et dans la mesure de lours moyens, a la con­ servation et au développement do lœuvre dont ils professent dêtre les partisans; en effet, ils ne peu­ vent plus comme dans les Eglises soutenues par lEtat, saffranchir de toute obligation il cet égard. Les spirites aussi, se sont souvent imaginés quils réussiraient il sorganiser sur des bases plus fer­ mes, en sabritant sous le manteau dune religion, lors même que leurs prétendues réyélations, obte­ nues par des communications avecles esprits, for­ mulaient des doctrines en contradiction manifeste avec lidée quon peut so faire dun christianisme rationnel ct libéral, non plus exclusivement mys­ tique. (1) Mais les doctrines de la Nouyelle Jérusalem se présentent daI1-S les nombreux ouvrages de Swé­ denborg avec une précision, un esprit de suite et une clarté qui rendent leur mélange incompatible avec des doctrinos hétérogènes, et surtout avec le spiritisme. Il en résulte,quc lerreur quelle quelle (1) Il existe une Sociélé qui a pris, on ne sait pourquoi, le titre de, « Société des Ctudiallts Swédenborgiel).s; elle soccupe de spiritisme », Non seulement, les doctrines LIe la Nouvelle _ Jérnsalem lui sont étrangéres, mais ses pratiques sont en op ­• position flagrante avec les enseignement.s de Swédenborg; car en admettant que ce nest que la P.m:ii.e...nhi1Q.êophiSl,1le quelle 1 entend dégager de ses écrits, tout cn Ia,issant àecoté la par ­ ( tie religieuse, au moins, faudrait-il que cette philosophie ne­ fût pas le spiritismE.que Swédenborg considère comme le che ­ min de lhopital des fous.
  • ET SA MISSION DANS LE MONDE 95 soit qui cherche à sintroduire, sera éliminée par le seul bon sens public, mais non pas victorieuse­ ment, par laide dune autorité cléricale ou sacer­ dotale, qui sort de son rôle denseignement, dés lors quelle savise de juger ceux qui sont appelés simplement à profiter de ses instructlOns. Bien que la Nouvelle Jérusalem soit une religion laïque, (1) il est clair néanmoins, quelle doit avoir des ministres, autrement elle ne pourrait fonction­ ner comme Eglise; seulement, son sacerdoce doit ( êtrèpur de tout cm:actère trop exclusivement au­ -toritaire ou clérical,"surtout sous le rapport de son ~- mode de recrutement.1 75. Swédenborg dit (2) à propos de la Babylo­f.1J-.~ ­ jnie, quil décrit comme étant ~ion de ce O~1"-1s II qui est saint, et comme étant aussi lamour de do­ mïriér surIes consciences, que le prétendu pou­ ,voir transféré par Pierre il, lordre sacerdotal, dit « succession, est une invention faite par cet amour (de dominer), de même que la translation . desprit saint par un homme clans un homme, » fut­ ce avec laide de la cérémonie de limposition des (1) 11 se public à Nantes, un joulllal fondé par iliÎ. FauvetiJ "t intitulé. «Lfl religion laïqtle;» SOIl éditeur M. P. Verda-.c1> est sympathique aux doctrines de la Nouvelle Jérusalem: mal· heureusement son désir de fonder « une religion universelle, laïqutJ, égalitaire et fraternelle, II le fait hésiter devant la crainte de paraltre sectaire en défendant la Bible, quoi quil !;agisse de suivre pour les intérëts de cette rléfense, les inter­ )rétations libélales du Livre sacré, qui ont été indiquées dans f es écrits dE. Swédenborg. Mais cette crainte du fanatisme du , Livre, ne repose sur rien de sérieux, et M.. Verdad lui-même, Irecollnaîl.ra quells est chimérique, il. mesure quil se remettra avec plL1S de courage : lœuvre de la défense de cette religion laïque, quil admire, tout en hésitant il la professer devant un puhlie indifférent et incrédule; il sapereevra alors que cest 1ft Bible elle-méme qui, par ses salutaires enseignements, sélè­ veénergiqnementcontre le fanatisme de ces sectateurs chrétiens restés jusquà ce jour, tlOp exclusivement attachés au sens littéral, pour en comprendre le sens sQ!.0uel et réel. (Voir le numéro do la RelIgion laïqi7ecrü-23--mars 1888, dans lequel se trouve une courte appréciation lies Conférences sur linspira­ tion de la Bible par le Pasteur VV. A, Presland.) l2) Apocalypse révélée; no 802.
  • 96 PRINCIPES DORGANISATION DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM mains; en effet, cette translation desprit saint, vient directement du Seigneur chez chacun de nous, suivant létat de réception ou de disposition du mental. 76. Lordination est lintroduction dans le saint ministère de celui qui doit remplir les fonctions de ministre, lesquelles consistent à enseigner aux autres leurs devoirs envers Dieu et envers leurs semblables. Quelle que soit la formo plus ou moins solen­ nëtllll, suivant les usages de chaque pays, que la nouvelle Eglise adopte en France, pour cette in­ vestiture officielle dun ministre du Seiggour, elledoit éviter de suivre les errements de lEglise dupassé,qui ont dévoyé celle-ci de son principe origi­naire. Limposition des mains, si elle est introduite dans le cérémonial de lordination dun ministre,signifie linvestiture dans les fonctions, mais ellene peut être la cause originaire de la transmissiondu Saint-Esprit. De plus, nous sommes davis, quo cetto céré­monie ne devrait pas être accomplie par des minis­tres, mais par des laïques délégués dans ee but, parlassemblée des fidèles de chaque Eglise particu­lière. En effet, les mains dans la science des cor­respondances, représentent la puissance qui ap­partient à la personne, et leur imposition signifiela communication ou linvestiture du droitdexercer les fonctions. Dans lordre politique, un Président de la Ré­publique, un Roi ou un Empereur, no sadressentpoint à des personnages étrangers, de même rangqueux, pour que le pouvoir leur soit transmis, carcest la nation elle-même, cest le peuple qui doitlui conférer la puissance. Il doit en être de mêmedans lordre religieux: cest la congrégation oulAssemblée entière des fidèles réunis de chaqueEglise particulière, qui seule est en droit de con­
  • 1;;T SA MISSION DANS LE MONDE 97 férer ce pouvoir au ministre de son choix. Cette méthode était dailleurs suivie chez les Israélites, car il est dit dans le livre cles Nombres (1) que « les fils dIsraël imposeront leurs mains sur les lévites,» ce qui signifiait la transmission de la puissance de remplir les fonctions de ministre pour eux. (2) Toute Eglise vise à la popularité dans lintérêt de la propagande de ses doctrines, et doit pour cela, avoir un caractère essentiellement national; on a connu dans un temps, malheureusement bien passé, depuis la chute de lEglise Gallicane, la vo­ gue des curés patriotes. Cest ce qui fait que toute Eglise sattachera toujours de préférence, ades pas­ teurs de sa nationalité, dont le patriotisme ne puisse être suspecté. Le chrétien doit préférer sa famille a lui-même, sa patrie a sa famille, et lhu­ manité a sa patrie; mais, la patrie ne cloit pas courir le risque detre exclue arbitrairement de sa place légitime, dans le concert des nations. En effet, chaque nation remplit un usage ou une utilité par­ ticulière qui justifie son existence comme nation,( et qui caractérise son principe de nationalité; mais tous ces principes des nationalités diverses, forment dans leur ensemble, une harmonie qui embrasse lhumanité entière; or, celle-ci englobe lJ:glis.e-tmiverselle qui est en présence du Seigneur comme un seul homme, ainsi qnil résulte de la définition de léglise universelle présentée au n° 26 ci-dessus. 77. La nouvelle Eglise chrétienne doit rencon­ trer plus de difficultés Clue la primitive Eglise chrétienne a séta,blir dans le monde; il faut que dès ses commencements, partout où elle veut sim­ planter, elle lutte contre lesprit derreur, et elle (1) Nombres; VIII. 7 -14. (2) On trouvera tous les développements que comporte cetle question, dans le pelit traité suivant: The New Chuvch its MinistiY. Lait y and o,dinances, by r.TOhn ElliS!. M, D, New­ York,1886.
  • .98 PRINCIPES DORGANISATION DE LA NOUVELLE JÉRUSALtlM ne peut soutenir ce combat, que par les efforts de tous ses membres indistinctement. Dans la primitive Égli§.e chrétienne, il en était Îllr; 1" differêmment, parce que liCilëïniïl à suivre était tout tracé, grâce à la protection tutclaire du pou­ voir sacerdotal sur les laïques, foule qui était alors ignorante et entièrement sous sa direction. Aussi,1" @S le troisième eL le quatrièIR€L~iècles, lEglise chrétIenne a commencé à tomber en décadence ).par cette raison seule, quelle na pas su obtenir le droit à lexistence sans sorganiser aristocratique­ 1 ment et autoritairement; et cela, contraire-­ 1ment iL son esprit même, qui est chrétien et 1 évangélique, car il se base sur la fraternité hu­ maine ; par conséquent, toutes ses tendances ont pour objet dagir sur les hommes individuellement, afin de los amener graduellement, par son influ­ ence morale seule. à transformer leurs institutions sociales, politiques ct religieuses, dans dos formos essentiellement démocratiques, libérales et par suite fraternelles. 78. En réalité, la nouvelle Église accepte dans lordre politique, toute forme de gouvernement établie de fait, quelle soit monarchique ou répu­ blicaine, aristocratique ou même socialiste; elle accepte les hommes tels quils sont, afin de les amener progressivement h ce quils doivent être; ellc enseigne cependant, que les questions de prin­ cipes doiycnt toujours lemporter sur les questions de personnes. --------- « Qui ne voit dit Swéclenborg, (1) quil ny a pas clompire, de royaume, de duché, de république, de cité, de maison, qui ne soit établie sur d~sJ)IJIA! j li ~i constituent lordre, et ainsi la fqrme de tout goliVGrncïTiCiÙ ! Dans chacun de ces Etats, les lois de la justice sont au premier rang, les lois politi­ (1) Vraw ReligiOn chrétienne; no 5il.
  • ET f:A ,MISSiON DANS tE. MONDE 99 ques au second et les lois économiques au troi- 1 sième; si on les compare avec lhomme, les lois de la justice font sa tête, les lois politiques son corps, . et les lois économiques ses vêtements; cest,même pour cela que celles-ci peuvont être changées comme des vêtements. )) (79. Emmanuel Swedenborg vise particulière- ment la nation fran(~aise dans quelques passages de ses écrits oLI il flétrit lasservissement des cons- i , c~J1Çes au pouvoir sacerdotal Ainsi, il dit (1) quil ya p?-rmi les peuples sous la domination des chefB . de lEglise, « une nation qui na point subi le joug dune telle domination et qui regarde illParole1 - comme sainte; cette noble nation est la nation r:.. . 1 11 5 (( franc:aise. )) Ù" Cêtte ob~ervation est encore vraie, malgré la chute de lEglise Gallicflne, car la majorité des catholiques français de lEglise de li.ome, ()st oppo- sée au Syllabus, ot aux dogmes nouveaux du Con- cile du Vatican; elle croit que la religion est meil- leure que ses ministres, et elle ne parait nullement disposée il laccepter telle quils lont faite. La).P/M l France est catholique dans le sens profondément religieux du mot, cest-à-clire, cll1911e esuhré- tiergle et en même temps anti.-sectaire; elle nac- cepte donc pas le catholicisme-romain en entier, avec ses tendances sectaires et antl-nationales..Il Y a cles catholiques-romains qui font des efforts doscspérés pour relever leur religion, en essayant de montrer quelle nest pas en contradiction avec la science. Une des tentatives les lJus honorables faite dans ce sens, est la fondation )ar un_de..nos ma,gistrats les plus distingués, . l austin Hélie, de la « Revue de la Science NOllvel1e, publiée par i I( l.ass.ociation scientifi9ue pour la défense du chris,- halllsme. )) (2) Les redacteurs font donc appel a (1) La Sagesse Angélique Sllr la Divine Providence; no 257. (21 Paris, rue Duban, 18.
  • 100 PRINCIPES nORGANISATION DE LA NOUVELLE JERtJSAtEM tous les savants et à tous les écrivains catholiques; Mais pourréussir dans leur œuvre , ils devrontrecon­ naître la nécessité délargir le sens de cc mot catholi­ que, » en le ramenant à son étymologie qui signifie « universel, » cest-à-dire, chrétien, et en renonçant puurtOujours a ce sens étroit que lui donne l~ vul­ gaire, qui nentend par la que le membre de lEglise Romaine. Autrement, ils se trouveraient sollicités entre deux tendances inconciliables, car défendre)) _ i Ile Ch. ristiani~me et en même temps le catholicisme­ -~r-J J ) J~Ol~ain. est d?,,?nu une e~tr~pr~se imposs~ble. Leur .~ 1IfVitatlon generale aux eCrlvams cathohques rap­ pellerait linvitation faite, lors de la préparation pour le Concile du Vatican, à tous les protestants. En réalité, le Pape ninvitait nullement ces der­ niers, ainsi quo certains journaux ont feint de le croire, à prendre part aux délibérations du Con­ cile, mais il les invitait à loccasion du Concile, à rentrer: dans le sein de lÉglise romaine, et à faire leur soumission au Saint-Siège. On devrait sabs­ tenir en plein dix-neuvième siècle, de pareils trompe­ lœil,et savoirquelemot « catholique,)) peutpren­ dre un sens aussi large que le mot « charité)), car alors il devient synonyme de fraternité, ou encore un sens aussi large ,que le mot « chrétien)) qui ,embrasse tontes les Eglises chrétiennes et non pas les catholiques-romains((seuls. Les protestants, en leur qualité de chrétiens, appartiennent a lEglise universelle, et en ce sens, ils sont tous egalement catholiques , sinon romains; en Angleterre les pro­ testants se déclarent même officiellement catholi­ !ques. Quant à la prétention des catholiques-ro­ mains, de"-"concilier l~sçiel1.ce avec leur r§)jgion, cest là bien une entreprise qui 08t devenue abso­ lument impraticable depuis larticle 80 du Sylla­ bus qui interdit même de croire que le Pontife ro­ main puisse et doive « se réconcilier avec le pro­ o-rès, le libéralisme ct la civilisation moderne. » Cet article est tL rai)procher de ceux qui ont été dé­
  • ET SA. MISSION DANS LE MONDE 101 crétés au Concile du Vatican, particulièrement dans la session du 24 avril 1870 sur la foi catholique/où il est déclaré que « si quelquun dit quil peut se faire, quon doive quelquefois, selon le progrès de la science, attribuer aux dogmes proposés par lÉ­ glise, un au~ro sens que celui qua entendu et quentend lEglise,quil soit anathème. » Nous pensons donc que« la Revue de la Science nouvelle » doit, si elle ne veut pas faire œuvre sectaire, mais œuvre chrétienne et française, avoir toujours soin de faire appel, et de sadresser ainsi que le dit son titre, à tous ceux qui veulent défendre ·le christianisme, et non pas seulement a ceux qui sous le masque de catholiques, nen­ tendent défendre que ce quon appèlle en Angllr14 IJ 5 _terre« le romanis!Jle. » Son œuvre deviendra alors 1 aussi large-et1tff8si honorable dans les applications que dans les intentions excellentes de son fonda­ teur. Swédenborg qui sut si bien souligner d~Ils son appréciation du_génie Jr~nçais-, son caractère 1 )èl1re!i~Ji et en même temps anti-clérical, observe allSSl, durant ses voyages en France, que lordre ecclésiastique possède la cinquième partie du ro­ yaume. Si cet état de choses persiste longtemps, ce royaume, dit-il, marchera vite à sa ruine. La révolution de 1789 lui donne raison. 80. A l~:crcs des Hollandais qui étaient en Ré­ publique, lorsquil écrivit ses impressions de voyage., il dit (1) que la cause principale de la pros­ périté du peuple Hollandais, semble tenir a ce que ce pays est une République, forme de gouver- Cnement dans laquell<:( le Seigneur se plait mieux que les pays a formes· monarchiques; par la raison que personne ne se croit obligé à accorder honneur et respect à aucune créature humaine. Lorsque le Tout-Puissant est ainsi seul révéré, sans quaucun (1) Voit· Docwnents concerning the lire and chalacte; of SLO~denborg by R. L. TareZ; Londoll, 1877; 2" vol. p. 86.
  • 102 PRINCIPES nORGANISATION DE LANOUVELLE JÉRUSALEM homme ne soit mis en son lieu ct place, cela est agréable au Seigneur, chacun jouit do la liberté, et de ce droit découle comme de source le culte du Seigneur. En réalité,ceux qui sont les sujets dun pouvoir souverain sont élevés dans la flatterie et dans la fausseté; ils apprennent donc, dit-il, a par­ ler eta agir autrement quils ne pensent. Mais Swedenborg prévoyait aussi, la future dé­ cadence de la Hollande, lorsquil disait que leur J adoration pour ?lŒammon, et lCllL-I)réoccupation J exclusive dacquérir de lor, sont incompatibles avecune 10ngue prospérité. Ces pensées de son itinéraire en Hollande, rap­ pellent la. manière dont le prophète Samuel blâ­ mait les Israélites de youloir qLùtter le gouverne­ ment des juges, pour lui substituer la forme mo­ narchique. Le prophète leur dcpeint sous de vi ves couleurs, la manière avilissante avec laquelle ils( seront traités lorsquil deviendront les sujets dUn monarque (1). 81. Mais la mission de la nouvelle Jérusalem, est dordre purement religieux; elle consiste dans lenseignement des doctrip.es de la nouvelle clis­ pêïlsation. Le caractère rationnc1 de cet enseigne­ )Jrnent, aura pour conséquence daffranchir les laï­ ques de toute tutelle sacerdotale, de libérer les chrétiens de cet état de minorité, dans lequel ils sont restés à légard de leurs pasteurs. Cette église nouvelle réveille chez chacun de ses membres,les­ prit dinitiative en donnant à tous, les moyens dacquérir par eux-mêmes, lintelligence des sain­ tes Ecritures, non-seulement au point de vue des doctrines chrétiennes qui doiycnt ètre dégagées de la lettre de la Pa.role révélée, mais encore au point de vue de la science des cOl~respondances qui révélera son sens interne. Elle enseigne donc aux ((0. l S:l.lnuol, chap. VIII. Voir aussi chap. XIII, 19; et Juges, nt; 8-15.
  • ET SA MJSSION DANS LE MONDE 103 hommes, a ne plus sen rapporter uniquement au prêtre pour ce soin, mais a puiser eux-mêmes di­ rectement cette intelligence, dans létude de la Bi ­ hIe et de son sens spirituel; elle leur montre que lorsquil sagit du bien de leurs Ames, cest-à-dire,_{ daccroître les richesses spirituelles nécessaires au développement de leur bien-être spirituel, ils doi­ vent savoir en.connaltre eux-mêmes la valeur, les estimer et les acquérir avec tout le soin, toute la raison et tout le zèle quils mettent a acquérir les richesses matérielles. nécessaires a la conservation èle leurs corps et à l"accroissement de leur bien- être matériel. .Iii Les richesses matérielles ne sont dailleurs, que ] des correspondances des riclles.s~LsJllii_tu~11es; 1 ~ coîmaissez donc celles-ci, familiarisez-vous avec . 1 1 elles, elles vous donneront une intelligence plus Clevée, et vous rendront plus capables dacquérir les richesses matérielles correspondantes; et alors celles-ci suivant lenseignement de lEvangile vou:;; }] seront, dopnées par surcf.9it (1). Malgré la clarté dG"ses doctrines, il est certain que lEglise nouvelle a de grands efforts a, faire, de graves obstacles à vaincre, pour introduire lesprit nouveau; mais ces progrès, malgré, ou a cause même de leur lenteur, au lieu dêtre éphé ­ mères, seront (l~~:J1Ü!~S et ils saccroîtront indéfini­ ment. 82. On doit observer encore quo la Nouvelle Jé- rusalem, tout en restant une, quant à son princi­ pe dominant chez les différentes nations où elle simplantera peut être, et doit être, infiniment va ­ riée, quant aux formes de son culte. Son fondement essentiel, son trait dunion universel chez tous les peuples est la charité; la foi ne doit servir que dinstrument iL la charité, de même que le vrai qui la constitue est linstrlEllent du bien; cependant (1) Luc XlI, 31 - Matthieu, VI. 33.
  • 104 PRINCIPES DORGANISATION DE LA NOUVELLE JÉRUSALEMil faut que le vrai simpose de lui-même, avant depouvoir être transformé en bien réel et en œuvresvéritablement fraternelles. Lors même quil ya des différences entre lesmembres de la Nouvelle Eglise, sur la manière decomprendre certaines doctrines, ces différencesdoivent rester à larrière plan, et la charité doittoujours prédominer. Les différents cultes chrétiens de diyerses dé­nominations, ne doivent pas être envisagés commeles résultats nécessaires de lesprit sectaire, car cedernier esprit existe seulement chez ceux qui sat­tachent trop exclusivement aux formes externesdu culte, et en font des conditions de salut; ilexiste aussi chez ceux qui mettent la foi au-dessusde la charité. On peut être sauyé dans tous les cul­tes et mêmes en dehors de tout culte, dès lorsquon est inspiré par le sentirnent de lamour deDieu et du prochain; mais il y a des degrés et desqualités diverses dans les appréciations du bien etdu vrai, de même quil y a des degres et des qua­lités diverses dans la ré.génération de lâme hu­maine ; il Ya aussi des moyens infiniment variéspour satisfaire aux besoins spirituels de chacun,parce quil y a une diversité infinie dans les ca­ractères des hommes, La variété dans les formeset clans les degrés ou qualités du perfecüonnementspirituel de lhomme, nexclut pas lunité du but,qui est la pratique de la charité et de la fraternité.Si donc, on croit clans lEglise de la Nouvelle Jé­rusalem que cette pratique de la charite ne peutse généraliser et être activee, que par la croyanceau Dieu unique incarné dans le Christ, cette cro­yance est simplement proposée sous ses formes ra­tionnelles il la libre acceptation de tous; elle estainsi proposée comme le moyen, le seul efficace, demieux faire comprendre et de mieux faire sentiraux hommes, lorigine réelle de l~L1rs liens frater­nels; cependant, cette croyance, ne lem est nulle­
  • ET SA. MISSION DANS LE MONDE 105ment imposée, bien quelle soit considérée comme une condition nécessaire pour atteindre ala Taie foi, sans laquelle tout progrès de la civilisation moderne ct tout avancement du règne du Christen esprit, seraient enrayes; mais chacun néan­moins, doit rester libre de croire ou de ne pascroire; en effet, cest grùce a cette liberté de cons­cience, que la vérité finit toujours avec le temps,par prévaloir sur lerreur: chacun y arrive insensi­blement, par les exigences mêmes de lesprit defraternité et de solidarité humaines. Swédenborg sexprime ain§i,au sujet de cette fu­sion par la charité entre les Eglises différentes ;(J) « Dans. les temps anciens, il y eut il. la fois plu­sieurs Eglises, et il existait entre elles, comme au­jourdhui, des différences quant aux doctrinaux,mais néanmoins elles faisaient un, en cc quellesreconnaissaient lamour pour le Seigneur et la cha­rité enyers le prochain pour le principal et pourlessentiel même, et par consequent, les doctrinauxleur servaient non pas pour penser de telle ma­nière, mais pour vivre de telle manière: et quandpour toutes, tant en général quen particulier,lamour pour le Seigneur et la charité envers leprochait~, cest-à-dire, le bien de la vie est lessen­tiel, les Eglises, en quelque nombre quelles soient,nen font quune, et chacune alors, est en mêmetemps dans le Hoyaume du Seigneur: tel est aussile Ciel; lit les sociétés sont innombrables, toutessont distinctes, mais néanmoins eUes constituentun seul Ciel, parce que dans toutes il y iL lamourpour le Seigneur et la charité enver~ le prochain.Mais il en est tout autrement des ,Eglises qui di­sent que la foi est lessentiel de lEglise, croyantque si lon sait ce dogme et si on le pense, on estsauvé, et cela quelle que soit la vie quon ait me­ (1) Arcanes célc~tes, n· 2982. Voir aussi u·· 1799, 238fl et6209. 8
  • 106 PRINCIPES DORGA~ISATION DE L. srOUVELLE JÉnUSALEMnée; quand il en est ail1Si, plusieurs f:glises n<nfsmt pas une seule, olle;,; ne lont pns même desEglises; ce qui fait lEglise, cest 1( l)ien <le la foi,cest-a-dire. la vie même cie lan,our ct <1e );1 cha­rité selon les clloses qui appartiennent il la. foi;cest en vue de la vie quexistent les doctrinaux,chacun peut le savoir; quo [,crni(nt les (1octrinaux,sils n(J,lient pas on YUO une iln? et (jlW ~;crait lafin si elle nétait la vie, ou si la vie 110 d<-enaitpas telle que les doctrinaux cm:cipnent. quelle doitêtre? Ils disent, il est vrai, que la foi m6rne quiS:1uye est la confinnee; nwis cette confiance nopeut jamais exister qlle dans le Lien de la vie;sans le bien de Li. vie, il n.- a ~lUcune rcccption ;pt où il ny a ancune réception, il nva allcuneconfiance, si cc nest parfois une apparence de con­Ijance pendant les mainclies de lùme Olt dll co!ps,quand cessent les éupiclitts de lamoul cie soi ctdu mondo; mais t:11ez ceux qui sont (Lins le mal dela vje, (flWncl cette c!ise est passto Oll changée,cette confiance t!ompeuse sévanouit entiô[cment;caf il y a allssi uno confiance c1wz Je;; mtchants ;mais que celui qui yout savoir quelle confiance ila, ex.amine at.lentivement ellez lui ]es aücctions etles fins, ninsi Cille les exerciees de la vie. » (1) Il o;,;t gÜl1tlalcment reconnn que les Églises d:,toutes les dénomillnüons, aycc]e progns des idéesmod0mes, sécarknt gr;,durllemcnt, qnoique in­scnsiblmnent. cIe leu;-;,; confes:"jon::; do foi originai­ros, qui étou1Tent la religion (bll::; un cfl,cl!e tropdroit: les forme:, et les dogmes susent peu il peuct seffacent dans leurs caractères tlop acccntués,pOUl se fondre clans un sentiment uni"cr:scl de (1) p r l11r d,) plus am,.es (]tvr,nppem<,nls, wd,: 1"" Ll doc­flillü de la cl1l1lilé. » ext.laite dc~ Al<:allf.S céic~l.<:8. pal;1. LeHoys de~ GlIny,,; 3" édition, Pal-is, :m-!~; 2 lolns~nl,, de Swé­denbolg ir,tilllié: Doctrina m"tae ex preceptis Decalogi, A ms­telodami: 1763. Tladlli t pal M. Le Boys des Gaavs; 3 édi.1884. •
  • ET SA MISSION DAN~ LE MONDE 107 charite ou de fraternité socialement pratique, tel quon le trouve savamment développé dans les œuvres dEmmanuelSwédenborg. Aussi, un grand nombre de théologiens décoles très différentes, puisent iL pleines mains, la substance de leurs meilleurs sermons, dans cette nâne riche et inépui­ sable, peu con,nue du public. Si chaque Eglis~ particulière a une utilité spé­~ ciale à. remplir P9ur lhumanité, il ne sensuit pas que toutes les Eglises soient égalememt aptes a procurer par leur enseignement, le même degré délévation morale, la même qualité dans la régé­ nération de lâme humaine, car la qualité de la régénération varie suivant la qualité de la foi reli­ gieuse, de même que le travail de louvrieI est plus promptement achevé, ct mieux fait, suivant la qualité de ses instruments. (1) Mais toutes les Églises chIétiennes des diffé­ rentes dénominations, nen ont pas moins cotte tendance heureuse de sunir avec le progrèf; des temps dans ce sentiment de fraternité généIale ; leurs doctrines sc fusion nent, sinon dans leurs expressions et quant aux formes externes du culte, très certainement dans les principes essentiels du christianisme: ceux-ci· se résument dans lamour de Dieu et du prochain, sentiment qui trouve des applications sociales de plus en plus étendues; Of, le but final du christianisme, qui est loin encore dêtre réalisé, est lunit6 dans la variété. UI!e fois, ce résultat obtenu, une fois lunion des Eglises établie SUI le fonçl~lll~.nt de la cha­ 1 lit!i~ociale, table rase se trouvant bité c1ëtüütes les hérésies dogmatique> (lui, chez chacune de ces Églises, y faisaient encore obstacle, II restera des dénominations de commnnions chrétiennes va­ riées ; celles-ci accuseront des différences de culte, mais toutes cependant, nen selont pas moins unies (1) Voir la Vraie Hll1igioll chrélienuû, no 580.
  • 198 PRINCIPES DORGAIISATION DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM et liées par lunité du l~ut, qui ost daboutir an salut ; et a. la régénérationsde lâme humaine, par des , . ~ :" :" mO)èi1SVariës, mais ayarrCchacuIl une certaine ,. efficacité. Or, cette unité du but, étant dès lors, non-seulementreconnlle, mais pratiquée, ces Éoli­ ses auront retrouvé la foi vivante basée sur la cha ­ lrité, telle 9-ue la possédait la primitive Église Ilcl1[.9tieIl!1o etaont nous-aVOhs pailccî::(lcssLls, ho 59. liillis cette foi vivante devra pour sadapter iL Jesprit moderne, ne pIns chercher, comme par le passé son développement dans les miracles <lLÜ supposent la foi enfantine et naturelle; elle devra. le chercher dans les formes rationlJelles dexposi­ ( tion, qui éclairent les intelligences, et ne mettent pas la lumière sous le boisseau du mysticisme. On sera donc enfin amené iL écrire sur le frontis­ pice de tous les temples ce Nunc lied! dont nous aŒns parlé précédemment n° 9, et qui signifie que personne ne consentira plus iL mettre lenten ­ dement sous lob()issance de la foi. On passera. alors du règne du Christ dans le sens littéral de lâParole, au règne du Christ dans s0.ll~ens spi­ ~l, cest-à-dire, ~lon-i~1.l1gurerala nouvelle).Q . , 111ère chrétie~r.l.C, et létaoIissement général de 1E­ 1J ~g[lse de la Nouvelle Jérusalem.~dr 1 Cest pOUl htLter ce triom.phe du christianisme, cest surtout p.Qur avancer cc nouveau règne_ de DiQusur IUe.rre, quil est désir~ble, quil existe dès maintenant, de nombleuses Eglises de la Nou­ velle Jérusalem répandues partout, etsous cles for­ mes variées quant au culte, pour enseigner dans toute leur, purete les doctrines chrétiennes; en 1 II effet, cc~Eglises nouvelles qui inaugurent la. se- ~ conde ère chrelienne et prbclamént- ol17"ertcment (1J"1 le sccoQUA:vènement du Christ, son règne dans le Ù... :.é .sens spiItuel de larParole; finiront, comme finit totijours la vérité enaêfiiièrc analyse, par attirer tout à elle. À1JYOç.
  • DEUXItME PARTIE LES PROGRES Dans le monde de la Nouvelle Jérusalem -------~"--- CHAPITIlE IX. HISTOIRE ABRÙGÉE DES PROGRÈS DE LA NOUVELLE Jt~RUSALEI, DEPUIS UN SIÈCLE QUELLE EXISTE. (1) SOM~.fAIRE 83. Il Y avait déjà en Suède des disciples du vivant de Swédenborg. - 81!. Il Y avait aussi dp,~ disciples en France avant 1789. - ~5. Le>; di~ciple~ en Angletplle. ­ 86. Les disciples ul.lxEluts-Unis. - 87. Les disciples en Italie. - 88. Les disciples en Allemagne. - 89. Les dis­ ciples en Aulrichl~. - 90. L"s disciples en Suisse. -9i. Les <lisciples en Hnssie. - 92. Les disciples en AU3tra­ lie et dans les colonies ;.mg-lai~es. -93. Les di&ciples en Afrique. - 94. Les disciples en France. - 95. Evalua­ tion approximative du nombre des disciples. - 9ô. La littérature de la NouY"lle Église, et les caractères de son organisation com:11e Eglise visible. - La prière sopère en réllilé, pal le jéveloplJcment cte hl vérile, lhomme étant continuellement dans la priôre, 10rsqui1_ est dans la vie( selon les vr~s. - 97. Les dangersdé la profauatioO-:-­ 83. Il ~T a un siècle environ,que les doctrin~s de la Nouvelle Jérusalem ont vu le jour, et cette Egli­ se a déjà trouvé des disciples dans les cinq par­ ties du monde, grâce a ses publications si variées et cl, sa presse spéciale. (1) Voir lhistoire de la Nouvelle 1l,qlise par Robert Hmcl marsh. Londres; 1861, en anglais ;et lHistoire sommaire de la NOlwe/le JéJusalem par tin ami, - Paris, 1879,.
  • 110 LES PROGRÈS DANS LE MONDE Il V avait déjà en Suède du vivant de Swéden­ borerquelques disciples qui, plus tard, formèlent uneOsociété en 1786; celle-ci était composée de deux cents membres environ, p~trmi lesquels on cite le prince Cllarles de Hesse; deux français: le marquis de Thomé et IVloët bibliothécaire it Ver­ sailles. Ce dernier trad uisi t en flafiçais les œu­ vres théologiques de Swédenborg. . Ce nest quen 1B67 que la Nouvelle Eglise a réussi il sé~ablir en Suède par une organisation dis­ tincte de lEglise officielle. A Copenhague, on célè­ bre également le culte nouveau. 84. Il résulte dune lettre écrite pal le marquis de Thome au journal encyclopédique de 1785, que les doctrines de Swédenborg avaient déjit des dis- . ciples en France avant 1789. ,Swédenborg ftt plusieurs yoyages i1 Paris; il en fit un dernier en 1769, pour obtenil lautorisation diLpdblier en France son line intitulé: Vem ChrisliwliCReTi!fi·o. M. Chevleuil, alors C3nsem royal et docteur en Sorbonne, après en avoir pris connaissance, dit it lauteur quon ne lui accorde­ nlit lautolisation dimprimer il, Paris, qua la con­ dition que le title POittU : « imprimé a Londre,; et. ~L Amsterdmn. » Ce fait Il été aJHlmé ]),tr lvI. Chc­ vrellil lui-mème; mais Swédenbolg ne consentitl pa, il ce. subtelÏuge, et louvrage parut réellement il Amsterdam en 1771. DaiUant de la Touche a publié en 1788 il, Stoc­ kholm, un abrégé des cloctrinesde Swédenborg, en langue française. Le célèbre pasteur Oberlin sétait nOllrli des écrits de Swédenborg,et il prêchait ses doctlines dans sa chair du Ban de la Hoche, en Alsace, au XVIIIe siècle. Le Czet ct lEn{a, fut le premier ouvrage oe Swédenborg traduit du latin en français; il le fut par Pernety, bénédictin de la conglégation de St-Maur.
  • r DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM 111 85. En Angleterre le Révérend Hartley, mem­ bre du clerge anglic~n fut un des premiers disci­ ples de la nouvelle Eglise; il avait eu des rela­ tions amicales avec ::::iwédenborg. Le Hévérend Clowes également ministre anglican, prôclwit ou­ vertement dans sa paroisse de Manchester, les doctrines nouvelles. Il cn fut de même du H.cve­ rend Clissald, On a de tout temps) compté soixante ou soixante-dix ministres d(~ lEglise angl icane, imitateurs de Cloves ct de Clissold. :Mais Robert Hindmarslt, lmprimeur et fils dun prédicateur ,Vesle~-ell, fut le promi(;r qui inau­ gura 1 Londres en 1788, leculto pul?lic de la Nou­ velle J clLlsalem, en organisant une Eglise separee. A Hindm~trsh en Angleterre, se joignirent M. Servanté, dune famille de huguenots du midi de la france, et Bénédict C!l;lsümier, mc.clecin fran­ çais, qui P!lbliale premil~rjournalpériodiquedela Nouvelle Eglise, à Londres; il le publia en lan­ gue française sons co titre: « Le jounul Novi-Jé­ rusalémite. » Flaxman, le cBèbro sculpteur anglais, sunit it coux-ci pour Jonder la société théosophique, au­ jourdhui devenue la « Swedenbo}".rJ Soczety. » Un don de 7;:),0;)0 fI. fait p:r le Reverend Clissold, la rendit propriôtairc dnn:; mftison sise it Londres, BlooJ}~sb/l?/ ;.tl"eel, :)(;, cllJÎ sert encore mainte­ nant de bibliothèque, (le salle de reunion ct de li­ brairie pour la vente des livres. La nouvelle societé avait, dès ses commence­ ments, organisc un minist<~re régnlier, ct décidé que ce miflistère ne c1evnit procôder ni relever daucune Eglisc anciellne; pour linstitucI" on procéda PO,11r une fois seu1cment, comme dans la primitive Eglise c1.ln~tienne, et on tira au sort. )lobcrt Hindmarsh fut désigné pour représenter lEglise; il ordonna de suite comme ministres, son père et un autre des lems, S. Smith CJui avait été ministre Vesleyen.
  • ./ 112 LES PROGRÈS DANS LE MONDE Le Révérend Proud, fut,un des orateurs les plus éloquents de la nouvelle Eglise; il avait été or ­ donné ministre par Hindmarsh en 1791; il prê ­ cha dans un beau temple érigé à ~!fanchester, Pe-­ ter Str;eet, qui fut le premier édifice de la nou­ velle Eglise. Un graveur du nom de Noble, lui succéda en 1819. Celui-ci est lautem dun livre qui sert beaucoup en Angleterre pour la propa­ gande des doctrines nouvelles; il acte tmduit en français par IVI. Eugène Rollet, ancien député de no­ tre Par1cment, sous ce titre: « Appel aux hommes réflechis, )) 186.2; in. 12°. Dans les premières années du XIXe siècle, plu­ sieurs societés nouVclles sa formèrent à Manches­ ter, et dans le Lancashire, puis se relièrent entre elles par une Con(éJence ou Assemblée générale des lecteurs des œuvres de Swédenborg, presidée par Peckitt. La société de la nouvelle Eglise organisée dans1 lîle de Jersey, et formée en partie pal des famil­ les deJ:Hlgu_ell.ots français réfugiés, se rattache il la CôiïMrence. Aux Etats-Uni,;, on appelle « Convention» les réunions générales, dites Conférences en Angle-­ terre. La Conférence anglaise de méme que b Convèn­ tion américaine, déli le les licences ct lordination aux pa.steurs, règle leurs appüintements et pen ­ sions de retraite. LEglise dArgyle Squfl.J"e lt Londres, compte beaucoup de membres: cest le Hevorend Pres-~ land qui y officie actuellement. Il a remplacé le Dr Bailey; celui-ci, lors de son décès, arn vé tout récemment, officiait dans une Eglise du lVest-end de Londres, qui est considérée comme la plus im~ portante. Il v a maintenant douze lieux de culte à Lon-­ dres; dans douze quartiers diffélents. Le premier journal périodique anglais parut en
  • DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM 113 1790; ce fut le New-Jérusalem Magazine dont le principal éditeur M. Servanté, était français do­ rigine. En 1813, on publia The Inlelleclual Re­ pository; ce journal continue a paraître sous le nom de New-Chwch Magazine; il est en concur­ rence avec plusieurs feuilles périodiques anglaises publiées par des disciples. 86. Parmi les fondateurs de la nouvelle Eglise aux Etats-Unis, il faut placer le. Rév.érend Duché,( né aPhiladelphie en 1738, dunoJamille q.e hugue­ nQ.tllrQ!n_çais. Il est a remarquer quil y eùn5eau­1 coup dadhérents aux doctrines de Swédenborg parmi les Hugueno_ts de Frapce, réfugiés en Amé­ rique et en Angleterre. Glen gentleman Ecossais et ami de Hindmarsh, fut aussi un des premiers propagateurs aux Etats-Unis dAmérique, des doctrines nouvelles. Il fit une conférence sur Swé­ denborg en 1784. Ce fut a Baltimore que se fonda , la première société de la NOüVëlle Eglise en 179,2,1et cest 1<1 que se construisit le premier temple en 1800. Il v a maintenant des lieux de culte dans les principales villes des Etats-Unis. Ce nest quen 1817, quun cnlte régulier fut établi il Boston; cest maintenant li que se trouve la congregation la plus nombreuse dAmérique; plusieurs de ses membres se rattachent à la célèbre université dHarwarcl. Un journal hebdomadaire de la Nouvelle Eglise, fut créé en 1849 dans le Michigan; il sappelait The .Medium. En 1858, le Révérend Stuart la-­ cheta et lappela, The New Clwrch Messenger; il est publié encore auj,ourdhui sous le même ti-­ tre par la Convention. Le Révérend Chauncey Giles, !un des plus élo­ quents ministres de la Nouvelle Eglise aux Etats­ Unis, a rédigé le Messenger de 1865 il, 1877, et il est devenu entre ses mains, lun des journaux les plus remarquables par ses articles religieux: son tirage est de trois mille environ. lhe Néw­
  • 114 LES PROGRÈS DANS LE MONDE Jérusale77t ilfar;azzne, est une revue mensuelle pu­ bliée è Boston; ]1[,1. John Vorcester, Reed ct bien dautres, y ecrivellt avec lIlle grande érudition. 87. Le culte de la Nouvelle Eglisc fut célébré ]lour la première fois en lt,die dans la ille dc FloÇ.enè,e. Il y <L eu durânt quinze ou vingt ans des rêûnions régulièros, sous la direction du Hévé-­( r~.~çLl=-ord, plecô<lcmment paste,lH de la Nouvelle I Eglise aux Etats-Onis. Le c6lèbrc sculptcm amé- ricain Hir,un Power8, qui "ucut vingt ans it.-flo-I( renc;c avec sa nOmbreLl:iC famille, appartenait it ce] groupe. En 1871, Tv!. Loreto ScocÎa, ,lllcicn ministre méthodiste, entrcpl~.it sé-ri0usement de propager en Italie, les doctlines de Swéclenborg, Il fit dos conferences il Turin; en 1872, il fonda une I~CVlIO, la Nuova Epuca. Il sest fi.~u ensuite à FlolUlCO depuis 187::>, où il continue il, publior Sft revue, et ; traduire en It~ilien, les ecrits de Swedenborg. Cest en Sicile ct il Naples, que les <1octeincs de la ( Nouvelle Eglise, ont ÜOll(~ jusquiL présent, le plus cladhérents; plllSieul::l font partie du clergé. 88. A Berlin, une societô de la Nouvelle Eglise, composée de quarallt;) membres fondatems, sest ( organiséc sou:; bdj ret~tion <1l~ M. Altopé ; une salle publique a éÎ(; lOUU0 pOUl b eulteet pOLll la Iedure des œuYrcs; on compto maintenallt 1;:-)0 il, 200 au ­ diteur,; en moyenne, ct ulle ecole de Dimanche dllI,le centaine (l~nLtr.1ts. NIais la plupart des fidè­( les etant des OUHtelS, ou des i)ersormes peu loetu­ nées, les ami:; dAnglci.erre et dEcosse ont fait des dons en argent, pOUL subyenir aux frais de lœuvre. On pense -lLle si les doctrines nouvelle,;; prl:llllJnt rac;ii1e ; Berlin, ell.es :.;e répandront [):1r­ tout en Allemagne, m~tlgré lopposition du clergé et de la police. Il ~. a des disciples de Swédenbora dans plu-­ sieurs autre,;; villes cl Allemagne. Un âes hommes les plus remarquables pal sa science, a été le pro ­
  • DE l,A. NOUVELLE jÉRUSALEM 115 fesseur Emmanuel Tafel, qui a imprimé les écri~s de Swédenborg restés manuscrits; il a réédité toutes les œuvres, et il en a aussi publié des tra-­ ductions allernandes.Tafel était professeur it luni­ versit(g.~-:rubingue, et bibliothécaire it la même université. jï[. Mittnacht a 3equis de 11. Tvlullen-­ siefen, beau-frère de M. Tafel. aujourdhui décédtl, le dépôt des livres; il en continua la publication, et il édita un journal: J)ie Neulurchen blatter, publié aujourdhui par M. Artopé. i)9. A Vienne, en Autriclw il y a aussi un culte de la Nouvelle Eglise; le manqne de liberté poli-­ tique a nui aux réunions qui, malgré cela, sont assez nombreuses. 90. En Suisse, les doctrines ont ôte connues du vivant ùe Swédenborg, par le celèbre Lavater de Zurich, Cjui était en conespombnce avec lui. Ce fut il, Bâle qne parurent les premières tr-aduc­ tions des œuvres. M. Pasquier,pasteur it Genève de 185,2 it 1858, a enseigné du ha.ut de sa chaire les (ioctrines nouvelles. Un culte régulier a été fondé ft Zurich avec laide de Mademoiselle de Struve, et il ya des réuuions dans plusieurs villes de Suisse. 11s ont un journal: le Monat blat/a. 91. Les ecrits de Swédenborg avaient été intro­ duits en Russie dès 1783. On prétend que le Grand Duc Constantin Paulowitz, qLU devint roi de POJ9­_...!le après avoir renoncé iL ses droits au tràÏle de Russie, en faveur de Nicolas son frère puiné, était sérieusement attaché aux doctrines nou velles (1). Il v avait un petit groupe de disciples , Moscou en 1873, mais il fut bientôt dis:;ipé par la persécu­ tion. Il y a néanmoins en Russie, des réunions privées pour célébrer le culte nouveau; les mem­ bres appartiennent presque tous à la haute no­ -------------_._- ----­ (1) Voit des ddtails cu,ieuJJ à ce sl.tjet dans l~ New-]ént­salem MalJa::n:ne d.t mois de d,fcembre 1887; Revue l1ltbliéeà Boston; 169, llemont street.
  • 116 LES PROGRÈS DANS LE MONDE blesse. Le célèbre général Alexandre rvrouraYlef qui fut le principal promoteur de lémancipa.tion des serfs, était ainsi que toute sa famille de la 1 Nouvelle Eglise. Il a fourni des artieles remarqua­) Vbles iL la ReljU(j de la Noucelte-Jüusalem, journal publié à Saint-Amand (Cher) par :M. Le Boys des Guays. 92. Le premier vaisseau qui transporta les con­ damnés iL la doportation iL Botany-Bay, avait i1 bord, 1V1. Lowes chirurgien, ct ar:ni de M. Rind­ marsh; celui-ci avait emporté avec lui une grande (luantité de livres de la Nouvelle Eglise, quil ré-­ pandit dans les colonies anglaises dAustrQ,lie. Au­ jourdhui, il y a plusieurs sociétés de la Nouvelle Eglise, qui sont organisees et qui se développent rapidement dans lAustralie, iL :Melbournc, il. Ade­ laïcle, à Brisbane èf~Sydney; il Y a aussi une petite société à Auckland dans la, Nouvelle Zélande. En 1847, lIf. Poole, maître de langues se rendit de Melbourne il llIe Maurice où il propagea les doctrines nouycllcs; parmi les adhérents furent lvI. Pitman ct trois anglais qui émigrèrent à Cal­ cutta. Lun des personnages les plus considérahles de lHe MaLllico, M. Edmond de Chazal, organisa pciwart un certain temps le culte public de la Nou­ velle Eglise, (lU il dirigea lui-même. Il fonda une . Hevue. LEcho dela Nouvelle Jérusalem. Cestde r là que· les doctrines ont été transmises à Dom­ 1 bay et iL Calcutta, par des disciples allant se fixer dans les Indes. En 1878, a paru à Londres, un ouvrage intitulé: AMndoo gentleman reflecUons Jespechng the­ works of Swedenborg. (Speirs, Bloomsbwy street, 36;) Réfléxions (tUi~ genclemwî hindou sur {cs écrits de SwedenbOl.r;. Lauteur habitait Bombay et sappelait Dadoba Pandurung. Il raconte qua­ vant de connaître ces doctrines il navait jamais pu concilier dans son esprit, la divinité tri-]>orson­
  • DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM 117 nelle des Chrétiens, avec le principe de lunité de Dieu, que les missionmdres chrétiens prétendent apporter aux Indiens polythéistes. Il dit que Swè­ denborg est daccord avec Jes P!lll!1ias, qui placent le jugement dernier dans le monde terrestre. NIais cest surtout letude de la science des correspon­ dances, qui parait interesser les Hindous, parce:( quelle leur donne la clef des mystères antiques. Cet Hindou a fondé ft Bombay Ulle librairie de la. Nouvelle Eglise; il a trnduitle Ciel et lEl/fer de Swedenborg en Hindi, langue comprise partout, dans les Indes. ~)3. Il Ya il Nat~l, colonie anglaise sur ln, cote orientale dAfriëjue, un groupe de membres de la Nouvelle Jérusalem, et il y a aLlssi cles disciples isolés dans nos possessions en Algérie. Swedenborg prétend quil existe clans lintérieur de lAfriclue, urie nation qui reçoit la Réyélation nouvelle. Ils sétend longuement SUL cette ré"éh~­ tion dans les passages de son Diw"lll1n portant les nOS 4770, 4774, 4777-79 et 4783 (1) Les rares voya­ geurs qui ont parcouru le centre de lAfrique, saccordent it clire quil y ciste des peuples de mœurs très clouces, hospitalïers et très düférents des peuples du littoinl; nous ne savons encore rien de precis quant , leur culte. 94. Pour en rcvenir a la France, nous dirons que Nloët bibliothécaire , Versailles, entreprit en 1786 une traduction complète des CC1its de Swe­ denborg, mais elle ne fut imprimée que sous 1:1 I?-estauration. NI. Tulk, membre du Pnrlcment Anglais, consacra vingt-cinq iL trente mille francs pOUl les frais de cette impression; cotto traduction est loin de valoir au point de vuo de lexactitude, la traduction faite plus tard par IV1. Le Boys des Guays. (1) Em.Swedenborgii Diariwn spilituale,publié lJaI Taret 1843-47 Ttebingue, la vol, in-So.
  • 118 LES PROGRÈR DANS LE MONDE CB~iface Laroqge, prè~ident du consi~toire de ( lEglise Réformée de CastT:es, publia en 1812, un ouvrage en deux vo lumesin 8°, où il expose les l doctrines de Swédenborg, san~ nommer celui-ci. En 1820, une petite société de personnes de la Nouvelle Eglise se réunissait ft Paris, dans la mai­ son de Qobert, alors avocat en renom. Le plus-âétif propagateur des doctrines sous la Restauration fut le(capitaine Bernard, qui les fit accepter par les oftlciers de son régiment, le 23e de ligne. Citons le major Pnvis, les capitaines Morlet, de Foisac, Fraiche, Paillard, qui tous firent la campagne d~§pagne en 18,23. A œgroupe se rat­ tachait NI. ŒmiJe <l0 BonnechQ~, historien bien connu. En Espagne le capitaine Bernard répandit les écrits de Swédenborg qui furent goùtés du savant- év~qlJede Barcelone, Torre~ Amat, du général Palafox et dautres. De rotour en France. il amena. aux mêmes idées, Richer, littérateur distingué, plusieurs personnes notables dOrthez,dA.I~}S)S, de Bayonne: le colonel Dupont, le général de Bissy de Be~ançon et le Dr Brunet. ($douard Ri<pèr; de Nantes en Bretagne, naquit en f792 et mourut on 1834; ses travaux dabord imprimés en lxtrtie, dans qnelqùes jOlllnaux de province, f~ILt-Ilubli<lli apLfls sa mort, dans un~ Ql,lvragQ..0n uit,,olllme,"s inJ?~)_ayaQ.t.r~.olU~ titre: « La Il Nouvelle Jér.l1sJJem;>>Üii·l5ùblia aussi des essais de . 1 lui ft, St-Amand: « la Religion du bon sens n. Tout ce qui e~t sorti de sa plume dénote un grand talent décrivain et lIne profonde connaissance des doctrines chrétiennes. Parmi les propap;a.tenrs sérieux de ces doctrines, il faut citer un clllé catholique, fâJ5bé Ledrq, qui était en 1833, curé du viJl<1ge dè·....,-L6ves-près de Ch8rtres. Ses paroissiens 1<lÏmaient beaucoup et le considéraient comme curé patriote. Il fut révo­ qué par lévèqlle de Chartres, et son église fut fer­
  • DE LA NOUVELLE ,TÉnusALE"M 119 mée. Alors labbo Leclru se mit h prêcher dans une beUc grangc érigée en temple, les doctrines de la Nomclle J(~Tusalern. Il entnlina avec lui tons les habitants cIe S;t comnnl11e et il contjnua ainsi pep­1 c1ant cinq ans JUSqUil, sa mort. En 183G, il avait" publié pOUl lusage de srs paroissiens: la liturgie de la 1wutclle Eglise (1). Alexandrc Dumas a ra­ conté ces faits dnno manière plaisante, mais iné­ xacte,dans ses memoires. (Kr Blanchet ;wocat il Tarhes. puis conseil!rr cie Pl:ôfe-ctŒi;ë, a lwopnge 1eSlloctri lH-S de S,védenlJorg dans clivers ouvrages, notamment clans lExpOSI,­ tian JJ()pula,·e de la FNlie n:lif/ion chrétienne; Paris 184,2. lVI. 1e/53ron de Pori al) CJui descend dune des plus ancirl~f:es {anjnl(1;J)]o1Yfita~11es .du, Langue­ doc, a plll>110 deux ouvlages elLlchts et mteressants,1dans le sem des dcc1rines de S,(; cl en bolï.!:. 1 n (JS symu:i{es ries [~g!!plieils cam pards ri. CClIX des 11f:1Jre1lfl:; Paris 1 (:dO,. ~" Des couleurs sym.­ Gotiques; Pnl/:. 1 s;-n. - :M. Lej10-.ê.-c1es ,QU!.lY~, de Saint-Amand (Cller), un cles hornrncs les phi:. rfsper.tés de son cleparte­ ment, fut 10 premier qlli fit ,:nl, tentat.ive serieuse (lorplDisnt icm du nOl:Cml culte. 11 fut jUf-e au tri­ hunal cii1 (10 SrlintAm:mcl, ct (~nsuite sous-prefet en 18:)(;.11 OLlTit 1.il1 CU!t0 puhlic C!;Il;fi sa maison :i St Amand. le l~ no-cmbre 1~~17. 1 il fonda avec la collaboration dnmis, la }-QlIFllle JéJlsalem; "[·WC religieuse d SCiclitl(ifjlle, qui pa.rut (le 184() h 1R4~). Enfin il tT<Jciuisit (n franc;üs, toutes les œllTeS ihéologiquc,: dp Sv(;c1cnhôrg; il mourut en 1HG4, (lune mnhdie dll cœur. M. AUtl. H:.rJé. hicn que ckmiciLio il Paris, fut kcol1abOlatcUl :ffldu Cle :M. Le Bcys des Gua;ys. En sa qualité cll!ébraj~(lnt clislinguc"; il moc1ifià la (1) Voir les détails dans" llhstoire de la n01ne/le If/lise chrétienne, par W1 ami, » Paris 1879,
  • 120 LES PROGHÈS DANS LE MONDE traduction Le Boys des Guays, du Ciel ct de lEn­ fer, et il en fit une nouvelle édition in 8°, publiée en 1872. De concert avec M. Le Boys des Guays il a traduit en français, les P~aumes avec les som­ maires du sens interne, les Evangiles et lApoca­ lypse ; de plus, il a traduit en latin une partie des livres de la Bible avec le sens interne en regard. La société des disciples à Paris se réunissait an­ ciennement chez 111. Brous,sais, fils du célèbre pro­ fesseur a la faculté de rrreâecine ; puis elle se réu­ nit successivement chez M. Hartel mécanicien, chez M. IVIinot peintre, chez M. Pôirson médecin; ensuite rueo.e la Faisanderie, puis rue du Somme­ rard où se trouvait un dépôt de livres de Swéden­ borg, un cabinet de lecture et une librairie circu­ lante. Elle sc réunit actuellement, dans le premier temple édifié iL Paris, pour le culte public de la Nouvelle Eglise, rue Thouin, n° 12, derrière le Panthéon. Une librairie et une bibliothèque pour la lecture gratuite des ouvrages, sont annexées au Temple. Quelques membres de la Nouvelle EglisE}, assi­ dus au culte qui se fait tous les Dimanches à trois heures, au Temple de la rue Thouin, se sont en­ tendus pour former deux Sociétés distinctes sc proposant chacune de propager les doctrines de la Nouvelle Jérusalem, lune par la voie de la presse, lautre par la parole. La première Société a pris le nom de Société Biblique de la Nouvelle Eglise1 chrétienne, dite Nouvelle J élusalem,; elle se confond avec la Socz"été de la Librm"rie SWéden­ borgienne qui est annexée au Temple. Elle se pro­ pose: 1° détudier les moyens darriver à la publi­ cation dune Bible en langue française, dont la traduction sera plus littérale qLje les anciennes versions de la. Bible, afin de faciliter létude du sens spirituel des Saintes Écritures; 2° de réim-­ primer les traductions françaises épuisées des œuvres latines dE. Swédenborg, et de publier
  • DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM 121 aussi les petits traités jugés utiles à la propaga­ tion des dOûtrines ; 3° de publier un Journal de la Nouvelle Jérusalem.L Lautre Société a pris le nom de Socùité fran­ çaise de la NOu/jelle Eglise c1mitimne, dite NOH­ veUt: Jéntsalem, celle-ci se propose: 1° de pour­ voir a lentretien du temple de la rue Thouin, et à létablissement d,LUtres lieux de culte, il, mesure que le besoin sen fera sentir, pour propager en France les doctrines de la Nouvelle Jérusalem: 3° de pourvoir au soutien des prédicateurs et des con­ férenciers qui se destinent il, cette œuvre de pro­ pagande. Cest depuis 18J8 seulement, que la Nouvelle Eglise a obtemi-au gouvernement français une au­ torisation régulière pour les réunions publiques de son culte il, Paris, grâc9 aux démarches faites près lambassadeur des Etats-Unis dAmérique, p.ar M. Chauncey Giles, pasteur de la Nouvelle Eglise il Philadelphie, et sur la demande expresse du Président de la République des Etats-Unis, M. Hayes, au gouvernement français. 11; Hayes, certifia que les membres de la Nouvelle Eglise en 1 Amérique, étaient COllnus pour être des citoyens paisibles et généralement estimés par leur vie ho­ norable. 05. On sétonne quelquefois que le nombre des disciples ne soit pas plus considerable. Il y a plus de cent ans que le général Tuxen, demandait il, Svéclenborg, peu de temps avant sa mort, com­ bien il pensait quil ~r eùt de personnes dans le monde, qui avaient adopté ses doctlines : il répon­ ,dit quil pouvait yen avoir peut-être, cil1qu~!rte, Iet l{u:nQ.~.mb..re_dans_k mQltde_des..-0spfits. Il ajoutait: Dieu seul connaît le temps où son Eglise doit commencer. Depuis la mort de S"ôdenborg, ces doctrines ont continué à faire des prosélytes, et on peut 9
  • 122 LES PROGRÈS DANS LE MONDE évaluer approximativement le nombre des per­ sonnes ayant adopté leurs enseignements et les professant, à. cinquante mille environ. Mais ce chiffre parait au-dessous de la vérité, lorsquon pense ~l, limmense mouvement de librairie pour la vente des ouvrages en Amérique, en Angleterre, en France, en Allemagne et en Italie. 96. Le journal anglais, le Times du;) Juin 1886, en donnant une analyse des livres ajoutés au Bri­ tish Musewn, de 1880 il 1885, dit quon sera~I étonné dapprendœ que les propagat.eurs les plus actifs et les plus énergiques des doctrines chré­1 tiennes sont les Swédenborgiens, car il y a eu dans cet espace de temps, quatle fois plus de pu­ blications faites par les disciples de la Nouvelle Jérusalem, que par toute autre communion chré­ tienne. La littérature de la, Nouvelle Jérusalem, sest enrichie, non-soulement de la traduction dans les principales langues de lEurope, des tra.ités reli­ gieux que Swédenborg avait écrit primitivement en latin, pour les mettre il la portée des éludits ct des ecclésiastiques de toutes les lUttions. mais aussi, douvrages dits Collatéraux, qui, ajoutés aux journaux spécialement consacrés au public de la Nouvelle Eglise, forment dans leur ensemble, un st0ck de livres tellement considérable, quil serait difficile de les réunir tous maintenant, clans la même collection. Les aIlÙS de la Nouvelle Jcrusalem. recherchent beaucoup plus ln quaHté que la quantité des adhé­ rents. Ils savent quota mission de cette Eglise est dexercer une influence très grande au dehors aussi bien quau dedans de lEglise. Au dedans, son œuvre est toute clenseignement, car la prière elle-mème, opère en réalité, par le développement cle la vérité. Lhomme, nous dit Swédenborg, .~~ yQntinvollomenC dans la
  • DE LA. NOUVELLE JÉRUSALEM 123 n.. ) prière, lorsquil est dans_la vie ~ElI2.n les vrais (1), -Au dehors, ces doctrines justlfient, par leurs dé­ veloppements, leur parfaite adaptation au progrès de nos idées modernes, et elles trouvent des appli­ cations atoutes les branches de la science sociale......-- La Nouvelle Jérusalem ne sera jamais comme (Eglis~~, visible une organisation exclusivement eccléSiastique; a notre avis, son organisation do~t W.... I •. i être" !aïque - afin dêtre mieux adaptée a lesprit ~ U!­ moderne. (...J..t- .... ( Lorsque Swédenborg parle de la Très-Ancienne Eglise et de lEglise Ancienne, il nentend nulle­ ment parler dune Société organisée ecclésiastique­ ment, mais il entend principalement parler du l~p._ sQ...cilll qui prédominait dans les sociétés hu­ mt):ines à ces deux différents âges, ainsi qualifiés dEglises .. Il dit que lhomme individuel lui-même, est une Eglise dans la forme la plus petite, et que ce qui fait en lui, ou dans les sociétés humaines lEglise, cest la conjonction avec Ilieu, et avec la vérité émanant de Lui, suivant le degré de récep­ tion de celle-ci ; seulement, le caractère de cette conjonction diffère dans chacun de ces deux dif­ férents âges, ainsi que nous lavons déjà expliqué aux chapitres III et IV. En un mot, la Nouvelle Jérusalem sera une nouvelle humanité, cest-à­ dire une nouvalle ère de la civilisàtfôn: moderne, qui sétablira sur linlfên soêiar nouvèau par lin­ fluence de lenseignement de son Eglise. Les disciples de la Nouvelle Jérusalem ne cher­ chent donc pas à simposer au public par leur nom­ bre, parce que leurs doctrines ne sont pas de na­ ture [1 être acceptces pa:r-engouement, ou comme affaire de mode; eUes ne peuvent simplanter que graduellement dans les mœurs et dans la pratique sociale. (1) Apocalypsis Explicata Londini; 1784. 4 vol. in 40 ; n° 320. - Ouvrage posthume.
  • 124 LES PROGRÈS DANS LE MONDE 97. Nous avons V1l précédemment n° 7, que le sens de la lettre de1a Parole, voile comme la nuée dans le ciel, lesèns spirituel, et quainsi ce sens de la lettre est une gardequi est figurée dans la Bi­ ble par les chérubins; cest pourquoi il est dit dans la Genèse (III. 23, 24): «. Lorsque Jé110vah Dieu eùt chassé lhomme, il fit habiter du côté de lOrient du jardin dEden, les chérubins et la flamme de lépée qui se tourne de côté et dautre, pour garder le chemin de larbre de vie. » Cela signifie que celui qui est enclin il, profaner les vérités cachées sous la lettre gE(la parole, est empêché autant que possible~ c0111me- par une garde, den pénétrer le sens, tandis que celui qui 1sen sert daprès lamour du bien, pour enseigner 1 ). et confirmer le vrai, peut en pénétrer le sens, et il progresse en sainteté et en capacité. Ainsi la Divine Providence détourne lhomme, autant que cela est possible, sans violenter son libre arbitre, d_e la reconnaissance de la vérité, tant quil nest pas mûr pour elle, tant que lœu­ Te de la repentance nest pas suffisamment avan­ cée en lui, et quil nest pas en état de se mainte­ nir définitivement dans la jouissance de la vérité reconnue par lui. Cest une loi de la divine Provi ­ dence, qui. a été faite, nous dit Swédenborg, par­ ce que le sort de celui qui renie la vérité après la­ voir reconnue de cœur est des plus tristes. En effet, un tel PI.2ta)1 tuellement en puisant à cette sest alimenté et qui­ }1ateur qui source divine, spiri a, en partie seulement, ap~prié 10 corps de son homme interne, ou son <:tfie, ~t cette nourriture céleste, sans avoir suffisamment éliminé par la repentanèë, le}u:)1 et le fullx en-rL1Ï,sot1ouve sol­ licité entre deux volontés contraires; il se fait donc lill déchirement en lui qui le rend excessive!11ent malheureux: il est dans le mal qualifié par lEvan­ gile, de ppcM contre le Saint-Esl2tit ; ilJ2.~Tle bien ----- et cependant il pense mal; 0ll,11 rait bien, et ce­
  • DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM 125 pendant, il veut le mal. Cest ainsi quen lui, dans le vIalest cacliélë-fà,ux, et dans le bien le mal,l comme un venin secret. Cest pourquoi de tels hommes sont qualifiés par le Seigneur : (( Race( de vipères! », On voit que le progrès pour être fait sùrement, doit être fait lentement, et quon ne peut, sans danger, arracher livraie avant que la moisson soit prête dêtre récoltée. « La miséricorde vaut mieux que le sacrifice: ) il faut laisser à chacun, tout le loisir nécessaire pour chasser le faux et le mal, avant de pouvoir espérer voir le vrai et le bien déiinitivementenracinés dans le cœur humain. Ce danger de la profanation nexiste dailleurs, que pour coux a qui le sens interne est dévoilé, bien quils soient encore restés dans le mal. Telle est la morale qui se dégage des enseigne­ ments de la sagesse, et qui justifie la lenteur des progrès de la Nouvelle Jérusalem dans le monde; néanmoins ces progrès sont palpables pour tout homme qui observe les lois de la régénération de làme humaine et ces-conquêtes de lesprit nou­ vêàü-: elles nous révèlent les hautes destinées aux­ quelles est appelée lhumanité future.
  • TROISIEME PARTIE Les Princip,Bs du Droit nivin moderne & LEURS APPLICATIONS SOCIALES --==--~ CHAPITRE X. SECTiON PREMIÈRE LOIS DE LA RÉGÉNÉRATION CIVILE ET RETOUR A LESPRIT DE JUSTICE ET DÉQUITÉ. SOMMAIRE 98. Lenseignement de JÉvangile perd tonte autorité d~ns les Eglises qui empiètent SUl les attributions (le lEtat, et qui deviennent sectaires et cléricales. - 99. La vraie mission de lEglise est linfluence quelle doit exercer sur les mœurs pal lenseignement dune sagesse intelligible tlI pratique.." La morale ne peut ètre sépa­ rée de la religion parce quelle en découle: il ny a donc pas dc morale indépendante. - 100. La_glJ§§Lto!,!...so.<:!ale devient la question chrétienne ou humanitairc dll monde )11 mocleme. - 101. Lorsquon interroge les lois écol1omi­ , ques actuelles, qui légisf;ent la distribution des richesses, 1 elles r~pondel1t pal u~e .fin de non-ree~voir à foulrs lOs . revendlCatlOl1S du o:oclulisme. - Les developpements de lesprit de fraternité et de jUE:tice peuvent seuls enra­ , yer le péril social, c<J.r la solution de la quesLiQl!.sQ..c.i.?,.le nest pas exclusivement scientifique, rnais elle est en l même temps, essentiellement morale. - 102. Aveux ft IV ce.....§~.iet de pluSiBii"fSSociawrtes-etêonsequences j:ùôba­ bles de cês"avellX dans liÏ1 avenir plus ou moins proche. - De la transformation graduelle du lien social de jus­ tice matèrialiste,en un lien social de justice rationnelle. - La loi de la distribution des richesges nest comme toute loi sociaie, que la logique du sentiment qui pré­ domine chez les hommes d;~ jour. - Les deux ou trois témoins nécessaires pour la justiftcation de toute con­
  • 128 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE victioD sérieuse. - 103. L<1 civilisation de lavenir le plus proche correspond dans le passé, à làge dairain des sociétés humaines. - Les trois cycies de la civil1sation de lavenir. - 104. Description cie la constitution HO­ ciale de la primitive humanité, et su décadence. - 105. Ltl progrès conquis au dix-neuviènlû siècle est lesprit , de tJlérance et de charité. - 106. La charité pour ne pas ètre impui!>sante et stérile, doit Mre éclairée par la 1 foi, ou p;ll la vérité, de manière ù pouvoir prendre la forme de préceptes rationnels. - Dans le mondE! mo­ derne, le nlot charité prend le sens large de traternité. - 107. Examen èe ce qui se passe entre les facultés de ldme chez lhomme qui flC réforme et se régénère. ­ 108. Phase de réformation et phase de régénération. - Le droit dainesse dEsaü, ou ces mêmes phasos de réforma­ tion et de régènéraljon, exprimées ditréremmen t dans la symbo-liql.e ae la Bible, dans le langage théologique et dans lè langage philoso;lhique. - HO. Les résultaI s de lhrlrmonie et de léquilibre entre les trois facultés de( lùmEl humaine, se mamfestent aussi dans les progrès du droit civil. 98. Nous croyons utile de diviser en deux sec­ tions, ce chapitre X, qui embrasse toute la troi­ sième partie de notro travail: la première pO~lf préciser los 19is de la l:.9g~nération de lhomme con­ sidéré individuellengmt, la seconde pour envisa­ ger ces mômes lois au point de vue politique et so­ ciaLNous espcrons amsunontrer, que les c1octri­ llëS de la Nouvelle Jérusalem, sadaptent parfaite­ ment aux idées modernes, même les plus avan­ cées, pourvu quelles soient .conformes a lesprit de justice et déquité. Si une morale sociale ne clécoulait pas de source des enseignements de lEglise, à quoi ser­ virait la religion? Sans la religion, sans lEglise, la morale nexisterait point, parce que les hommes ne seraient plus alors, les enfants dUn Père com­ mun, cest-à-dire, quils ne seraient plus frères. Cest le sentiment de fraternité, de même que le sentiment religieux doù il dérive, qui inspire la morale et les mœurs; or, la morale découle de la( religio_n qui est le développement de lesprit de. W1<IYY
  • · ,-.J. j Er LEURS APPLtCAlIONS SOCIALES 129 fraternité, et elle constitue le fondement essentiel dU droit et de la justice. Notre but est donc aussi de montrer, combien les réformes sociales qui sont attendues par les partis politiques avancés comme les promesses dun nouveau :Messie, sont peu com­ pàtibles avec la disparition de toïitsentiment reli­ gieux dans le cœur des hommes, quoiquen disent certains utopistes de lathéisme et du matéria­ lisme. On pourrait croire que nous occupant spéciale­ ment de religion, nous sortons de notre cadre, lorsque nous traitons de choses temporelles et sé­ cu lières telles que les questions politiques et socia­ les.Maiscestla une grave erreur, qui résulte de la confusion quon fait souvent entre la religion et le culte. Dailleurs, nos doctrines religieuses, en sa­ daptant aux questions sociales, deviennent les principes du droit divin moderne; de plus, ces principes, pour sy adapter pratiquement, doivent se transformer en principes de droit positif hu­ main. Cest ainsi que le spirituel se transforme en temporel et se sécularise dans les applications ex­ ternes: en eHet, on ne peut pas plus séparer la vé_rité spirituelle de la vérité de fait~xterne, quon ({nëj)ëut separér la théorieële la pratiëiue:­ Lenseignement religieux devant avoir une in­ fluence purement morale et du domaine de la conscience seulement, perd toute autorité dans les Eglises qui empiètent ou qui tendent a empiè­ ter sur les attributions de lEtat. Le Christ, durant sa vie dans le monde, fut sol­ licité trois fois de se constituer juge et de trancher des différends ayant un caractère juridique et même politique, mais chaque fois il sy refusa. Une première fois, on lui demanda de se pro­ noncer sur la légitimité du droit de punir la femme adultère. Il eùt été facile aux Juifs fanatiques, par­ tisans des rigueurs de la loi Mosaïque, de trainer la coupable hors de la ville et de la lapider. Mais
  • /130 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE le Christ sut la délivrer des mains de ses bourreaux par la vertu de ces simples paroles: « Que celui de vous qui est sans péché, lui jette la première, pierre. » (1) Une autre fois, le Maître fut requis de se pro­noncer sur la légitimité du tribuHt payer à César;il répondit: « Rendez les choses de César à César,et les choses de Dieu il, Dieu. )) (2) Par ces deux réponses, le Christ établit dunemanière claire, que les deux justices, celle de Dieuet celle des hommes, fonctionnent séparément; et,il le montra aussi clairement dans la troisièmecirconstance, Jorsquil fut prié de trancher une dis­pute entre deux iTères, au sujet du partage dunhéritage. Ici, le :Maître se refuse encore ~t se fairele champion de lune ou de lautre partie adverse,parce quil est le champion de tous les hommes in­distinctement, et non pas dune classe dhommes.On ne pouvait cependant, douter que lun des deuxfrères ne fût clans son tort, juridiquement parlant,ce qui nempêche pas le Seigneur de répondre àcelui qui paraissait avoir le droit pOlU lui:«( a homme, qui ma établi juge oupourfairepartageentre vous? Puis il leur dit. Voyez et gardez-vousde lavarice, car quoique quelquun soit clans la- )bondance, il na pointla viel)arce quiTpossêêle. )) (3)Si, en effet, les deux frères étaient lun ét lau­tre enclins à lavarice, à quoi servait-il, au pointde vue de la justice divine, de redresser le tort delun a légard de lautre? Ne valait-il pas miouxJes laisser se débattre ft lécole de la vie et de lex­périence, les amener ainsi à faire leur examen deconscience, et par suite, aussi, les amener à uneconverûon sérieuse et définitive! Lenseignement général qui sc dégage de ces (1) Jean; VIII; 7. ­ (2) ;1athieu; XXII; 21. (3) Luc; XII; H. 15.
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 131 t19is faits de lhistoire de la vie du Christ, est que lEglise ne peut se rendre solidaire de telle ou telle thèse juridique, politique ou sociale: ce serait ra­ petisser et diminuer son influence morale qui se­ xerce sur tous les hommes indistinctement, que de sortir de sa sphère, et se compromettre dans des agitations stériles en faveur dintérêts exclusi­ vement externes et temporels; en effet, le domaine de lEglise se trouve sur un plan de vie plus élevé et plane sur des hauteurs inaccessibles aux inté­ rêts purement terrestres. LEglise est donc une école denseignement de la sagesse divine, et il faut se garder de la faire descendre de ses hauteurs, pour devenir une auto­ rité mondaine, autrement, elle revêt un caractère secta,ire et clériC<.t1. Aussi, il arrive, depuis le siè­ cle de Voltaire, que le christianisme véritable se prêche et se pratique souvent, en dehors de toute Eglise qui, à lexemple de lEglise de Rome, se met, par son cléricalisme en contradiction avec le libéralisme des doctrines évangéliques. Il en ré­ ioulte quon a pu dire que les doctrines chrétien­ nes continuent iL imprégner la civilisation mo­ derne, et quelles réussissent iL prévaloir contre ceux-là. même qui prétendent conserver le mono­ ~f)lo de leur enseignement, ct le droit exclusif de j .... ~ propager parmi les nations. LEglise doit toujours répondre à tous ceux qui voudraient lengager dans des entreprises politi­{ ques, sociales ou mondaines: « ]l10n RO~7aume- nest pas de cc monde. ») (1) 99. Cependant, si lEglise ne doit pas prendre une part directe au gouvernement de lEtat, et aux entreprises sociales, elle nen est pas moins destinée à avoir une- influence réelle sur les mœurs, par lenseignement dune sagesse intelli­ gible et pratique; en effet, la religion, lorsquelle (1) J~an; XVIII, 36.
  • 132 :LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEest bien entendue, ne nous enjoint nullementdaffecter des airs de dévotion, ou de marcher lev.isage triste et la tète baissée, lorsquon ne faittorta personne, en se montrant joyeux et gai. Bienloin de conslster à sisoler du monde et des hommes, elle doit au contraire, nous pousser àmlütiplier nos rapports sociaux, afin dexercer lafraternité sous les formes les plus variées, danstoutes les occasions où il est possible de le faireutilement. Quant à ceux qui veulent quon respecte la reli­gion, mais quon renonce à la théo~ogie,ils sont aussipeu raisonnables, ainsi que li"1 di1.KiI. Gladstone,que sils conseillaient dadmirer les arbres, lesplantes, les fleurs, le soleil, la lune et les étoiles,mais de renoncer ft létuçie de la botanique et delastronomie. Or, la théologie peut, seule, formu­1er- dune manière précise, les préceptes de droitdivin; cellx-ci ft leur tour, nous initient aux en­seignements de la justice divine. Les préceptes dedroit divin enseignés par lEglise, sont destinées àservir didéal au législateur humain, qui doit tou­jours sefforcer de les traduire ot de les transfor­mer en préceptes de droit positif humain, applica­bles au gouvernement des sociétés et des hommes.En effet, la justice humaine na dautorité moralesérieuse sur los hommes, quà la condition de ten­dre toujours ft se rapprocher indéfiniment de lajustice divine, sans pour cela, jamais réussir iL yatteindre complètement. Si quelques-unes, préten­dent néanmoins, éliminer la religion de la moraleet même de la justice, ils sc heùrteront toujoursà limpossibilité de trouver une solution satisfai­sante de la. question soclale, par des moyens pure­ment scientifiques et autorita.ires. La morale ne peut être indépendante de la reli·gion, par la raison, quil est admis en principe,que la fraternité est le sentiment quiinspire et quidomine toute la morale: la logique de cc senti­
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIA.LES 133 ment que nous sommes tous frères, est que Dieu est notre père commun. Or, létude de la théolo­ gie, peut seule nous faire connaître nosdevoirsbn­ vers les hommes nos frères, en nous faisant con­ naître ce qui concerne Dieu, notre Père commun. La morale ne peut· donc être séparée de la religion puisquelle en découle, et il ny a pas, par consé­ quent, de morale indépend~te de la religion. 100. La q~Lestiod sociale devient véritablement la questiorlClirélienne-ou humanitaire du monde moderne, dès lors quil est reconnu que nous som­ mes tous frères et tous solidaires les uns cles autres, parce que nous sommes les enfants dun Père com­ mun; et, tous désirent de nos jours, trouver les mOyens de rétablir les mœurs de la fraternité, en atténuant et en annulant les souffrances du pauvre l La difficulté de la solution de la question~cialel provient surtout de ce fait économique, que lac­ croissement des richesses, qui est énorme depuis le dix-huitième siècle, et qui sétend encore cons­ tftmment. avec les progrès des sciencos appliquées ù lindustrie, devrait, si les lois purement scienti­ fiques qui gouvernentla distribution des richesses, etaient justes en elles-mêmes, bannir toute pau­ vreté de la terre. NIais bien loin de là, on signale (~ f~it anormal dans tous les pays du monde mo­ derne, qu<5laccroissement du paupérisme, accom­ pagne toujours laccroissement des richesses~-de la classe capitaliste. 4 Cela parait tenir, il est vrai, a ce quon produit aveuglément dans toutes les branches de lindustrie, JUSqUiL ce quil y ait sura­ bondance dans la production par rapport aux be­ soins ou aux facultés de consommation des con­ sommateurs : de là les crises eommerciales. Les caJ>italïstes en profitent pour acheter iL bas prix, ce quils revendront très cher, en temps opportun, et ce quils ne peuvent plus revendre du tout, si ce temps opportun tarde trop il. venir: de hl les crises financières.
  • 134 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE Il Y aurait donc lieu den conclure que les loisqui gouvernent la distribution des richesses, bienque scientifiques, dépendent aussi dune cause mo­raIe: celle de la sagesse des producteurs et desspéculateurs; et en effet, toutes nos sciences so­ciales, bien que scientifiques, par cela mêmequelles sont sociales, sont sous la dépendancedune cause morale. 101. Cest aussi la raison pour laquelle, lorsquoninterroge le système économique, qui, dans 110tresociété moderne régit la distribution des richesses,il répond comme le Christ, par une fin de non-re­cevoir, à toutes les revendications du socialismeet des redresseurs de torts provenant de linégalitédes conditions sociales. Il nest point douteux, ce­pendant, que la science sociale daccord avec len­seignement même du Christ, nait pour objet dedominer la dureté et la sécheresse de cœur de ceuxqui aSSLlment la responsabilité de létat actuel denotre économie politique. La science sociale, fra­ tqrnell~ Qt chrétienne à la fois, peut seule, nous fournir des moyens équitables ou conformes aux lois mêmes du progrès, de concours avee leur mé­ thode générale dapplication que nous dévelop­ pons ci-après nOS 107 et suivants, pour que la 10­ 10nM collective parvienne il modifier les faits éco­ nomiques, de manière iL supprimer tout ce quelles renferment de barbare et dinllUmain pour la classe des proletaires. En réalité, le paupérisme doit être considéré comme une sorte de retard des sociétés humaines, sur les progrès généraux du bien moral et maté­ riel; son véritable remède nest donc point, dans de prétendus rapports charitables ou fraterneL de riche à pauvre, mais dans laccroissement dun amourmutu~l, basé sur lestime, et sm un échange-âCservlces également mutuels. Un tel échange de bons procédés, clans tous nos rapports daffaires, mettrait, travailleurs et capitalistes, riches et
  • ET LEURS A.PPLICATIONS SOCIALES 135 pauvres, sur le pied dune parfaite égalité frater­ nelle : mais il implique une élévation du niveau de la moralité publique. lü2.Les systèmes socialistes, qui prétendent, au contraire, résoudre la question sociale par des procédés purement autoritaires ou fondés sur la force brutale, aboutiront toujours, sous prétexte de réaliser plus équitablement la distribution des richesses entre les hommes. ~L détruire chez cha­ cun, tout esprit dinitiativé, tout stimulant sus­ ceptible de réveiller la conscience publique, et délever sa moralité a un degré supérieur. Cela est si vrai, quon trouv~d(1ns la Revue so­ cialiste, dirigée par"NI. Benoît Malom des aveux tels que ceux-ci: « Par la violence, il est encore possible de chan­ ger Jordre politique dune société, mais non son ordre social, Pour t2I.Dsfolll1Q!:. da]2,rès un idéal nouveau, les institutions juridiques, la propriété, lorganisation de la famille et les conditions <.co­ nomiques,ilfaut modifier les couturnes,les mœurs, lles opinions; il faut refaire léducation dune sério.IV~~ - de générations. ) (1) _-­ Un autre écrivain de la Revue,/M. Henri Aime~ dit: « Il ne sert de rien de décréter les lois: il faut que ces lois soient vonlues par lopinion, sanc­ 1 tiolli1ées par les mœurs, cest-ù-diro, les habitu ­ des. )) (2) M. Aimel cite aussi cette parolo de son rédacteur><;n--cllef : « Sainte et trois fois sainte Pitié! sois notre religion et re(;ois notre culte 1 » Cette dernière citation est faite pour annoncer qUil va publier Llne étude sur la religion quAu­ ( .g~1:3te Comte a prétendu org<~is8r, et qui est, dit­ il, la religion dëla PltiOel de lamour. (3) (1) Voir J:1. Revue Socialiste de Février 1888, p. 167; larti ­ cle est deJ-L Aug. De~lQ!1!Ln.il)qui cite av"c éloge, ce pass,.ge des " EtudèS-SâCTâlëS,)) de/Mme Balhe Genù~. (2) Voir la Revue socialiste de Noycmbrc 1887; p. 498. (3) Voir la Revue socialiste; de Février 1888; p. 209.
  • 136 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE lVl(Benoît lV1alon)de son côté en annonçant la mort doM. GuyaiI;~ jeune philosophe de grandes esperances. èlifque les méditations de ce noble et glorieux élèvé dAlfred Fouilléo)seron~ profitables, surtout ~L c~ux qui pensent cOI~m9il p.ens~it, « q~1C la questlOn morale et la questlOn·soClale sont lfi i séparables, et sont en ce moment dune égale ur­ gence. » (l) NI. Malon a écrit aussi: « Le simple I instinct dit aux travailleurs quils ne peuvent amé­ liorer leur sort quo par lassociation fraternelle. )) (2; En effet, la solidarité ollvnèroèlans les groupes corporatifs produit déjà. dexcellents résultats; de même aussi, les associations cooperatives. M. IV1alon appartient comme socialiste au parti des Indépendants, dqnt il est le principal i1).8pira­ teur; cest à ce sujet quel!LGeorges Renard~ éga­ lement rédacteur de la Revue, éClit: « Les socia­ listes indépendants osent faire briller de nouveau devant la foule un idéalde justice qui puisse lac­ tiver eUa guider. » (3) ,. La Hevue socialiste qui publie les ~Y§J~nes de toutes les écoles socialistos. rend un véritable ser­ vice aux socialistes, en les obligeant iL sc purifier dans le feu de la controverse, doù j,üllit letin­ celle dela vérité; eUe en rend un autre au public qui 1 sen fait souvent une idée fausse, lorsquil juge le socialisme daprès ceux qui ne le comprennent que par des bouleversements violents.~ Dans son éloge du fondateur .du Familistère de Guise~(Aisne),r1. André Godin; qui est récem­ ment décédé! lVI. Malon jette en passant cette note un peu froide, que Godin professa cles cro­ yances mystiques et spirites; (4) m,li~ ces cro~an­ ces IJrétencluesmystiques et spirites,-étaient pui­ (1) Voir la Bevue socialiste de .Tuin 1888; p. 665. (2) Voir la Bevlle sociable de Juillet 1887; p. 61. (3) VOir la Bevue socialiste de Décembre 1887; p. 597. (1) Voida Bevue socialiste de Février 1888; p. 199.
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 137 sées dans la lecture des ouvrages de Swédenborg, qui combat le mysticisme autant que 10 spiritisme. Nous avons vu que les doctrines de la Nouvelle Jérusalem, bien loin dêtre -mystiques, tendent à débarrasser de plus en plus, le christianisme de son mysticisme actuel; et que bien loin dêtre fa- vorables aux pratiques du spiritisme, elles les con- sidèrent comme dangereuses, et même comme susceptibles de conduire à laliénation mentale.,- CClL{ qui veulent se vouer à lenseignement des doctrines de la nouvelle ère chrétienne," doivent donc, soigneusement écarter de cet enseignement, tout mélange hétérogène avec le spiritisme et le mysticisme. En ce qui concerne le surnaturel quon essaie souvent denglober dans la condamnation du mys- ticisme ei du spiritisme, il est à observer que la conception rationnelle de lunivers nexclut nulle- ment la croyance au surnaturel, pas plus quelle nexclut la. croyance il certaines vérités qui sont au-dessus de la raison humaine, qui échappent à toute investigation scientifique du monde naturel. et qui ne peuvent être connues, a cause même de leur caractère surnaturel, autrement que par une révélation divine. --.-1~f?--!rrlç@Jl:eLcsiparjmrt..JU-l.toll!_ P--2.p-s ; nous de J- vivons et nous mourons par lui; aveugle qui le nie, car sans lui la nature elle-même reste inexpli-- cable! Le m)sticismo nest pas dans lexistence seule de ces choses quon ne comprend pas, mais il est tout entier dans la foi quon prétend professer pour elles et dans la prétention de les admettre sous une forme accentuée, avant môme de pouvoir les comprendre. Aussi notre génie moderne sent la, nécessité de bisser à larrière-plan tout ce qui nest pas justi- fiable rationnellement, en se réservant dy revenir, seulement a mesure que la lumière se faIt a ce su- 10
  • 138 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE jet; de là vient que le mysticisme chrétien ou spi­ rite, principale cause de la décadence actuelle du christianisme, nest plus conciliable avec lesprit nouveau. Celui-ci est assez libéral pour accepter la vérité, lors même quelle est au-dessus de la raison hu­ maine, mais au moins, faut-il quelle ne lui soit pas contraire. Le monde moderne nintroduira donc plus jamais clans son credo, des articles de foi, différents de ceux que le progrès des lumières permet de revêtir dune forme rationnelle. Or, le progrès des lumières ne sobtient et ne se main­ tient utilement, que par un progrès parallèle dans lamour fraternel ou dans les mœurs; ce que les socialistes dont nous avons parlé, aclmettent, aimi que nous avons eu le plaisir de le constater en parcourant leurs écrits. Nous constatons avec le,D1ême plaisir, l~urs as­ pirations vers lidéal; :MM. Alfred Fouilloe, Elie Heelus, George Henard ct bien dautres, sont da­ près M. Malon, (1) et avec lui, des partisans de cette pensée, que le réel. et lidéal sont deux frèresWmneaux qui paraï:sseiit ennen:i.is, mais qui nen1 son t pas moins ü1séparables. Pourquoi donc ne feraient-iis pas un nouveau pas en avant dans leur amour de la vérité? Ponrquoi ne reconna1traient­ ils pas que le vrai nest pas un être de raison, mai..; ul1esubstance réeUe émanée de Dieu, quainsi, le vrai est le principe créateur, dominant et même vinmt, la véritable source do notre vic, lexpres­ sion lumineuse de la chaleur du bien, la lumière ct Je ponvoir de la raison en nous? La logique même cles choses, les entralnerait ensuite à tontes les conséquences qui en découlent, e est-à-c1ire à la sagosse cles Très-Anciens, telle qne nous avons pu (1) Voir dallS la Revue Soeialiste de Jau vier 1889, larlic.le de lf. Malon, annoneé eommc introduclion do son nouveau livre, eu préparation: « Les Conlluenls ùu Socialisme. ))
  • ET LEURS APPLICA.TIONS SOCIALES 139 lindiquer dans notre chapitre III. Nos socialistes modernes, par leurs recherches des formules dune sagesse socialement pratique, nous parais­ sent donc être en bon chemin pour y abouti.r tôt ou tard. Ils retrouveront la doctrine des degrés (lui découle de cette logique des choses, et ({ui 1 dailleurs, est reconnaissable sous sa forme aIlti­ q!1Q, telle quelle est présentée par M. Franc!~ de lInstitut dans son livre, «( la Kabbale,))ét telle quelle existe clans bien dautres traités concer­ nant la sagesse antique. Lantique croyance que Jéhovah sincarnerait un jour, est encore une dédu~tion de cette logique, et elle caractérise maintenant~ la sagessp._ chré- (lJ ~e; celle-ci 11~ fait que c~mpléter la i:iagesse -1 ~ anticlue, eLelle attend 1<1 MrÎ1ule qui la fera adop­ i.er par lesprit moderne comme la clef de voùte de la civilisation de lavenir."Quelles que soient, les décisions à cc sujet, de nos socialistes actuels, nous ne doutons pas que ceux de lavenir donne­ ront raison aux doctrines de la Nouvelle Jérusa­ lem. On peut clautant mieux le croire, que lesprit se , sent rafralchi et soulagé, lorsquon saperçoit que lidée de justice et de clwit, que les sentiments de fraternitô, (lue le bien ct le vrai, lutile et le beau, sont les aspirations de lélite de lécole socialiste française. Aimü entendu, 10 titre de""socia1iste?est untltre que chacun peut silonorer de porter, car il promet pOUl lavenir. Les exigence::; de la vie des sociétés doivent donc pouvoir sc concilier avec" le vrai socialisme"; il faut, ŒU exemple, que les eHorts de chaque mem­3 _. bre dela c.ommuna.!:lt.é,"coopèrent avec les efforts f1 de tous: cequi signi:6.e quil faut...en..:tQ!tj;es c4~es ) . -,.1 <le lordre ct de In, subordination. Quelques-uns ~...):J- doivent diriger, et dautres c10iyent ôtre dirigés; il faut il toute entreprise~un chetou un directeur ; mais chacun, directeur ou ëürigé, doit être satis­
  • 140 LES PRiNCIP1tS titi DROIT DIVIN MODERNE 1fait de sa part a lœuvre commune: ainsi, le chef 1doit tendre asaffranchir d~ to.ut a~oU:r de doim­D.Ho . ner sur ses semblables, et a smspller de lamouT 1mutuel et fraternel, qui ne vise quà rendre ser­ vice à autrui. Quant à ceux qui remplissent des om­ ces inférieurs, ils peuvent se réjouiT des services quils rendent, tout aussi bien que leurs chef::; se réjouissent de leur côté, davoir été utile§ il, la sociéte. Lors même que les besoins matériels indispensables à la vie terrestre, seront assurés et satisfaits chez tous indistinctement, il nen est pas moins vrai quil existera toujours dans le monde, - des hommes plus sages et dautres moins sages,)} ef pi1rCOiisëquent, des-plus riches et des-rrraiTI.ni­ che~i : les aptitudes et les moyens de chacun variant a linfini, leurs services sont dignes dLm salaire dif­ férent, mais proportionnel. Ainsi, les rich~~e~. !~1a-l térieUes, sero.n.t reconnues comme corresponoances 1 des ljg,h~s- ID.tellectuQlIes, morales et spirÜl!§l­ les. Ceux qui remplissent des usages subordonnés, ne doivent pas avoir honte de porter des vêtements plus simples et dhabit01· des logements moins lu­ xueux, ou de présenter de toute manière des dehors moi res brillants, Cl Lle ceux qui sont engagés clans cles fonctions plus élevées. La raison on est dans la moins gnnde utilité de leurs services. Telles sont les règles les plus élémentaires de bienséance et de sagesse, qui seront admises sans difficulté par tons, lorsque le niveau de 1<1 moralité publique en sélevant, fera mieux sentir à tous, que les richesses matérielles ne valent quauta~1t que11gs l~présentent réeUem~nt la richesse intel­ lëcfi:lelle et-m6iale. A mesure donc que les mœurs progresseront, les moyens de senrichir se modi­ fieront dans le même sens, et il en résultera que la richesse matorielle viendra principalement à ceux. qui savent en user sagement et utilement. La,lconcluite mauvaise des riches. ou labus des ri­
  • ET LEURS APPLICA.TIONS SOCIALES 141chesses est une véritable plaie sociale qui nuit àtout le monde, et qui devient un ferment de démo­ralisation publique. Cest encore par le progrès des mœurs quon ar­rivera à comprendre quil y a certaines richessessociales quil est juste de socialiser, ou de mettreà la disposition de tous également, comme le sontlair et la lumière, divers édifices publics, les che­mins, etc. Mais il y a loin de là à prétendre quenous marchons vers la suppression de la propriétéindividuelle, pour son remplacement par la pro­priété co11ective : lune ou lautre a sa raison dêtresuivant quelle est utile aux usages dun individu,ou aux usages dune collectivite dincLividus; ainsilune et lautre servent également à lutilité dechacun; mais la suppression de celle-là it lexclu­sion de celle-ci, amènerait lémigration en massedes habitants du pays, oü lon voudrait imposer unétat de choses aussi contraire iL lesprit de justice.Les richesses qui, par Jour nature, sont destinées àdevenir sociales et communes, le deviendront gra­duellement, iL mesure que par la multiplicité va­riée des rapports sociaux, ct que par un plus granddéveloppoment de lamour fraternel, on apprendramieux iL mettre la justice d,U1s la distinction àfaire entre la propriété individuelle et la propriétésociale, et quon appréciera mieux aussi lavantageet le profit qui pounaient en résulte! pour le grandnombre. (1) De même, on arriveraa1>ubstituer pro­grossivement, l~. travillJ assoc~é a.1tr0:yair..§.alar~é,dans toutes les industries qui se prêferont a cettetransformation, en faisant intervenir lassociatio]lpar la participation aux bénéfic~s, et aus"Slla éôo­péraEron dans les rapports des travailleurs et descapitalistes: cc qui sera amené aussi, autant par (1) Dans ce sens, on consuHela avec fluil, le livle de M. Al­fred ,Fouillêè « La propriété socrale et la Démoclalie. » Paris,1884,----j
  • 142 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE le progrès des mœurs, que par la révélation des nouveaux profits que chaclU1 pourra retirer de cette transformation sociale. Toutes ces réformes, à mesure quelles trouve­ ront les occasions de se produire, montreront com­ bien légoïsme avait aveuglé chacun, autant sur sos intérêts véritables que sur ses droits et ses devoirsII sociaux. Cest ainsi que le lien social_pourta~es­ sel peu a peu, dêtre tropëX.ClTIsiVêmont inspiré1 par la poursuite du bien-être matériel, mI dune justice trop matérialiste, pour se trarlsformer en un1lien f:iocial inspiré)Jar un osprit de justice ration­Lnelle~; alors, mais alors seulemont, la loi de la dis­ tribt]tjon des richesses qui caractérise lordrQ...éco­ Homique actuel, se modifiera, se mora1iSëiîet ces­ sera dêtre cette loi dairain, faite tout à lavantage de la classe capitaliste, et tout au détriment de la classe des prolétaires.1 Mais tant que ce hen social plus élevé ne seta­ blira pas dans les mœurs, on restera victime, en France surtout, de cet esprit de division qui sem­ ble caractériser les m~mvais côt6 s de notre race gauloise, au point dêtre le principal obstacle à la reussite sur notre sol d~~~l§so.çiatio!l.s c()Q.P~:tQ:tiYcs. Il est vrai quo cet esprit (10 di vision ne",-t que 10 reslùtat de notre lien social actuel, resté encore i.~ letat matérialiste, joint il notre amour de la justice et de légalité; co dernier amour nous rend entiers en toutes choses, et transforme ainsi souvent en défaut, notre qualité prédorninante qui attend plus de hunière pour pouvoir mailiicstcr sa valeur. La loi de la distribution des richesses, qui fait actuellement 10 sujet de nos préoccupations, nest comme toute loi sociale, que la logique du senti­ ment qui prédomine chez los hommes du jour, ou qui resulte de létat de leur conscience. Ainsi, la loi, telle quelle existe actuellement, nous semble indiquer de la duroté de cœur chez ceux qui la défendent. La loi sociale est mauvaise
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 143 si le sentiment qui linspire, ou si létat de choses doù elle résulte, est mauvais; elle est bonne, si le sentiment qui linspire est bon, et 10 droit qui en découle alors, se trouvo être lexpression de la justice. Cest pourquoi, Jésus disait: « D~labon-l d.ans~œur la bouche parle. Lhomme bon, o:u bon trésor de son cœur tire les bonnes choses, et lhomme mauvais, du mauvais trésor tire les mau­ mises choses. » (1) La raison bien que nécessaire ?our éclairer, ne suffit pas, par conséquent, à elle seule, car eUe nest que la logique du sentiment qlj peut être bon ou mauvais: au-dessus delle, il y a donc ce sentiment qui inspire cette logique, et qui, pour être bon doit être la fraternité. :Mais la fraternité dans sa source originaire, est précisé­ ment la pratique de lenseign§l!l~t religieux, que nous trouvons tout préfiMé pour nous, cloctrinale­ ment, dans certains passages du sens littéral de la Bible, ou de la vérité révélée, ainsi que nous la­ vons expliqué précédemment au n° 9 de ce travail. Cette vérité révélée qui est au·dessus de la raison, mais qui nest nullement contraire iL la raison, ainsi que nous lavons également expliqué ci-des­ sus au n° G, doit, pour nous éc1airere1iectivcment, so dévoloppor rationnellement dans nos mentaIs, par cet intermôdiaire de la raison elle-même, et, olle doit, de plus, rencontrer los occasions utiles de se réalisor pratiquoment dans nos actes. Unous faut, on elfot, trois témoins qui corres­ pondent chacLill aux trois principes de liberté, dautorité et {lutilité, si nous voulons éprouver la solidité de nos c~oyances et les justifi.er devant nos propres conscIences. Lautorité de la raison, ne nous donnerait, lors­ quelle est seule que lévidence de son témoignage unique: aussi, notre vieux droit français, daccord avec la Bible, avait adopté ladage: rpestls unus, (1) Mathieu, XII; 34. 35.
  • 144 LE8 PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE testis nullus. Deux premiers témoins, ou deux principes au moins, sont absolument indisponsa­ bIcs pour produire par leurs témoignages concor­ dants, cest-à-dire, par leur harmonie bien équili­ brée, la chaleur en même temps que la lumière, dans la conscience des hommes du monde moderne; ~ceux-ci ne peuvent plus sc contenter dune foir mystique; "-le troisième témoin nintervient que pour certifier lutilité de la réalisation effective de lenseignement donné par les deux premiers. Cest ainsi que chacun peut, lorsquil le désite, se trouver en possession des lumières résultant de laudition « de deux ou trois témoins, » par les té­ moignages desquels « toute aiIaire soit conclue, » suivant le sens spirituel de cet enseignement du Christ. (1) Les trois témoins nécessaires pour la justifica­ tion de toute conviction sérieuse, se retrouvent simultanément sur chacun des plans de la vie sen· suelle, mturelle, spiritueHe etcélestè, dont il a été question ci-dessus, nOS 43 i~ 50 ; leiJr accord met fin (1 toute contestation, parce quun tel accord est lexpression de la justice, comme il est possi­ ble de la concevoir sur chacun de ces plans de vie. Il faut observer cependant, que sur_le plan de la 1 vj~ sensuelle où lon ne recheeche que le bien-êtr:e rp.awriél,Cet accord ne peut sétablir, a cause de la i5redominance cLes tendances mystiques, ct du peu dautorité du deuxième témoin, la raison, sur ce plan de vie inférieure. Il est clonc très important de savoir sur quel plan de Yie, notre société actuelle poursuit s-a-aîr­ rière morale, cest-à-dire, quel est le lien social ac­ tuel, et quel est celui vers lequel nous pouvons aspirer dans lavenir le plus prochain. En effet, si nous voulions établir la justice sur un plan de (1) :Mathieu, XVIII; 16. - Voir aussi, Nombres, XXX.V; 30. - Deutéronome, XVII; 6,7, XIX; 15.
  • ET LEURS APPLICATioNS SOCIALES 145 vie au-dessus ou au-dessous de notre plan de vie social actuel, au-dessus ou au-dessous du niveau de la moralité publique de la généralité des hommes du jour, nons ne réussirions qua établir une législation arbitraire et par suite linjustice. La justice humaine nest point immuable comme la justice divine, car elle ne peut être que lex­ pression du degré damour fraternel des hommes du jour; ct, voilà pourquoi aussi, elle ne peut être établie a tlll niveau supérieur ou inférieur au degré damour fraternel des contemporains, sans cesser dêtre la justice, relativement à ceux quelle sc charge de gouverner, denseigner et de moraliser. 103. La légende des quatre âges du monde que nous avons développée dans nos chapitres précé­ 1dents, se présente lt nous comme la conclusion gé­ nérale des enseignements de lhistoire, et elle en est la philosophie; unie à la doctrine des degrés, sans laide de laquelle, dailleurs, elle serait inin­ telligible, elle concilie et elle résume 1:QÇ91e histo­ rique et lécole philosophique combinées. Ces deux écoles nous fournissent les jalons nécessaires pour signaler exactement, le point où nous en sommes actuellement arrivés, dans notre marche ascen­ dante vers le progrès. En effet, lEgli.se chréti~Dne) par l<} date de sa fondation, nous marque lépoque ~ partir de laquelle lhumanité doit remonter le11 cycle cles âges, cest-à-dire, progresser, et non plus, comme par le passé, séloigner indéfiniment de lantique sagesse. Cest seulement depuis cette date que lhuma­ nité commence a remonter lâge de fer et dargile; elle sort lentement, mais visiblement de cet age de ténèbres et dignorance barbare, durant lequel il nexiste palmi les hommes dautre lien social que ~ lamour du bien-être matériel: cest donc Jintérêt persQ.PJJ.el qui seul encore, est le fondement géné­ raide tous les rapports sociaux. Nous avons vu qua ce règne du sens mystique
  • 146 LÈS PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE et littéral de la Parole révélée, quali6é en ce qui " / concerne lEglise chrétionne, de règne du. Christ(;)~"c . en chair, doit succéder·(son règne en e~.prit, qui 1,., . consistera dans la connaissallce cll(.sens spirituel ....... des saintes Ecritures et dans un christianisme ra­ tionnel. La doctrine des degrés expliquée plus spéciale­ ment clans notre chapitre VI, montre que durant cette seconde ct nouvelle Ôr_Q chrétienne, le do­ maine sur lequel sexerce la liberté-dè lhomme, est le plan, non plus exc1usivementmatériel, mais le plan naturel, dit degré naturel, sur lequel doi­ vent sc développer tons les effets externes ou uti­ litaires du bien et du vrai, cest-à-clire, toutes lcurs applications sociales et naturelles-rationnel­ les. Dans ee plan, le lien social, de matérialiste et do rationaliste quil était prôcédemment, doit se transformer Q:rac1uellement en bien naturel ration­ nel, de mani6re it établir parmi les hommes une 1 :i ~lstice n~~ionJ.lellc St.lr le:s ruines et S~ll la dest~l~c­ 1 Bon dC_l anClcnne Just1Q-..c~Jl,,,uelle et matena ­ l , liste. ~ous sommes donc dans une époque de transi­ tion biencar<Lctérisée, car nous nous trouvons éga­ lement sollicités entre légoïsme du jour et les à,,­ pirations encore vagues vers la fraternité univer­ selle. Cette civilisation de notre [LVenir le plus proche, correspond dans le passé il làge dairain des so­ ciétés antiques, qualifié aussi cl<tge héro:lquc; sa sphère dactivité sc concentre plus directement dans la poursuite des développements progressifs du principe dutllitc sociale. Cependant, elle doit nécessairement développer aussi, dans une certaine mesure, et sur le môme plan de Vle qui est celui du degré naturel, les prineipesdautorité et de liberté, dans leurs applications sociales et utilitaires. Nous pensons que les lMormes sociales, quo ce nouvel âge nous promet le plus immédiatement, ne sob_
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES tiendront dans leurs commencements. que_RaI leJ 147 l)} ,1 effort~ héroïqlJeS-.d.e......ç..er@ù;les in~lividualités, qui . . auront reçu la mission toute provicleïi1iëlTe, de net- N) toyer cc qui reste encore des écuries dAugias de ~ lanCien monde. Epoque de tentations, époque.?­ combats incessants pour déblayer le terrain, et 0.1 ..... permet~re à l~~J!1j!..-no?~au, dédifier des ~nstitu- Il j. tlOns renovatnces au heu et place des anCIennes. ~ Le passage de ce cycle ancien du règne du mysti­ cisme,aunouveau cycle du monde moderne causera des bouleversements, sil sopère trop brusquement. Nous devons tous travailler à cc quil puisse se réa­ liser dune manière progressive, à lexemple de la nature dont los évolutions ont lieu par des ondula­ tions, pour ainsi dire insensibles. Mais ce nouvel àge dairain, Llno fois conquis, il faudra que los hommes aient la modestie de re­ connaitre, malgré leur merveilleux retour aux bénédictions ct aux bienfaits externes de lantique l ~gleflée et aJIerrniocotte fois, SLU des con­ naissances scientitiqucs nouvelles, quils sont bien loin encore de làge dargent. Pour atteindre à celui-ci, en effet. le lien social ~usquà lamour du vrai pourk vl~ài, et J, se ü:ansformera par s,uite, en .fu:~)ion_soci~~piri- tllahste, dont la sphore dachvlie se ëonceilfrcra , pluscrirect.em.en.... dans la poursuite des développe-I ,/JIN t ments du principe dautorité de la vo1ité, rec11er­ c~e. en ene-nième, dans toutes ses applications sociàles ct sür le, plan de la vie spir~tuel1e ..Bie!1) plus, ce nouvel üge dsrgent, une fOlS conqUls, 11 faudra également, que les hommes aient la modes­ tie de reconnaitre encore, malgré leur retour pro­ digieux aux bienfaits du lien social spirituel, quils sont très loin encore, de làge dor, O1le lienj soci!JJ..rÙlôve1a al~mom du bien recll QIChG-GILlQ,i-. 1 l~<ftn,ed:)1.li.e_trnnstQrmf-ra en unliell social cél~~te, dont la sphère dactivité doit se concentrer plus directement dans la poursuite des développements
  • 148 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE progressifs du principe de liberté, dans toutes ses applications sociales et StH le plan de la vie cé­ leste. 104. La description suivante do la, constitution sociale de lancion âge dor de la primitive huma­ nité, faite par E. Swédenborg, (1) montre bien no­ tre éloignement actuel de ces couches sociales de lavenir. « Les dignités et los richesses, dans les temps très anciens étaient tout autros quelles ne devin­ rent successivement; dans les temps très anciens, les dignités nétaient autres que ceH~~ cILÜ existent entre les parents etI~s enfants; cos dignités étaient dos dignités damour, pleines de respect et de vé­ 1 nération, non il, cause de la naissance que les en­ fants avaient reçue do leurs parents, mais il, cause de linstruction et de la sagesse qnils ~ rccoiâlëilt { e-t qm était une seconde naissance, on ëlle-m<m1e spirituelle, puisquelle concernait leur esprit : cétait III la seule dignité dans les temps très-an­ ciens, parce qualors on habitait séparément par ( nations, familles ct maisons, ct non soüs èTés gou­ _ 1) vernements COTRme aujourdhui: cest chez le père~fs l Il de famille quétait cctte dignité: ces temps ont été nomm.és siècles dor par les anciens écrivains. Mais après ces temps, lamour de dominer par le seul plaisir de cet amour fit successivement inva­ sion; et comme linimitié et lhostilité contre ceux qui ne voulaient pas se soumettre firent en même temps invasion, la nécessité contraignit les nations les familles et les maisons il se réunir en assemblées et il, se choisir un chef que dans le principe on nomma juge, et dans la suite prince, et enfin roi et empereur: et alors on commença aussi il, se mettre en défense au moyen de tours, de remparts --- et de murailles. Semblable il, une contagion, le --- - (1) Voir le n" 215 « La Sagesse Angelique sur la Divine Pro­ vidence. »
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 149 désir désordonné de don!i-®r se répandit du juge, c1ü prmœ, du roi et dë"Tempereur, chez plusieurs, comme de la tête dans le corps; de la sont prove­ nus les degrés de dignités, et aussi les honneurs selon ces dignités, et avec eux lamour de soi et le faste de la propre prudence. Il en fut de même de lamour des richesses: dans les temps très-anciens, quand les nations et les familles habitaient entre elles separément, il ny avait dautre amour des richesses que celui de posséder les choses néces­ saires a la vie, quon se procurait au moyen de troupeau de gros et de menu bétail, de champs, de prairies et de jardins,dont on tirait les aliments; au nombre des choses nécessaires à la vie étaient encore des maisons convenables, garnies de meu­ bles de toute espèce et aussi de vêtements : le soin et ladministration de toutes ces choses for: maient locçupation des parents, des enfants, des serviteurs et cles servantes qui étaient dans la mai­1 sons. l/lais après que lamour de dominer eùt fait invasion ct détruitccette République, lamour de posséder des ricbesses au-delà des nécessités fit aussi invasion, et saccrut au point de vouloir posséder les richesses de tous les autres. Ces deux amours sont comme des frères consanguins; en eftet colui qui veut dominer sur toutes choses, veut aussi posséder toutes choses; car ainsi tous de­ viennent esclaves, et ceux-la seuls sont maitres : ceb est bien évident daprès ceux qui, dans le ca­ tholicisme-romain, ont éleve leur domination jus­ quo dans le ciel sur le trône du Seigneur, où ils sont assis, en ce quils recherchent aussi les riches­ ses de toute la terre, et augmentent sans :fin leurs trésors. » 105. :Mais revonons maintenant a notre âge ac­ tuel de transition entre le fer et lairain, et faisons remarquer que chaque progrès nouveau no sob­ tient que pas à pas, et ne peut être acquis quen sappuyant sur un progrès déjà conquis. Or, le
  • 150 LES PRINCIPES DU DROIT DmN MODERNE If progrès conquis au dix-ne~lViènîe siècle se résu­ me dans tout ce qui a Sinvécu dg naufrage et de la consommation de la première Egli8e chrétienne, qui a vécu cli~-hLlit siè~les avant daboutir a son Il jugement dernier. Nous avons vu elIectiement au n° 68 ci-dessus, que le sentiment de charité qui durant cette lon­ gue période de temps, sest développé peu Lb peu parmi les hommes, a, fini par triompher des cruau­ tés du pagt~nisme et des bùchers de linquisition, ainsi de lEglise elle-même, (1) de manière à pro­ duire cet adoucissement des mœurs et cet esprit de tolérance, dont shonore le elix-huitième siècle et le monde moderne actuel. Niais cest hl tout ce qui a sLln-écu clU)laufrage ou de la consommation de la première Eglise chrétienn~, consommation prévue et prédite par les saintes Ecritures, et no­ tamment dans le chapitre XXIV de lévangile de Mathieu. La foi de la première Itg1ise chrétienne est bien morte à la suite des dogmes des conciles et des abus du pouvoir sacerdotal, qui ont été substitués au lieu ct place de l<t Bible, çlo même quo chez les Israélites, ù, la fin de leur E!~hse, les traditions mortes avaient étouffé la loi des commandement" de Dieu ..Mais le don de charité dont hérite notre monde moderllc, nest certes pas ù dciûaigner, car lhomme ne reçoit la v<3lité quà proportion quil est clans le bien; en et1et le bien désir~~i pour sunir ù, lui et se développer, en proportion cluil existe lui-même comme sentiment de charité. n y a dans tout)e monde terrestre habité par les hommes, llne Eglise universelle du bien: cette Éghse universelle du bien, tient sons son influence (1) Nous ayons cu loccasion de faire leSsortil ceLto consé­ Ijw::ee des nbllS du pouvail s:1c81c!o:,,1 dans le~ nltiel"s: (;!é • Jll"i,cc<flsme ct Condl~ du Vatican,. illSOlOS. au Dic!io!:naiTl3--6 gene,al de laPolltuJlw jJal~launce DlOek; Pans 1813.
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 151 tous les homme::; disséminés dans le monde, indé­ pendamment <le la religion particulière de laquelle ils sc récla.!nent. Mais il est important dobserver que qette Eglise universelle du bien est distincte de lEglise de la Nouvelle Jérusalr.m dans laquelle le bien est en union avec une connaissance appro­ fondie du Vlè:Ü réel ou spirituel, car lÉglise uni­ verselle du bien isole du vrai est lEglise des Gen­ tils telJe quelle est entendue dans la Bible; or, cette Eglise du bien simple est dans un état de veuvage spirituel. Le veuyage de lépouse figure létat de vie dans lequel le cœur a une afIection profonde pour 10 vrai: cest donc un état dans 10­ quelles bonnes a:Œections du cœur, pourra.ient être éclairées, équilibrées ot fortifiées par le vrai intel­ lectuel, ratioJ).nel et doctrinal qui existe précisé­ ment dans lEglise de la Nouvelle Jérusalem, où le bien et le vrai sont conjointement unis, où les deux principes de liberté ct dautorité séquilibrent et sont en parfaite harmonie. Le gelltiJjsmc cbrétien représente de nos jours par le monde moderne, est precisement dans un état de ycuyage spirituel; un état dans lequel i LEle hie!l.cl~la ~ie, une profonde alIection pour 1 )he3!.1).Lencore ig~1..9le, et seulement soupçonné, d~!l&laquelle parce quil est resté à letat mystique; une affQc­ ti012 lentendement e;;t obscurci par 1 labsence de toute fOllllllle précise qui reQdrait la 1v<iritc saisissallie à l~)lit public. ­- Cest clone cette réserVëlti1ëiennc du bien de la charite, que possède notre monde moderne pur héritage de dix-huit siècles passés de son christia­ nisme; elle Tend maintenant possibles ct pratiques le~_conquêtes nouvelles dans]n, vérité rationnelle. Ainsi le monde moderne, par suite de ce bien de la charité qLÙ consiste dans ladoucissement des mœurs, peut être considôré comme mùr pour le progrès social, par ]e cleveloppement dun chlistia­ nisl~e~ratiQnnel ; celui-ei doit inaugurefTere nôu­
  • 152 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERN!: velle du second avenement du Seigneur, son rè­ gne en esprit. .­ 106. En effet, la charité séparée de la foi, ou la charité seule, serait impuissante par elle-même au progrès nouveau; de plus, elle est aussi nuisible que la foi séparée de la charité, ou la foi seule: 11 cest comme le_biçn séparé d~ai, cest-a-dire,) Ule bien séparé de son intelligence, ou la liberté sé­ parée de son instrument de réalisation qui est le principe dautorité; car la raison réclame des preu­ ves rationnelles et la justification des doctrines ou des tendances que le cœur conserve dans son affec­ tion. La charité isolée de la foi conduit en religion au mysticisme et en politique à lanarchie; la foi isolée de la charité conduit au fanatisme sectaire et en politique au despotisme. Nous approchons donc des tcmps de lacceptation dune vérité reli­11 gieus~_plu_Lélevée et plus rationnelle, par cèla ïüôme que la foi nouvellè àîà vélôité, équilibrera, précisera ef justffiëra toùtes nos tendances moder­1 nes encore vagues iL la charité ou il la fraternité universelle. Tout homme impartial qui étudiera les doctri­ nes de la Nouvelle Jérusalem, r~connaîtra quelles sont parfaitement adaptées à lEglise de lavenir, telle quon peut sen faire lidée, pour satisfaire à ces tenclances modernes encore v«gues à la charité. Mais il est clair quil faut dorénavant donner le sens le plus large à ce mot de « charité n, ct non1le sens étroit ct humiliant daumône êJue lui a at­r tribué souvent lesprit clérical et sectaire. Ce mot puise dailleurs, clans son étymologie latine, son véritable sens, qui est celui daffection tendre ou de bienveillance philanthropique ct humanitaire, que dans notre civilisation moderne, on qualifie de «fraternité» et de « solidarité humaine n. Cest lamour même de la justice qui doit sinspirer du senjment de la charité ct devenir son synonyme. Le développement graduel de cette éducati9.n
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIA.LES 153 moderne qui nexiste encore quen germe, sous ce nom de ~té, ou de fraternité, ne peut donc sopérer que par la connaissance des véljMs qui sont destinées it nous en réveler toutes les appli­ cations sociales. Ces vérités se feront jour dans les esprits, sous la forme la plus philosophique et la plus positive, àmesurcquon se familiarisera mieux avec les doctrines de la Nouvelle Jérusalem, et quon se convaincra de leur aceord avec nos idées modernes; on verra quelles éclairent et ~elleS( présentent sous un jour nouveau tout ce qurl)a- rJ..t"1" raissait respectable, bien que il?p obscur et trop) /1;./..1l mystérieux dans lancienne théologie chrétienne; de plus, ces véeites nouvelles finiront toujours par prévaloir avec le temps, parce que leurs consé­ quences sociales, se traduisent en préceptes de droit positif humain, et en expressions réelles de la justice,. dans tous nos rapports sociaux quils soient civils, politiques ou économiques. Comme pré-ceptes de droit divin, ces doctrines sont destinées à agir dabord sur les consciences de lélite de la société, et lor)que celle-ci se les aura suffisamment appropriées, elle les présen­ tera sons une forme plus externe, en préceptes de droit positif humain, applicables au corps social, soit comme droit ci ·il, -soit comme droit constitutionnel et politique, soit comme lois éco­ nomiques. 107. Pour bien suivre logiquemcmt la marche des progrès de ces pri ncipes du cIrait di vin moderne, ct pour comprendre par quelle méthode, ils peu­ vent se réaliser pratiquement, examinons dabord ce qui se passe entre les trois facultés de lâme, la volont6, lentendement, et lopération ou laction, chez lhomme qui se réforme et se legénère : nous arrierons ensuite, dans la deuxième section du mêmo chapitro, il. constater lexistence des mêmes phénomènes so renouvelant sous des formcs va ­ riées, et se reproduisant SLlr le corps social, envi­ 11
  • 154 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEsagé, soit au point de vue politique, soit au pointde vue économique. Avant la première phase, dite de réformation,lorsque la vérité nouvelle commence iL éclairerlentendement, et quelle ne parait plus aussi dureft entendre, ni aussi impraticable que par le passé,la volonté soppose cependant, et regimbe contrecet appel ft la réforme; lbomme encore livrétout entier au plaisir de ses satisfactions sen­suelles, préfère rester dans lignorance des chosesles plus dignes de solliciter son act.iYité intel­lectuelle, mais dangereuses pour le maintien desa tranquillité du moment, telle quil la com­ prend. Ici, la volonte est sensuelle encore; ellepréfère, par conséquent, maintenir dans ses habi­ tudes du passé, le corps, et ne pas fai [Oe sortir de son apathie, la troisième facu Hé de lùme humaine, lopération ou laction; en un mot, ne pas détru i [e le plaisir corporel tel quil est compris: Cest en­ core la force qui prime le droit. 108. NIais pepclant la phase eiIecti.ve de réfol­ mation, lorsque la lumière de la vérite réussit en­ fin, Ü ec1airer lentendement de lhomme, de ma­ nière à]e décider it secouer cette torpeur, en lui faisant confesser ses cTreurs, ct en le décidant il y renoncer, il se familiarise avec la vérité nomelle, il cesse de lappréhender, et souvent, pour mieux la connaître, pour mieux la saisir, il la fOl;mule , par écrit, en maximes, ou d,ms des actes externes dapplication; de même aussi, le législateur cher­ che il fixer le droi t dans nos codes, en le formulant dans des textes de lois, égnlement dans le but dastreindre la volonté de lhomme il sy confor­ mer, et ainsi it influer sur les mœurs. Pareille ­ ment lindividu qui fait (les efiorts pour se morali­ seT, influe sur sa volonte mnuvaise et finit par la dominer. De même, les réformes sociales doivent être ac­ ceptées par lopinion publique, avant quil soit pos­
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 155 sible au législateur de les formuler sérieusement, en lois positives, dont la sanction puisse être ap­ puyée par la force armée. Les lois qui ont été fai­ tes en dehors de la conscience publique, ou qui sont en opposition avec celle-ci, ont toujours été détestées, et nont eu dautre résultat que de rendre lautorite gouvernementale et surtout la police, odieuses. Mais lorsquil est reconnu (lue ces lois nouvelles, ont leur raison dêtre en justice, il y a durant cette période de réformation ou dinstruction, évidem­ ment des luttes, des combats il soutenir contre lasservissement à lesprit derreur, quon ne con· sentait même pas, dahord, il reconnaître comme esprit derreur; il faut, souvent aussi, faire appel au stoïcisme, pour que la vérité sorte victorieuse de lépreuve. Cest donc alors, la phase des tenta­ tions qui dure aussi longtemps que persiste loppo­ sition entre le cœur et lesprit, et que lharmonie et léquilibre entre les trois facultés discordantes de lcime humaine, ne réussit pas a sétablir; nous voulons dire (Lllssi, léquilibre entr"e les principes de liberté, dautorité ct dutilité, qui doivent ces­ ser dêtre an t:l.goniques pour devenir harmoniq ues. lVIais après la victoire ct laffranchissement de les­ prit derrel1T, commence li:}. nçmvelle phasegU.eJ déclll..Cl}.tL~n et de régénération, durant laquelle, la vérité nouvelle se trouve conquise et appliquée ü]a yie. Après ~L·oiL éclairô lcnte;..dement, cette vérité nou velle so transforme donc en chaleur du cœur, et par suite, en bien pratique. Dans le lan­ gage juridique, on dira que le droit sest trans­ formé en équité, et en utilité pratique, pareo quil a pénétré jusquo dans les mœurs et quil est devenu chose cléclucaüon. -----­ -II est irnportant dohserver (lue dans cette der­ nière phaso, dito do régénération, co nest plus lontondement qui domine sur la olonté, ainsi que cela a eu lieu durant la phase de réformation; en
  • 156 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE effet, celle-ci ne sopère que par une contrainte mo­ rale, ou par un appel au stoïcisme; mais cest alors, la volonté elle-mème qtli parvient [1 dominer sur lentendement, et elle domine aussi, lopération ou laction qui,de maîtresse, devenait déjà servante de lentendement, durant la, premiôre phase dite de réformation. Ici le christianisme achève le pro­ grès commencé par le stoïcisme, car ce nest plus au nom dune logique rigide, quon a vaincu les­ prit derreur, mais au nom de lamour du bien, amour dans lequel, la volonté a fini par se plaire. 109. La Bible nous donne une très belle image de ce fonctionnement des facultés de lùme hu­ maine, dans lhistoire du droit daînesse dEsaü. Les deux frères Esaü et Ja.coo-;reï:îresentent hiéro­ glyphiquement los deux facultés de lâme, la vo­ lonté et lentendement. La volonté est lente à vou­ loir se régénérer, car pendant longtemps, elle reste sans souci de son immortel droit daînesse pour le Ciel; mais ce droit daînesse est tout aussi inalié­ nable quo la liberté de lhomme dont il reprosenie lessence; aussi, lentendement représenté par Ja­ cob, le frère cadet, se laisse le premieT éclairer par une lueur du nai, et il en profite pour semparer bien vite de lhéritage dEsaü. Les choses restent. en cet etat, jl~uau jom:......où le cœur, cest-:~­ 1 dir~, I<:LvolQnté, con.sentira ~§~ lais}0.r à ~n to.!;u· imprégner par fe vrai, qui dès lors, sera. transIor­ mé eiCbiêri. Cest ainsi que la, volonté se trouve régénérée, et elle ressaisit enfin sa plOpre domi­ nation sur lentendement: Esaü regagne donc son droit daînesse, et il brise, suivant le langage bi­ blique, « son joug de dessus le COU)) de Jacob. (1) On traduit aussi en langage théologique, lex­ plication cles mêmes phases de réformation et de (1) Vol r Genèse XXV. 34; XX VII. 40. - Pour les détails du sellS spirituel de tous les faits de cette histoire, voir Arcanes Célestes, IlO 3332, 3603.
  • ET LEURS APPLICATIONS SOClA.LES 157régénération, en disant que si la foi dans ses rap­ports avec la charité, ou si le vrai dans ses rapportsavec le bien, est premier par le temps, durant laphase dite de réformation, il est destiné a devenir,dès que lœuvre de la regénération est accomplie,dernier par la fin ; en effet, le vrai ou la foi ne sertplus que dinstrument au bien ou à la charité, demême que lentendement ne sert plus que dins­trument iL la. volonté. En dernière analyse, la cha­rité se réalise par la foi dans les œuvres externes,dites œuvres de chari té. Dans le langage philosophique, on dira que laméthode dinduction, dite ri posteriori, sest trans­formée en méthode de déduction, dite a priori,ou bien encore que la science sest transformée ensagesse. 110. Lharmonie ou lécluilibre, ainsi obtenu en­tre les trois facultés de làme, la volonté peut agiralors librement par son instrument daction, len­tendement; elle règne, et celui-ci gouverne, tan­dis que loperation ou laction exécute. Lenten­dement est clone remis dans lexercice de son vé­ritable ràle qui est déclairer, et non pas de régirla volonté, de môme que la pensee guide ou éclairelafIection, mais ne lassen-itpoint. Demême aussi,le bien agit par le vrai, pour se réaliser dans lefait; la liberté sexerce par son instrument dac­tion, la,utorit6, et se réalise dans lutilité; demôme encore, la fin se réalise par la cause dansleffet. Lhomme devient par la. volo~1té, dès que celle­ci est rég6nérée, légitimement son propre juge;par lerîtenclemcnt, son propre législateur, et parloperation ou laction, le propre exécuteur de sesvolontés, par lesquelles il peut alors, réaliser lasagesse, 11 résout lui-môme, et non plus par leprêtre, tous les cas do conscience, et cest préci­s6ment dans les vieux lines, portant ce titre cle« Cas de Conscience, » que le législateur de notre
  • 158 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE Code civil, a puisé en partie ses inspirations, pour fixer le droit privo dans des textes de lois, pour le caractériser au point de vue de lhonnête et du juste, et pour prépa,rer ses semblables il laccepter dans les mœurs. Cest là, le seul moyen régulier et le plus efficace, pour transformer le droit, in­ sensiblement, en raison écrite, durant la phase de réformation, et en équité durant la phase de régé­ noration. Mais pour y arriver sérieusement, il faudrait ramener toutes les branches de la science du droit et des sciences sociales, à la di vision tri partite il laquelle se ramène depuis un temps immên19rial, le droit privé, dit droit civil: les 42ersonnes, les ,1 ~ 1..l. cJloses, et1-cs droits ou 9bligationsl ècUes-ci sont» queIqLwfois comprises dans ee qui concerne les choses; alors, los actions forment la troisième partie du droit civil. lIais les actions, ou lois de procédure, organi­ sent le fonctionnemont de la justice, et elles cons ­ tituent ainsi, loellement une quatrième partie; celle-ci se rattache ~L la fois aux trois autres, en nous donnant les formes de leur introduction de­ vant les Cours et Tribunaux, ou de leurs applica­ tions. Les actions sont avec les formules, comme lenveloppe qui doit contenir toutes nos connais- sances iuridiques dans un même cadre. ou dans ~me unitéùensemble compacte. Cette unité clen- l semble, expression nécessaire de lordre naturel des lois, peut seule, nous permettre de les prosen- ) ter, SOUs une forme digeste et accessible il tous; ce qui serait bien préférable il la forme indigeste et routinière de nos recueils de lois et de juris­ prudence. Ceux-ci sont de simples compilations mises sous forme de répertoire dont la complexij:é ( lai~se percer à jour, la décaclence dans laquelle e_st1 tombée la science du droit. ----sTë1.onc, les trois parties de la science jnridique, désignées par les personnes, les choses et les ac­ ~ ----s
  • h ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 159 tians servaient réellement a présenter lensemble du droit et de la jurisprudence, dans lunité c1oc­ trinale de son ordre naturel et sériaire, les habi­ tudes routinières de n.os praticiens modernes dis­ l paraîtraient comme par enchantement. En effet, ces trois grandes divisions, correspoI}~lent, de,.0 même que les trois facultés ùe làme humaine aux 1 {notions de fuI, de cJ!.!l§.e et d.§ffet, notions auxquel­ les doivent se ramener toutes les branches de nos sciences sociales, si on veut les embrasser dans leur ensemble, les dominer de manière à en pos­ séder lintelligence do(;trinale, et ne plus se perdre dans lin(lnie variété de leurs détails. Mais cette connaissance doctrinale de la jurisprudence, rede­ venue suivant la définition romaine, « la connais­ sance des lois divines et humaines,» suppose aussi une simplification genérale, supprimant tous les textes contradictoires et inutiles dont fourmillent nos législations modernes. Cest par suite de lunité densemble des doc­ trines juridiques, que les actions de la loi et leurs formules avaient tant dimportance dans lancien droit romain avant sa décadence; avant surtout, que léquité du Prô1eur devint nécessaire pour faire descendre iL un ni veau plus bas, lancienne sagesse juridique; celle-ci veritable culte religieux du temple de lMmis, était adaptée à la pratique de la fraternité humaine. 1lais on ne la compre­ nait plus, dès les commencements des temps his­ toriques, si ce nest dans le sens littéral absolu, car on en avait complétement perdu la clef, en perdant lintelligence de la symbolique du droit. (1) On en avait perdu la clef parce quon sétait éëarté de ~c.Jte d.octri.t~e frater~~lle sur laquelle la sym- Jll bo:lqu.e dlUltQLt reposmt. . ~ pa~ha$-J Voir l " Essai sur la symbolique d·u droit " sa,!!.> Paris, 18!7. - On tlouvüra aussi dans les œuvres de ~lc:gi de tfallancl:iÇ et .de Michelet d? nombreusos preuvos de lantique sl1.gesseJurldlque symbolisee dans les formules.
  • 160 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE Lidéal de la force par lunion fraternelle cles hommes et des sociotés humaines, se transforma il la suite des siècles, clans lidéal de-.!.i:!:..lQ:!ce pal un po~rvoir central de gouvernement: en effet, dès lors quon otait passé, sans retour possible, du gouvernement patriarcal, ct de celui des juges à celui des monarques, ce dernier ne tarda pas il de­ venir la centralisation romaine. Que cette centrali­ sation du pouvoir, sappeJùt monarchie, république ou empire, cc fut toujours le despotisme dela raison J dEtat, qui so perfeçtionIlait de plus en plus, pour Illieux asservir les peuples : ceux-ci du reste, durent laccepter de bon cœur comme bien supé­ riour à Jétat clan~:rchie clans lequel ils étaient tombés, et il devint mêmo sous lempire romain le culte public de César divinisé. Cette religion nouvelle qui prit naissance dans le monde romain presquen mômo temps que le christianisme, eut donc pour divinités los empereurs eux-mômes. (1) Ce ne fut qLle lorque lEglise chrétienne commença sa pllase de décadence, en devenant elle-même( une puissance terrestre, queLle sefIorça à lexem­ ple des Césars, de dominer Je monde entier par sa papauté. Mais le christianisme portait dnns son propre sein, un puissant ferInent de dissolution de ce pouvoir centralisateur: cest le princi pe frater­ nel de légqiitô et de la charité. Cel ui-ci fit concur­ l:ence à lEglise romaine elle-même en édifiant dans chaque pays diftérent, des Eglises nationaJes, et en établissant sur le dogme mitigé du droit divin des princes, les gouvernements de cbaque nation. Le principe chrétien de la charité aban­ donna même rEglise, lorsque celle-ci opprima les consciences et quelleétabllt lesbùchersdelinqui­ sition. LEglise perdit alors son ancien prestige et cest la civilisation mode me :lui en hérita sous _.-- - -- -~~ " (1) Voir l « IIi1j.t.oile_desjnstilutions politiques ùe laucienne France, » pal"1tl. Fustel de Coulaugéi,. - Paris, 1877. ",
  • ET LEURS APPLICATIONS !OCIALEB 161 la forme de nos idées de tolérance et dun grand adoucissement cles mœurs, depuis le elix-huitième siècle. Cette ciYilisation modeme agit maintenant comme ferment de dissolution, contre le droit elivia des rois et contre toutes les tendances trop autoritaires de nos gouvernements actuels. Nos aspirations fraternelles encore hlétat vague, fruc­ tifieront et sc développeront iL mesure que les hommes sc familiariseront avec les principes qui en découlent rationnellement, et quils sauront en trouver les applications sociales. Lamour de la domination est encore le mal héréditaire·de fhomme social, celui qui fait le plus obstacle il ces progrès nouveaux; commo ce mal social est le résultat de la somme cles maux 11oré­ ditaires de tous les individus qui composent le corps social, il faut de plus en plus, instruire les masses pour les élever il la notion de leur respon­ sabilité propre et les dresser iL la pratique des gouvernements populaires directs: Il faut aussi, formuler en corps de doctrines toutes les aspira­ tions fraternelles nouvelles. Ces doctrines forme­ ront les premières assises de la philosophie du droit nouveau, qui nous feront sortir du dédale inextricable ·dans lequel nous retiennent encore nos jurisconsultes ct nos politiciens actuels. Leur méthode générale dapplication sopèrera au moyen des lois de lordre, telles quelles sont for­ mulées par la doctrine des degrés. Cest une l1~llOl:ie dinvoquer lancienne ma-II J11 xime que « nul nest censé ignorer la loi, lors- l) q~o.n.: è~ pçr:..du les croyances qui 12ermettaientàl chacun de trouver sinon dans sa conscience, tout aumoins clans une coeliflcation sommaire des lois, to.!§1Qurmç ijcs dnminants de la science du droi t. 1 Ceux-ci etaient clairement ecrits pour les anciens{ sages SQQS L~ne forms; Symbolique , qui L.LV.ait lavan­~ .. tage d~neJ2~fL9J:!scu!:..cir la !arg~ur de vue de len­ semble de la doctrine, par la variétéiIiliï1ie-des
  • 162 LES PRINCIPES lm DROIT DIVIN MODERNE l détailssQnt introuvablesactuelle qui principesembras­ nants dapplications. NIais de notre jLu;ispriiŒëilce CilS domi­ par la méthode routinière ne peut ser tous les cas dapplication, lors même quelle multipliemit indéfiniment, le n01111)re déjà trop consi.dérable de ses volumes in-4" et in-fu • , Lhomme qui suit aveuglément une routine, est dépourvu de princi~, ilï)e!:.d toute intelli- Ils ( gence c18" sOil]iayail, et on ne le respecte point. Il en est de même du Pouvoir judiciaire; sil de­ vient routiniel et si de plus, il nest pas indépen­ dant par son nlÜde dorganisation, il perd tout prestige, parce quil ne lerr~plit plus sa mis~ion qui jl ~st denseigner les hommes poüî-les moraliser. - Cest par les lois dCJ.ordre,quaura lieu le retour----- il lesprit de jùstice et déquité. Or les lois de lor­ dre trouveront progressi voment toutet> 1eUIS réali­D~"""ll sati.ons dans lQI1}2loi de la doctrine des degrés qui ost leur formule géiléra1e dapplication. Celle-ci nest, il est vrai, quune méthode, mais cette mé ­ thode simpose dollo-môme tellement eHoost dans .la nature des clloses: il vaut donc mieux lndopter sciemmont, pour assurer et hàter les progrès futurs. Nous allons avoir loccasion de revenir sur ce sujet, cl1yisagé i1 un nouveau point de vue, dans la deuxième section de ce chapitre.
  • CHAPITRE X. SECTION DEUXIÈ1UE LOIS DE LA RÉGÉNJ~RATION POLITIQUE ET SOCIALE SOMMAIRE 111. Le corps social est un organisme vivantqui doit, pour progresser, suivre les miJm8s lois que lhomme indivi­ duel qni ~éleve el qui progresse en moralité. - 112. Les trois Pouvoirs de lEtat qui caractérisent le corps 80ciaJ politiquement parhnt, correspond"ll! aux lrois facultes de lâme, et. sui ,eut les mèlnes lois en progres­ sant. - 113. La théorie des trois Pouvoirs de lEtat ne ;:;ert quà caractériser la loi des gouvernants. -1H. La loi sur les syndicats professionnels du 21 mars 1884, peut permettre aux gouvernés de formoler dans des cahier,- destinés aux COJütés éledoraux, les 18­ for:lIes législati ves nécessain", au développ8men t du progrÈs. - Premiers éléments jOigill!isation du Corps élecloral. -- Cara~tère dérnagusiqu8 des ;lar,tis polit~-) ques. - La ~;oust1tullOn françàlse de laVellll. - 11;). L", droit divin ne peul plus ètre fondé, dans noIre 1l10nJc moderne, sur la préoc;cupation de la domir.tl­ tion des gouvcrnants snI !ti> guuvernés, mais il tioit être fondé ,;ur la préoccupation ,le lallranehissen1enl gmdue1 des gouvernés, de tout asservissement aux l l gouvernants. ,- Re~pecl dù au suHrage universel, "OllHno exprE:ssiorl externe de notro droit divin mo­ derne. - 116. Le~Le Pouvoir des gouvernants doit abuutir proglessivcnûnt à llèlre plu~ que le reflet de la représentation du triple Pouvoir des gcuvernés. Le Corps électoral doit safrranchir ,18 snn asservisse­ meut aux partis politiques. - 117. Les inslitutions re· { ligjQ].Li~s doivent rester toujours distinctes el séparées11_ des institutlOns politiq~les, pour pouvoir librement progresser, les unes-comme les autres, chacune dans leur spMre particulière. - De la dillérence entre le3 œuvres de la charité interne et le::< œe; Ires de la t.:ha­ rité extell1e. -=-r:;ilriiTitac la lQiJlt de In,Joi, est le but vers lequel tend le monde moderne pourla réalisation d§l~<"l, rég~D~!~~ion politique et sociale. 111. Le~ Co:p~Q.cial est le résultat de la série ou L (jo V .
  • 16q LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE de lagglomeration de tous ses membres et de tous ]es organes qui ]e constituent, car toute societe grande ou petite, est reellement un organisme vivant, c1QnJ; nous sommes comme individus, l(js cellules vivantes. Or, pour progresser, cet orga­ nisme vivant doitpasserexactementpades m6mes phases que celles qui ont été décrites ci-dessus, nOS 107 iL ItO, et par lesquelles passe lhomme indi­ viduel, durant le cours de sa réformation et de sa({J~ ~ régénération; seulement, ce que celui-ci dOl..t f~ire .-:>ln durant sa é.ourte existence sur.la terre, lhomme I:y).. t· ) s9 cial d~it ~eJai.re--Jt la sL1ite_ç,l~s~es.--- - Lesu.roits dont dispose cet homme social, peu­ vent être envisagé:; a deux points de vue: il ya les droits acquis anciennement qui, pour une bonne partie, représentent maintenant la somme des maux héréditaires du vieil homme, et il y a les droits acquis nouvellement a la suite du progrès des mœurs. 1v1ais il lui est difficile de les distin­ guer; en rOtù.ité, cette constatation cles maux et cles faux, nest mùme, pratiquement possible, qua mesure quil les aperçoit et cllùl consent iL sen puriHer par le repentir, cest·a-dire, par des réfor­ mes introduites clans la legislation ct dans les ins­ titutions existantes. De même que lhomme incli­ viducl, lholllQJ..e so~ial, c1QiLpasser, quant a ces 110""7 ç maux héréditaires, continués chez lui, par toutes JI les dures él)leuves dune _dévastation compl~te. Un caractère bien équilibré par une bonne cons­ titution politique, rcilétant ce bon caractère, peut seul lui adoucir ces épreuves, en !Lü évitant les bouleversements violents, cest·a-dire, les révolu­ tions, ou la mort. Le principal be~oin des hommes réunis en so­ ciéte, ct formanf dans létendue dun vaste terri­ toire, le corps dune nation, est le fonctionnement régulier de la justice; celle-ci par ses enseigne­ ments, peut constamment ]os éclairer sur les ré­ formes a faire, pour rétablir lordre partout où le - /).,Ii<4-J/ - ,(tv/I
  • ET LEURS APPLICA.TIONS SOCIALES 165 désordre subsiste. Il y a pour cela, une certaine ligne de conduite a suivre: il sagit de se diriger dans ce chemin de la vertu ou de la justice. De là létymologie du mot (troit (dirigere directum) , qui suppmte précisément une direction pour tracer( le chemin, lordre a suivre, (jus sistcre) , cest-a­ dire, la règle à appliquer, qui est la Justl"ce. La "Voie choisie, sc formule comme exprimant le droit dans une loi, mot qui par son étymologie suppose le choix, (elzgere, choisir); celle-ci fixe la route suivant laquelle on doit se diriger dans sa con­ duite .. La justice peut seule, érigm une société dhom­ mes occupant un vaste territoire, en nation, et leur inspirer lamour de la patrie. Ainsi que le dit le prophète Esaïe, (1) cest de la justice seule que , naîtra la paix. » Les hommes qui progressent dans la justice progressent dans lamour de la patrie;( ils son.t s~uls.capab.les de ré~lise~ .la fraternité et de satIsfaire a la 101 de la sobdante. 112. De même que lhomme individuel, est doté des trois facultés de son ù,me, de même le corps social est représenté par trois pouvoirs politiques qui correspondent exactement à sa volonte, it son entendement et a son action, ainsi quaux trois principes essentiels qui alimentent ces trois facul­ tes de lâme; ceux-ci sont, la. liberté, lautorite et lutilité. Cest par la justice qui a pour principe, la liberté, que la nation est en possession dune vo­ lonté, ct quelle sent son cœur battre; cest par la vérité qui a pour expression lautorité, quelle se sent respirer spirituellement, etpar suite quelle est en possession de poumons; et cest enfin par ses actes, qui se mesurent en raison de leur utilité, quelle se sent responsable, ct quelle sc sent vivre de son individualité propre. (1) Esaïe, XXXII. 17.
  • 166 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE Les phénomènes que nous avons décrits ci-des­ sus, nOS 107 à 110, en expliquant le travail de ré­ formation et le travail de r<Sgénération de lhomme individuel, se produisent dans le Corps social, (), mesure quil progresse. 11 faut donc à lhomme so­ cial, les trois facultés correspondantes semblables pQur progresser, et ce sont les trois pouvoirs de lEtat. La volonté de lhomme social, est concen­ trée dans le Pouvoir judiciaire; son entendement dans le POllvoir legislatif, et lopération ou laction dans le Pouvoir exécutif. Comme nous connaissons la nature des rapports mutuels des trois facultés de lâme, nous connaissons parce]a môme la nature des rapports mutuels cles trois pouvoirs de lÉtat. On voit que toute constitution politique, est da­ vance implicitement tracée dans ses principes fon­ damentaux, sinon dans ses détails, car ceux-ci peuvent varier avec le tempéramment et avec létat de progrès de chaque nation. La loi constitution­ nelle sc trouve ainsi ètre, suivant la d(~[jnition gé­ nérale des lois, q ni nous a été donnée par Montes­ quieu, le résultat des rapports nécessaires qui dé­ rivent de la natllIe des choses. Il y aura pour lhomme social, de môme que pour lhomrne individuel, des predominances mu­ tuelles, entre les trois facultés de; l<lme, cest-à­ dire, entre les trois pouvoirs de lEtat, chaque fois clllC lun deux prendra linitiative dune opération. ou dune réfon1l.0 ayec lintention dentraîner ~t sa suite les deux autres. Ainsi, le pom-oir judiciaire désireux de conserver les traditions ou les coutu­ mes sociale.; intactes, sera en gr-néral, opposé aux réformes dont le pouvoir législatif prendra linitiative; cette initiative est en cLTct, dans le ràle naturel cie celui-ci, puisquil représente len­ tendement. Le pouvoir judiciaire sopposera clone au cbangement des habitudes du passé, dans les­ quclles, Je corps social représenté par le pouvoir exécutif, se plaira généralement. La raison en sera
  • ET LEUnS APPLICATIONS SOCIALES 167que la. ,,6rité nouvelle lui semble trop dure ~tentendre, et contraire aux traditions, ou que laréforme demandée par lopinion de quelques-uns,lui paraît plutôt nuisihle au progrès, et alors, lepouvoir exécutif préférera aussi en général, garderces habitudes du passé et restCl~ dans sa -quiétude.Linfluence du pouvoir exécutif, ainsi que celledu pouvoir judiciaire prédomineront, par consé­quent, tant quils réussiront it conserver intactesces mœurs du passé qui leur seront restées chères. Mais lorsque la lumière de la vérité persiste, enimprégnantlentendementreprésente par le pouvoirlégislatif, qui est soutenu dailleurs par lopinionpu blique, nous abordons la première phase du pro­grès, dite dinstruction ou de réformation. Ce pro­grès se formu1cra. clonc dans une loi nouvelle, quele pouvoir judiciaire représenté par les cours et tribunaux deHu, appliquer pour. le faire pénétrerdans les mœurs de la nation, et que le même pou­ voir judiciaire représen~é par la Chambre haute ou par un Conseil dEtat, devra accepter, sous peine de se trouver en conflit avec le pouvoir lé­gislatif, et de ne sortir de ce conflit qne par la voie c1u r·efel"r:.ndwn, cest-il-dire, de lappel ~L la nation. Il fa,uc1l<t donc que cette lumière nouvelle, exprimée par un droit nouveau, finisse pm être ac­ ceptée de cœur du plus grand nombre, cle ceux-la même qui sy opposaient dans le principe; mais jusquiL cette introduction dans les mœms du pro­ grès qui naura encore quune existence Idgale, linlJuence du pouvoir législatif prédominera sur les deux autres pouvoirs. Par conséquent, cc nest que lorsque la réforme est définitivement intro­ duite dans les mœurs de la nation, que celle-ci est parvenue!), la seconde pha.se du progrès, dite dé­ ducation ou de régénérati.on: alors le droit, se trouve transformé en équité. Cest ainsi que la vo­ lonté sociale, cest-à-cl ire, le pouvoir judiciaire, gar­ dien naturel des traditions nationales, substitue
  • 168 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEpour CC progrès dont il a aussi lhonneur, son in­fluence iL celle du pouvoir législatif, et il prédomineil son tour sur les deux autres pouvoirs. Lhomme social vit donc de la même vie quelhomme individuel, parce que son organisme nepeut obéir quaux mômes lois physiques et psycho­logiques, et parce cjuil doit, par conséquent, semodeler sur celles-ci. Le pouvoir judiciaire représente la richesse mo­rale de lhomme sociaL et ainsi, le principe de li­berté; le pouvoir législatif, sa richesse intellec­tuelle et ainsi, le principe (lautorité; le pouvoirexécutif, sa richesse économique ou matérielle, etainsi: le principe dutilité. Ce dernier pouvoir pos­sède, en effet, la puissance de sanction pour les ac­t~s des deux autres pouvoirs. Lexpr0Ssion supn~me du pouvoir judiciaire quisera un Sénat, ou une Chambre haute, devraitpour être en pleine possession de ses attributionsnaturelles, avoir linitiative de la création des for­mes de procédure, et surtout, des lois dorganisa­tion judieiaire, suivant lesquelles, le droit pour­rait ètre introduit et appliqué devant les cours ettribunaux. En efTet. cette chambre hmite est le vé­ritable juge du mérIte ou de la valeur juridique deces formes judiciaires qui comprennent toutes leslois organiques, toutes lorganisation de la justice. Elle en est, le meilleur juge, parce qucllo repré­ sente, comme pouvait judiciaire, la volonté dansle fonctionnement des facultés de làme de lhomme social; or la volonté a, dans ses attributions natu­relles le clloix des moyens qui lui paraissent lesplus convenables pour rendrcla justice. En réalitéco nest pas même la Chambre haute qui est ici,maîtresse de creer ces lois organ-iques spéciales,mais elle représente la volonté nationale qui seulepeut lui en clonner le mandat, ainsi quo nous leverrons ci après. La nation confiera donc de préférence iL la Cham­
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 169 haute, le mandat dédicter les lois organiques, parce que celles-ci rentrent dans ses attributions naturelles, quelles constituent pOlU ainsi dire, le cérémonial du culte il rendre a Thémis, dé~sse dela justice, et quen sa qualité dexpression suprêmedu pouvoir judiciaire, la chambre haute se trouveracomposée do jurisconsultes spécialement compé­tents pour résoudre toutes les difficultés juridi­ques; mais elle confiera de préférence au pouvoirlégislatif, le mandat de créer les lois proprementdites, car ce dernier pouvoir se trouvera surtoutcomposé dun personnel déconomistes etde finan­ciers. Il nous semble que la Chambre haute devraitavoir dans ses attributions, non-seulement la gardect la défense de la Constitution, mais aussi, quellepourrait avoir linitiative de la modifier, aprèsquune Assemblée spéciale qualifiée de Consti­tuante, aura créé la Constitution nouvelle. Celarésulte encore des attributions naturelles de laChambre haute, qui est gardienne des tnlditionsnationales etdes grands principes de droit public;ceux-ci sont lexpression des garanties données auPeuple de la bonne administration de la justice,ct ils ne peuvent dailleurs, être modifiés que parla volonté du Peuple. Si, en effet, des lois nouvel­les étaient faites par le Parlement, dans le but derestreindre ces grands principes de droit public,par exemple, dans le but de modifier la loi élec­torale et de restreindre le sufIrage universel, ellesdevraient être considérées en droit, comme nulleset non avenues. Un auteur célèbre amI: Etats-UnisdAmérique, Storry, professeur a luniversité deHalward, a posé en principe; dans son livre surle droit constitutionnel, que « le pouvoir dinter­préter les lois, comprend nécessairement, le droitpour le juge de sassurer, si elles sont conformes ounon au pacte constitutionnel, et dans ce derniercas, de les déclarer nulles et de nul effet. )) },tIais ce 12
  • 170 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEnest pas parce que Storry a posé ce principe, quonfinira par ladopter: on ladoptera Mt au tard,parce que la logique du suffrage universel, veut legouvernement par la justice; cest le gouverne­ment qui doit finir par prévaloir, parce que seul,il sadapte au gônie français. Lorigine sociale et non plus aristocratique duPouvoir judiciaire et du Pouvoir législatif, dontles membres doivent être désignés par le suffrageuniversel, sera une garantie suffisante contre lacrainte de leurs empiètements réciproques, ou dudanger de la confusion de leurs attributions res­pectives. Si, en effet, les deux Pouvoirs ne sen­ tendaient pas pour régler un conflit, il .lamait lieupour le Corps électoral dintervenir, par la voie du?"eferendum. Cet usage den appeler àla nation ne doit jamais séteindre, mais il peut devenir dun emploi plus rare, h mesure quune organisation mieux entendue du Corps électoral, rendra lusage du mandat impératif dun emploi général. En principe, il est dans la nature des choses, que les deux Pouvoirs soient distincts et séparés, comme la richesse morale est distincte et séparée de la richesse intellectuelle, et comme ces deux sortes de richesses se distinguent elles-mômes de la richesse matérielle, représentée plus spéciale­ ment par le Pouvoir exécufjf. Le principe de la séparation des trois Pouvoirs, est, en efIet, tout entier dans cette distinction cles caractères de leurs attributions respectlyes. Il est égaloment dans Ja na,ture cles choses, qneles cleux premiers POUVOIrS, aient la faculiA déchanger leurs vues, ponr toutes les réformes à faire dans les lois en général, de même quil y n échange de vues entre la volonté et lentendement de tout homme qui se régénère. Si donc, chacun cles deux Pouvoirs a ses attributions particlùières, pour linitiative de certaines lois, ils doivent, tous deux, avoir les facilités cle sentendre, pour éviter les conflits et pour nemployer la voie
  • ET LEURS APPLICATIO:-<S SOCIALSE 171 du referendU?n, que lorsque cela est nocessaire. Le Pouvoir judiciaire doit avoir linitiative, de créer lorganisation destinée à assurer le bon fonc- tionnement de la justice, et cest ce qui fait quil est hiérarcliquement parlant, au-dessu~ du Pou- voir législatif; celui-ci nest que linstrument pour formuler le droit, mais il ne réalise pas immédiate- ment la justice. En dautres termes, le Pouvoir judieiaire représente le bien qui est la volonté de la jnstice, tandis que le Pouvoir législatif repré- sente le vrai de ce bien, qui est lentendement de la justice. Lun représente donc la cllaleur delamour du bien, lautre représente la lumière duvrai de cet amour. Lunion de cette chaleur et de cette lumière, ou de ce bien avec ce vrai, se trans-fo1me en vic, dans ses réalisations eflectives parle Pouvoir exécutif, qui y apporte sa sanction, etqui achève lœuvre. Le Pouvoir exécL:ltif est naturellement destiné ilrester subordonné anx deux autres Pouvoirs, caril procure la sanction destinée à garantir tous lesdroits réputés légalement, droits acquis; mais soninfluence dominera fatalement sur eux, en cc quiconcerne les droits encore méconnus, et qui re-viennent trop souycnt, en dernière analyse, il jus-tificr tous les abus et toutes les tvrannies. Ccstainsi, par exemple, qnele Pouvoir cx(~cutif, fait entemps de guerre, cles réquisitions militaires et quemôme en temps de paix, il commet une foule dac-tes, qui peuvent être considérés dans 10 for inté-riour de chacun de nons, comme des atteintes à laliberté et il la proprü;té des citoyens, mais quonest obligé cepondant, de tolérer, faute dêtre suffi-samment daccord sur leur bien ou mal fondé,faute surtont dêtre a[rivé 1116tat social plus élevé.Ces procédés qui sont justifiables clurant létat deguerre, m[is qui mnIheurcusement, persistent enpartie, même dans lét~tt de pnix, sont les résLlltaü:;inévita,bles de notre état de perfectibilité. Ils peu-
  • 1V2 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE vent être regrettables, mais ce sont des maux nécessaires qui, tout au moins, servent il. réveiller les hommes de leur apathie et a les pousser aux réformes de toute nature. La reconnaissance fran­ che et ouverte de ces misères sociales, vaudra cent fois mieux pour leur suppression, que la préten­ tion outrecuidante il. linfaillibilité, dont se pare notre vieux monde officiel, bien quelle ne soit plus décemment de mise, devant le progrès de lesprit moderne. , 1135La théorie des trois Pouvoirs de lEtat, ~ est adoptée en priIicip.e dans tous les traités de droit constitutionnel; mais elle est méconnue dans ses applications; surtout dans ce fait, que le Pou­ voir judiciaire est généralement subordonné aux deux autres Pouvoirs, au lieu de prédominer sur eux. Cette théorie a été de nouveau, dégagée des enseignementsdelhistoirepad·d. de Saint-Yves. (1) Cet auteur observe avec raison, que ce nest là, cependant, que la loi des gouvernants; or, celle-ci, ne peut pas plus rester indépendante de la loi des gouvernés, que le mandataire ne peut rester indé­ pendant de son mandant. En effet, le gouverne­ ment nest que le représentant externe du Corps social; et, dans nos idées modernes, il nest plus le cervcau, bien quil puisse le représenter; en effet, il dépend de la nation, comme le corps ou les orga­ nes du corps qui ne vivent que par le cerveau. La masse des électeurs est le cerveau; celui-ci concen­(_ tre lesprit et la volonté de la nation. (2) Cest en rai­ son de cette prédominance de ]a volonté nationale par le suffrage universel, 9.ue le fondateur du Familistère de Guise, (3) M. Godin, ancien député, voulait que les représentants du peuple-fussent placés dans une situation telle, quils se sentissent (1) « La France Vraie; » Paris, 1887. (2) Voir no 27 ci-dessus. in fine. (3) Voit la Revue Sociali.ste de Juin 1887; p. 572.
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIA.LES 173constamment sous la direction et le jugement dela souveraineté nationale, et quils cessassentdêtre inféodés au Pouvoir exécutif et administra­tif. En effet, le perfectionnement de lorganisationpolitique, ne peut sobtenir que par une vigoLg:.e§epoussée de lorganisation sociale des· gouvernés,organisation qui doit devenir il son tour, un faitjuridique du ressort du Pouvoir judiciaire. 114. La loi sur les syndicats professionnels noussemble aussi, ainsi quà M. de Saint-Yves, être le point de départ de ce fait juridique. Il est vrai que les chambres syndicales qui dissi­ muleraient un but religieux, ou un but politique, sous une apparence professionnelle, tomberaient sous le coup des peines prononcées par les articles 291 et suivants du Code pénal. Il est vrai égale­ ment, que les présidents de ces chambres syndi­ cales, qui feraient un acte politique en dehors de la défense de « leurs intérêts économiques, indus­ triels, commerciaux et agricoles, » pourraient encourir lamende de 16 fr à 200 fr)), en vertu de larticle 9 de la loi sur les syndicats profession­ nels. Mais rien ne soppose néanmoins, à ce que ces syndicats professionnels, formulent les réfor­ mes législatives nécessaires a la défense et au déve­ loppement de leurs intérêts économiques, indus­ triels, commerciaux et agricoles; cela ne peut pas leur faire perdre leur caractère professionnel, ni dénaturer le fond de lassociation elle-même. En effet, larticle 3 de la loi du 21 mars 1884 déclare que « les syndicats professionnels ont exclusive­ ment pour objet létude et la défense des intérêts économiques, industriels, commerciaux et agri­ coles. )) De plus, larticle 5, dit quils « pourront librement se concerter pour létude des intérêts économiques, industriels, commerciaux et agri­ coles. )) Or, ceci les amène à se former en Unions. Enfin, ces syndicats, nous dit larticle 6, « pour­ ront être consultés, sur tous les différends et toutes
  • 174 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN lIIODERNEles questions se rattachant à leurs spécialités. » Lacirculaire interprétative de la loi du 21 mars 1884,dit même que « désormais la fécondité des asso­ciations professionnelles na plus de limite lé­gale. » (1) Ainsi, les syndicats professionnels, de mêmeque leurs Unions, seraient parfaitement on droitde formuler dans des cahier;;, toutes leurs reven­dications, pour le dévcloppcmentde leurs intérêtseconomiques, industriels, commerciaux et agrico­les. Ces cahiers seraient adressés aux Comités élec­toraux, qui sen servir~tient, pourpréciser avec unegrande autorité les vœux du pays; ceux-ci seraientimposés aux candidats sous la forme de mandatsimpératifs. On voit par quels moyens, los s)nclicats profes­sionnels, pourraient devenir le point de départ decc fait juridique, qui doit permettre aux gouver­nés de préparer leurs cahiers, et dy formuler tou­tes les reyendications de la nation, au triple pointde vue des ldormes de lorganisation judiciairo,législative et exécutive. Il appartiendrait aux Assemblées délecteursdans chacune des localités qui forment un centredélection, de créer des Comités chargéscle réunirles cahiers rédigés par les Chambres syndicales, etde soutenir les candidats qui représentent le mieuxles vœux de la localité. Cos Comités sentendraiententre eux pour unifier les vœux exprimés dans lesdifférents cahiers de larégion, et pouJ:avisedt ce queles intérêts particuliers de chaque section <lectorale,tels quils sont définis dans ces cahiers, ne nuisentpas aux intérêts généraux de la région. Le même (1) Voir eu ce qui concerne le clroit dos professions libéra­les de se syndiquel, lu brochure de IlL A. Lechopié, Avocat:« La liberté dassoeiaLion des professions libérales. » Paris,1885. - Eu ce qui concerne la jurisprudence d€s Gours et Tri­bunaux, vOIlla « Revue des Sociétés,» ùe 111 Vavasseur, Avo­cat. Paris. (Marchal et Billard, libraires.)
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 175 travail dunification et de généralisation, pourrait se faire entretoutes les régions pour formuler les vo­ lontés nationales dans des cahiers consacrés aux intérêts généraux du pays. Cest, on le voit toute une organisation à créer, que celle du Corps électo­ ral, organisation qui nest pas encore née,ouqui est, ot qui restera il létat embryonnaire, tant quon lut­ tera dans les élections sur des noms de candidats, plus encore que sur los programmes positifs et bien précisés des volontés des travailleurs et des be­ soins du pays. Il est utile dobserver ici que les trois Pouvoirs de lEtat représentent lexpression extérieure des facultés de lâme de lhomme social, tandis que lorganisation du Corps électoral doit être leur expression intérieure,qui est dans la nation etpar­ tout où la nation existe. Les facultés de lùme elle­ même, ont leurs représentatifs dans le corps de lhomme: Cest ainsi que les trois Pouvoirs de lEtat, de même que les trois facultés de lâme, sont comme le cœur, le poumon et la vie de lhomme social. Le cœur bat pour le bien qui influe du cervelet au moyen de la volonté, et le poumon respire par le vrai qui fonmùe ce bien, au moyen du cerveau. Lunion de ces deux or­ sc ganes manifeste par la vie, qui circule comme le sang dans toutes les parties du corps. Le cerveau de lhomme social représenté par la masse des électeurs, ou par leurs Comités électoraux, doit faire la lumière sur les besoins du pays, et fornlU­ 1er les volontés nationales, pour quelles soient exécutées par les trois Pouvoirs de lEtat. Nous avons vu précédemment, (n° 27 ci-dessus) que lâme ou lhomme intérieur, vivifie toutes les parties du corps de lhomme estéricur, à telpoint,quunepartie du corps dans laquelle lâme nest point, ne vit pas. Pour lhomme social, les parties du corps électo­ ral, qui ne seraient pas vivifiées par des Comités électoraux ayant la connaissance et lintelligence
  • 176 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEdes besoins du pays, et qui ne seraient pas repré­sentées par les trois grands Pouvoirs de lEtat, nevivraient pas. n en résulte queleshabitants des dif­férentes parties du territoire, doivent tous contri­buer a la formation de leurs Comités électoraux;ceux-ci deviendraient alors lexpression géographi­que et professionnelle du pays, ou de lâme delhomme social. Cette organisation du Corps élec­toral doit trouver delle-même sa formule dans lapratique fréquente du droit des électeurs, soucieuxdu bien de la patrie; elle sera le véritable remèdecontre la composition vicieuse de nos Comitésélectoraux actuels, qui entrepr:ennent les élec­tions, et qui sont formés chacun Dar tm parti poli­tique différent; or, les pa,rtis pol1iiques sont sansautorité sérieuse, pour représenter la masse desélecteurs. à laquelle cependant ils simposent arbi­trairement, lorsquils ne devraient se présenterdevant les Comités électoraux que comme simplessolliciteurs: ils dominent donc dans les électionsau nom de la démagogie. Les scènes tumultueusesqui se renouvellent trop fréquemment dans nosChambres actuelles, ne sont que le résultat de leurorigine démagogique: les élus ne peuvent, eneffet, que refléter les passions des partis politiques,dont ils sont les représentants. Avec le progrès de nos mœurs politiques, lesAssemblées électorales, sauront bien trouver e11es­mêmes, les moyens de se protéger contre ces entraî­nements passionnés, et supprimer les coteries poli­tiques, pour faire entrer le suffrage universel enmaître dans notre Parlement. Il faut aussi que laConstitution soppose à ce que le gouvernementpatronne des candidatures officielles; celles-ci sonttoujours soupçonnées avoir été faites avec largentdes contribuables, et alors les élections nepeuventplus être considérées comme libres, lorsque leurrésultat est favorable aux désirs du gouvernement.Il faudra bien renoncer a ces procédés déplorables,
  • BT LEURS APPLICA.TIONS SOCIALES 177quand linfluence des Chambres syndicales impré­gnera les esprits, et substituera létude des prin­cipes aux questions irritantes des personnes. Alorstoutes les revendications de la nation, se groupe­ront delles-mêmes, suivant leur ordre naturel et sériaire. Il en résultera en premier lieu que les profes­sions qui produisent cette richesse morale, quali­fiée de progrès dans léducation nationale, pour­ront se concerter clans leurs Chambres syndicales,pour étuclier et formuler dans cles cahiers destinésaux Comités électoraux et a leurs candidats pourla Chambre haute, les réformes a faire clans toutesles questions dorganisation de la justice. Il en résultera en second lieu, que les profes­sions qui soccupent plus particulièrement de pro­duire la richesse intellectuelle, clans tous les gen­res dindustrie, pourront également par leursChambres syndicales, étudier avec soin toutes lesréformes ft introduire clans les lois, et les formu­ler clans les cahiers clestinés aux Comités olecto­laux; ceux-ci pourront les imposer iL la Chambrelégislative sous forme cle mandats impératifs. Il en résultera enfin en troisième lieu que 10Chef du Pouvoir exécutif, de même que les magis­trats de lordre administratif, seront nommés parle suffrage universel. Il est clair quaucun mandatimpératif ne peut être imposé à ceux-ci, si ce nostlengagement de donner les premiers, lexemple de lobéissance aux lois. Quant aux ministres, ilsno sont, en réalité, que les exécuteurs des lois votées par le parlement; ils ne doivent donc pas avoir le clroit dentrer clans les Chambres, pour prendre part aux délibérations, mais ils doivent toujours pouvoir être révoqués, de même quils révoquent eux-mêmes les fonctionnaires pLacés sous Leurs ordres. Il ny aura clonc plus clo jeu clo bascule entre les ministères, quireprésentent tour a tour, des partis politiques différents se disputant
  • 178 LES PRINcIPES DU DROIT DIVIN MODERNEle pouvoir; cela donne naissance ~L une école depoliticiens, qui perpétue les agitations stériles, etqui ne peut que nuire à la prospérité du pays. Une Constitution calquée sU( le fonctionnementdes facultés de filme, représentées par les troisPouvoirs de lEtat, nous parait donc être la Cons­titution, iL laquelle la logique du droit nouveauconduira la France, iL mesure quelle progresseradans 10 sens des idées modernes, qui sont démo­cratiques et en même temps libérales. NIais pour yaboutir sérieusement. il but que tous les citoyenssidentifient iL lesprit même de la démocratie, quiest de faire la mOla,le une, pour les gouvernementscomme pour les gouvernés. Il faut aussi, pour quecette logique du suffrage univolRol se réalise danstoutes ses conséquences, que lélément quantitatifqui domino toujours, soit équilibré pal lélémentqmLlitatif; co qui no peut arriver quo par le pro­grès des mœurs, résultant de la transformation dulien social, qui do matérialiste, doit devenir natu­rel-rationnel, puis plus tard spiritualisto. Cette Constitution de lavenir que chacun peutdédLliro de la nature même des choses, touto pré­férable quelle soit aux constitutions iL esprit mo­narchique et clérical, qui nous ont gouverné jus­quà présent, ne peut, il est vrai, opérer del1e­même, tout le bien que les mœurs publiques onprogressant opèreront dclles-mêmes. Cependant,si les progrès lorsquil sagit do quostions de prin-.cipes, peuvent être prématurés, et paraître intem­pestifs, il nen est pas de mêmo, lorsquil sagit dequestions de formes, dont les changements ne pré­selltont plus les mêmes dangers. Lorsquon connaît le chemin quon doit par­courir pour arriver ~L un but désiré, cest déjà ungrand pas de fait. On a tout intérêt iL sengager desuite SUT la route ainsi tracée, sauf à faire quelquesstations dans le parcours,pour mieux se renseigneret se bien préparer à aITiver à destination. Les
  • ET LEURS APPLICAT!ONS SOctA.LES 170stations ~t faire, sont celles qui figurent les progrèsnon encore obtenus, et le chemin à parcourir desuite, figure les progrès quon peut réaliser immé­diatement, parce quils existent déjà en principe,et quils sont acceptés par le public. Aussi, il noussomble, quà part le mode do recrutement desmembres du Parlement par linfluence constantedes syndicats professionnels, - réforme qui de­mandera du temps, cal elle est loin dêtre de réa­lisation immédiate - lopinion publique, une foiséclairée sur la route quelle doit suivre pour pro­gresser, pourrait se montrer, dès maintenant, fa­vorable à ladoption dune Constitution ainsi cal­quée sur le fonctionnement des facultés de lâme;elle serait des plus officaces pour stimuler et hâterla réalisation des réformes dans le sens démocra­tiquo otlibéral. En effet, elle placerait la justiceen dehors de toute atteinte, des partis politiques:cC1L~-ci seiforcent toujours daccaparer le pouvoirjudiciaire, pour en faire un instrument de domi­nation, ct ce pouvoir devient ainsi étranger à lidéequon doit se faire de la justice. Lorsquil sera possible dobtenir la coopérationréelle de toutes les classes de travailleurs, pour larédaction des projets de lois iL obtenir, soit de laChambre haute, soit de la Chambre législati ve, leParlement sc trouvera rempli de mandataires dupays, ou do délégués à mandats précis et limités.Cos mandataires seront munis de cahiers, conte­nant clos projets élaborés par les Chambres syndi­cales, et les professions spéciales qLle ces réformesintéressent directement. Leurs mandats serontdonc dun camctère bien autrement sérieux, queles mandats donnés jusquà ce jour par les élec­teurs à leurs représentants. Sil arrivait cependant, que les Chambres syndi­cales, par cmùition dintérêt, missent en dangerlintérêt général de la nation, en imposant au Parlement par surprise, des lois nouvelles impo­
  • 180 LES PRINCIPES BU DROIT DIVIN MODERNE pulaires, OU considérées comme anti-patriotiques, il appartiendrait au pouvoir :judiciaire représenté par la Chambre haute de sopposer à cette viola­ tion du pacte constitutionnel. Il faudrait donc quil y ait toujours au besoin, faculté de faire appel en dernier ressort, 11 la sanction du peuple par la voie du leferemdum. La nation devrait être consultée dans tous les cas graves. Il faut, en effet, que par laide des deux Chambres, le peuple français devienne son propre juge et son propre législateur, parce quil faut quil développe son principe de nationalité, qui est lamour de la justice, de légalité et du droit; il faut même quil imprime a ce principe de nationalité, une formule plus précise, et mieux accentuée que cela na été fait jusqua présent. Tous ceux qui sont dans le même amour avec ses caractères spécialement français, pourront alors coopérer avec la France, a cette œuvre humani­ taire, agrandir le champ daction de linfluence nationale dans sa mission civilisatrice, et faire vibrer dune manière plûs-fulflnonieLlse,la note qui la caractérise, au milieu du concert des autres peuples. 115. Le monde moderne qui donne une grande importance aux intérêts matériels, ne veut plus, cependant, négliger les intérêts moraux et intellec­ ~ue ..ls, parce qL.le le_8.-.(nJ~Jêtsj),la IQis--ll.ongx,intel­»1 ~0~tIJ§1.L9Lmat§xiels, correspondent aux trois facult.éS de lâme, et quils se tiennent aussi étroi­ tement unis, que les notions de fin, de cause et cteffeo. .JI La fin cherchée de notre société moderne est la ,satisfaction de la volonté nationale. Il faut donc inculquer à tous le respect dù atfsuffrage univer­ sel. Sans ce respect de la souveraineté nationale, il ny a plus de gouvernement possible, plus des­ poir dactiver~la .8.Qlution de la guestioIl sociale,-#f plus de progrès dans la voie de lhonnêtetéj)U51i­
  • ET LEURS APPLICA.TIONS S@,tIfALES 181que, mais cestlesprit de despotisme ou danarchie,et cest la démoralisation politique qui prédomi­nent. Le suffrage universel est une expressionexterne de notre droit divin moderne, et il méritedautant plus dêtre honoré et dinspirer à tous laconfiance dans ses arrôts, quil est généralementreconnu que la nationalité française, dans tous lestemps de son histoire, a eu des tendances essen­tiellement humanitaires et civilisatrices; elle nesupporte pas les injustices, et elle a toujours étéprête à prendre généreusement la défense des fai­bles contre les forts, et des opprimés contre les op­presseurs. Il en résulte que dans nos temps modernes, le droitdivin ne peut plus être fondé sur la préoccupationde la domination des gouvernants sur les gouver­nés, mais quil doit être fondé sur la préoccupationde laffranchissement des gouvernés,de tout asser­vissement aux gouvernants. Lhomme social a cessé dêtre à létat de mineur, il est maintenant, )avec le suffrage universel, devenu sui juris. Lan-cienne maxime vox populi, vox Dei, reviendradonc en honneur à mesure quon admettra plusgénéralement, lexistence dune providence divinequi nous mène constamment, par des voies quenous ne connaissons pas bien encore, ~~ notre pro­pre redressement et amendement, comme peuplesaussi bien que comme individus. Il est vrai que cela revient à substituer le drQ~tdivin de la volonté du Peuple, au droit divin de la ) . )., 1°·royauté, et que celüi-là peut ètre faillible commecelui-ci; mais en réalité le droit divin, ne puise r ;/!",..... n J .pas plus sa source originaire dans le Peuple quedans la royauté, par la raison quil la puise direc­tement en Dieu. En effet, nous avons vu précé­demment chapüre III, et particulièrement aux nOS53 et suivants de ce travail, que le Vrai Divin,subit des transformations, suivant le génie diffé­rent des sociétés humaines auquel il sadapte, et
  • 182 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE que cest là tout le seeret de la distance qui existe, entre le sens spirituel et le sens 1ittOral de ce di­ vin vrai. Mais le sem; littéral quel quil soit, nen reste pas moins la base nécessaire denseignement, léchelon indispensable pour ~luC lhomme trouve. ~l?~nt5!apP,ui, et quil puisse. var cet appui, sé­ lever a~lTltélligence du sens splntuol. Or, sur le plan du domaine de la vic politique et sociale, quel moyen denseignement populaire peut être plus utile, que celui du droit divin enveloppé dans les arrêts de la souveraineté nationale! Ceux-ci sont leS expressions. de l.ancienne maxillle vox populz, )j vvx Dei, et ils sont les expressions mèmesdeTIiis­ toire de la vic de la nation, donîla régénéra:fiQiî etles preigrés sont indispensables pour atteindre à desJ destinées élevées. 11 faut toutefois reconnaltre. que cette qualifica­ tion de droit divin moderne que nous donnons dès maintenant, aux ~lfjêts du suffrage universel, mais qui nen seront jamais que les expressions les plus externes, ost, dans létat actuel cles choses, du domaine du for intérieur ou dela religion soule, domaine qui ôchappoIa toujOUl:-; à tout contlôle du droit positif humain; cest donc une qualifica­ tion pJutat .idéale que réoHe, et eUo no peut m(~me devenir entièremen1 exacte, quaprès que le lien social de matérialisto quil est maintonant, se sora élevé ot sc sera tr<1115formé en un lion social de justice rationnelle. En dautros tormes, il faudra quo notre âge de fer actuel se soit tran;:;formé en un âge dairain, ct quil se soit élevô il la <.:.onnais­ sance du Tai n~el de la doctrine reli0;icusc Ctmo­ [ rale,redevem.leT;Connaissanee des c.lJOSCS divines et humaiti:ës, sui,ant lancienne définition cie la science juridique; (1) alors seuJement cette ère nou_ (1) JU;isrwlldenti" est divinmwn atfJ1te lumuma>"um roc­ rUin notitia, justi atfJue injusti scientia. Institlüs de Justi­ nien Titre 1" Li He 1. 1.
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIA.LES 183 velle de la, civilisation de lavenir, pomra se fami­ liariser, avec la connaissanee des ~n­ dances, entre les actes naturels de la. vic sociale et res vérités spirituelles de la sagesse divine .. En effet, ceux qui sont encore attacl1és à un lien social matérialiste, sont dans lamour deux-mêmes, et dans lamour des richesses du monde; les chosos externes ne peuvent donc être subordonnées aux choses internes ,cest-à-dire en correspondance avec celles-ci chez eux, par suite de leur absence daffec­ tion pour elles; ils ne peuvent donc, par leurs ex­ ternes, représenter autre chose que des vices et des maladies de lùme. Cependant il nen est pas moins vrai, que même sur ce plan de vie, de la.-J2,oursuite dun ..QW.n.:être ,lpmcment mat~, qui caractérise oneo12 généra­)1~ë~ humanité du dix-neuvième sièéle,, les enseignements-qui découlent des arrèts du suf­ frage universel, sont assez grands et assez féconds pour quil entraîne tout il lui ; en eflet, il est accep­ té comme la loi prédominante de notre droit poli­ tique, et cest ainsi quil justifie dans une certaine mesure la qualification de droit. divin moderne, car ~Ol,lt gOl~v~rnemen.t, sta~)le d.0} sa stabilité à unQ. !.<:lQ,e rejlêcuse, qUllllsprre lê respeet aux hom­ mes. Cc nest donc quau point de vue de la con­ naissance des correspondances encore ignorées,du vrai naturel avec le vrai spirituel, que cette quali­ fication de droit divin nest pas justifiée, car ces eorrespondanees ne sont encore pour la généralité des hommes, quà létutpurement idéal etpar suite àlétatmystique. Tout ce quil nous est permis ac­ tuellement de faire dans ce sens, cc sont des apl~li­ cations de la sciellce.clçJL<9rrespondan~es p-oint au (reVUe de là s:,mboliquc, au scnslifféral de la Pa­ role révélée, et cest lù aussi tout lobjet de la qua­ trième et dernière partie de ce travail. liIais en ce (lui concerne lhomme social et poli­ tique a,ctuel, le suffrage universel nen reste pas
  • 184 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE moins, malgré ses erreurs toujours possibles, mais toujours réparables, la loi prédominante du monde moderne, et cela suftit pour quon puisse dès main­ tenant sans crainte de sc tromper, sécrier : Mal­ heur aux gouvernements qui se mettent en travers des volontés de la souveraineté nationale! Et sur­ tout, malheur a ceux qui reconnaissent que le bul­ letin de vote a remplacé lémeute dans la rue, mais qui par leurs actes, se mettent eux-mêmes en insurrection contre le bulletin de vote! Véri­ tables Pharisiens, ils courent dun cœur léger, au­ devant de leur propre condamnation, car la vérité ici, suffit iL elle seule,pour les juger. Il nous semble, quil sera nécessaire dans un avenir plus ou moins proche, de reconnaître offi­ ciellement que le droit divin du Pf~ple sest subs­Iltitué entièrement au droit cTivm cles gouvernants; ceux-ci devront renoncer à lauréole dinfaillibilité dont ils prétendent sentourer, souvent au détri­ ment de tout esprit de justice, et par le moyen de la subordination néfaste de la justice, cest-a-dire. du Pouvoir judiciaire aux deux autres Pouvoirs. Il faudra que tôt ou tard le corps électoral,apprenne iL avoir conscience de s.es,droits et de son existence propre en dehors dm(E.~~ti~)politiques, qui tour àl. tour lavment: ass-ervi Jusquà présent; il faudra quil réussisse iL transformer nos mœurs politiques, de manière à substituer les questions de principes aux questions irritantes des personnes. En supposant que le suffrage universel commette des erreurs même contre la liberté, ce qui doit né­ cessairement arri ver dans notre état social actuel, ce nest pas une raison pour faire des lois restric­ tives de la souveraineté nationale et destinées il empêcher le retour de ces erreurs. Ce sont ces at­ teintes au sulIrage universel qui caractérisent la dictature, et qui IBenacent de devenir des fautes irréparables ct fatales il la patrie. Mais pour empê­ cher le retour de ces fautes, il est indispensable
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 185 que lhomme social apprenne a vivre de sa vie propre. Les nations de même que les individus ne peuvent progTcsscr dans la sagesse, que par lhabitude de la pratique des affaires. Comment lenfant apprendra-t-il à marcher droit, et iL avoir conscience de ses fautes, si cc nest tt .la suite de doulcLlls cuisantcs que lui ca usent ses faux pas et ses chutes? Comment, ü son tour, lhomme social se corrigera-t-il de ses !:autes, si on lempêche, en le paralysant dans ses volontés, davoir cons­ cience de sa propre responsabilité? Il faut quil arriye it la maturité nécessaire, pour régler lui­ même ses propres destinée,:;, ct ne plus être le jouet du lwsr.rd cles circonstances et du fanatisme des partis politiques. Ceux.-ci simposent encore au suiIrage U1üverscl dans nos Héunions électorales pal la rUile et par la violence: ils introduisent air&i dan:, la vic politique ces mœurs de bandits, qui caractérisent les temps passés dù despotisme ct de la barbarie. On accepte cependant bien en principe, que la souveraineté politique, nest quune simple délo­ g:ttion de la souveraineté nationale, mais on ne laccepte; pas encore dans les faits de la pratique gmJYClnU11cnütle. Cest ainsi quon professe cles doctrines quon ne pratique pns; il ~T a lël, une poli­ tique louche ct il, double façe idaqueUe il est temps de mettre fin. LinsiTll:nent de réalisation des tendances lmmnni(nircs de .lrt nationalité frança,ise, nopent ,sc tIOllyer que dans une bonne organisation. (Iù l ( Pou voi r j udiciaile, rcplosenté par une justice assez indépencbnte. pour sopposer aux violntions du droit, lors mùme quelles sont le fait des gouver­ nants; il fa.ut donc (lue les enseignements de cette justi(c nouvelle, consistent il mettre la pratigueil ( clnccord avec tow, les principes de drOlt pllJJlic, proclamos ct pTOlës~é~ depuis 1780. Les. partis politiques qui jusquà présent, sont parvenus_ ta.ur 13
  • 186 LE~ PRINCIPES DU DROIT DIYIN MODERNE à tour il, asservir le Pouvoir jusliciaire,nempêche­ lont pas celui-ci de ressaisir tôt ou tard son immor­ tel droit daînesse. (1) Si. en ef1ct. comn1e nous lavorlS01)sei~~é aux nOS 111 ct 112 éi-desrms, cest par la vérité que la Nation se sent respirer intel­ lectuellement, et quelle est en possession do pou­ mons, de plus, si cest par laction quelle se sent vivre comme nation, cest au nom de la justice quelle sent son cœlll battre et quelle est en pos­ session dune volonté. S01Jcnons-nous clonc que cette volonté est la volonté nationalo, la seule qui ,ait le droit de gouverner notre RépublicLue.? 116. Il faut que le triple Pouvoir des gOl1-er­ f 1 nants aboutisse graduellement, iL nêtre que le re1let du triple Pouvoir des gouvernés, car ceux-ci cest tout le monde. Des délégué;> centralisés poli­ tiquement sous le nom des trois Pouvoirs delEtat, doivent rcprôsentcr fic1dcmcnt la nation, et agir en son nom sculement, ct non plus en leLlr propre nom. La nation est en rôalité, représentée par le Corps électoral; celui-ci doit savoir sc faire obéir et surtout sc faire respecter; sil pent toujours déléguer son Pouvoir, il ne peut jamais labcli­ quel, ct cest cc qni fait que la souyeraineté natio­ nale est supérieure il tous les gouvernements monarclliques. Il appartient, par conséquent, au Corps électo­ ral de sorganiser clo manière il rester en rapport constant ayec les Chambres syndicales, pour bien motiver les volontés nationales dapn~sIes besoins (~l pays, mais non plus clal!!.ès les intér4.ts des i( ç0!rtiffi) politiqlles-:;ët ainsi pour leur donner une f~ désintéressée de toute passiôi1POriIIQuC. 11 faut quil saffranchisse c1c la tutelle des partis politiques quels quils soient. car coLlx-ci ne peu­ vent faire autrement, en simposant il lui, que de (2) Voir ci·dciisus no 109 la j uslification de cc droit ~aîn!~e.
  • ET LEURS APPLICATIONS 80caLKS 187 maintenir dans le pays lesprit de démagogie ~t d:.8:!laJ::çhie. Cela nempêchera nullemei1t le Corps électoral de préparer en dehors des Chambres syndicales, dautres lois qui peuvent être récla­ mées par lopinion publique et de les faire appu­ yer au besoin, par le pétitionnement de la masse des électeurs. Lélectorat doit cessergraduellement, dêtre indi­ viduel pour c1eyenir social, jusquiL ]a préparation des lois, afin de les dicter aux gouvernants tels quils doivent les édicter. Le Corps électoral doit sorganiser~Lu nom de la Franc()~ et cest une telle organisation nationiilC, (]LÜ seule, paraît destinée à se substituer progressivement à lorganisation anti-nationale des partis politiques, dont les luttes acharnées, épuisent les forces du pays et produi­ sent la démoralisation des masses. Lorsq ne les ancions partis monarchiques recon­ naîtront que le droit divin nest plus dans la Ail.-.:" Royauté, mais quil est maintenant dans le 2-.§.u­--). OloM J­ 2.le, lorsquils se ralliefont au suIIrage universel, loi snprême du monde moderne, ils auront fait benuconp pour lapaisement des passions politi­ qll()f;; mai~; cest surtout aux partis républicains quil appartient de donner lexemple du respect dù il la souveraineté nationale, car ceux-ci la. re­ connni:-;sent comme le principe fondamental de lôcliike politique moderne. Cet aiTrancllisscment du Corps électoral de son asscnisscmont aux partis politiques, qui sont res­ tés seetaif(~s ct intolérants, ncmpôchera nullement ceLlx·ci ([éJeycr leur yoix ù côU de la .Qrande voix: de la nation, pour léclairer ct stimlllér par leur opposition, ses l11<tI1datailcs it remplir fidèlement leurs mnndats. En Y(;ali té, les partis politiques nont de raison clètre, qult.la condition de rQpré­ SjmtcciLDs.....-.as.piratiol1s vers un P.D2grès mieux accentué, quo ccl ui qui est réalisé dans le present. Mais lorsque cest le gouvernement lui-même qui
  • 188· LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEse fait lorgane dun parti politique, et qui setrouve en opposition avec la volonté nationale, ildevient révolutionnaire, et il nest plus le gouver­nement national. 117. Tout cc qui précède nous montre q Lle les ins­titutionsciviles, politiques ct sociales, se rattachentaux institutions religieuses par un lien essentiel­lement moral; ceb nous Inontre aussi que les uneset les autres doivent cesser dêtre sectaires, pourdevenir nationales, scientifiques et humanitaires,car elles se rattachent iL autant dembranchementsdistincts de la science sociale; embranchements is­sus, par conséquent, dun même tronc, dont il estnécessaire de constater lunité originaire, afin de nepas isoler, comme on le fait souvent, la religion et lamorale, de la pratique des afinires, ou la sagessecle la science. Il faut que la civilisation matérielle,pour quelle puisse f3e mnintonir, soit équilibréepar une civilisation morale correspondante. Malgré cette migine commune du bienotclu vrai,de lutile et du beau, qui est le trait dunion de tou­tes les branches des connnissances humaines, ctqui est etablie par les doctrines do la NouvelleJérusalem, celles-ci enseignent aussi, que les insti­tutio~s xeligi<3lses doivent ôtre distinctes et sepa­rées des ùlstitutions politiqlws ct sociales. (1) Les attributions des unes ot des antres, ne peu­vent dailleurs, être confondues, telloment ellessont clistinctes dans les usages externes aux­quels elles dOlent servir; leur séparation estmôme Llne nécessité c1ordie pubhc: aussi, les apti·tudes particulières des hommes voués aux servicesdes unes et des autres, aboutissent clans la prati­que, ~L des fonctions c1iilerentes, par cela mèmequelles exigent des capacites différentes. (1) De Nova IIie)osolyma et e,jtts doctTina Cœlest.; Lon­dini, 1758. - Voir la t.raduction de M. Lo Boys Do.> Guays,au n 311 ot suivants.
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 189 Cette nécessité de la séparation de lEglise et de lEtat simposera iL ce quil semblc, danslanou­ velle ère du Christ, qui est caractérisée par la.révé­ lation du sens spirituel des saintes Ecritures. Elle na pas été aussi néce3saire dans la première ère du règne du Christ par le sens littéral de la Pa­ role, et par le culte externe.t Le culte chrétien, rationnellement compris,1 dans son sensmterne ou spirituel, se concentre dans lenseignement seul de la sagesse divine. On laissera donc iL lEtat, tout le sü-iIlerlësôùci des œuvres purement externes dassistance publique et charitable, ou on les laissera à linitiative pri­ V00. En effet, ces œuvres essentiellement laïques se gouyernent suivant les règles du droit positif humain, tandis que les œuvres de la charité inté­ rieure, consistent dans le développement du bien et du vrai en chacun de nous: aÎ11si, on parle sou­ vent clans lEcriture sainte, cles secours iL donner aQ,~ veuves, aux orphelins, il ceux qui ont faim, iL ceux: qui ont soif, aux voyageurs, aux malades, aux prisonniers, otc. Mais lEglise cle la Nouvelle J ofLlsalem, en sa qualité dEglise spirituelle, entend par ces appels il la charité naturelle, en réalité, cles appels à h~llarite spirituelle. De ce r quun homme figure le uni, ena Îêmme le bien de ce vrai, la femme ckœnue veuve, représente leLbien sans le vrai, mais qui dcsiro ce vrai. Le veuvage de lépouse, figure letat de vie dans lequel le cœur a une affection profonde pour le -:Tai ; or. le gcntili~n:e cJm~iien est précisemen~, en etat de v8uiagc splntucl : Il a W10 profonde aftec­! tian pour 10 vrai, encore ignore, encore il létat . mystique. Cos chretiens qui c16sirent compIendre mieux leur reJigion et ny parviennent pas, sc trouvent, par conséquent, endettés it légard de la raison, dune dette quils ne peuvent payer tant quils ne connaltront pas les vraies doctrines c~rétiennes
  • 190 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE ~ qUI son t ratlOnne Il es e t/ . . (non pas ) mystIques..:, . QueH V- defforts ont été faits par les théologiens pour réduire au silence ce créancier implacable, quon nomme la raison! IVhüs le credo quia absunlum nest plus accepté dans notre monde moderne; lé1émentrai.son, devient chaque jour plus indis- pensable, car lautorité du prêtre et sa domination sur les consciences, deviennent choses du passé. Ce nest donc que par un christianisme rationnel, tel que celui de la Nouvelle Eglise, que satisfac- tion sera donnée ~t ce besoin que chacun de nous éprouve, de comprendre les doctrines quil fait profession de croire. Quand il est parlé dans les Ecritures saintes du voyageur, de I.a veuve et de lorphelin, cela signi- fie quo chez ceux qui sont dans lEglise, le bien et le vrai doivent être conjoints selon lordre, ainsi réciproquement, le vrai avec ]0 bien, ct le bien avec le vrai. Ainsi, par les boiteux, il. est entendu ceux qui sont dans 10 bien, mais non dans le bien réel, j, callse de lignorance du vrai; par avoir faim, il est entendu, c1é:>irer le bien daprès laffec- tion, parce que 10 pain clans le sens interne est le bien de lamour et de la charité, ct qlle la nourri- ture en général, est lc bien; par avoir soif, il est entendu désirer Je vrai da,près JafIection, parce que le vin et aLlssi lcau, figurent le Tai de la foi; par le voyageur, il est figuré cc1ui qui YCUL être instruit; pal cc1ui qui est nu, cclui qui reconnait quen lui, il ny a rien du bien, ni du vrai; par le malade, celui qui reconnaît quil est dans le mal, et par le prisonnier celui qui reconnaît quil est dans le faux. (1) On voit donc comment les œuvres de cl1arité spirituelle, sc renferment dans lenseignement (1) Voir Arcanes célestes, n" 4302, 195j-49~)9, 9200 et lIndex méthodique qui renvoie il. hien dautres illllications, pOllr ex- pliquer la charité spirituelle.
  • ET LEURS APPLICATIONS SOCIALES 191 des préceptes du droit divin, et leur pratique est du domaine du for intérieur qui échappe à tout contrôle dos pou voir;:,; dolEtat. Observons de plus, que la mission de lEglise, nest pas détablir une moralité oxterne dans les actes sociaux, mais de doter ceux-ci, autant que son influence morale sera efficace, dune âme spirituelle qui les rencle vivaces ot féconds: los actes do moralité exclusi­ vement e:-:.ternes, sont cn clebors de la compétence de lEglise, tout en devant sou vent leur existence à son iniluence bienfaisante. Il est dangereux de grossir le nombre des fidèles dans lEglise, (;11 les attirant par les séductions dune cllariLé externe, et non par les attraits de la _)SritcUÜl1oe llour elle-même et al)p1iquée avecJ. ~lcsintéress()mcnt. On risquerait ainsi dattirer de faux frères, et an lion davoir travaillé pour une Eglise spiritLlell(~, on naboutirait qUt~ .éditier une Eglise naturelle, telle q Lle lancienne Eglise chré­ tienne; celle-ci reste encore après dix-huit siècles, attachée exe1ul>ivement au règne du sens littéral de la Parole, ou au règne du Christ en chair. Il est vrai que la charite BOUS impose lobliga­ tion bien clouce, daiclor nos fJores dans la mesure de nos moyens temporels, lorsque loccasion sen presente, ct qne nous croyons ainsi contribuer tt cl6vclopper le bien que nous reconnaissons en eux, ct par lequel Doire :ülection est justifiée; mais il y a un ubime, entre les aider ainsi, et créer dans lEglise des moyens artificiels de les attirer à nos doctrines. C(~st pour la même rai­ son, que le Chlist na jamais youlu accepter de royauté, ou do pouvoir tem.poreJ, et il a toujours dit que son rO~aumc nétait pas de ce monde. Il est clone nécessaire de raire cette séparation entre les .institutions religieuses qui doivent être fondées dans un but exclusif clenseignement de la sagesse divine, ct les institutions politiques et sociales qui comprennent aussi les œuvres de
  • 192 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEbienfaisance ou dassistance publique, pour rendreà Dieu ce qui appartient à Dien ci il Cesar cc quiappartient à César. Linitiative popubire ponrrait aussi agir clanslc sens humaniüüre, encore mieux quo lEtat,surtout mieux que lEglise, en ovitant do donneraux institutions de bienfaisance le caractère déQ:ra­étant daumône, ou de leur imprimer un caraet6repolicier. En effet, linitiative de lEtat nest utilepour stimuler le progrès de liodLlstrie ct clesmœurs, que durant la phase dc réformation; maiscette initiatiYc devient plut6t nuisible cl[tns Ütphase de rogénération, parce qualors, le progrèsdos mœUféj étant acquis, le bien sc Téalise mieuxpar linitiaii"() populaire. Le peuple est généralement compatissant auxsouHranccs des pauyrcs: cest dans cette penséeque .M. Louis Bertrand ossaie de fonder en Bel­gique acc laide des Bouietés COol)()latin:)s ouvriè­res, le Réfecloirc populaù·e. (1) Cette 03llTe ins­pirée par le désir de soutmlir tOl.lS celE qni ne)demandent qLlù vivre OE tmyaillant, parait 6tresupérieure il co qui e,,-ic;te cla.ilaloglw cn fnln~e,comme la Bouchée dt: pm)", ct le:3 Asiles du nuit,qui sont dus il la !2,cnérosité cles classe;; riches et iLla protection do lEÜlt. II ne faut clone pas que le Pouvoir legisbtifabuse de ce stimula.nt des réformes patronnéespar lEt-at, etfasse ainsi 10 ,Îou cles socialistes auto­ritaires, qui veulent non pas proposer, mais quiprétendent imposer le culte do la fratcmité danssos applications purement externes. Il ost beaudadmettre la. verite nouel!e et de lappliqueravant même quelle ait penetrélos cœurs, par çelaseul quelle frappe les espâts par son évidence; ilest même nécessaire de passel par cette phase de (1) Voir le Journal « Le Devoir, " publié à Guise (Aisne)du 26 févri~l 1888, p. 133,
  • EI LEURS APPLICA.TIONS SOCIA.LES 193 réformation, pour pouvoir aboutir à la phase de régén6nltion, cest-ë-dire au progrès réel des tnœurs; mais il ne faut pas que cette résolution ckvienne, par son caractère stoïque, synonyme de sa6lZüico, et quelle compromette lexistence du progrGs clcjii acquis. En dIet, cest precisément ii cause de ces excès du stoïcisme, que le christia- nisme a prevalu comme supériollI; celui-ci pré- fère avec raison, « la miséricorde au sacrifice. » Dailleurs, on ne comprendrait plus lutilite de réformes imposées trop despotiquement, et tout ce quon ne comprend pas, passe ii bon droit pour m.ysü(lue . Les tendances du socialisme dEtat sont enta- chées de mysticisme. car elles imitent les tendan- ces cléricafès qui cÙes-mêmcs, sinspirent beau- coup plus do ln, lcttre de la Parole révéleo, que de son esprit. Cest pourquoi aussi, ces tendnnccs autorituiros, furent en honneur chez les llremiers chrétiens, qui pnüiqnèrent la communauté des bicm, et (lui simnginôrcnt que Je Seigneur ensei- gnait Je palta::::e des hiens et le commun ismc. Cette croyance promit son origine dans diflo- rents passages de lElangilc, notamment dans Jhistoire de cejeLH18 homme, qui Ilyait de gmndes possesf:iom;, ct qui était obsoIvateLH strict de la loi Juiyc. Il demancb ü Jésus, 811 lui manquait encore quelquo ChOiiC pOUl mériter la Yic Ctornelle. La réponse fut: « Vends teut cc quo tu as, et distri- bue-Je aux ]XiLlTeS, et tu auras un tleSOl dans le Ciel, ct viens, suis-moi.» (1) Or, ce fut Iii precise- ment c.c que co jeune homme se sontait incapablo de faire, di] fut chagriné de so sontü en défaut. Il valait clonc mieux pour co riche, se repentir on sacrifiant cc quil <tyuit en propre, que de perdre son àmo en continuant à senorguoillir do sos 1ic11os- (1) Math. XIX, 21 - Marc X, 21 - Luc XVIII, 22.
  • 194 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEses. Il ne se sentit pas le courage de faire ce sacri­fice stoïque, et il sen alla tout triste. Le fait est,quà cause de ses richesses, il sétait 6Loigne décet amour fraternel enseigné par le Soignem. 1 Il faut observer aussi, que du temps du Christ,les pauvres étaiont scandaleusement maltrait6s onPalestine. Les ric!lesses étaient alors une tellepierre dachoppemont pour la. plupart, que le Sei­gneur dut sefforcer de détourner les esprits de sescontemporains, do leur amonr pour les biens terres­tres. Cest pourquoi, il fit des apôtres, mais non desindustriels, de ceux qui le suivirent; et, parl influ­ence de lcnseignemen t de cc premier A vènoment,qui était son r6gnconchair, cest-i1-diro, dans losenslittéral et mystiquo de sa Parolo, il los amena amépriser los richosses purement mondaines. Mais linfluence do son second Avènement, quiest son règne en esprit, est bien différent: ici,dans le sens interne du passage de notre texte:« Vends tout ce quo tu as .... », il est entendu quetous les propres de lhomme qui sont des maux etdes faux, doivent être aliénés; cest pOUlquoi, ilil est dit dans Luc (1). «( Vendez vos possessions etdonnez-les en aumône; faites-vous des bourses quine vieillissent point, un trésor inépuisable dansles cieux.» Or, on comprend, nOllS dit Swéden­borg, (2) quagir ainsi de nos jours, « ce serait sefaire mendiant, se priver de toute faculté de fairedavantage la charité, outre quon ne peut que placerdu mérite en cela, et cest une vérité constnnte quedans le ciel, il y a aussi bien des ric!les que des pau­vres, »cest-à-dire, des plus sages et des moins sages. Il nest donc pas juste de croire que le Seigneurenseigna le partage des biens ou le communisme.Bien loin de là, lévangile enseigne que .Lacquisi­tion des richesses, que chacun peut faire par des (1) Luc XII, 33. (2) ft_lcanes célestes; n 5886.
  • :gT LEURS APPLICATIONS SOCIALES 195 moyens honorables, tels que le travail honnête, est licite: cest la, en effet, la manière principale de pratiquer la fraternité et la justice. Il y a dailleurs, une énorme~j:fférence entre la cO.illI!l..Jdlli1:...Llté dc biens. d§s._premiers çhretiens, et un système de socialisme dEtat imposé autoritai- Ternent il tous. En eflet. les chrétiens primitifs étaient ins2ités par lamour fraternel et ils agis- sâlênTTirstelllent. Leur but nétaifi.)as daccumuler les richesses pour la communauté, mais seulement de sentraider mutuellement. De plus, de nos jours surtout, chacun aspire iL être indépendant et a avoir son chez ~)oi : 01, cette tendance nest nulle· rnenrinc6iïéiliàGle avec une société fondée sur la fraternité. La fraternité, expression vérita.ble de la charité chrétienne, nest pas sectaire; elle est patiente et elle nest pas égoïste pour les travail- leurs; elle ne procède pas par la violence, ni même autorii:airement, ou par des atteintes injustes a la propriété dautrui, mais elle remédie doucement ù, linjustice; elle ne veut pas quaucun être humain puisse souffrir de la faim, et eUe veut., au contraire, que le droit de Yivre, soit formellement reconnu il. tous. Il est donc rationnel de penser, qJe lEglise de lavenir, ne se laissera pas entrainel hors de ses attributions directes, et quelle se renfermera dans la sphère de sa mission réeHe, qui est lenseig.Qe-J(ment~n~e divine; elle rorasenti"t;:1,insi qu.e l ancienlle P.glise clm!ticnne, dan::; toutes. .ses dénon11nations, sest ccartcc du Îolc clQJl0, Eglise[ spiIitllclle, en donnant trop dimportance aTèta- blissement dinstitutions de bionEaisance. Cc quil sagit de mettre en commun, cest l~ trésor des richesses morales et intell.ectuelles: les richesses InaterieUes Yiennent par voie de conséquence. Il est vrai, quon était encore sous linfluence du règne du Christ dans le sens littéral et mystique de sa Parole, et par suite, que lEglise était encore
  • 196 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEexclusivement sous linfluence du lien social debi.ge de fer; que de plus, la théologie était pca enhonneur et otait tombée en décadence. Il fallaitdonc diriger lacti.vité rcligieuso vers un cultepurement externo, ct cbns des œuvres socialeségalement externes; celles-ci caractérisent préci­sément, les gouvernements théocratiques qui sontsi peu sympathiques <L nos idées modernes. Dail­leurs, les institutions sociales ct lassistance publi­que, sont restées jusquà, nos jours, insuffisantespour satisfaire au devoir humanitaire, et remplirentièrement leur mandat; il en sera ainsi, commenous lavons Vil dans ]e présent chapitre, aussilongtcm ps que le lien social, ou que le niveau de lamoralitO publique, ne sera pas plus élevé. Heureusement, le mondo moderne sc réveillepeu a peu il lesprit de justice et déquité, et enmême ternps il revient do son éloignement desvérités religieuses, à meGI1t() quil entrevoit lapossibilité <1e transformer celles-ci, en droits posi­tifs, encore méconnus dans la pratique sociale.Lunité de la, loi et de ln. foi, tel est le but verslequel il tend; tel sera le contre ~utour duquelgravitera lEglise ct la civilisation de lavenir,pour y puiser une vitalité indomptable ct indes­tfLlctible. Lunité de la. loi et dc la foi, est également lebut de la rügénération de l,lme humaine, et enmôme temps des institutions, autn,nt religieusesque politiques ou sociales. Que le public se fami­liarise donc un peu, ayoc les doctrines de la Nou­velle Jérusalem qui sont accessibles ü tous. Leurheauto et leur sagesse finiront par attirer tous ceuxqui recherchent la vuritô en elle-même. La tho~lo­gie sera alors remise en honneur ct tranformoe enunc morale pratique, susceptible de satisfaire àtoutes les revendications de la civilisation mo­derne.
  • QUATRIÈME PARTIELes Principes du Droit divin moderne DANS LEURS APPLICATIONS Scientifiques, Artistiques et Ll.·ttér.llJ"ts. ~~ CHAPITRE Xl.DE LA SCIENCE DES commSPONDANCES, ou DE LA TRANSFOllMATION l:N SAG1SS1·:, DES FAITS SCIEè ­ TIFIQUES, AUTISTIQUES 1èT LITTÉRAIRES. SOMMAIRE1:3. Les quatre grands caractèrûs l1e luni,!U.ivine sont le bien, Je vrai, lutile nt 1;:) beau; lc-iii: r,éct~;:;Sité ponr 1l0US ::lmClwr Ù une foi rationnelle, etlellr aV(lnir dans lEglise de la Nouv(;l!c J("lllsalcill. - Lhistoire de la tour de Enhei marque les COllllDellcelllents dit mystidstYJ0 religieux ..- L8 l)eau dans la Nouvelle .Jénlsalem. ­ : 1 .ymbolique des conlellrs. - 119. La <1uctrinc dos lu Lmes, di te doc lri ne LI e !évoLJ1io Il, doi l étre fondée sm la croyance, que lO,DieJ1JJ le Vrai liont d~s subsan~cs sr:irituelles, émanées de la ~phèrw qui entoure le Sei­ gneiïf. - i2J. Correspondance dû la ch:::lcul et de la lumière avec le Dien ct le Vrai, TJlincipes o;iginnircs do toules choses. - Trunsfonnniioll des 1!:t8ori(:; des sdences exaclcs, en doctrines d(~ la ;;ages"". - 121. Le Seigneur comme sourco <1 •. la chuleur él Je lamour, est le centre de tonlo aHraclion. - Lo ;:;oleil, imagl) ]ll).tur8lIG de ce celltre dallwction est rèprésentô d~lIs h mythologie par UII Ch:H trail18 Ù qualro chevaux.. ­ On pourrait retrouver lLins loutes les sllperstitions, le;, derniers vestiges de l::t science des correspondance". ­ 122. La nature est le théàlr~ représ(ntatif d~ la gloire du Oieu uniquc, t!wis lhollllne perd luute sagEsse à mesure quil saliacbe trop 0xclusivcment à linflux
  • 198 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE lie la nalure; en eITet, il pen! alorE toute conscienced~ linflux divin, et la science, au lieu de rester attrayante par la lumière de la sage~f;e, devient jautant plus scelle et aride, quelle sisole plus de celle lu)ière~de I~,:-sagesse rlivine. - 128. Le regne des spécialités ne eef;&;ra que par la 1ransformation de la science en ~agesse. -12!!. Une Ilotion plus complete et plus pré­ cise de :unité ,l" Dieu, repose sur la croyance à la divinité du Chri~t, ou à lincalllilliQfL de_J~ovah; erfTÇ:-c7ofiïïicëe~t devenue la véritable portr. pOUl( pânétrer dans la connaissance des correspondance!!, science enlièrrme:.t perdllo depuis la perte de lanti­ que sagesse. - 1:25. Lillilux divin, force agissante;" et linflux llr, la nature, force réagissanlP, contiennent loute;:; choses rll érluilibre et dnlls leur état de liberté rcspeelivl" suÎc1l1t lrs genll~:; et le!; espèces, sllr cha­ CUit Oh; n1a.I,s de vip. - 12(1. .Jéhovah sest incarné dans Je Christ, afin cle se mettre <lans TëSrrfêtrief; cùn­ dilïOÎJs- dH"V:e extHllle, dans Icsqndl,.,s lhumanité Mait e]]r,-méme descend ne; par ee rnoYlD, Il a voulu la rele­ ver, la ralnerler progressj"(nnl~nt et librement dans les plans de la vie interne, et,de plus, 1initier de nouveau à la laugne des correfpondances li II moude terrestre avec le :nonde SlJiritucl. 118. Les vérités spirituelles dites principes cledroit divù1, se trans1ormont dans leur progressiondes intornes vers les externes, non-seulomenten applications sociales, soit civiles, politiques,ou économiques, mais aussi, elles trOll vent denouvelles applications sociales dans les faits scien­tifiques, artistiq LlOS ct li tt é1aires. Luni ,-crs créé,de m(~me que les sociétés humaines qui y sontétablies, est, cn e1Iet, le théùtre représentatif duVrai divin <lans les yariétcs infinies do ses appli­cations. Ces variétés dapplications qui sont natu­lelles, forment donc des représentations des véri­tés spirituolles, car colles-lit sont les signes, etcc lles-ci les choses signifiées: de Iii lours corres­pondanees. Dans un sens général, la substance spirituelle~manée (le; Dieu, sa somce uniquc. sc manifeste ilnous, par quatre caractères distincts, qui résll­
  • LES PRINCIPES DU DUOIT DIVIN MODERNE 199ment toutes les idées de nos pensées, il. savoir: lebien, le vrai, lutüe ct le beau. Personne ne con­teste en principe, que « le beau est la splendeur duvrai, » et quo lutile ou le bon, ost la mosuro dubien; mais dans les applications, on néglige tropsouvent cetto syntllè::;e de la loi de lunité de len­semble, et cestliL le contraire de la sagesse. Le beau est da.ns toutes les œUYles de la crea­tion divine; quoique distinct de lutile, il doit luirester aussi indissolublement uni, quo le biendoit Mre indissolublement uni au vrai. Ces quatreéléments de lumté de Dieu ct de touto œUTe dola crôatioll divinp, tout distincts quils soient dansles idées de ln pensée, doivent néanmoins resterindivisibles dalls lours manifestations externes.Ces manifestations palpables, quaucun hommene peut nier, pas même lathée, sont des moyenspratiques de reconnuître ct de eomprenclro Diou« dont les cieuxracontentla gloire,)) (l)et darriverpar des transitions insensibles il admettre laVélit( nhelée, il y croire, ainsi de passer du maté­rialisme au spiritualisme. Cette méthode de convcrsion est mieux: adaptéeit lesprit moderne, quc no lest la méthode quiconsisto il francbir dun soul bond, dans notreépoque de décadence chrétienne, la distance entreles cleux opinions extrômes, pour aboutir brusque­ment it une reconnaissance mystique et sectairedun Dieu incompréhensible, qui aurait créé lemonck de rien: ce qui nest enseigne nulle partdans la Bible, et ce qui do plus, est en oppositionavec la raison. Le christianisme a dù pour naitre, être pourainsi dilC, poussé en s"r1e chaude, car il nauraitpu être implante autrement dans le monde il )- adix-huit sièeles : cest pourq uai, nne .fois lilré II (1) Psaume. XIX. 2~ ­
  • 200 DA.NS LEUR APPLICATIONSlui-même, il perdit peu à peu sa première vigueur;et, cest ainsi quil entrain a plus tard ses fidèles àlu, perto, une it une de toute~.;]es illusionsdenthou ­siasmo quils contractèrent et qui frisa.ient lh6n.­sie: tel a été 10 sort de la première Egliso chré ­tienne maintenant arri vce ft sa fin. La dilIércnce entre les deux méthode,; do con­version, qui, non;; le répétons, ont chacune le LUraison dêtre, snivant la diIT6rence du génie clessociotes hurnD.ines. caracterise la diŒéronco entrelancienne Eglise clu passé, ct la nomelle Eglisede lavenir: lune procède mystiquement, lautrerationnellement. Le bien était recherché en lui-même dans lE­glise dite Tr(~s-Ancienne, et amenait directementLime humaine iL SL régônération, sans avoir ù des­cendre dftns des plans de Yie plus externes que leplan du bien naturel. Le vrai rccllOrché en lui-môme, puis dans desm~mifestations plus cx.terue;~, régénérait }ùmehnmai.ne dans los Eglises Anciennes dites Jepré­scntnliYos, il su-air lEgliso do 106, lEglise dBé­ber et lEglise Israelite. Ces trois Egliscs sontdites reprôscntatics, pmcc quo chez elles, l(~ cultoétait ronde) sur des leplésentatifs, (2) on SUI desmythes, dont on pcrdit peu à peu ln. vraio signi­ncaüol1. La première Eglise J.neienno, (lite d8Noé, fut interne ou spirituoJ1o; elle consorva lesons significalif de ces Jcpn~~~enüttifs, qui furentla sonno originairo, de toutes los myl hologiesanciennes: tt tl:;~;i, ln do:;tmctlon do eoi.to bgl i:.;cest décrite cluns la Bihie som; le voile de h oon8­truction do h tour do B,] hel. ot do lt: confusion clesbngllcs, confusien clIii nest pa,; nuire chose queln perte du sens signifientiC de la silgcsse c;chôosom; le voile clos JnYtllolo!.!ics. L)O;!.dise clUéber " ........ "., --- ----------,----­ (i) VOil Il 35 eL 53 Ci·,ldS"llS, cc qui esL dil, (~e ia sciencedes correspondances,
  • tlCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 201 et lEglise Israélite qui lui succédèrent, ftirent externes; elles inclinèrent de plus en plus vers le mysticisme, en conservant les représentatifs, après avoir perdu de vue leur sens significatif. Dans ces Eglises Anciennes, le vrai qui étaitlinstrument principal de la régénération de lâmehumaine, so transforma en principe autoritaire,sous le prestige du pouvoir sacerdotal; et ce vraidescendit ainsi dans les externes, jusque sur leplan de la vie matérielle; mais dans lEglise chré­tienne, les mythes ou représentatifs anciens, fu­rent abolis, et ce fut le principe utilitaire, ou lacharité, qui devint le principal instrument derégénération de lâme humaine. Cette régénéra­tion sopérait, en efIet, jusque sur le plan de lavio matérielle, sensuelle et corporelle, sur lequelJéhovah sincarna, précisément dans ce but. Le beau est le plus externe dos quatre élémentsdistincts de toute œuvre divine; il enveloppe a lafois, le bien, le vrai et lutile, dans le but demaintenir leur concours simultané en toutes cho­ses, et de manière i1 .fournir des notions pluscomplètes sur Dieu et sur lunité de sa créa­tion. Un mathématicien trouvera)cs chiffres qui expri­ment les différentes parties dun ensemble bienproportionné, mais un artiste fera mieux encore:il rétablira lunité décimée et détruite dans sonharmonieux ensemble, par la sèche analyse etlexamen isolé de chacune de ses parties. Un mathé­maticien sera un logicien froid et compassé, plutôtquun homme vraiment intelligent. Lintelligencesuppose, en effet, lintuition des verités densem­ble qui constituent pour ainsi dire, lâme de lob­jet qui les contient, parce que lintuition est laperception claire, directe, spontanée des princi­pes dominants; ceux-ci sont au-dessus des princi­pes secondaires; la connaissance de ces dernierspeut être acquise par le mécanisme du raisonne­ 14
  • 202 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEment, mais la connaissance des premiers supposele sens artistique. . Le beau comme le signe le plus extérieur delensemble des choses, et comme leur enveloppeextrême, deviendra par sa nature essentiellementesthétique, le caractère saillant du langage delavenir, celui qui laissera passer iL travers unvoile transparent tous les principes intérieurs etsupérieurs concernant le bien, le vrai et lutile. Cette trinité des trois principes dominant danstout lunivers créé, a pour correspondance la tri­nité des trois couleurs fondamentales, le rouge,le bleu et le jaune. Toutes les autres couleurs pro­viennent de la combinaison de ces trois, en pro­portions variées, de môme que toutes les idées denos pensées, proviennent de la combinaison dubien, du vrai et de lutile, également en propor­tions variées. Le rouge, couleur du feu, est lesymbole des vrais de lamour, le feu de LIme; lebleu, couleur du fond azuré clu firmament est lesymbole des vérités que la vue de lesprit se plaîtà approfondir; le jaune est la teinte du vrai quisapplique à la vie, par la mise en pratique desvrais de lamour; cest donc le symbole de luti­lité pratique. Le beau est caractérisé par chacunede ces trois couleurs autant que par leurs mélan­ges variés; mais il manifeste sa, formule généralepar le mélange égal cles sept couleurs du prisme,cest-a-dire par la blancheur, symbole de la sagesse.Ce simple aperçu de la symbolique des couleurs,tout sommaire quil soit, suffit pour nous fairecomprendre que lorsque le sens artistique se serasuffisamment familiarisé avec les doctrines de laNouvelle Jérusalem, les artistes clans tous lesgen­les sauront en trouver des expressions éloquenteset de belles applications, à toutes les branches dela littérature et des beaux-arts. Le beau résume, en effet, la synthèse véritablede toutes les vérités spirituelles que lEglise de la
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNB 203 Nouvelle Jérusalem a pour mission de populariser dans le monde, par la langue des correspondan­ ces, cest-a-dire par sa symbolique. Cette langue deviendra le principal instrument de tout ensei­ gnement, et elle servira a présenter les faits scien­ tifiques les plus abstraits sous des formes poéti­ ques et morales; elle rendra donclaNouvelle Jéru­ salem populaire dans les masses, dès que les artis­ tes dans tous les genres, se seront bien assurés,quils ont là, iL leur portée, une mine des plus riches, dans laquelle ils pourront puiser a pleinesmains, pour relever lart de sa chute dans le maté­rialisme et dans le réalisme. LEglise Romaine elle-même qui est aimee parla plupart de ses fidèles, à cause de la pompe deson culte, sera dépassée, dès que les richessesartistiques de lEglise de lavenir, se présenterontau public, comme une symboli.que transparentedcs vérités intérieures qui affectent lâme. Alors,léloquence des doctrines de la Nouvelle Jérusalem,sera irrésistible, et tous pourront sinitier auxbeautés de la Littérature Biblique; personne nereprochera ù cette nouvelle Eglise, les froideursquon reproche au culte protestant, en général. Cene sera plus seulement dans la Bible proprementdite, quon découvrira des splendeurs inconnuesjUS(luit présent, mais ce sera aussi clans la Biblede la nature, composée (le toutes les œuvres de lacréation, ct livre alors ouvert a tous. 119. Pour avoir une idée de cette création delunivers, il est nécessaire de bien comprendre ladoctrine des formes de Swédenborg, dont nousavons traité n" <1 ci-dessus, et que notre mondescientifique moderne qnalifie de doctrine de lévo­lution. Cest un sujet des plus intéressants pourle monde scientifique, depuis les travaux doDarwin. Le pasteur Chauncey GiJes de lEglise do laNouvelle Jérusalem à Philadelphie, a donné dans
  • ~ DANS LEURS APPLIC!fiÔNSquelques-uns de ses sermons, (1) des idées utiles aconnaître sur lévolution telle quelle sadapte anos doctrines, et telles quelles peuvent sc déduireplus spécialement, du livre de « la Sagesse Angéli­que sur le divin Amour et sur la Divine Sagesse»par E. Swédenborg. Il observe avec raison quelévolution est elle-même une représentation natu­relle de la création spirituelle, ou de la secondenaissance de lhomme, dite régénération. Les substances spirituelles qualifiées de bien etde vrai, doù tous les êtres sont créés prennentleur origine en Dieu, et sont une émanation deLui; ce qui revient à dire quelles ont été évoluéesde Lui, comme la chaleur et la lumière sont évo­luées du soleil. Ces substances sont donc divines dans leur ori­gine ; elles deviennent spirituelles amesure quellesséloignent de leur foyer c1iYin, et quelles sappro­chent du monde spirituel, de ses atmosphères etde ses terres: et, ainsi, elles sont les effets de la­mour et de la sagesse dans la variété infinie desformes de leurs créations. 1Vlais elles descendent suivant la succession des degrés, quil faut connaî­tre, (2) pour comprendre les causes des choses et des correspondances du spirituel avec le naturel. Il faut savoir aussi, que les degrés ne sont pas en eux-mêmes des choses ayant une existence indé­ pendante, car ils constituent simplement une méthode pour faciliter la distinction des choses, qui ont cette existence indépendante. Les substances spirituelles constituées par le Bien et le Vrai divins, ne sarrêtent point encore la, dans le monde spirituel, mais elles continuent leur rayonnement et leur influx, de manière iL • exercer leur activité sur le monde le plus éloigné (1) The Ifelper, pablicalion hebd0madaire à Philadelphie(Etats-Unis). (2) Voir ci-dessus, nos 43 et suivants la doctrine des degrés.
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 205de leur origine, et de manière à créer les substan­ces matérielles; celles-ci leur servent de vasesrécipients, en se fixant sur le monde terrestre pourformer aussi, ses atmosphères et ses terres. Mais avant daboutir à la formation de latmos­phère la plus dense qui sert à la respiration deshommes et des animaux, ainsi qua leur donner lemoyen dentendre et darticuler des sons, ellesdoivent proc1Lùre latmosphère plus tenue et inté­rieure à la précédente. Celle-ci sert de véhicule àla lumière du soleil et par correspondance, ~t lalumière intérieure de nos pensées; elle se nommelétlze?, et elle est dun degré de hauteur au-des­sus de notre atmosphère matérielle composée dairrespirable; mais, avant même daboutir a la for­mation de· celle-ci, elles doivent créer une troi­sième atmosphère plus intérieure que les prece­dentes et encore dun degré au-dessus, cest laure;celle-ci sert de véhicule it la chaleur du soleil, etaussi ft produire en nous les sensations et les affec­tions de notre vie dans le monde terrestre. (1) Lat­mosphère du monde spirituel serait donc létheret celle du monde céleste, laure : ces deux en péné­trant jusque dans notre atmosphère terrestre, lavivifient en lui donnant la chaleur et la lumièrephysiques, qui correspondent a leurs principesoriginaires, la chaleur et la lumière spirituelles,cest-à-dire le bien et le vrai. Cest ainsi quede leur nouveau centre dans le monde terrestre,centre qui est notre soleil nature], les substancesde la chaleur et de la lumière spirituelles, qui sont]e bien et le vrai, continuent à séloigner graduelle­ment, deviennent de plus en plus grossières etsolides, jusquà ce que finalement, elles se repo­sent dans le règne minéral, et deviennent le mar­ (1) Voir (( la Vraie Religion Chréticune, » no 32, et « la Sa­gesse Angélique sur le Divin Amour, » no 173 à 281.
  • 206 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE chepied du Seigneur: (1) « La terre est le marche­ pied de ses pieds, ») cest-à-dire, quelles devien-­ nent la base sur laquelle la. création des êtres vivant dans les terres se repose, etle dernier plan sur log.uol toutes les forces di vines, réagissent par les trois règnes de la nature, puis de lhomme, retournent à Dieu qui Seul, les a créées. Le soleil naturel, centre du monde terrestre, est donc le commencement et la fin de la matièreinerte; mais les formes matérielles restent tou­ jours en appa,rence, vivantes et actives. Elles de­viennent de nouveau, à la suite des modificationsquelles subissent, les vases récipients des subs­tances spirituelles du Bien et du Vrai divins, carcelles-ci fluent constamment dans ces vases réci­pients. La matière inerte est donc la forme dernière (2)que revêt la substance spirituelle agglomérée, afinde contenir nos sens physiquement; ceux-ci devien­nent la base dune réaction, doù linflux de la Viedivine après être descendu jusque clans la créa­tion terrestre, peut remonter de lhomme, par lesvases récipients de son entendement et de sa vo­lonté, pour retourner tt Dieu, sa source originaire. Le procédé do la création des soleils naturels,est analogue au procédé par lequel, le soleil spiri­tuel et les Cieux spirituels, ainsi que leurs atmos­phères, ont été créés: de la leurs correspondances. Cest aussi lopinion du monde savant que lesterres ont été évoluées du soleil. La matière quicompose la terre, fut jadis, la chaleur; en sécar­tant du foyer enflammé de sa source, elle se refroi­dit, et devient moins active; elle se transformeaaHre en éther, puis en air atmosphérique; degaz en fluide, puis en solide, et elle devient la basede la création du règne végétal et du règne ani­ (1) Mathieu; V. 35. (2) Voir ci-dessus, no 21.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE mal. Ensuite la substance divine qui est corpori­ 207 fiée dans la matière par sa puissance plastique, tend constamment a mouler toutes choses dans des formes dont le type idéal est la forme humaine, ainsi, dans des formes capables de devenir cons­ cientes de leur vie propre, et dans des images de ces formes vivantes. La création nest donc point lévolution de la matière, mais cest lévolution des desseins du Divin Amour, par le moyen des substances de la matière inerte. Toutes les attractions et répul­ sions, toutes les combinaisons et décompositions de la matière, tous les changements de place et de forme sont les effets des forces spirituelles éma­ nant de Dieu. Lorsque nous parlons des forces et des opéra­ tions de la nature, nous parlons suivant les appa­ rences; la nature na pas de force, et par consé­ quent, elle ne peut faire aucun travail, quoi quen disent ceux qui prétendent quelle possède en e11e­ même quelque pouvoir propre; en réalité, elle ne possède aucun pouvoir. 120. La nature est le vêtement avec lequelle Sei­ gneur se revêt dans toutes ses créations: cest le voile qui en partie cache, et en partie, révèle sa face. Il se tient derrière, guide ses mouvements et ajuste avec une précision mathématique toutes ses forces pour corporifier sa propre Vie, son propre Amour, sa propre Sagesse jusque dans des êtres humains qui deviennent son Image, lorsquils sc font les vases récipients de sa sagesse; ct, sa Res­ semblance, lorsquils se font les vases récipients de son Amour. Nous pouvons donc voir briller a travers tous les objets qui nous environnent dans les trois rè­ gnes de la nature, limage de notre Père céleste, qui cherche a se révélerànous, par tous ces témoi­ gnages de sa puisssance dénfantemel1t. Ces témoignages avaient été, ainsi que nous
  • 208 DA.NS LEORfl A.PPLlCA.TIONSlavons précédemment expliqué, bien compris parles hommes de la Très-Ancienne Eglise, quilisaient toutes les vérités spirituelles dans cetteBible de la nature; or, celle-ci remplissait poureux, le même office que la Bible écrite est des­tinée a remplir près de nous, lorsque nous soule­vons le voile de son sens littéral, pour pénétrerdans son sens spirituel. Lhomme nest pas placé dans un milieu fixe etimmuable, car il hérite du Seigneur, le pouvoir demodifier son propre milieu pour ladapter à sesétats changeants, et se perfectionnant, à mesurequil perfectionne limn,ge de Dieu en lui; en unmot, à mesure que la substanc,e yitale influant deDieu en lui sous forme damour, est reçue et ap­propriée par lui ~t sa propre vic. n doit donc abandonner lamour trop exclusifdu côté externe des choses, cest-à-dire, lamourtrop exclusif de la. seience, en tant quelle boucheles intérieurs par lesquels linflux divin doit pene­trer en lui; cependant il ne doit pas pour celarenoncer a la cultiver comme influx de la nature,car il faut quil la cultive dans un esprit de sagesse,quil la rattache à son principe originaire, la véritérévélée de Dieu, pour la transformer en doctrinede sagesse. Par exemple, la chaleur et la lumière, dans lé­tude de leurs phénomènes si infiniment variés,doivent être reconnues comme des représentatifs,ou des images correspondantes de la chaleur et dela lumière spirituelles, qui sont le Bien et le Vrai,les deux principes originaires de toutes choses. Le résultat important de cette transformationde la science en sagesse, sera, que les phenomènesdu monde physique, bien que continuant a sex­pliquer par des thOories scientifiques, ne se­ront plus de simples théories, mais se transfor­meront en doctrines, par le fait seul, que ces loisnaturelles seront endossées par la nouvelle théolo­
  • SCIENTIFIQUÉS, ARTISTIQUES ET LITTÉRAiRES 209 gie, ou la nouvelle science du droit divin, comme les conséquences et comme les expressions des applications tt la nature, des lois spirituelles de lamour et de la sagesse divines. Ces lois spirituel­ les prendront alors une importance autrementgrande que leurs formules scientifiques, qui parais­ sent arides et abstraites. 121. Le Seigneur, comme source de la chaleur de lamour, est le centre de toute attraction et de tout mouvement dans le monde spirituel. Le soleil terrestre est limage dans le monde na­ turel, de ce centre dattraction; autour de lui gra­ vitent los planètes, ainsi que la terre, qui sont sol­licitées également, et par suite équilibrées, ontre laforcecentripètoet lafoIce centrifuge; demêmelhu­manité estmaintonue clans la liberté, en restantsol­licitée également entre le bien et le mal; si le mallemporte sur le bien, léquilibre est rompu, etdans ce cas, il y a dans 10 monde spirituel, unjugement dernier, qualifie de fin du monde maissuivi dune dispensation nouvelle. Colle-ci permetaux hommes de sélovor graduellement et cons­tamment, dun mal relatif à un bien relatif: ainside rester toujours équilibrés entre le bien et lemal; par suite, dêtre maintenus clans un étatprogressif de liberté, et non plus indéfinimentdans un état décadent; en effet dès que létatdécadent lemporte sur létat progressif, sans pos­sibilité de retour vers celui-ci, cest le signe quunjugemont dernier est proche. De même pour le globe terrestre, si la forcecentrifuge lemporte SLU la force centripète, léqui­libre est rompu, et la terre doit séloioner dusoleil jusquà sa destru ction totale; il semble quillui arriverait ce qui arrive pour les planètesqui se désagrégent, et qui forment une pluie daé­rolithes. Lamour de Diou peut donc être figuré par laforce centripète qui attire la terre vers le soleil, et
  • 210 LE~ PRINCIPES DU DROtT DIVIN MODERNElopposition a cet amour par la force centrifugequi éloigne la terre du soleil. La terre ne pour­rait supporter un trop brusqLle rapprochement dusoleil sans la rupture en sens contraire de sonéquilibre de rotation, pas plus que lhomme nepeut supporter un progrès trop brusque dans lalumière de la vérité sans perdre le fruit de sesprogrès acquis, par suite de la perte même de sonlibre arbitre. La lune reçoit la lumière du soleil et la réfléchit:peut-elle dire quelle éclaire par elle-même? Nonsans doute, mais comme par eUe-même. Il en estde même de lhomme: sa pensée nest pas éclairéepar lui-même, mais comme par lui-même, carcette lumière spirituelle quil sapproprie pouréclairer sa pensée, est le vrai qui lui vient de Dieu,mais nest pas a lui. Pareillement la chaleur decette pensée qui est lamour, lui vient de Dieu, etle fait agir et le fait vivre comme par lui-même, Chaque soleil particulier perçu dans le ciel étoilé,est [L son propre système, un reprélentatif dunsoleil central qui est le soleil spirituel, ou la sphèredamour et de sagesse qui entoure le Seigneur.Dieu comme centre de tout amour et de toutesagesse, doit voir toutes choses graviter autour desa sphère, attendu que rien ne peut rester isolé queLui·même. Lhomme peut, par son libre-arbitre,résister il cette force de gravitation vers Dieu,mais il ne peut jamais sen affranchir, car Dieugouverne les méchants par des liens externes dontils ne peuvent saffranchir, et il gouverne les bonspar des liens internes dont ils ne désirent pas saf­franchir. Les efforts des méchants pour saffran­chir de cette force de gravitation, ne peuventfaire aboutir llmmanité qua des jU8ements der­niers suivis, gràce à la miséricorde intmie de Dieu,de dispensations nouvelles qui modifient le plande gravitation pour sadapter aux transformationsdu génie des sociétés humaines.
  • LES PRINCIPES Dt! DRO!T DIVIN MODERNE 211 Le soleil du monde terrestre, type du soleil spi­rituel qui éclaire et échauffe les âmes, a ses douzestations qui marquent le,; périodes des quatre sai­sons de lannée, et signalent leurs températures.Ces stations symbolisent les degrés du bien et duvrai de lhomme qui se régénère, et les vicissitu­des des sociétés humaines caractérisées par lalégende des quatre âges du monde. Les douze tribus dIsraël que Jéhovah instrui­sait et conduisait, de même que les douze apôtresque Jésus-Christ instruisait ct conduisait, ont étéles types de tous le3 degrés du bien et du vrai parlesquels lhomme, lhumanité et lEglise doiventpasser pour être régénérés. Cest de laque le nom­bre douze qui est le produit de trois multiplié parquatre, est toujours de même que ses multiples,dans la Parole révélée, le symbole de toutes leschoses de la foi et de lamour. Chaque nombredans la science des correspondances a sa signiiica­tion particulière. Letude des correspondances repose donc tou­jours sur ce fait quo le monde physique ést pure­ment symbolique du monde spirituel. Sil nenétait pas ainsi, il serait difficile de concevoir, com­mcnt lhomme pourrait se former des idées préci­ses sur les choses qui sont au-dessus de la nature,cest-à-dire, sur les choses du monde spiri­tuel. Les correspondances dans les trois règnes de lanature, des vérités spirituelles avec les lois natu­relles, sont fécondes en enseignements de lasagesse divine, pour faire vivitier et faire mLùti­plier à linfini les idées spirituclles, qui sont figu­rées par les volatiles, et les idées naturelles, quisont représentées par les reptiles. Swédenborgsignale ces correspondances, aussi bien dansnos mythologies anciennes que dans la Bi­ble. Son petit 0pusclùe portant ce titre: « Du che­
  • 212 DANS LEURS APPLICATIONSval blanc dont il est parlé dans lApocalypse, » (1)contient un passage remarquable, où il est dit quedans toutes les religions anciennes, comme dans laBible, le cheval signifie lentendement, le cavalierlintelligent, et les chars, la doctrine daprès la Pa­lole; au n° 4 il écrit: « Que les chars et les che­vaux aient signifié de telles choses, on le savaittrès bien dans les Eglises Anciennes, parce que cesEglises étaient des Eglises représentatives, et quechez ceux qui en faisaient partie, la science descorrespondances et des représentations était lascience principale. La signification du cheval, ence que cest lentendement, passa de ces Egliseschez les sages des contrées dalentour, et mêmedans la Grèce: de liL vient que lorsquils décrivi·rent le soleil, comme ils en avaient fait le Dieu dela sagesse et de lintelligence, ils lui attr.ibuèrentun char et quatre chevaux de feu. Et lorsquils dé­crivirent lorigine des sciences qui procèdent delentendement, ils supposèrent un cheval ailé quidun coup de pied fait jaillir une fontaine près delaquelle habitaient neuf vierges, qui sont les scien­ces; car ils avaient appris des Anciennes Eglisesque par le cheval était signifié lentendement; parles ailes, le vrai spirituel; par la corne du pied, lescientifique procédant de lentendement; et par lafontaine, la doctrine doù découlent les sciences.Par le cheval de Troie, il na été signifié autrechose quun artifice suggéré par leur entendementpour renverser les murailles. Aujourdhui même,lorsquon décrit lentendement daprès la coutumereçue des Anciens, on le représente communémentpar le cheval volant ou Pégase; on désigne la doc­trine par une fontaine, et les :::iciences par des vier­ges (les muses) ; mais à peine est-il quelquun quisache que le cheval, dans le sens mystique, signi­ (1) Dè Equo albo in apocalypsi; cap. XIX Londini 1758.- Voir la traduction de M. Le Boys des Guays; Paris 1859.
  • ScIËNTIFIQURS, ARTISTIQUES ET i:.iTTËRAIRES 213fie lentendement; on sait encore moins que cessignificatifs ont,. par dérivation, passé des EglisesAnciennes représentatives aux Gentils. » Malheureusement ces correspondances ont finipar être prises a la lettre et par dégénérer en su­perstitions. Ainsi, celui qui cloue le fer dun che­val, nous dit :M.vVilliam Graham, (1) au-dessus desa porte dentrée pour que la fortune soit favora­ble à tous ceux qui passent au-dessous, sait parfai­tement que le fer dun cheval ne peut affecter dau­cune manière naturelle ou physique, les événe­ments quil désire voir arriver; cependant, il croitque cela lui portera bonheur dune manière oudune autre, bien quil soit étrange quil ignoremême la raison pour laquelle cette pratique a étéoriginairement adoptée. Cette raison consistait ence que le cheval est un moyen de progression deplace en place, de même que lentendement de lhomme est un moyen de progression dun état dignorance et derreur, a un état dintelli­gence et de sagesse. Le cheval de même que lentendement de lhomme est linstrument de la volonté de celui qui le monte: il fait un avec son cavalier: lhomme doit donc gouverner son esprit, comme le cavalier guide son coursier. Une porte représente aussi une vérité qui introduit; une étable, comme la maison où demeure lenten­ dement humain, figure un lieu dinstruction et de culture. Le fer dun cheval par lequel son sabot est protégé représente les vrais naturels qui garan­ tissent et protègent les vrais spirituels de linjure, cest-a-dire, de la falsification et de la profanation, qui les priveraient de leur pouvoir et de leur valeur. Cest dans lintcrêt dune telle protection que tout vrai spirituel est maintenant présenté sous la for­ me dune parabole ou dune allégorie. Le fer du (1) Voir « The New Chttrch liIaga::ine» de Juin 1888 revuemensuelle publiée il Londres (Speirs).
  • 2H LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE cheval cloué a la porte représentait donc les véri­tés protectrices destinées à garder lentrée de lamaison et à assurer la bonne chance à ses habi­tants. On pourrait ainsi retrouver dans toutes nos su­ perstitions, les derniers vestiges de cette sciencedes correspondances, entièrement perdue depuis la perte de lantique sagesse. 122. Le monde terrestre et ses créations, les as­ tres et leurs atmosphères, ct clans chacun de ces mondes terrestres, les trois règnes de la nature,forment donc une sorte de théàtrereprésentatif dela gloire du Dieu unique,et suivant ces paroles duPsaume XIX, 2, il est littéralement vrai que « lescieux racontent la gloire de Dieu. )) Mais pour trouver les significations spirituelles,toutes les correspondances de cc théâtre représen­tatif de lunivers naturel, il faut avoir une con­ception précise de lunité de Dieu et de son action providentiello sur lhumanité. Nous avons cherch p à ac.quérir cette notion delunité de Dieu, en décrivant los doctrines de lusagesse divine, et le sort des societés humaines quiont altéré cette sagesse en altérant leur notion delunité deDieu. Nous avons vu quele génie humainavait subi des étapes do décadence, (;orrespondantdabord à sa déchéance de la notion des fins.puis à sa déchéance de la notion des causes, ct en~fin à sa déchéance de la notion des effets. Enfincontinuant à glisser sm cette pente par son pen­chant persistant vers Jamour exclusif du c6té ex­terne des choses, le génie humain avait perdu sicomplétement la notion de leur c6té interne, ondes vérités intélieures et supérieures qni consti­tuent làme et ]a vie des externes, (lUll avait cessédêtre un organe de la vic de Dieu, ct ainsi quilavait cessé dêtre le réceptacle de linflux du bienet du vrai divins; mais linl1ux senl des (;11oses dela nature, cest-a-dire, des fait::;, exclusivement ex­
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 215térieurs et scientifiques restait à lhomme commeseule source denseignement, cest-a-dire. la scienceft lexclusion de la sagesse. Cest ainsi que nos premiers parents ont fini parnous engager dans une fausse route, en voulant seservir de la science comme dun instrument de do­mination destiné iL substituer la sagesse delhomme iL celle qni lui était révelée de Dieu; tan­dis quau contraire, lhumanité aurait dù continueriL se servir de cette vérité revélée, pour confirmer,développer et consolider la sagesse de Dieu.Lhomme doit donc sassocier a Dieu pour le deve­loppement de cette sagesse, et non pas seriger enadversaire, et prétendre établir une sagesse rivale;mais en sattachant de plus en plus au côté externe des choses, il a accentué le divorce entre la véritérévélée et la vérité scientifique, ou entre linfluxdivin et linflux de la naturo, au point de cesser devoir par sa vue spirituelle et de ne plus voir que parsa vue naturelle. Il en est résulté pour la sciencequi, sans cela, aurait continué a rester a.ttra~rante,lme sécheresse et une aridité qui en ont éloignéles esprits mieux doués du côté du jugement, que du côté des facultés externes de la mémoire et delimagination. 123. La seule ressource de nos savants moder­nes pour corriger cette aridité de la science, a été, de sefforcer toujours de la rattacher à lutilité pra­ tique et a toutes les applications industrielles.Mais si lon sen tenait toujours exclusivement àce côté utilitaire des choses, le monde moderne risquerait de se heurter constamment contre un nouvel écueil: on effot, ]0 côté utilitaire, en deve nant le seul côté attachant de létude des sciences, sc multiplie on une variété infinie de détails; ces détails sont amenés par la nécessité de la division du travail, pour obtenir, soit une connaissance plus complète dune seule branche des connaissances humaines, sail. uno fabrication moins coùteme,
  • 216 DANS LEURS APPLICATIONS des objets industriels, lorsquil sagit de lapplica­ tion des sciences à lindustrie. Ainsi, en vertu de la loi économique connuesous le nom de loi de la division du travail, tousles travailleurs se trouveront trop absorbés par lesoin des détails et de la main dœuyre,qui leur ôtele loisir nécessaire pour développer leur intelli­gence; ils deviendront donc daveugles routiniers.Ce mal tend tt substituer dans notre sociétémoderne, le règne des spécialités et des machines,au règne des aptitudes générales, sinon à toutfaire, du moins iL tout comprendre dune seule vuede lesprit; celui-ci devient dès lors trop analyti­que et pas assez synthétique. Il sagit donc de retrempet lesprit humain iL lasource même de lutile et du beau, cest-a-dire danslintelligence du bien et du vrai, sans pour celalui laisser perdre ses aptitudes pour la réalisationde lutile et du beau; bien loin de là, rattacherlutile etle beau, cl leurs sources originaires, le bienet le vrai, cest accroître les progrès dans lutile etle beau. Il sagit par conséquent, de transformerla science en sagesse, ou de développer lune parlautre, en acquérant lIne connaissance plus applO­fondie du vrai et du bien, qui sont les élémentsles plus immédiatement constitutifs du progrèsdes mœurs. Or, cette éducation plus complètfl nepeut sobtenir quà mesure quon se familiariseraavec les doctrines de la Nouvelle Jérusalem, quiforment les préliminaires de la science des corres·pondances, et qui nous restituent les clefs de lan­tique sagesse. 124. La notion fondamentale de cette antiquesagesse est la notion de lunité de Dieu; sans cettenotion, la communication avéc Dieü~ cest-à-dire,avec linflux divin du bien et du vrai spirituels, setrouve interrompue, et par suite, les correspoil­dances qui déri vent de cet influx divin ne peuventêtre connues que très superficiellement.
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 217 Pour que lhomme puisse progressivement re­ conquérir cette notion perdue de lumté de Dieu et la sa.gesse qui en docoule, il ny avait pas dau­ tre moyen que celui qui fut prédit souvent dans la Bible, ct qui a été pendant des siècles, lobjet de lattente générale du monde, à savoir lincarna­ tion de Jéhovah dans le Christ. (1) Ce fait miraculeux, en même temps histOrIque et physique, était le seul moyen susceptible de renouer la chaîne brisée entre lhomme et Dieu, la communication entre le ciel et la terre: en effet, pour retrouver la faculté de COmll-1Lll1iquer avec le i Ciel, il fa:~ait (fl.lC lhomme retrouvàt la l~.~ Pfr­r duc, ot Imtelhgence clos corresponëlances en Te la vérito de fait dite scientifique, histonque, litté­ raire et artistiq lie, ct la vérité damour dite spiri­ tuelle. La 101"1110 clel1Seignement susceptible de rendre cette langue de nouveau compréhensible aux hommes, était de la présenter dabord dans le sens littéral. car ils étaient devenus exclusive­ ment s::msuc1s, ct avaient bouché leurs intérieurs au clictamen interne au point do devenir aveugles spirituels, cest-à-diro privés de lusage. d~I~JuJ;!?jè­ l:.csle la v6ri1< sjlilituolle. Cétait une vérité litté­ rale que ce fait phrsique, historique et miraculeux de Jébovah incarné dans un corps naturel. Dieu se montra ainsi homme vivant corame un homme 01­ (linaire, et voulut naître clans le 111:) 11Jéréc1itai.rc ac­ cumulé de génération en génération depuis des siècles, mal qui sétait étendu iL lhumanité entière. Le sacrifice jusque sur la croix par lequel il vain­ quit ce mal héréditaire, se substitua cl tous les autres sacriflces dont les hommes ayaient perdu la signification S]J i:j.tuelle. Cest pourquoi le Sei­ gneur abrogea tous los représentatifs externes et institua une Eglise dont le eulte devait redove­ (1) Voir ci-dessus il 40 cc qui est diL de lunité Dieu dans le Christ. 15
  • 218 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE nif interne. Cest ainsi que le représentatif de lunion du Divin iL lHumain glorifié, doit se per­ pétuer sous la figure du pain et du vin, qui. symbo­ lisent la chair et le sang du Christ, cest-à-dire, le bien et le vrai divins, sources auxquelles nos âmes doivent salimenter pour que nous soyons introduits de nouveau dans la science des correspondances. Par la, le Seigneur dissipe les figures et révèle les effigies elles-mêmes. comme celui qui ôte un voile ou qui ouvre une porte pour quon jouisse de la vue des choses intérieures; et, par la aussi le Sei­ gneur, peut maintenant être présent dans lhomme immédiatement, et non plus seulement, comme dans le passé, médiatement par ses anges. En effet, à travers le voile du sens littéral de la Parole révélée, qui figure le Christ en chair, on peut apercevoir lenseignement utile qui caracté­ rise le sens dit naturel; à travers celui-ci, lensei­ gnement du vrai, dit sens spirituel, et à travers ce dernier, lenseignement du bien, dit sens cé­ leste. Ces trois sens, se tiennent entre eux aussi étroitement unis par correspondance, que les. notions de fin, de cause ct deffet; le sens littéral est lenvelo})pe commune : il est le plus exté­ rieur des trois sens qui forment autant de plans de vies spirituelles et distinctes. Ces régions diverses de la vie spirituelle peuvent souvrir tour à tour chez chacun de nous: eneffet, derrière la vie physique de lhomme qui subsiste par une alimentation matérielle, il y a sa vie morale qui subsiste par une appropriat.ion des vérites scientifiques et naturelles,qui lui donnent le moyen de vivre en société avec ses semblables; derrière cette vie morale et ci vile, il y a sa vie spi­ rituelle qui subsiste par une alimentation spiri­ tuelle de son âme, puisée dans lamour du vrai pour le vrai; et enfin derrière cette vie spiri­ tuelle, il y a sa vic céleste puisée dans lamour du bien pour le bien. (
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 219 Nous avons vu précédemment que ces différents plans de vie, qui donnent naissance il la doctrine des degrés discrets et des degrés continus, clistill­ guent le monde terrestre ou monde des effets exté­ rieurs, du monde des eilets intérieurs; celui ci du monde des causes, et ce dernièr du monde des fins. Nous avons vu également,iquc le bien et le vrai dont Dieu est la source un que, sont cles substan­ ces spirituelles Clni passent de la sph6re qui entoure le Seigneur, pour pcnétrer succ.essivement dans lemonde des fins. puis dans le monde cles effets, et enfin dans le monde terrestre de la matière. Enpénétrant dans chacun de ces plans de vie, le bienct le vrai divins, linflux de la vic mùme, sarrêteet se fixe clans des formes variées, qui sont autantde vases réceptacles de la vie dont elles sont ani­mées. Cest cette unité dorigine de la vic en touteschoses, et de toutes les créations sur chacun de cesplans de vie, qui c1étcrminelcurs correspondances. ~n conséquence, chacune de ees créations surnimporte quel plan de vie, nexiste ct ne sul)sisteque par un antérieur iL soi, qui est précisémentlinflux du bien ct du vrai. Il ny a cLone rien quipuisse subsister par soi-même, car tout subsistepar un autre et on11n pur un Premier, et cela aumoyen du lien dos correspondances: il y a, parconséquent, correspondance ont10 lllOmme et leCiel, et entre le Cid et le Seignem CJ. ui est le Pre­mier. 125. Il ya toujours cloux forces, qui contiennentchaque chose dans Sil connexion et dans sa forme;lune agissant par debors, pareille it laction clesatmosphères: cest linflux de la nature; et, lau­tre agissant par dedans, au milieu desquelles for­ces ost la C11080 qui est contenue: cotte force agis­sant pur dedans ost linflux divin. es forces agissant pal clehors sont naturelles,non vivos par elles-mèmes; mais les forces ;:tgis­
  • 220 DANS LEURS APPLICATIONS sant par dedans sont vives en elles-mêmes, con­ tiennent toutes choses, et font que les choses vivent, suivant leurs formes ou leurs usages res­ pectifs. Ces deux forces maintiennent donc tous les corps en équilibre, et leur donnent suivant leurs quali­ tés propres et particulières, ~t chacun un point de liberté ou un centre de gravité, autour duquel il ya un certain champ daction, qui forme le domai­ ne sur lequel sétend cetie liberté. (1) Cet équilibre doù vient lorigine même du motlo liberté, (1 ibra, poids, aequus, égal), devient pour - lhomme, un plan doscillation entre le bien et le mal. Ce mouvement dure jusquà sa mort, et iL ce terme, le fléau de la balance de la vie terrestre sin­ cline pour toujours: lhomme a fait son choix et il va où son amour dominant l(~~porte. Cet éqüi­ 1ll:rrec[tù-est la liberté physique surIe plan de la vie physique, la liberté momIe sur le plan de la vie morale, deviendra la liberté spirituelle, sur le plan de la vie spirituelle, et la liberté céleste sur le plan de la vic céleste. Or, toutes ces libertés et toutes ces vies sur des plans divers, sc correspon­ dent, quOl quelles soient dune nature aussi oppo­ sée que la matière est opposée il lesprit, la cha­ leur physique à la chaleur de lamour du bien, ct la lumière physique à, la lumière de la pensée. Bien quelles soient opposées, les créations sur chacun de ces plans de vic se correspondent, sc tiennent par lenchainement, ct subsistent paral­ (1) La religion ùes Gauloi~, telle quelle nous est décrite dans lHistoire de France de Henri Martin (tome 1" p. 74 il (6), { nous montre que ce point de liberlé et cel influx, étaient ensei­ gnés par les Druides: « Il y a trois unités plimitives et de chacune, il ne saurait y avoir quune seule; un Dieu, une ( Vérité et tin point de libej·té; cest-à·dire, le point où se trouve léquilibre de toute opposition ..... Tout être a reyll de Dieu une individualité absolument distincte de tout autre être, tm in(l1.lx ou génie propre, un principe propre de mémoire et de perfection, ~.oc:jJion personnelle.» (Triades 1, 33, 34,37.)
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 221lèlement, par contiguité mais non par continuité.Cest pourquoi la vie physique chez lhomme con­court avec la vie de la pensée, de même que lachaleur de son corps concourt avec la chaleur delaffection de son cœur. et la lumière du soleilterrestre avec la lumièrede la pensée, pour lui don­ner à la fois, la vie dans deux mondes différents,le monde naturel et le monde spirituel. Ainsi, par exemple, sil ny avait pas unelumière intérieure qui appartient à la vie, alaquelle correspond une lumière extérieure quiappartient au soleil, la vue physique nexisteraitpoint, pas plus qne la vue de lesprit. Avant que les fonnes organiques du corps aientexisté, il y avait lusage, car lusage les a produi­tes, et elles sy sont adaptées, et non Dlce versâ;mais quand les formes ont été produites, ou quandles organes ont été adaptés, les usages en procé­dent, et alors il semble que les formes ou les orga­nes existaient avant ces usages, lorsque cepen­dant, il nen est pas ainsi; en effet, lusage influedu Seigneur et cela par le Ciel, selon lordreet selon la forme suivant laquelle le Ciel a été misen ordre par le Seigneur; par conséquent, selonles correspondances; cest ainsi quexiste lhomme,et cest ainsi quil subsiste. On voit de nouveaudoù vient que lhomme, quant a ce qui le consti­tue en général et en particulier, correspond auxCieux. (1) 126. Les créations sur chacun des plans de vie,sont correspondantes à cause de leur unité dori­gine; cest toujours le bien et le vrai, qui influenten elles de Jéhovah; et, étant correspondantes, ellessont figuratives les unes des autres, et nous don­nent la clef de cette langue symbolique dite hiéro­glyphique ou sacrée, et qualifiée de science des cor­respondances par E. Swéclenborg; elle consiste (1) Arcanes célestes, no 4223.
  • 222 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE dans la transformation en sagesse de tous les faits scientifiques, artistiques et littéraires, qui devien­ nent des signes figulatif:;, dans lesquels on peut lire à livre ouvert toutes les vérités spirituelles constitLlant la sagesse angélique. Sous lenveloppe grossière de la, vie terrestre de lhomme, il y a tous les <tUtres plans de la vie spi­ rituelle dont il sest laissé décheoir, en bouchant ses intérieurs il. linflux divin, cest-iL-dire, en sa­ bandonnant exclusivcrnent à son attachement pour le càté externe des choses; ou il. la science séparée de la sagesse.j Cest pourquoi Jéhovah est descendu ct (est) iIlG~rl1é dans los IDc.rnos eonc.1i.tions de déchémice humaine, pour attirer lhomme à Lui, sLùvant ses propres paroles: « Quand jaurai été élevé de terre, jattirerai tout a Moi. » (1) Pal ce moyen externe, Jéhovah amène lhomme, !VOC son libre consontell1cmt, il. remonter tOLlfi les écholom; de la 8,lgcssO, et iL retrou­ ver progressivement tous los plans (lo la viD spiri­ tuelle et célesto. Voi1< comment le Soignour continue iL attirer lhumanité il, Lui ct il. lentra1nor iL remonte! ]oJ ( 1 cours des ages ct dos etapes de la sagesse perduo, -./l"l.Ao1 S- A "- . par une alliance nouvelle entre le Ciel ct Et tcïiè ; il. retourner ~t la lumière en passant par les mêmes phases dascension dans la vie spirituelle (loù lhomme était descendu et sétait laissé déehcoir. Tout lAncien Testament nest pas seulement une suite denseignements voilés de cotte incal­ nation de Jéhovah dans le Christ. mais .il est aussi une suite denseignements cles correspondances entre le monde naturel et le monde spirituel. Ces enseignements qui trouvent leurs compléments nécessaires dans ]e Nouveau Testament, ramène­ ront graduellement les hommes a une notion pré­ (1) Jeau) XII. 32.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODER~E 223 Clse de lunite de Dieu, en rétablissant la commu­ nication rompue entre le Ciel et la terre, lalliance entre la saOesse et la science. Cette alliance avait été détruite comme nous lavons vu, parce que lhomme était devenu sen­ suel, au point de ne plus vivre que de la vie des sens, et au point de simaginer que la vie de lâme ou des intérieUls, nétait obtenue que pa.r le sacri­ fice le plus absolu de la vie des sens; en réalité, éelle-ci est destinée à devenir la servante de celle­ la. ou a vivre de la vie de celle-là. On voit donc que la Vie divine ne pouvait continuer a descen­ dre aussi bas dans la vie des sens que lhomme y était descendu. Cest poWquoi lIncarnation devint nécessaire, pour que lœuvre de la Rédemption pùt continuer a saccomplir môme sur le plan de la vie matérielle où était alors lhumanité. La Révélation nouvelle fut établie, par consé­ quent, sur « des choses vues et entendues )), pour que la vie spirituelle de chacun pùt parvenir jus­ que dans les actes extérieurs de la vie des sens; ainsi, pour unir les externes les plus bas aux véri­ tes intérieures et supérieures les plus élevées de la vie de lâme, relier lanalyse des choses, dans le dédale de laquelle lhomme 0tait perdu, à leur- synthèse, oula science a la sagesse.
  • CHAPITRE XII.DES CORRESPONDANCES DU MICROCOS:!E AVEC LE MACROCOSME SOMMAIRE127. De linflux: spirituel du bien et du vrai. - De la correspondance du cœur avec la volonté et du pou ­ mon uvec lentendel11bnL - 128. La Bihle entend le mot homme, dans le sens dune suréminence spiri ­ tuelle, parco quon réalité, le Sèignelll seul est homme tandis que les hommes no sont dos 110mmcs quautant quils sapproprient le bien et le vrai divins, mais non pal la forme ;;eulement. - 1:29. De la correspondance du microcosme avec le macrocosme, et de la doctrine de la srrie. -1::1Ù. lont le ciel est comtitué pal une variéti.J infinie de >ocii.Jtés angéliquefl : celle:;-çj danfl leur ensemble, formont 10 macrocosmc dit Très Grand ­ Homme. Le Seigneur (pli est lùme de ce macroc.osmo eu est aussi le soleil Rpi rituel. _.-- De co wleil rayon ­ nent la chalenr et la lumièl) spiritnelles, quon ap ­ pelle le hi en et le vrui. Cest là la sourco originairo de la correspondance du monde spllitucl et de SOIl so­ leil, avec les morales terrostres et leurs soleils natu­ reIs; cest aussi h SOUlCO originaire do lattraction universelle. -131. La ph,ce de tout ètre humain dans 10 macrocosme ou en dehors du macrocosme, e~t di.J­ terminée suivant les sentiments qui inspirent son cœur. - De la C~IUSO des 1l1LllaJies du corps et do lours cOLTespondances avec lp,s maladies de lùme. Des ma­ ladies mentales. - Des alJgos, des esprits et des gé­ nies. - La doctrine des formes, ou de lévolution, ap ­ pliquée à la régénération de lùmc humaine, nous montre quo la roligiofl chrétien ne a pOUl objet d~ nous élever au-dessus de lMat Je naturalisme d:.lns leq uel nOllS naissons, et dopérer en nons, uno yéritable mé ­ tamorpbcfle je noUS-mélllfs. - Le signe do la femme dans le Ci~l, etlcssignes des tempsen ce qui concerne la Nouvelle Jéru,salem actu~lle. 127. Cest par linflux spirituel du bien et duvrai divins dans la natme matérielle, que chacune
  • LES PRINCIPES DU DROlr DIVIN MODERNE 225des créations du monde terrestre, revêt une qua­lité particulière représentée par lusage, ou par lu­tilité plus ou moins grande, it laquelle elle est des­tinée à servir; cette qualité se caractérise par undegré de beauté plus ou moins élevé. Mais le di­vin nélève, du monde matériel dans le monde spi­rituel, que les êtres faits à son image, et qui ontdépouillé la nature terrestre. En e11et, rien deterrestre ne peut pénètrer dans le monde spirituelsi ce nest lâme qui est destinée à devenir un or­gane de la vie de Dieu: celle-la seule peut séle­ver au-dessus de la nature. Cela nempêche pasque les animaux de même que les hommes, viventpar un inllux du monde spilitucl, en même tempsque par un afflnx du monde natnrel; mais lopé­ration se produit diversement selon les formes deleurs âmes q tÜ sont périssables, h la diftérence clesùmcs des hommes qui, étant liées au Divin parleur forme humaine, sont immortelles. (voir n° 28ci-des us) . Le corps de tout homme est la ressemblance ctlefOgie de son âme, dite aussi, corps spirituel; ilY a correspondance de ses gestes, du jeu de sa phy­sionomie avec les af1ections et les pensées de sonmontal. Laffection brille sur sa face et présentele type ou lexpression de chacun; cest ainsi quily a correspondance entre toutes les choses dumontaI avec toutes celles de la face, et, comme toutes les choses du mental, sc réfèrent à laffec­ tion ct à la ponsée, ou ce qui revient au même àla volonté et ft lentendement, et que toutes cellesdu corps se r,éfèrent au cœur ct au poumon, il y acorrespondance de la volonté avec le cœur et delentendement avec le pOUInon. (1) 128. Il Y a différentes idées sur ce qLù constituelhomme; au point de vue le plus inférieur ct sous son aspect sensuel, lhomme nexiste quen (1") Voir ci-dessus no 26.
  • 226 DANS LEURS APPLICATIONSraison de sa forme seule, o.U bien en raison de saforce physique et de son courage. Mais dans lesens interne de la Bible, le terme homme, ne doitsentendre que dune suréminence morale et spi­rituelle. Cest pourquoi, le Seigneur parlant delapostasie de lEglise, dans Jérémie (IV, 25), dé­clare par co prophète, quil serait pardonné à laville c1eJérusalem,ct quelle serait délivrée, « si unhomme») pouvai t y être trou vé. De même dans Esaïe(LIX.1G), Jchovah regarde son peuple et voit quilny a pas « un homme. )) . Lhomme étant un récipient de la vie de Dieu,le Seigneur seul est homme, et les hommes nesont hommes, quen tant quils reçoivent du Sei­gneur et :;uivant quils sapproprient le bien et levrai, de manière il 6tre conjoints au Divin et il de­venir organes de la vie de Dieu. Cest ainsi quelhomme est iL limage de Dieu, en ce sens quil estun récipient de la sagesse de Dieu; de môme il estil sa ressemblance, lorsquil devient un rccipientde son divin amour. Plus son élévation est grandedans la sagesso et dans lamour, plus la forme hu­maine de son corps spixituel ou do son àmo, prendun caractère de boauté élevé. Lhomme a donc étécréé pour que los di vins vrais doscendent et se cor­pori(ient j usquos clans les dernières choses de lanature, car il est formé de telle sorte, que touteset chacune des choses qui 10 constituent, corres­pondent au Ciel et paY le Ciel au Seigneur: il nya pas dans lhomme, ]a moi.ndre chose qui ne cor­responde à une ïorité spirituelle et cest de làque lhomme eXiste et que continuellement il sub­siste. Il en résulte que les hommes sont hor.lmes parlintelligence et la sagesse, mais non par leur for­me : leur corps spiri.tuel nest que lexpression etpar suite la forme de leur degré dintelligence etde sagesse; le corps physique nen est quune en­ veloppe grossière et l!l plus extérieure de toutes.
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 227 129. Toutes les choses qui sont dans le corps hu­main ont donc une correspondance avec les affec­tions du bien et du vrai qui sont dans le Ciel, cha­q.ue société du Ciel etant caractérisée pl us particu­lièrement par Ulle affection prédominante. Ainsi chaque chose élans le corps humain, parlutilité à laquelle elle sert, correspond non seule­ment ù une aŒoction particulière, mais aussi esten communication avec la société chez laquellecette affection ou cette utilite particulière prédo­mine. Par exemple, nos einq sens ont ehaeun unecorrespondance avec les sens internes; car le sensdu toucher correspond à laIIection du bien, le sensdu goùt à lafrectioll de savoir, le sens de lodoratà laffection de percevoir, le sens de louïe à laf­fection dapprendre, ct ]e sens de la vue à laffec­tion de comprendre et de devenir sage. (1) Lœilmême est modifié par Ulle atmo~;phèle plus subtileque celle de loreille; cest pOUl cela que la vuepénètre dans le cerveau par un chemin plus courtet plus intérieur que celui du langage perçu parloreille. (2) Nous avons vu ci-dessus n° 119 quecette atmosphère plus subtile est léther. La vue natU1olle correspond iL la vue spirituellequi voit clans une lumière (lilIércnte ct bien supé­ rieure iL la lumière du soleil natUlcl; car cest lalumière de lentendement qui donne non-seule­ment la faculte de penser, mais la faculté de voirintérieurement dans les formes les plus précises etles plus brillantes les objets de la pensée. Cettolumière intérieure bien plus réelle quo la lumièrenaturelle, rayonne du soloil spirituel, ou de lasphère qui entoure le Seigneur. Cest pourquoi onvoit dans 10 monde spirituel, les créMions des troisrègnes de la. nature, qui liont duno beauté bien au­dessus de celle du monde terrestre, parce quil y a (1) Arcanes célestes, n 4404. (2) idem u 4A07.
  • 228 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEen elles, quelque chose de lintelligence et de lasagesse spirituelles dont elles tirent un éclat extra­ordinaire.Mais ces créations spirituelles, qui repro­duisent les trois règnes de la nature, ne sont que desimages représentatives cles états intérieurs des ha­bitants du céleste séjour; elles se modifient et dis­paraissent suivant les changements de ces étatsauxquels elles correspondent, et on y lit couram­ment les enseignements de la sagesse divinequelles ontpour objet de représenter. Comme toutle Ciel est composé de lensemble de toutes les af­fections correspondantes aux usages de toutes lesparties du corps humain, il paraît rationnel dad­mettre avec Swédenborg, que le ciel, dans son en­semble peut réellement prendre laspect dun hom­me, ainsi qlle nous lavons déjà exposé ci-dessusau nU 23.Ce Maximus Homo était le j1aclocosmechez les Anciens. Il faut en conclure que lorsqueSwédenborg dit que le Ciel est dans la ressem­blance dun homme, avec chacun de ses organes,de ses membres ct de ses viscères; quil en est demême dune société grande ou petite dans le Ciel,cela signifie que le Ciel est dans lordre humain.Il est dans lordre humain, parce quil présente larcssembümce du Seigneur, qui est tout clans tou­tes ses parties, et qui est en dehors des espaces etcles temps. En efIet, le Ciel clans Je sens propre,est le Divin bien et le Divin vrai, qLÙ procèdent cluSeigneur: toutes ses partie~: et toutes les innom­brables sociétés dont il est formé, sont arrangéeset ajustées, de manière à exprimer parfaitementdans leur harmonie, les vrais principes humainsqui constituent lesprit essentiel de la vic dans leCiel. En dautres termes, la solidarité et les rap­ports mutuels des sociétés composant tout le Cielangélique, ainsi que les usages quelles remplissentles unes à légard des autres, correspondent auxusages du corps humain: chacun cle ces usages ducorps humain est un type parfait ou une image 1e­
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 229présentative de lusage que remplit la société an­gélique qui lui correspond. Cest dans ce sens queSwédenborg parle SOllvent de sociétés angéliques,dont le génie propre se dOtermine par la situationdes différents organes du corps humain, parallèleà celle des diiIérents organes du Très GrandHomme, dont le Seigneur est làme et la vie. Quelque..,;-unes de ces sociétés sont dites, sui­vant leur génie propre, établies dans la tête, quelques-unes dans le cœur et le ponmon, etc. Leursgénies diflérents correspondent donc il chacun desorganes du corps hlImain ; et, il entend ainsi direque de telles sociétés correspondent il lusage deces organes corporels dans lhomme même. Ainsiles os. la peau et les cheveux de ce MaximusHomo, servent il faire admettre dans les sociétésangélique des multitudes de personnes qui nontpoint atteint à un éta.t spirituel élevé, qui sont dungénie plutütexterne, ct qui possèdent en consé­quence, peu de vitalité spirituelle. Ily a, en effet,peu de vie dans les organes durs et osseux compa­rativement aux organes de substance molle, danslesquels la circulation sopèro facilement. (1) Lunion la plus pa.rfaite existe entre toutes cessociétés, parce quelles visent toutes, par los diffé­rentes utilités quelles remplissent, à réaliser la­mour de Dieu ct du proehnin dans leurs nombreu­ses applications sociales; or, cette union des socié­tés du céleste sôjour, est symbolisée par lunionétroite, la solidarité des diHércnts organes ducorps humain, qui fonctionnent si admirablementdans un corps sain, et qui concourent tous, a unun seul et même but: la vie. Ces usages danslbomme même, sont infinimentvariés, car le corps humain est une coopération demuscles, de nerfs, dos, de vaisseaux, etc; chacun 1) Voir Arcanes Célestes, IlOS 5560 ct s.
  • 230 DANS LEURS APPLICATIONSayant son usage ~t remplit, ainsi sa fonction dis­tincte: les uns donnent limpulsion. dautres, la chaleur au sang, dautres servent à filtrer celui-ci,il séparer le bon du m~uvais, le bien du mal, lesuns ct les autres coopérant à lensemble d8 lœu­vre qui est de proclui re la vie. Et cette cooperationse multiplie pl us 111eryei l1eusement encore lors­quon songe Clue chacun de ces organes, scùvantla doctrine de la série (1) est une association decellules invisibles, bien (lnayant aussi chacuneune incliviclualito propre, cest-à-dire un usage dis­tinct. Aussi, cc qui fait la perfection de la formehumaine, cest quelle est par son unité densemble,en cOIlesponclance parfaite avec Junité ou luniondes c1iHérontos sociétés célestos, et des différentesar-Ioctions que représentent ces innombrablessociétés célestes. Celles-ci ont pour correspondances, les difTérentsorganes du corps hlunain, qui .5ont pal lem situa­tion rospectivo, en harmonie parfaite les uns aveclos autres. Cest pourquoi ln, forme hmnaine ost laplu~ parfaite de tontes les [ormes. Lhomme qui est dans lamour dG Dien ct <lansla cJmrité à lôgnrcl élu proch,un est dans la corres­pondance, car. la Vic môme est reçue lHl lui dunemanière adéquate; il est p,,,r son esprit dans 10Cio!, ct par son corps dans le monde; ct. commeil y a un inilux de tous, on un inllu.I:commlln clanschacun ou dans les parties, cet homme est ausslun micro-mane, on potit Ciel, d,lW3 une lormohumaino. De plus, commo il <L dans le corpshumain dens. choses, qui sont les sources de tontson mouyemont, et mème de tonte aetion ct sensa­tion externe on puremont corporelle, à sa,yoi.r, 10cœur ct 10 poumon, Ges clOLlX choses correspon­ (1) Voir ci-dessus nO 2 cc qui concerne la doctrinG de la série.
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRAIBES 231dent au Très-Grand-Homme, ou au Ciel du Sei­gneur dune telle manière, qne les anges célestesy constituent un Royaume, et les anges spirituelsun autre Royaume, ainsi que nous lavons expli­qué n° 48 ci-dessus. 130. Tout le Ciel est donc constitué par unevariété infinie de sociétés formant le Très GrandHomme ou macro-urane, et le Seigneur qui estlâme de ce grand monde spirituel, en est aussi leSoleil. De ce Soleil spirituel proviennent toutechaleur et toute lumière spirituelles, cest-à-diretout Bien et tout Vrai divins. La chaleur est pel"çue par les habitants du monde spirituel au moyende leurs sens comme chaleur, mais elle est la­mour, parce quelle en procède. La lumière leurapparaît aussi comme lumière, mais elle est lalumière de la pensée, qui a en soi, lintelJjgence etla sagesse, parce quelle en procède également. De cette correspondance universelle découlenttoutes les autres, car toutes choses en général oten particulier, se réfèrent au bien qui appartientft lamour et au vrai qui appartient à lintelli­gence: En effet, nous avons vu ci-dessus n° 121,que le Seigneur comme source de la chaleur et delamour, est le centre do toute attraction. De lusphère qui lentoure rayonnent, sur chacun dosplans de la vie spirituelle, qui ont été décritsprécédemment, n° 4S, jusques sur le plan dela vie terrestre, cles atmosphères qui forment leCiel de chacun de ces mondes. Nous avons vuci-dessus, quo laure était l:atmosphère la plus 010­vée; elle est donc lessence de lamour et de toutochaleur du cœur de lhomme. Laure est aussi leprincipe de toute attraction, ear elle constitue lat­mosphère de lamom et des aHections du cœur.De môme léthor est le principe de toute lumière)de la vue, de la pensée, et de toute intelligence,sur chacun des plans de la vie soit spirituello, soitnaturelle.
  • 23? LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE Nos savants actuels sont en général daccordpour reconnaitre quen dehors de latmosphèreque nous rospirons il y a une substance qni ilnprè­gne toutes choses et quils nommolltaussi, léther.Les efIets connus par lesquels cot éthor se mani­feste, sont la lumière, le rna.gnétisme et la chaleur.Daprès S"védenborg, lether est une atmosphèredu monde spirituel qui sorait, par conséquent,dun clegré do hauteur, au-dessus du degré natu­rel de notre vie terrestre. De même lume, seraituno atmosphère du monde céloste, qui est dundegré de hauteur au-dessus du plan de vie dumonde spirituel. Il Tésulto de ce qui a été expli­qu,:; ci-dessus n° 21, sur lorigine des choses mat<­riclles, quo notre air atmosphérique serait con1­posé dun assernblage condensé, ou serait 10 résul­tat dune compression de molécules do léther, quiperdent par :mite de cette compression, l(mr vio etleur actiYité, sans perdre pour ceb leur propri6técomme attrlction. Léther li son tonr, serait lerôsllltat dune compression cles molécules de laure.Dans chacun de ces trois mondes envisagés dansleur ordre descendant, latmosphère rev61 unenature plus externe. et dans le monde terrestre,elle devient dense et: inerte, jl1squ( cesser dêtreune atmosphère, pour se transformer en cettesubstance de rcpo~;; quon appo!lo la matière. (1) Nous connaissons dans le monde terrestre, troissortes dattractions: la pesanteur, lnttractionmoléculaire et laJIinitô. Ces attrnctions iolont pro­duites par linflux constant du Goleil spirituel, quipasse par les degrés successifs clos atmosphèresspitituclles et naturci.!es. Sans cet influx, les for­mos et les proprietés de la matière cesseraient (1) Voit « La Sagesse Angélique SUI le Divin Amou!; " n302.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE ~33 dexister, et cette matière serait à linstant dissi- pée. (1) La pesanteur serait lattraction universelle, qui correspondrait à laffection générale de tous les enfants de Dieu: celle-ci tiendrait tout le Ciel en ordre, et le ferait apparaître devant le Seigneur comme un seul homme. Cest donc cette même affection généralo, qui influerait dans notre monde terrestre, et qui par correspondance, serait la source originaire de toutes les lois de la gravita- tion. Lattraction moléculaire qui unit les molécules homogènes en cristaux et en corps solides, et les maintient en même temps dans un état de vibra- tion constante, corresponclrait, à laJlection mu- tuelle qui doit unir, en sociétés distinctes, tous ceux qui clans le monde spirituel, sont dun géniesemblable. Enrin, laffinité chimiq ue, par laquelle sontunis dans les trois règnes de la nature, les atomespositifs et négatifs, pour former les molécules,correspondrait à toute union du bien et du vrai:elle serait le principe de toute croissance et detout développement dans la vie animale et végé-tale. :Mais la matière dorive cette qualité dunecréation constante, on dun influx provenant duprincipe le plus intérieur ou le plus élevé, quiest laure; colle-ci est latmosphôre de lamollidivin ou du bien divin, de même que lether estlatmosphère du vrai divin. De cet amour divin,dérive la sphère conjugale, qui est la sphère créa-trice dont il a été question n" 55 ci-dessus. Tout cc qui sopère clans la nature physique denotre monde terrestre, doit provenir de linJluxde la sphère, qni entonre le Seigneur et qui des-cend du degré celeste, pour passer par le degré (1) Voir « Lu Sagesse Angélique sur 10 Divin Amour; » 11°;152, 193) S05. 16
  • ~4. "1".11#S,, .ç..EURS APPLICATIONS,spirituel, afin daboutir dans le degré naturel etjusque dans la matière terrestre. Swédenborgexplique que les effets de linflux spirituel dansnotre monde terrestre, peuvent être vus dans lanature physique, en citantles exemples suivants: (1)« On sait daprès lexperience oculaire que chaquemuscle dans le corps humain consiste en de trèspetites fibres, et que celles-ci composees en fais­ceaux présentent des fibres plus grandes, qui sontappelées motrices, et que par les faisceaux de cesfibres motrices existe un composé CJui est appelemuscle. Il en est de même des nerfs ; dans les nerfs,de très petites fibres en forment de plus grandes,qui se présentent comme des filaments, et de la réunion de celles-ci se forme le nerf. Il en est de même de tous les autres assemblages, faisceaux et réunions, dont sont composés les organes et les viscères, car les organes et les viscères sont des compositions de fibres et de vaisseaux diversement conformes par de semblables degrés. Il en est aussi de même de toutes les choses du règne végétal et de toutes les choses du règne minéral, en général et en particulier; dans les bois ce sont des assem­ blages de filaments dans un ordre triple; dans les métaux et dans les pierres, ce sont des pelotons de parties aussi dans un ordre triple. Par là on voit clairement quels sont les degrés discrets, à savoir, que dune chose en vient une autre, ot de celle-ci une troisième, CJuiest appelée un composé; et que chaque degré a été séparé dun autre degré. De ces objets visibles on peut conclure ft ceux qui ne se montrent pas devant les yeux, parce que cest la même chose pour eux; par exemple, pour les substances organiques, qui sont les récepta­ cles et les habitacles des pensées et des affections dans les cerveaux; pour les atmosphères; pour la (1) Voir « la Sagesse Angélique sur le Divin Amour; " no190, 191.
  • SCIENTIl"IQUES, ARTISTIQUES ET LIrTImAmEB 235chaleur et la lumière; et pour lamour et la sages­se. En effet, les atmosphères sont les réceptaclesde la chaleur et de la lumière; et la chaleur et lalumière sont les réceptacles de lamour et de lasagesse; cest pourquoi, puisquil y a des degrésdatmosphères, il y a aussi de semblables degrésde chaleur et de lumière, ct de semblables degrésdamour et de sagesse; car il ny a pas entre ceux­ci un autre rapport quentre celles-IiI" » 131. Cest en vertu de ees lois de lordre quisont dune application universelle, quon peutadmettre rationnellement, que tous les hommes,ont, quant à leurs âmes une situation dans le TrèsGrand Homme, dit macrocosme, cest-a-dire, dansle Ciel, ou hors du Très Grand Homme, cest-El.­dire, dans lenfer. Lhomme peut lignorer tantquil vit dans le monde, ct cependant, il est gou­verné suivant quil use de son libre arbitre, soitpar le Ciel, soit par lenfer. Cc monde spirituel,est, ainsi que nous lavons expliqué précédem­ment nOS 22 ct 26, en dehors des espaces et destemps. Lorsque nous quittons ce monde terrestre, il nefaut donc pas regarder ce départ comme un trans­fert de notre être dans lespace, ear ee nest quunedisparition hors de la sphère de la sensibilité, deceux qui vivaient avec nous dans ce monde ter­restre. Les rnaladies ont une correspoll<~ance avec lemonde spirituel, non pas avec ]e Ciel, mais avecceux qui sont clans lopposé, ainsi avec cellX quisont dans les enfers, car les maladies correspon­dent aux cupidités et aux passions de lùme ctcelles-ci en sont les origines. Svvédenborg nousexplique que le mal provenant des mauvaisespassions, bouche les vaisseaux les plus petits detous, ct absolument invisibles, dont sont tissusdes vaisseaux immoc!i::üoment pins grands, invi­sibles aussi; or, les vaisseaux les plus petits de
  • 236 "LEs PiltNèiPES DU DROIT DIVfN"iiCl:ÔERNEtous, sonttontigds aux intérieurs de lhomme; delà lobstruction ou lobstatleà linflux du Ciel, et,de là aussi, le vice premier et intime dans le sang;quand ce vice prend de laccroissement, il cause lamaladie, et enfin, la mort. Si au contraire,lhomme vivait de la vie du bien, ses intérieursseraient ouverts du côté du Ciel, et par le Ciel versle Seigneur; ainsi les vaisseaux les plus petits detous et invisibles seraient aussi ouverts; par suite, lhomme serait sans maladie, etseulementildécroî­ trait vers la dernière vieillesse, jusquà ce quil rede­ vint enfant, mais enfant sage. Quand alors son corps ne pourrait plus être au service de son àme, il passerait sans maladie de son corps terrestre dans un corps tel que celui des ,anges; ainsi, de ce monde, immédiatement au Ciel, sans avoir à faire un séjour préparatoire pour sinstruire, dans le monde intermédiaire, entre le Ciel et lenfer, dit monde des esprits. Tels sont en substance, les point fondamentaux des cOrTespondanc;os entre le macrocosme et le microcosme; ils sont plus amplement développés dans un petit traité: « Des représentations ct dos correspondances)), extrait des « Arcanes Célestes» dE. Swédenborg, publié en 1847 par M. Le Boys des Guays. (1) Voici un passage intéressant de SI,védenborg écrit au n° 346 de la Vraie Religion Chrétienne, qui peut expliquer lorigine des maladies, par leurs correspondances: « Il a été dit qlle la foi, quant iL son existence chez lhomme est la Vue spiri­ tuelle; maintenant, comme la vue spirituelle qui appartient a lentendement ct ainsi au mental, et la vue naturelle qui est la vue de lmil et ainsi du corps, se correspondent mutuellement, tout (1) On peut retrouver tous les palagra.phes qui forment cepetit traité disséminés dans le grand ouvrage, « les ArcanesCélestes », no 2897 à. 5848.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 237état de la foi peut, en conséquence, être com­paré à un état de lœil et de la vue de lœil, létatde la foi du vrai avec tout état de sain de la vuede lœil, et létat de la foi du faux avec toutétat perverti de la vue de lœil; mais nous allonscomparer les correspondances de ces deux vues,celle du mental et celle du corps, quant aux étatspervertis de lune et de lautre. La foi batm"dedans laquelle, les. faux ont été mêlés aux vrais,peut-être comparée avec le vice de lœil, ct parconséquent de la vue, que lon appelle taie blan­che sur la cornée, rendant la vue obscure. La foiprostituée qui provient des vrais falsifiés, ct lafoi adultère qui provient des biens adultérés, peu­vent être comparées avec le vice de lœil, et parconséquent de la vue cluon appelle glaucome (1) etqui est un desséchement et un endurcissement delhumeur cristalline. La foi bouchée bu aveugle,qui est la foi des choses mystiques, que lon croit,quoiquon ne sache pas si elles sont des vrais oudes faux, ou si elles sont au-dessus de la raison oucontre la raison, peut être comparée avec le vicede lœil quon appelle goutte sel"eine et amaurose, .qui est la perte de la vue par une obstruction denerf optique, et cependant lœil semble voir par­faitement. La foi errrtlique ou vagabonde qui estla foi en plusieurs Dieux, peut-être comparée avec le vice de lœil, quon appelle catamcte, qui est laperte de la vue par une obstipation entre la tuni­que sclérotique et luvée. (2) La foi louche, qui est (1) Cest ce quon appelle de nos jours la cataracte, el lenom de glaucome no sentend plus que duno maladie de lhu­meur vitrée. (2) Cest ce quon nomme maintenant, non plus cataractemais simplement épanchement provenant dinflammation. Deplus, les termes, tunique-sclérotique et uvée ne désignentplus les parties que lauteur a eu en vue; le rremier de cestermes embrassait toute la tunique externe de 1 œil, y comprissa partie transparente, appelée aujourdhui cOinée, celle quiest ici entenJue ; et le nom duvée comprenait lùis quil Bertici à désigner,
  • 238 DANS LEURS APPLICATIONSla foi en un autre Dieu que le vrai Dieu, et chezles chrétiens en un autre Dieu que le SeigneurDieu Sauveur, peut être comparée avec le vice delœil quon appelle StYabiS1M. La foi hypocritiqueou pharisaïque, qui est la foi de la bouche et nondu cœur, peut être comparée avec latYophù~ delœil, et par suite avec la perte de la, vue. La foivisionnalYe et il ?"eboUJ"s, qui est lapparence dufaux comme vrai, daprès une in$énieuse confir ­mation, peut être comparée avec le vice de lœilquon appelle Nyctalopie, qui fait quon voit dansles ténèbres daprès une lumière chimérique. » On peut conclure de ce passage et de bien dau­ tres des écrits de Swédenborg, que si la vie spiri­tuelle est dévoyée dans le faux ot le mal, par suitelmtÜacle, il est possible quil en dérive dans la vie] 1naturelle du c.orp.s humain, un mal corresponchint. IJ~@zenre de faux et de maux (~uLa:ff:ecte le mentaLAinsi, les malac1îes èluC le Seigneur a guéries,signifiaient la délivrance des divers genres de malet de faux qui infestaient lEglise et le genre hu­main. (1) Lesprit de lhomme, en réalité, ne pense lion,ne prononce rien, no fait rien daprès lui-même,mais daprès dautres, et ces autres daprès dau­tres encore, et non daprès eux-mêmes, et ainsi desuite, tous pensent, parlent et agissent daprès lePremier de la vie, qui est le Seigneur, bté-nqliilsemble absolument que ce soit daprès eux-mêmes.Ce qui na pas de connexion avec un antérieur etqui est ainsi indépendant. ne peut exister, nimême subsister un seul moment, car sans influxou sans correspondance, lantérieur étant àté, lepostérieur tombe nécessairement. Il en résulte quelhomme apparait dans lautre vie dans la lumièredu ciel selon la qualité de sa correspondance. (2) (1) Arcanes Célestes no 8361. (2) idem il0 5377.
  • SCIENTIFIQUES, A.RTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 239 En effet, la correspondance relie la cause à leffet et les choses qui sont dans le monde spirituel sont les eauses de celles qui existent dans le monde naturel. Les bons pensent veulent et agissent da­ près les sociétés du ciel, cest-a-dire daprès ]e Sei­ gneur qui opère par les sociétés angéliques; et, les méchants daprès les sociétés mauvaises de lenfer, qui tranforment linflux du bien et du vrai venant du Seigneur par les sociétés angéliques, en influx du mal et du faux. Il en résulte que ceux qui croient que cest detL{ mêmes que provient le bien ou le mal, sappro­ prient toujours le mal et jamais le bien, parce quils se lattribuent, et quils placent ainsi en eux-mêmes le mérite au lieu de lattribuer au Seigneur. (1)- De plus, ceux qui se plaisent dans le faux et dans le mal, au point den faire la jouissance de )lieur vie, sinspirent des sociétés mauvaises -de Enfer; sils persistent, et sils se confirment de plus en plus dans lamour du faux et du mal, ils se persuadent que cest le vrai et le bien, et ils finis­ sent par se mettre en rapports intime_s avecIes lI mauvais esprits. Ceux-cl pénètrent dans leur entendement et dans leur volonté, sen emparent, ,les possèdent, et les eonduisent graduellement a laliénation mentale cest-a-dire à la perte de leur , libre-arbitre: ils deviennent ce que lEvangile appelle des possédés, cest-a-dire des instruments jl aveugles et inconscients des esprits infernaux. . Aujourdhui dit Swédenborg (2) « il y a des ob~s- sions intérieures mais il ny a pas de ces obses­ l sions extérieures qui ont existé autrefois: celles-ci permettaient aux esprits méchants de parler par la langue de lhomme et aussi de se servir de (1) 1 lcanes Célestes no 4119. (2) Arcanes célestes, no 1983, 5862. - Voir aussi li le Ciel il lEnfer », no 287.
  • 240 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE lhomŒe comme dun vil instrument. ) Sans doute que le jugement dernier a mis fin à cet état de choses si dangereux pour lavenir de lhumanité. Quant aux obs,Q.§sions intérieures, de telles atta­ ques ne peuvent l~ mTitées, ~t moins que lhommenesoit dans laffection du bien, et par suite dans la foi envers le Seigneur. (1) Swédenborg dit ailleurs, (2) que le SeigI).eJU gouverne lhomme par ! les 11ens internes qui appartiennent à la cQn­ S_çiellce, mais celui qui est dans le mal, il 10 gou­ verne seulement par les liens externes. Lorsque ceux-ci sont rompus lhomme tombe dans une f~lie sembl~ble a la folie cr~ celui.gul néUillcune l craiïite de la loi, aucune crainte, ,de perdre le profit, lhonneur ot même la vie, qui sont les principaux liens externes. Il dit encoro au sujet de laliénation mentale: (3) « La conscience intérieure concerne le bien et le vrai spirituels, la conscience extérieure concerne le juste et léquitable; la, conscience elle-même est le plan int<~rieur dans lequel est terminé linflux , du divin bien; mais ceux qui nont point de cons­ ( cience nont aucun plan intérieur qui reçoi.ye lin­ flux; le bien chez eux coule jusquau naturel exté­Ji rieur, ou naturel sen::;uel; et liL, il est changé en J111aisirs impurs; il leur semble parfois quils ont comme une douleur de conscience, mais ce nest point la conscience, cest une douleur causée par la ( pljyation de leur plaisir, aUSSI par la privation cIe 1 Fhonneur, du gain, de la réputation, de la vie, des VOl~IPtéS, de lamitié de ceux qui leur ressem­ blent, -et cela vient de cc que les terminaisonsj lI sont dans de tels plaisirs; les folies ne sont autre cgose que les ruptures des liens de lÇL conscience. » (1) Arcanes célestes, no 4793. (2) Arcanes Célestes, no 4217 (3) Arcanes Célestes no 5145.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE Swédenborg explique aussi (1) que « du Sei· 241 gneur il y a, par le monde spirituel clans les sujets du monde naturel, un Influx commun, et un Influx pwUculier. Lintlux commun, dans ceux qui sont dans lordre, et linflux particulier dans ceux qui ne sont point dans lordre. Les animaux de chaque genre sont dans lordre de leur nature, cest pour cela quen eux il y a linflux commun. Ils sont dans lordre de leur nature, parce quils naissent dans toutes les choses qui leur sont pro­ pres, et nont pas besoin dy êre introduits par instruction. Les hommes, au contraire, ne sont ni dans lordre ni dans aucune loi de lordre; cest pour cela quen eux,il y a linflux particulier,cest­ à-dire que chez eux, il y a des Anges et des Esprits par lesquels a lieu lintlux: et sil nyen avait pas chez les hommes, ceux-ci se jetteraient dans tous les crimes; par ces esprits et ces anges, lhomme est sous lauspice et sous la conduite du Seigneur. » Il ne faut donc pas que lhomme sen­ dorme clans les plaisirs purement sensuels, comme ( le font les animaux, autrement il nest plus quune bête supérieure en adresse aux autres bêtes. Swéclenborg ajoute (2) que chaque homme a auprès de lui,au moins deux Esprits et deux Anges du Giel, qui font quil a communication avec le bien et aussi avec le mal; ainsi, lhomme reste libre daller au bien ou au mal, de se transformer moralement; il change ainsi même a son insu, sui­ vant ses états intérieurs, de sociétés car nous avons vu quil a communication par ses affections et ses pensées avec le Ciel ou lenfer. Si donc le Seigneur usait de son pouvoir de conduire par les anges, lhomme dans ses bonnes fins, il lui enlèverait la liberté, la responsabilité de ses actes, et ainsi sa vie telle quillaime etla com­ (1) Voir Arcanes célestes, no 5850. (2) Voir Arcanes Célestes, no 5976.
  • 24,2 DANS LEURS APPLICATIONSprend. Il faut clonc que ce soit lhomme même quichoisisse entre le bien et le mal, cest-à.-dire, quilse perfectionne par les sociétés angéliques danslamour de Dieu et du prochain, ou quil déve­loppe en lui-même les amours opposés, qui sontlamoUT de soi et lamour du monde, par les socié­tés infernales. Il y a, nous dit Swédenborg, (1) aumoins deux esprits de lenfer et deux anges duCiel en nous, parce que dans lenfer il y a deuxgenres desprits et dans le Ciel deux: genres dan­ges; ft ces deu.. : genres correspondent dans lhommedeux facultés, à savoir, la volonté et lentende­ment. Les esprits du premier genre agissen1 danslentendement et ainsi dans les pensées, et CelLI:du second genre, qm sont qualifiés Génies, agis­sent dans la volonté, et ainsi dans les affections:les premiers répandent les faux, et les seconds,les maux. Quant aux deux genres danges chezlhomme, ceux qui agissent dans la volonté sontappelés Célestes, et, CelL{ qui agissent dans lesintellectuels sont appelés Spirituels. Aux angescélestes, sont opposés les génies, ct aux anges spi­rituc1s, sont opposés les esprits. (2) Lhomme se trouve clonc en consociation avecles sociétés angéliques et avec les sociétés inferna­les, de manière a être toujours libre de sassocieraux llnes comme aux autres; il en résulte que ses consociations changent, quil voyage spirituelle­ ment pour ainsi dire, de société en société, à. mesure que son caractère se modifie avec lusage quil fait de son libre arbitre (3). Les semblables attirent les sem­ (1) Voir Arcanes Célestes no b977. (2) Voir ci-dessus no 48, cc qui concerne le Royaume célesteet le Roy~ume spirituel. (3) Ces voyages spirituels, ou ces changements daITeclion delàme humaine, durant le cours de sa régénération, constituentconformément aux croyances des anciens peuples àla mélem­psycose, de véritables métamorphoses ou transformations denous-mêmps ; celles-ci on t été figurées par des images dani­maux, représentatives de chacun de ces changements dafIec­
  • SCIENTIFIQUES, A.RTISTIQUES ET LITT~RAIRES 243blables; particulièrement dans le monde du senti­mentquiest celui des sympathies et des antipathies,et cest ce qui fait aussi, que les différences saccen­tuentdans lhumeur de chacun denous. Dans le ciel,écrit Swédenborg (1) il Y a extension de toutes lesaffections du bien et du vrai, et conjonction avectous ceux qui sont dans les affections semblables;il en est de même dans lenfer. Or, lhomme du­rant sa vie terrestre est en même temps dans leciel et dans lenfer par son esprit, suivant la na­ture de ses affections. Il rélulte de ce que nousavons expliqué ci-dessus, nOS 22 à 32, que cette ex­tension et cette c.onjonction immédiate de nosâmes avec les sociétés du monde spirituel, suivantla nature de nos affections et de nos pensées sur lebien et le vrai, sopèrent en dehors du monde desespaces et des temps. La religion chrétienne en dotant lhomme duninstrument des plus efficaces pour le rendre aptea opérer le plus promptement possible, sa réforma­tion et sa régénération, a surtout pour but, de luifaciliter les movens de sélever au-dessus du natu­ralisme, qui est la condition nécessaife;-le pointae départ de son existence terrestre. Cela vauttions dans lesquelles on S8 métamorphosait, suivant les dillé­rentes phases de la régénération. Nous avons eu loccasiondcxpliquer, no 28 ci-de~sus, Ic cnlte des anciens Egyptienspour les animaux: chaque animal, suivant son espèce, repré­sentait hiéroglyphiquement nne allection particulière concor­dant" avec linstinct natmel quon lui attribuai[,. Lors de ladécadence de la sagesse antique, on vénérait encore les tra­ditions de cette ancienne symbolique, mais on ne les compre­nait plus que dans lem seus littéral; de là toutes les fablesdes anciennes mythologies. Platon reconnaissait cependant,qUE la doctrine je Pythagore était plutot un mythe quuneopinion philosophique. Dans la ,mgrJsse antique, ces voyagesspirituels de la transmigration des àmes, avaient leur itiné­raire tout tracé comme on en a trouvé des preuves dans le dé­chiŒrement des textes hiéroglyphiqucs. Il y avait là un vérita­ble programme déducation pour la jeunesse. (1) Voir lopuscule de Swédenborg sur« Le jugement der­nier» au n° 9.
  • 244 LES PRiNCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE certes mieux pour son bonheur dans léternité, que de se laisser abaisser au-dessous du naturalisme, ce qui serait se ravaler au-dessous de lanimalité, car alors, il ne pourrait plus se consocier dans la- vie à venir quavec les sociétés infernales. Cest en effet, ce dernier sort qui lui est échu, dès lors, quil sest confirmé volontairement dans le faux et le mal, au point de les adapter comme bien et vrai, malgré tous les enseignements de la vérité révélée, malgré tous les avertissements de lexpé­ rience, enseignements et avertissements auxquels il sest refusé de se rendre. Limpossibilité de re­ venir à la vie du bien ct du vrai, une fois que la vie du mal et du faux, est complètement confirmée chez lui, provient de ce que làme qui est le corps spirituel, sest elle-même organisée et créée pour ainsi dire, en salimentant toujours avec persis­ tance du mal et du faux. Alors, la vie de lâme ne peut plus être changée, parceque son organisation repose sur cette mauvaise alimentation spirituelle. Nous avons vu, en effet, que le bien et le vrai, étaient des substances spirituelles vivantes, et quelles constituent la véritable nourriture du corps spirituel; il en est de même du mal et du faux pour ceux qui préfèrent une nourriture aussi malsaine. Cest a cause de ce danger que nous courons, de faire un mauvais usage de notre liberté, quil y a toujours eu dans le monde terrestre, une religion qui permettait aux hommes de se régénérer. En ce qui concerne notre humanité actuelle, la religion qui sadapte le mieux au progrès de nos idées mo­ dernes est la religion chrétienne, à la condition que celle-ci soit rationnellement comprise, de ma­ nière à inaugurer la nouvelle ère, ou le nouveau règne du Christ par lintelligence du sens spirituel de la Bible. Il faut pour cela que cette religion puisse produire en nous des changements qui nous transforment complètement en nous élevant au:
  • LES PRINÔrPES DU DROIT DIVIN MODERNE 245 dessus du naturalisme dans lequel nous naissons. Le christianisme peut, en effet, lorsque nous le voulons, renverser toutes les conditions de notre vie matérielle; il révolutionne même entière­ ment tontes nos idées premières sur le bien et le vrai, sur le mal et le faux, sur Je juste et linjuste, et il substitue a nos anciennes opinions ou cro­ yances, des opinions toutes opposées. t Par exemple, lhomme sensuel croit que les con­ 1 naissances quil a acquises par son travail lui ap­I partiennent en propre, quil est en droit de les ex­ ploiter dans le seul but de senrichir indéfiniment, et de sélever au-dessus de ses semblables,_ po~r les do..mi,!l.eI..et les asservir à ses talents personnels. De la cette loi dairain de notre économie politique actuelle, dont nous nous sommes occupés ci-dessus, n° 102, et qui se trouve faite, tout ~l lavantage de la classe riche, et au détriment de la classe des prolétaires: elle est le résultat de la lutte pour lexistence, maintenue chez les hommes, de même que chez les animaux, sur le seul plan de la vie du naturalisme et de légoïsme; la force qui prime leII( droit, ou la raison du plus ~ort, telle est la formule qui revêt la doctrine de lévolution lorsquon veut lexprimer suivant les enseignements de la science seule, et non pas suivant les enseignements de la sagesse unie a la science. Mais lhomme qui ne veut vivre que par le ma­ térialisme ou le naturalisme, reste encore un ani­ mal bien supérieur ~t tous par son adresse. Il en ré­ sulte que lorsquil est vainqueur dans ce combat pour la vie matérielle, grÎlCC a ses talents person­ nels et à sa science, il sinspire fatalement dun sentiment de suffisance et de confiance on lui-même qui lenlle dorgueil. Il est donc nécessaire dans son propre intérêt, comme dans celui de ses sem­ blables, que la religion vienne pour ainsi dire, lui frapper doucement sur lépaule, pour le tirer de sQn rêve, et lui enseigner directement par la Parole
  • 246 DANS LEUR3 APPLICATIONS révélée, sinon indirectement, par les dures leçonsde lexpérience ct de lécole de la vie, que ses capa­cités ct ses richesses ne lui appartiennent pas enpropre, mais quelles lui ont été confiées par leSeigneur, comme un dépôt, pour quil rende desservices correspondants à ses frères. Cest ainsi quiltrouve loccasion dapprendre, quil doit faire desefforts pour sélever au-dessus du plan de vic, dela poursuite du bien être matériel, qui lui estcommun avec les animaux, et pour développer sonchamp daction. sur le plan de vie qui est immé­diatement supérieur, et qui est celui dune justicenaturelle rationnelle. Ce plan de vie nouveau nerépond encore, ainsi que nous lavons vu cidessLlsau n° 103, qua làge dairain des sociétés antiques.Sur ce dernier plan de vie, le lien social devientcelui dune fraternité fondée sur le principe socialutilitaire; elle suffit cependant, pour unir au nomdu bien naturel, tous les hommes entre eux, com­me les enfants dun Père commun. La doctrine de lévolution nest plus, sur ce nou­veau fondement, un combat sauvage et désespérépour la conservation dune existence purementmatérielle, au nom de la force brutale primant ledroit, mais elle devient un concours, L1ne union,une coopération générale defforts de tous, l?9urlétablissement dune jW:1tiee rationnelle destinéea gomerner les hommes. Aussitôt que, lhumanitépeut atteindre il. ce premier degré de sagesse, quiest un niveau supérieur de moralité. clwcun re­connaît quil nest quun vase récipient du bien etdu vrai divins, ou quun simple organe de la viede Dieu; ct que de plus, les richesses matérielles,nont de valeur réelle, quautant quelles sont ap­préciées comme les signes représentatifs des riches­ses morales ct spirituelles. Ainsi lhomme se trouve complètement. trans­formé qu~:nt à ses afIections et à ses pensées, ouquant i:t ses consociations avec les sociétés du
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 247 monde spirituel; son naturel externe au lieu de dominer. devient le serviteur de son homme inté­ rieur, suivant le sens même de cette suréminence spirituelle que la Bible donne au mot homme, et dont il est question au n° 128 ci-dessus. LApocalypse avec son langage mythique, nous présente une magnifique image, dans son chapi­ tre XII, de cette métamorphose de nous-mêmes; celle-ci annonce que le nombre des hommes qui doivent se régénérer deviendra très grand lorsque lÉglise chrétienne sera devenue réellement la sainte ci,té de Dieu, signifiée par la nouvelle Jérusa­[ lem. Cette image est celle dune femme qui figure lÉglise comme épouse du Seigneur, et le Seigneur comme son époux; elle se retrouve à travers toute la Bible, parce quelle exprime bien lunion intime du vrai représenté par lépoux, avec le bien de ce vrai représenté par lépouse, ainsi que nous lavons déjà. expliqué au n° 55 ci-dessus: cest en effet dans cette praticlue des enseignements de la sages­ se de Dieu, que réside à la fois la condition essen­ tielle de lamour conjugal et de lîèonjonction de Dieu avec lEglise. Mais dans lApocalypse, cette union entre le ciel et la terre, est présenj.ée sous les traits les plus beaux ; eUe décrit lEglise de lavenir qui doit être la couronne de toutes les Églises du passé, et en même temps une promesse pour lhumanité future, datteindre aux destinées les plus élevées. Cest pourquoi cette Église de lavenir est figurée par une femme glorieuse enveloppée ( du soleil. Le soleil représente le diyin amour du Seigneur; la lune qui est sous ses pieds, nous re­ présente la lumière de la foi. Tel est le signe de la femme glorieuse que Jean vit dans le Ciel « avec1 la lune SOl~S ses pieds. » (1) Il en est de môme de la véritable Eglise de lavenir: olle doit sc fonder sur (1) Apocalypse XIl. 1. 2. 3. !.
  • 248 LES PRINCIPES BU DROIT DIVIN MODERNE une foi éclairée, et non plus sur des mystères té­ nébreux. La lune réfléchit la lumière et elle éclaire les ténèbres suivant quelle fait face plus ou moins au soleil; ainsi, tandis que le soleil du divin amour est décrit comme enveloppant la femme, la lune de la foi en la divine sagesse, est sous ses pieds comme un rocher inébranlable. La tête de cette femme glorieuse est surmontée dune couronne de douze étoiles, parce que le nombre douze fig-ure, ainsi que nous lavons vu ci-dessus au n° 121, tou­ tes les connaissances du bien et du vrai: il est le multiple de trois multiplié par quatre; or trois, est le symbole de la plénitude dans le vrai; tandis que quatre multiple cle cleux, se réfère au bien. Lcs étoiles elles-mêmes figurent aussi les_çsmnaiss.an­ ces du bien et du vrai; de plus, chaque passage du tëxte sacré que nous comprenons dans son sens spirituel, brille comme une étoile dans le Ciel de nos âmes. Le signe de la femme dans le Ciel figqre la Nouvelle Jérusalem par sa beauté. Cette Eglise sera caraçtérisée dans le monde, par une gloire sans égaltlorsq~ s~s d()ctrine~ §§LQ.!lt "devenues familières aux hommes, et en même temps populai­ res, quelles sadapteront à toutes les branches de nos sciences sociales, et seront comprises comme doctrines de sagesse pratique. Cette Eglise nouvelle est déjà née parmi les hommes; bien quello ne soit encore que dans la phase de son enfance, elle a déjà des adversaires: ceux-ci sont figurés dans lApoccLlypse par le signe du grand dragon, qui se prépare [L dévorer lenfant que la femme doit enfanter. Cet enfant reprtiseJ]te(1a doctrin~ de lE.gl~se de la Nouvelle Jérusalem qui donne- une intelligence rationnelle de la Bible, et doit se substituer progressivement au mysticisme de la doctrine ancienne figurée par le dragoll et par les draconiciens. Chaque nouvelle dispensation du bien et du vrai
  • LES PJUNCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 249 divins trouve la société humaine inspirée par légoïsme et par lamour du mystère et des ténè- bres, ainsi prête a sopposer ou même ft détruire le petit enfant. Celui-ci ne ùemande qua grandir et ft 8e développer dans lùme humaine. Lorsque Jéhovah se fut incarné parmi les hommes, les Sadducéens etles Pharisiens appelés dans lévan- gile: « engeance de vipères, )) (1) firent des eilorts pour étoufler ses doctrines, et ils déclarèrent quil y avait nn démon en Lui, quil otait fou et quil était traitre ; cest ainsi que le serpent qui était en eux se préparait à mordre. Par le pouvoir de son amour et de sa sagesse, le Seigneur avait écrasé la tête du serpent, mais celui-cl le mordit au t:tlon, cest-à-dire, a la partie externe de sa nature hu- maine, seule partie que le serpent qui figure le sensuel, peut attaquer. Cest ainsi que les_homm~s sensuels figurés par le seq:>,.ent réussirent ft le faire rllettre eil cioix, en criant: crucifiez-le! Ces événe-ments de lhistoire sainte nous font comprendre le rôle du ,dragon,;dans lEglise de lavenir; il repré- sente lattitrrclô dune Eglise en décadence prête asopposer eta sefforcer de détruire lanouvellemàni-festation du divin Vrai. telle quelle nous est don-née dans lEglise de la Nouvelle Jérusalem. Le ser-pent estle symbole de lamour de soi, et le dragonest un serpent qui a des ailes: les ailes figurent lepouvoir de sclaneer qua cet amour de soi, lorsquilprend les apparences du culte reli8ieux. Il avait)sept têtes, pour représenter lintelligence quilprétendait por~der pour les choses saintes; ilavait des diac èmes sur ses têtes, comme autantdemblômcs cles di vins vrais, pour caractériserlextension de son pouyoir par les vrais daprès la)Parole, dont il doit fnire parade, tout en les falsi-fiant. Cela est reprQsenté par sa queue qui ren-verse la troisième partie dos étoiles du Ciel, cest- (1) Matthieu III. 7 et XXIII. 33. 17
  • 250 DANS LEURS APPLIClTIONSà-dire, les"connaissances du bien et du vrai dansleurs applications sociales. Mais le dragon lui­même représente particulièrement, ceux qui mé­ jsent la religion de la vie et qui se fient ausa1utpar la foi seule, ou de la foi séparée des œuvres dela charité. Ceux-là jettent suivant le langage delAl)Qcalypse des fleuves de faussetés, pourdé.tr~li!e la doçttiJle nouvelle, lempêcher dintro­duire la lumière dans les choses de foi, et lempé­che!,.-iL~ mise en pratique. (Lenfant mâle que le dragon voudrait dévorerestâif«i)attre toutes les nations avec une vergecl~ fer., (1) Il sagit ~ci ,dC(l~ clo~tri~e qui ~loi~ êtredegagee du sens Iltteral- cre-ra 131ble, amS1 quelavons expliqué précédemment au n° 9. Le senslittéral de la Parole est figuré par le fer, parce quil suppose, lorsquil est trop exc1usivoment accepté, le règne de lâge de fer tel que nous avons déja eu loccasion de le décrire. ldais ce sens litté­ ral est le fondement do la Nouvelle Jérusalem, parce quil doit servir à instruire les hommes, pour les élever progressivement au-dessus de son vrai, qui est externe, a la lumière de son intelligence rationnelle; celle-ci, ainsi que nous lavons vu pré­ cédemment, correspond à lâge dairain des socié­ tés antiques, et suppose létablissement du nou­ veau règne du Christ, ou tout au moins, les com­ mencements de la Nouvelle Jérusalem parmi les hommes. « Paître ». signifie, enseigner et ins­ truire dans la lumière rationnelle de la vérité; celle-ci est lalimentation spirituelle qui est figurée par lalimentation naturelle que suppose ce mot. Par les deux ailes données il la femme, (2) pour quelle puisse senvoler dans le désert, sont enten­ dus, les moyens employés par la Providence divine, pour que la Nouvelle Jérusalem soit mise (1) Apocalypse; XII. 5 (2) Apocalypse; XII, 14.
  • scmNrIFIQUES, A.RTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 25f il, labri des atteintes du dragon, tandis quelle nexiste encore que chez quelques-uns, et quainsi [ elle puisse se 12r~parer)t sétendre chez un g!~and ! nO.!]J2.~e. NIais pouf f arriver, il faut mettre epJill appl~gation les10i8 ~l,QJ(~Tégénér~tion. Nous avons vu Cl-dessus, nOS 10f, et r08, que durant le cours de sa conversion, lhomme passe par deux phases, iL savoir la. phase de réiormation et la phase de régénération. Or, le premier état de réformation est un état de tentation, car la tentation persiste tant quil y a plus ou moins de combat entre la yolonté ct lentendement; mais dès que lhomme veut de cœur, fuir le mal et faire le bien. il ny a pas tentation, parce quil ny a plus combat. Dans ce cas, le cœur veut ce que lentendement pense, et lentendement pense ce que le cœur veut ; il ny a plus désaccord, il y a harmonie entre les deux facultés de J<une. Mais aucun homme ne peut arri­ ver dun seul bond dans létat daffranchissement de la tentation, car il est nécessaire quil ait Jin­ telligence du bien avant de le youloir, et il est par suite nécessaire quil lutte pour la conquête de la vérité. Or, cc qui est vrai de lindividu est vrai de lEglise: la Nouvelle Jérusalem pour sétablir parmi les hommes doit lutter pour faire prévaloir la vérité dont elle est en possession ct pour en éclairer le monde. Mais elle ne peut pas réaliser la première phase de réformation avec la même rapidité que lhomme iudividuel, parce quelle est llne association dhommes qui tous doivent se réformer pour coopérer iL lœuvre commune, com­ battre lerreur et faüe reconnaître lutilité ainsi que la :justice des vérités nouvelles; celles-ci sont destinèes il trouver leurs applications dans toutes les branches. de nos sciences sociales. LEglise nouvelle doit done passer lentement bien que sùrement, par le premier etat de réforma.tion et de tentation, avant quellepuissearriverauseconcl
  • 252 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE état de régénération et daffranchissement de la tentation. Mais cest précisément ce quelle fait maintenant, et cest ce qui est entendu par « le désert, )) dans lequel elle est nourrie spirituelle­ ment, et ainsi mise a labri des atteintes du dra­ gon, tandis quelle nexiste encore que chez quel­ ques-uns, pour se préparer, et pour sétendre chez un grand nombre. Ello est dans (c le désert, » non pas seulement en ce sens quelle est entourée par les restes dévastés de la précédente Eglise, mais en ,ce sens aussi, quelle~as encore prQguit l.es ! fr llJts de la nouvelle ère; elle se réjouit donc dans la lumlère, mais non-encore dans la vie de la Nou­ l, velle Jérusalem. Elle connait le vrai et elle pense C@.ili!Q.it être aPl2.liqie~ mais elle ne le veufï)as encore asse~énergiquement ni assez puissamment pourpouvoir lcmpliguer à tous les actes de la vie privée eta.e la vie sociale. La sainte Cité ost vue « descendant du Ciel, » mais non encore commo « une fiancée ornée pour son mari. )) Elle est clonc bien encore dans létat de « dés(Jrt, )) et ainsi dans une condition-constante de tentation et de combat ou de lutte pour lexistence. Cest pourquoi, ello nest encore distinguée quavec difficulté des Egli­ ses en décadence, au milieu desquelles elle ost en apparence, perdue. Cependant, la Nouvelle Jérusalem est une Eglise céleste, car elle est une Eglise daprès le bien plus essentiellement oncore que daprès le ( vrai: elle est en effet. « la couronne » de toutes les Eglises du passé.De lllôme que lEglise Adamique était dans linnocence de lignorance de la science, cette Eglise de lavenir sera dans linnocence de la science transformée en sagesse; mais elle ne sortira pas du « désert )) avant quelle entre clans son véritable héritage, et que le degré de sa vie céleste ait commencé à être ouvert. -t~tatÏ?résent de lEglise de la Nouvelle Jérusa­ lem caractérisé seulement comme système de cloc­
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 253 trines, et non encore comme puissance salvifique, est donc seulement un état d~_ tr1,l:nsition; cest comme létat dune clirysmroe destineeà devenir un beau papillon volant dans les jardins au milieu des parterres de fleurs. M. Le Pasteur Seward, dans un article remarquable, (1) a voulu savoir sl était possible de préciser par la connaissance du sens spirituel de lApocalypse, combien de temps létat nrésent de transition de la Nouvelle Jérusa­ lem pouvait durer 7Le sens littéral dit en effet: « Et la femme senfuit dans le désert où elle a un lieu préparé par Dieu afin quon ly nourrisse mille deux cent soixante jous. » (2) Plus loin, il est ajouté; quelle « serait nourrie un temps, des temps, et la moitié dun temps, iL lécart de la face du serpent. » Les 1260 jours font 42 mois, ce qui revient à trois ans et demie: trois ans repré­ sentent symboliquement lachèvement dune dis­ pensation signifiée par trois, et le commencement dune nouvelle dispensation signifiée par une demie. La même chose est indiquée par « un temps, les temps et la moiti0 dun temps. » On voit donc que le sens spirituel ici, pas plus que dans les autres prophéties bibliques, ne peut nous donner dindication précise quant au temps, mais seulement des indications quant. aux vérités gui dQi_vent finir pal-Rrémoirdans le monde. ~us avoilSëréJaooservéëi-=<fessus n° 71, que Swéden­ borg interrogé au sujet de lépoque de la manifes­ tation de la Nouvelle Jérusalem dans le monde répondit que personne nen pouvait prédire le temps mais que cétait dans la seule volonté de Dieu. Voici ce quil écrit à ce sujet: (3) « Sil est de la Divine Providence du Seigneur, que (1) Voir le (( New-Church Messenger» du ô Mars 1889, jour­ nal hebdomadaire publié à New-York. (2) Apocalypse; XII. 6 ct 14. (3) Voir l « Apocalypse révélée, » no 547.
  • 254 DANS LEURS APPLICATIONS lEglise soit dabord parmi un petit nombre, et quelle croisse successivement parmi un plus grand~ç nombre, cest parce que lesJal.lx dQja PI9~éde!lte jJj EgJis.e_ clQi~abord être éloignés, car les vrais ne peuvent pas etre reçus auparavant, parce que les vrais qui sont.reçu.s et implantés, avant que les faux aient été éloignés, ne res1&nllils, ct :m.ê.me sont~sés par les Draconiciens; il en a été de : mélue de lEglise chrétienne, qui dun petit nom­ bre sest accrue successivement jusq uà un grand nombre: une autre raison, cest quil faut premiè­ rement que le Nouveau Ciel, quicloitfaire un avec lEglise dans les terres, soit formé : ce:>tpourquoi, on lit que Jean vit u;~ Nouveau Giel, et la sainte .Jérusalent descendant de Dieu pm le Ciel. ­ Apoe. XXI. 1,2. - Il est certain que la Nouvelle Jémsalem, doit exister, parce quelle a été prédite dans lApocalypse, chap. XXI, XXII; et il est certain aussi que les faux de la précédente Eglise doi vent auparavant être éloignés, parce quil en a été traité dans lApocalypse jusquau Chapitre XX.) Il faut donc conclure avcclvI. Le Pasteur Seward~~}rI.Mt (>. que si le sens interne de la Bible, indique avec ~1<Â précision ct clarté, létat dan[~ lequel lancienne c4 :Eglise chrétienne doit venir avant que la Nouvelle Eglise puisse être dite, sortir « du désert, )) et de létat de tentation, ce sens ne précise lion, en ce qui concerne les temps de cette pr.ophétie. Chacun comprend dailleurs, que le ,sens spirituel de la Parole révélée parle beaucoup moins au point de vue des temps, quau point de vue (les états et de la vic éternelle. Il sentit donc oiseux decnercher à prédire le jour et lheure de létablisscmentse laN_onvelle Jérusalem dans 10 monde, non plus comme simple système de doctrines, mais avec toutç ~~_PUi.~~LaJ1ÇO salvifique caractérisée, dans un langage imagé, par « ses fondements de pierres précieuses, ses murs de jaspe, ses portes de perles
  • SCIENTIPIQUES, ARTI~TIQUES ET LITTÉRAIRES 255 et ses rues dor. )) (1) Cependant nous devons rap­ peler, ainsi que nous avons eu loccasion de lob­ server au n° 82, que les Eglises autour de nous, sécartent graduellement avec nos idées modernes, de leurs confessions de foi originaires, qui étouf­ fent la religion dans un cadre trop étroit; quelles ont toutes cette tendance heureuse de sunir pro­ gressivement dans un sentiment de fraternité gé nérale, dérivant du culte de lamour de Dieu et du prochain. Ces progrès sont lents, dans les com­ mencements, mais ils seront plus rapides etmême, précipités à mesure quils approcheront de la catas­ trophe finale, et il est possible, probable même, à. cause de certains signes des temps actuels, que !~ cOlmnenCemglnt çle._lafip soit en tlain. Sil est vrai, elléffet,commenollslobservions au nO 73 ci-dessus, que la première Eglise chrétienne bien quelle ait l été entièrement détruite comme Eglise invisilile et"6 I J 1 interne, depuis 1,9 (~ix-huitième sièçlë,paruri juge­ If ment derTi:ier, ne puisse pas être entièlement dévastée comme Eglise visible et externe, aussi longtemps quelle peut encore aider quelques-uns à. opérer leur salut, il est vrai également que le monde sent le besoin le plus urgent de ne plus croire que ce quil peut comprendre rationnelle­ ment. Tel est le principal signe des temps actuels; il nous fait penser quil nest pas impossible que It!: génération suivante, qui est déjà. née maintenant, sera témoin du discrédit définitif de ces dogmes prédominants symbolisés par le Dragon; tels sont par exemple la trinité de trois personnes divines qui ne formeraient quune persoùneëlivlne~ 16 pré­ 2-- tendu, sac!i~~e expi~toire sur l,a cro,ix, pour apaise~ 1 la colere clIvme, et le salut ImmedIat par la fOl sans la charité. Il ny aura donc plus de motif pour que le monde reste attaché à. des dogmes 1 quon nose même plus proclamer ouvertement, (1) Apocalypso; XXI.
  • 256 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE et quil ne préfère pas les doctrines célestes de la Nouvelle Jérusalem, à cause de leur caractère, rationnel! celles-ci apparaîtront alors comme la seule source doù la lumière puisse jaiUir, et ne plus rester cachée sous le boisseau du mysti­ cisme.
  • CHAPITRE XIII. LES CORRESPONDANCES DANS LEURS RAPPORTS AVEC LA For CHRÉTIENNE SOMMAIRE 132. De la foi naturelle fondée sur les miracles. - 133. De la foi salvilique qui est dite «remuer les monta ­ gnes. » - 134. De la foi mystique. - De lhumilité chrétienne. De la manière de comprendre et daimer Dieu. - 135 De la correspondance d?)a _vigne_ave_c le vrai..§.[l.irituel, dans la Bible écrite etoans Ta 13T])le ilelâ-nature.-:- 136. Ce que cest que venir à Dieu en dehors des espaces et des temps. - 137. La parabole de lintendant injuste qui néanmoins est loué par le Seigneur, et de sa signilication. - 138. De la repen ­ tance; ce quelle est dans nos ùmes. - 13:l. Dans les combats du faux contre le vrai, le vrai est comparé dans lEvangile, à un ferment qui clarifie. -- 140. Ponr lœuvre de lu régénération le système préventif, lors quil est encore possible, doit être préféré au systèmo répressif; celui-!à est comparable à la preuve directe, celui-ci à la preuve par labsurde. - Pourquoi il est dit clans lOraison Dominicale; « Ne nous induis pas en tentation» -141. Des lois de permission. - Des mauvais rois et des mauvais prêtres; comment ils re­ présentent dans la sdence de", correspondances, et ce que signiLle la cérémonie du sacre. - 142. Lignorance vaut encore mieux. que la pl~cfanatiQn. - La foi nexiste que chez ceux qui vivent de la vie de la charité; elle nest inébranlable que chez ceux qui ne crôient que co quils com prennent. 132.Nous avoI)s vu précédemment, (n° 58),que les miracles dans lEglise Israélite étaient nécessaires pour amener graduellement les hommes devenus entièrement sensuels à croire à Jéhovah, en leur inspirant dabord le sentiment de la crail1,te de Dieu, parce que ce sentiment est le premier seuil
  • 258 DANS LEURS APPLICATIONSpar lequel on passe, pour entrer dans le temple dela sagesse. Il en était de même des miracles surlesquels se fonda la primitive Eglise chrétienne,bien que ces miracles ne fussent plus obtenus quecomme le résultat de la foi a Jéhovah incarné dansle Christ. Nous avons vu aussi (nos 8 et 50), que la foi qui repose sur le seul témoignage du miracle ou mêmesur la vue du mIracle, est une foi naturelle quinest utile qüa la condition de servir de premieréchelon, pour sélever il la foi spirituelle ou à la­mour du vrai en lui-même, amom qui seul peutnous donner la foi réelle ct salvifique. Nous avonsexpliqué Clue pour croire réellement, il faut com­prendfC, cest-a-dire voir que la chose est vraie. Tout ce chapitre a pour objet de confirmer cescaractères de la foi réelle, caractères qui se révè­lent manifestement, il mesure quon sc familiarisemieux dans les enseignements de la Parole, et sur­tout dans là connaissance des correspondances desvérités natLllelles avecles vérités spirituelles. Cestaussi p~tr là comparajson de cette foi nouvelle avecla foi mystique de lEglise du passé, que la distinc­tion entre la foi spirituelle et la foi naturelle revê­tira une forme plus accentuée. 133. La foi artificielle ou naturelle, Cl ui peut êtrequalifiée aussi defoihistoriqlle,miraculeuse, ou defoi de la mémoire, est donc loin dêtre la foi salvi­iique qui fuit un avec la charité. Par celle-ci seuletous les maux qui jaillissent des amours de soi ctdu monde, les cloux amours opposés il lamour deDieu et il lamour du prochain, sont daignés ducœur de lhomme et sont rejetés dans lenfer doùils proviennent. Le Seigneur dit: « Si vous aviezde la foi et que vous disiez il, cette montagne: Lèvetoi, jette-toi clans la mer, cela se ferait. » (1) Maisce langage qui puise son énergie dans le désir de (1) Matthieu, XXI. 21.
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRAIR1Œ 259donner une idée naturelle de la puissance de la foi,ne doit certe1inement pas être pris à la lettre, cardans le sens littéral seulement, il ne décriraitquune foi mystique et aveugle. La science des conespondances puisée dans laBible, enseigne effectivement, que la montagnelorsq uelle est prise en mauvaise part, signifie dansle sens spirituel, lamour de soi et du monde, ainsilamour du mal, et que la mer signifie lenfer. Ilsensuit que jeter la montagne dans la mer, signi­fie ici, jeter dans lenfer les amours qui en eux-mê­mes sont mauvais ct diaboliques. Il serait trop long de citer les textes qui confir­ment toutes les interprétations du sens spirituelde la Bible. Swédenborg les donne, mais ce sontces longueurs qui rendent difficile la lecture sui­vie de ses œuvres. Cette lecture nest facile etmême attrayante, que pour celui qui aime la vé­rité en elle-même, et qui ne se rebute point de­vant le hlbeur que peut coùter sa conquête défini­ti ve. Celui-lit, en effet, ne peut être satisfait qua­près avoir vérifié, si les deux et trois témoins nécessaires, dont nous avons expliqué le rôle au n°102 ci-dessus, sont présents et sils sont parfaitementdaccord dans leurs téflOloignages variés. Or nousvoyons quen ces matières, le premier témoin estla vérité révélée, le second est lautorité de la rai­son, et le troisième est Swédenborg lui-même, ex­posant ce quil a vu dans le monde spirituel. Unseul dentro eux pourrait nous paraître suspect,mais nous pouvons donner toute notre confiance àleur accord simultané, lorsquil nest pas douteux. Lévangéliste Jean qui, do plus que Swédenborga eu le privilège de contribuer tt écrire la Bible,témoigne aussi, avoir vu dans le monde spirituelque « toute île senfuit et quo les monta.gnes nefurent poini trouv~es. » (I) (1) Apocalypse; XVI, 20.
  • 260 LES PRINCIPES BU DROIT DIVIN MODERNE Le témoignage de Swedenborg est plus expli­cite encore, car il nous dit que les amours mauvaisapparaissent dans le monde spirituel comme desmontagnes qui, par la fOl, peuvent être déracinceset jetées dans la mer ou dans lenfe!, ce qui est ab­solument impossible dans le monde terrestre. Làles terres sont, en effet, matérielles et dune fixitéplus grande que dans le monde spirituel, olt ellesne sont que lexpression et les correspondances desétats intérieurs des àmes de ceux qui y ha~itent. On rencontre souvent des personnes qUl don­nent leur assentiment aux doctrines de la NouvelleJérusalem dans un sens gcneral, mais qui naccep­tent point les visions de Swédenborg. Il est cer­tain que les preuves tirées des textes mêmes de laBible, fut-ce avec laide de Swédenborg, sont seu­le;; destinées à porter lévidence dans nos àmes,tandis que les simples témoignages de ce que Swe­denborg a pu voir dans le monde spirituel, touten étant dune étude aisée, ne doivent pas noussuffire 11 eux seuls, pour nous convaincre de Jeuryoracité. Mais ce nest pas une raison pour soutenirquaucun homme na eu la permission de visiterle monde des esprits, puis de revenir pour nousentretenir de ce quil a vu. En effet, observons enpremier lieu, que cette ouverture de la vue spiri­tuelle ne suppose pas un changement de lieu,parce que le monde spirituel est en dedans de nosàmes et en dehors des espaces et des temps quisont les propres de la nature; et observons, en se­cond lieu, que les mêmes personnes qui repoussentles témoignages de Swedenborg, sur ce quil a vudansle monde spirituel, reconnaissent linspirationde la Bible; or celle-ci contient des descrip­tions de visions pareilles. Par exemple, le pro­phète Elisee pria le Seigneur douvrir les yeux deson serviteur, et il dit à ce sujet. « Et Jéhovah ou­vrit les yeux de son serviteur, qui vit la montagnepleine de chevaux, de chars de feu autour dEli­
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 261sée. » (1) Que ces personnes incrédules en ce quiconcerne Swédenborg étudient donc le sens inter­ne de la Parole, et tous ses témoignages se trouve­ront confirmés comme vrais. La Bible est écrite autant pour linstruction deshommes que pour linstruction de ceux qui ontquitté le monde terrestre et qui habitent le mondespirituel; or, dans ce dernier monde, la Bible elle­même nous enseigne quon voit des choses sembla­bles à celles quon voit dans le monde terrestre:eUes sont toutes représentatives de létat spirituelde ceux qui y habitent, ct elles servent cl ensei­gnements et de moyens pour progresser dans lasagesse et dans la connaissance de tout ce qui con­cerne le gouvernement de 1<1 Divine Providence.En effet, le monde entier et ses territoires, sesocéans, ses montagnes et ses rivières; sa végéta­tion sans fin, ct ses terres avides, ses animaux, oi­seaux, poissons et insectes de toute clescription,sont réunis reprôsentativement dans la demeurede lâme humaine. En dautres termes. rien ne­xiste cl lentour de nous qui ne soit une image cor­respondante da ce qui se trouve intérieurement ennous, dans nos affections et dans nos pensées: lemonde extérieur reçoit donc ses formes, ses nmm­ces ct ses harmonies du monde intérieur de laf­fection et de la pensée auquel il correspond. 134. On rencontre encore beaucoup de chrétiensqui, malgré le progrès de nos idées modernes,croient fermement quo les passages de la Bible quiprésentent comme possibles des choses, qui sontabsolument impossibles, ou contraires à la raison,ou en opposition avec les lois de la justice divine,doivent néanmoins être aveuglément acceptéscomme véridiques. Cette confiance absolue dansla lettre de la Bible a pour utilité, disent-ils, dha­bituer les hommes à shumilier devant leur propre (1) II,Rois; VI. 17.
  • 262 DANS LEURS APPLICA.TIONSignorance, sur tout ce qui concerne Dieu et notrevie dans le monde spirituel. Il y a lieu dobserver iei" que cette manière devoir a pu être utile pour lEglise chrétienne encoreclans son berceau, et durant le règne du Christdans le sens littéral de la Parole, mais quil nepeut en être de même durant le nouveau règne duChrist dans le sens spirituel de la Parole. La foi devait, en effet, commencer par la con­ception naturelle, au moyen dn témoignage dessens: Ce fut ainsi que lEglise ehlétienne sétablitet que les martyrs la consolidèrent. Une foi simpleappuyée seulement sur le témoignage des sens, unevie dobéissance plutôt que de conviction, un dé­vouement absolu qui considère toutes les mortifi­cations de la chair, comme lhygiène la plus salu­taire pour la vie de lâme, une vie solitaire et, liso­lement du monde, caractérisèrent cette Eglisechrétienne du passé. NIais les convictions rationnelles élevées et <Sc1ai­rées. qui nous inspirent le désir de nous mêler auxaffaires du monde, pour nous rendre utiles à nossemblables etsatisfclire sérieusement au sClltimentde lamour de Diou ot du prochain, caraetérisontan contraire, la foi intellectuelle adapt<Se aux idéeset aux progrès de la civilisation mode me. Cesconvictions rationnelles nous poussent, clans lor­dre économique, à cherC:18r les nioyens déloverles hommes en général il un tel nivoau de moralite,quildevienne pratiquement possibledeles transfor­mer p.ar la coopération, la participation et toutesles formes dassociation en frères; ainsi do suppri­mer 10 salariat dont il faut souvent déplorer lesabus et les résulta,ts barbares. Cette foi-lumière aété réservée pOLLr le temps où lhomme sélévera.itau-dessus du sensuel-naturel, et chercherait dau­tres preuves que celles du passé pour la garantie ctla défense du christianisme. Ces temps nouveaux sont venus: Le signe quil en
  • SCIENTIFIQUES, A.RTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 263est ainsi, cest que sur Je plan de la vie sensuelle,on vent maintenant saffranchir des espaces et destemps qui sont les propres de la nature; de la lesinventions de la vapeur et de lélectrieité qui rac­courcissent les distances et abrègent les temps. Il enrésulte que les choses naturelles sassujettissent deplus en plus aux choses spirituelles: une telle su­bordination est bien le signe avant-coureur de latransformation du lien social qui, de matérialistedoit devenir spiritualiste. Le signe sur le plan de lavie spirituelle, est que lesprit humain sélèveau-des­sus du sensuel en matière de foi. On veut voir parlesprit; on veut voir par làme; on veut compren­dre avant de croire: voilà pourquoi les miraclesde Jésus sont oubliés ou mis en doute; voila aussipourquoi la lettre de la Parole qui révèle seulementet nexplique pas, qui de plus, dans les apparences,fourmille de contradictions, est contestée et mêmedédaignée il, cause de la simplicité de son style. Mais il, mesure que le monde commence à dis­cerner, sur le plan nouveau de la vie rationnelle etnon plus seulement sur le plan de la vie naturelleou sensuelle. le vrai du faux et le bien du mal,alors il se forme dans lesprit, une distinction mar­quée entre les vérifés scientifiques qui appartien­nent aux facultés naturelles. et les vérités scien­tifiques qui appartiennent aux facultés spiri­tuelles. LEcriture sainte sadresse aurtout aux hommesde ces temps nouveaux, qui doivent pénétrer parlentendement dans tous les secrets de la Parole,et proclamer que lentendement ne doit plus êtremis sous lobéissance de la fOl, comme dans lesÉglises du passé. Cest dailleurs la Bible elle-même qui nous ensei­gne jusq ue dans son sens littéral, cette obligationnouvelle pour les chrétiens, de ne plus croire quece ~qui~est saisi par lentendement. En effet, il est
  • 264 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEparlé dans lApocalypse, (1) dune condition mal­heureuse de lEglise, représentée par le type dunefemme impure, ainsi caractérisée: « Et sur sonfront, un nom est écrit: Mystèye,. Babylone lagrande, la mère des impudicités et des abomina­tions de la terre. » On peut encore opposer iL ceux qui veulent quela religion soit le mysticisme, cet autre pm:sage dans MatthieLl,oùJésLls dita ses disciples: « A vou::;il est donné de connaître les mvstères du Rovaume des cieux. » (2) v " On peut enfin rappeler cc passage dEsaïe : (3) « V onez et débattons nos droits dit Jé11ova11. » Onvoit ici que cest le Seigneur Lui-même, qui nous engage a user de notre raison pour connaître nosdroits, et ainsi a rechercher la Yérité dans la jus­tice. Toute la Parole a pour tendance de nous faireaccepter la vérité, et de nous éloigner de lerrenr ;or, la verité ne peut être reçue si elle nest com­prise rationnellement, et ce nest que par lintelli­gence rationnelle de la Vérité que lhomme peutse régénérer et devenir spirituel. Bien dautrespassages pourraient être cités dans ce sens: cestdonc la Parole elle-même qui nous enseigne quole sentiment dhumilité qui doit inspirer tout chré­tien, nest pas lhumilité de lignorance fondée surle mystère, mais quelle est eette humilité inspiréepar la conscience lnème que lhomme a cle sonimpuissance devant Dieu. Pour aimer Dieu il nesuffit pas de le craindre, et encore moins de ligno­rer, il faut surtout Le comprendre, ear sitôt quonarrive il Le comprendre quelque peu, on ne man­que pas doccasions de se sentir humilié devant ::;aToute-Puissance; ce qui ne peut arriYCt il, celui (1) Apocalvpse; XVII. 5. (2) Matthiu;1 ; XIII. 11. (1) Esaïe; 1. 18.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERRE 265qui lignore et qui prétend shumilier devant sapropre ignorance. Observons aussi, que le Seigneur veut habiterchez lhomme parce quil laime; or, il ne peutlaimer, ni habiter chez lui, à moins dôtre reçuet dêtre réciproquement aimé: cest de l~t et nonautrement quil ya conjonction avec Lui, et cestdans cette conjonction avec la Vérité-, qui est éga­lement Lui, que se révèlent toutes les beautés descorrespondances du côté externe des choses avecleur côté interne. 135. Comme lintellectuel de lhomme spiritueldevient nouveau, lorsquil est régénéré par le vrai,et que le vrai est une substance spirituelle quiprocède uniquement de Dieu, cest pourquoi leSeigneur se compare au ccp dans cc passage deJean: (1) « ldoi je suis le cep. vous les sarments,celui qui demeure en ldOl et IVloi en lui, cc1ui,!itporte beaucoup de fruit, caf sans Moi vous ne puu­vez rien faire. » La vigne estlaeorreiipondanecclu vrai spirituel,et le vrai est vivant en nous, Jorsquo nous savons ~t que nous cornprenonsquil V"ient du Seigneur;or, cest là la raison pour laquelle nomme pouvonsrien faire sans Lui. Ceux qui sont implantés Jans10 Vrai qui procèdo de Lui, sont donc comparésaux sarments, et le bien qui en provient, auxfruits. La nourriture dans le ~ol ct (~ans lair, nedevient pas une partie de la plante, avant quclIc,Lit été pri~e dans la plante ct assimilée il elle paldes procédés chimiques. De môme, les impres­sions dérivées de nos cinq sens, qui nous aident àformer les idées de notre menü:tl, ct qui sont a,celui-ci, ce quo les éléments de la matièrc sont i.larbro, ne deYienn0nt pas partles de la pen,,(ü clelhommeet dc son orga]u:-;mc mental, èlYèlntqncllcs (1) Jean; XV. 5. 18
  • 266 DANS LEURS APPLICATIONS aient été anal)Tsées et reconstruites par des procé­dés qui peuvent être qualifiés de chimie mentaJe,En fait, la loi qui gouverne le développement dela pensée, agit, lorsque nous la suivons clans sesdétails, exactement comme se comporte la loi dela chimie organique dans la semence qui se déve­loppe. Par exemple, des chimistes ont découvert quele sucre de raisin est le résultat de la transforma­tion de lamidon qui existe dans les feuilles de lavigne; de la vient que la proportion des feuillesavec le raisin a un rapport marqué avec la quan­tité de sucre quils contiennent; or, lexpériencemontre que lorsque toutes les feuilles sont laissées sur la vigne, les raisins développent 10 maximum de sucre. Ce fait scientifique, de même que tout autre fait enseigné par la science a sa signification spirituelle pour la Nouvelle Eglise; en effet, on voit que la lumière du soleil est la condition pri­ maire sans laquelle, lamidon des feuilles ne peut monter dans les grains du raisin, ct par la chaleur du soleil se transformer en. sucre: ce qui nous enseigne que la lLunière sur les clloses naturelles, est le moyen dobtenir un état ùe bien naturel, de même que la lumière sur les choses spirituelles est le moyen dobtenir un état de bien spirituel. Telle est la signification intérieure de ce repré­ sentatif scientifique de la transformati.on du suc des feuilles de la vigne: il faut de la lumière da­ bord, cest-ü-dire, une foi rationnelle; il faut de la chaleur ensuite, cest-il-dire, de la charité, ou la­ moLil du bien pour la réalisation de la vérité dan::> ses applications pratiques. Cest lil un fait scienti­ fique puisé dans lôtuc1e de la Bible de la nature, qui contient des enseignements de la sagesse divi­ ne, infiniment variés, de même que notre Bible écrite. Seulement, comIne nOllS avons perdu de vuc, la notion des vérités révélées ou des vérités spirituelles, nous devons, il la différence des Très­
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITrÉRAIRP:S 267Anciens, qu i les lisaient dans les choses cre lanature terrestre, les rechercher préalablementdans notre Bible écrite, pour pouvoir ensuite leslire dans la Bible de la nature aussi bien que dansla Bible écrite. 136. Tdais pour sc familiariser avec le sensinterne ou spirituel de la Parole révélée, et de laBible de la nature, il ne suiJit pas de scruter cetteRévélation soit écrite, soit naturelle, qui rend té­moignage de Lui, mais il faut aussi (( venir il Lui, »ainsi que cela nous est enseigné dans Jean. (1) Or,venir à f,ui, suppose une jonction spirituelle,mais non une jonction simplement naturelle.Observons, en effet, que les anges sont près duSeigneur, parce quils Laiment, et quils soréjouissent de faire sa volonté. Dans le sens spiri­tueL la distance et la proximite sont dues toutesdeux il létat (le nos aHections : les mc)chants sontloin de Lui, non pas, parce quils les a chassés desa présenco ; mais parce (ll1ils no Laiment point,et quils ne désirent pas faire sa volonté. La con­jonction avec Lui, est clone de Laimer, de le com­prendre et de faire ce quil nous enseigne. En cHet,il est dit dans Jean (2): c( Si quelquun :Maime,ma parole il gardera, ut vers Lui nous viendronset demeure chez lui nous ferons. )) Dans le monde spirituc1, comme il ny a nitemps, ni espaces, il ny a pas séparation, si ccnest ln séparation du CŒur et (le h pensée; Ja­mour est la chaine insensible ct irrésistible qui lieles ange~ ensemble: lamour pour le même Soi­gneur et :Maitre, et larnour mutuel; cest pour­quoi, CeuX qui Laiment sont dits: « Voir sa face, »ou dememer clans sa présence immédiate. Etudiez bien la Bible, vous trouvore;!, toujoursque notre connaissance do la vérité ost un pa:;; ver:;; (1) Jean; V, 40. (2) Jean; XIV. 23.
  • 258 LÈS PRINCIPES DU· DROIT t>iVIN M0nERNEla régénération: le vrai donne la forme au bien,mais le bien donne la vie au vrai. Vous trouverezde plus, que tout le Livre dans son entier, malgréles contradictions de son sens littéral qui ne sontque des contradictions apparentes, est constam­ment dans son sens spirituel, un véritable chantdamour de Dieu et du prochain, une harmonie complète de tous les préceptes de la sagesse divine. 137. Tout le monde connaît cette parabole de lintendant in:juste, qui néanmoins, fut loué par le Seigneur; mais bien peu en comprennent la vérit.:1.ble signification. Il est dit dans Luc (1) « Le Seigneur loue lintendant injuste de ce quil avait prudemment agi; car les fils de ce siècle sont plus prùdents que les fils de la lumière dans leur géné­ ration. Et moi je vous clis : Faites-vous des amis du Mammon dinjustice, afin que, quand vous manquerez, ils vous reçoivent dans les tentes éter­ nelles. )) Dans le sens spirituel, par le Mammon dinjus­ tice, sont entendues, les connaissances du bien et du vrai, que les méchants peuvent posséder comme les bons, et dont ils se servent seulement, pour ac­ quérir des dignités et des richesses naturelles; mais cest daprès ces mêmes connaissances que les bons oules fils de lumière, se feront cles amis, et ce seront elles qLÙ les recevront dans les tentes éternelles. Cela revient ~1 dire, que les vérités scientifiques dont se servent les fils de Mammon pour le mal, doivent servir également aux enfants de Dieu pour le bien, car il ya égalité pour tous: en effet, « no­ tre Père, )) est-il écrit dans Mathieu (2) « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et fait pleuvoir sur justes et injustes. )) Il nous est donc enjoint de nous familiariser (1) Luc; XVI. 8, 9. (2) Mathieu; V. 45.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 269pour nos progrès dans la sagesse, avec toutes les vérités, même avec les vérités naturelles que les en­fants du siècle regardent comme les plus importan­ tes, parce quils sen servent avec adresse pour les tourner en faux et en maux. Nous devons mettre le même zèle, la même in­ telligence il nous servir de ces vérités naturelles etscientifiques pour le bien; mais il nous est enjoint,en mème temps, de ne pas faire comme eux; aucontraire, de ce quils font, nous devons rendreces vérités de fait, dites scientifiques, servantesdune sagesse plus élevée. La vraie sagesse qui est spirituelle doit reposerpar ses fondements sur la sagesse naturelle; simême la sagesse nest pas naturelle en même tempsque spirituelle, elle est aussi chimérique que lathéorie sans la pratique. La religion ne condamne ni les arts, ni les scien­ces, ni les conforts de la vie délicate, parce que leshommes mondains en sont souvent les partisansles plus chauds, mais elle réduit toutes ces chosesmondaines il être le::; servantes de la sagesse divine;elle se fait ainsi des amis de ce Mammon dinjus­tice, parce quelle les applique il la vie spirituelle,au lieu de les séparer de la vie spirituelle en iso­lant leur bien de leur vrai, leurs beautés de leursutilités. La religion appartient, en effet, à la vieet la vie de la religion, cest cle faire le bien. Or,la charité à légard du prochain qui est la vie de lareligion, sétend beaucoüp plus loin quaux indi­gents, car elle consiste à agir avec droiture danstout ouvrage, et à faire son devoir dans toute fonc­tion. En somme, le Seigneur nous enseigne par cetteparabole, à mettre la même chaleur à acquérir lesrichesses spirituelles que les enfants du siècle,mettent de chaleur iL acquérir les richesses natu­lelles; et même, il veut nous familiariser assezavec celles-là, pour que celles-ci puissent nous être
  • ~70 DANS LEURS APPLICATIONSdonnées par surcrolt ; celles-cl sont, en effet autantles conséquences que les correspondances et les si­gnes représentatifs de celles-la. 138. La première chose cependant, qui est iLfaire, est de commencer par voir le mal en nons,le roconna1tre et léllminer par le ropentir afin defaire place au bien, qui doit sy substituer. La re­pentance si sou vent prêchée dans la Bible, nestpas une pénitence imposée pour racheter nos pé­cbés, ainsi que cela a êt6 à tort enseigné; maislétymologie môme du mot, employe dans lorigi­nalgrec (METANülA), changement davis,conversionsuppose une con version, une transformation, unevéritable métamorphose, une nouvelle naissance. Nans ne chassons pas le mal on nous, en nousen abstenant seulement, parce que nous trouvonsdans cette austcntion, la satisfaction de notre in­térôt personnel; on que nous éloignons ainsi lacrainte des punitions; mais nons léliminons denous, par amour du bien et par intelligence duvrai, et même par le simple motif que le mal estun pêcM contre Dieu; ce nest quaprès cette ôli­minationlibre et volontaire dn mal ct du faux, quela foi naturelle peut se transformer en foi spiri­tuelle et salvitique. II1ais lorsque le mal est enra­ciné, ou prôdomimmt en nous, ce nest pas sans uncombat violent contre les tentations que cette éli­mination peut se faire; la violence en est mêmecaractérisée ainsi par le Seigneur: « Si quelquunvient à moi, et ne hait pas son père et sa mère, etsonôpoLlse et ses enfants, et ses irères et ses sœursil ne peut être mon disciple. )) (1) Il est évident que ce passage ne peut ôtre pris ~tla lettre, car daprès les prôceptes du Seigneur,personne ne doit avoir cle haine, pas mtme enversses ennemi.s, (2) encore moins contre ses parentsquil faut honorer. (1) Luc XIV. 26 - (2) Matthieu V. 43,44.
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LUTËRAlRES 271 Le père et la.mèro, ainsi que lepouse qui doi­vent être haïs, sont les maux hérédit:l,ires de la­mour de soi et de lamour du monde. Lamour desoi est le père ou la source de tout mal. Toute lamaison prend son nom ou sa qualité du père; sinous haïssons sincèrement le père et la mère, ainsique lépouse, nous ne pouvons quo haïr les enfants,los frères et les sœurs; ils sont de même sang et lamême vie mauvaise les anime. Ce nest dailleurs,que lorsque lamour de soi et lamour du mondedeviennent prédominants en nous, quils sont lespère et mère, et que nous sommes appelés a leshaïr eLlX et leur progéniture: cest dans ce sensque le Seigneur et dit que « les ennemis de lhommesont ceux de sa propre maison. )) (1) Les deux arnours doù dérivent tous les bienset tous les vrais, (2) sont lamour pour le Seigneuret lamoul pour le prochain; mais les deux amoursopposés, doù dérivent tous les maux et tous lesfaux, sont lamour de soi et lamour du monde. Etre disciple du Seigneur, cest être conduit parJe Seigneur ct non par soi-même, ainsi cest être conduit par les biens et les vrais qui procèdent du Seigneur seul, et non par les maux et les faux qui proviennent de lhomme. 139. Il est dit dans Mathieu (3) : « Semblable est le Hoyaume des cieux il du levain, quune femme ayant pris a renfermé dans trois mesures de farine, jusqua ce que le tout Iut levé. » En effet, la pmi­ (1) Malhieu X. 36. (2) Nans avons suivant les habitudes de la Nouvelle Eglise, employé le mot" vrais» aa pluriel >ubslantivement. dans tout le cours de ce travail, parce que nous devons. dans lin térêt de la clarté el comme le f,iit Swédenborg, employer tour à tour, les deux expressions vela et l;e"itates pOUl distinguer entre les V/ais el les verites, comme on dislingue ce qui est général de ce qui est particulier. Les vrais sont les principes, et les vé­ )ités en. sout les dérivations. Ou dit aussi dans la Nouvelle Eglise,les faux pal opposition (lUX v,ais, ct les biens par op­ positiou aux mattx. (3) Mathieu; XIII. 33.
  • :]72 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEfication du vrai davec le faux chez lhomme nepeut jamais sopérer sans une fermentation. cest­à-dire sans un combat du faux contre le vrai, et duvrai contre le faux; mais après que ce combat aété livré et que le vrai a vaineu, le fau~ tombecomme la lie, et le vrai est pLlrifié, de même que levin est clarifié après la fermentation, lorsque leslies sont tombées au fond. Ce qui revient à direque le mal porte en lui sa peine. comme le bienrenferme en lui-même sa propre réeompense, parceque le mal poussé ~L toutes ses conséquences, ren­ferme en lui-môme son propre ferment de dissolu­tion. 140. :Mais il y a un exeellent moyen de sépar­gner les combats cruels de la tentation du mal,cest-a.-dire, les expériences amères des orages dela vie: cest de sinstruire de bonne heure, avantmême que le mal ait sérieusement pénétré le cœur,et de se familiariser davance avec les enseigne­ments direets du divin vrai; cette lumière de .lin­teWgence ct de la sagesse pénètre le cœur et peutempêeher le mal de sy enraciner, car cest souventle faux de lignorance qui développe le mal en nous,et amène par son propre ferment de dissolution, lescruelles épreuves de la vie et les durs combats con­tre les tentations. Dans les sciences exactes, la preuve directe dunevérit<i naturelle nous donne une intelligence supé­rieure de la vérité, et elle est toujours prCferai)le àla preuve par labsurde, qui ne doit servir gue decontrôle it la preuve directe. Il est dit dans lOraison Dominicale :({ Ne nous induis pas en tentation. » En réa­lité, le Seigneur ninduit jamais qui que ce soit ententation, (1) mais nous le prions par cette paroleeomprise dans son sens spirituel de nous instruiredirectement dans la verite, précisément pour nons (1) Voir Alcaues célestes, no 2768, 8351.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 273 éviter plus tard, le combat des tentations contre le mal que nous pouvons par ignorance de la vérité laisser enraciner dans nos cœurs. De même le Seigneur est dit dans la Bible, être en colère, se repentir, et manifester toutes sortes de passions purement humaines lorsquen réalité, aucune de ces expressions ne peut lui être justement appliquée de même, Il est supplié de ne pas nous induire en tentation. Cette supposition fausse que le Seigneur peut nous induire en tentation, vient de ce que lhomme sensuelle croit dabord, lorsquil est encore danslignorance de ce qui concerne Dieu; et, le Sei­gneur alors parle comme lhomme croit, afindamener lhomme graduellement de la vérité ap­parente à la vérité réelle, élévation quil ne peutatteindre que par une ascension presque insensi­ ble. Cest ainsi que le Seigneur gouverne touteschoses, lenfer comme le Ciel; lenfer par les ex-­ternes, le ciel par les internes. 141. Voilà pourquoi aussi, il y a des maux etdes faux qui sont permis par la Providence divine,cest-a,-dire des lois de Pei"?Jussion, parce quil y ades maux inévitables: de là vient que souventdans le monde, on voit linjustice triompher et lebon droit succomber; mais la vérité et la justicedoi vent finir avec le temps, par triompher sur les­prit derreur et dinj ustice : lorsque lheure propicede la moisson arrive, on na plus la crainte de dé­truire le bon grain, en voulant trop prématuré­ment détruire livraie. Telle est la raison pourlaquelle il y a dans ce monde des maux nl~cessai­les et des lois providentielles, dites de permission,aussi des scandales qui fomentent le combat entrele bien et le mal. Telle est également la raisonpour laquelle il est si souvent question dans laBible de mallvais rois et de mauvais prêtres: tousles rois et tou31es prêtres, quelles que furent leurs
  • 274 DANS LEURS APPLICATIONSqualités bonnes ou mauvaises, sont toujours destypes représentatifs: Abraham, Isaac,Jacob, MoïseJosué, David, Salomon, ont tous été des types deJésus Christ. Les uns représentent le Seigneur parla royauté quils exercèrent, la royauté signifiantson Divin Vrai; dautres le représentent par leSacerdoce dont ils furent revêtus, le Sacerdoce si­gnifiant son Divin Bien. Ce qui est saint, ce sontles fonctions qui furent remplies par eux, mais lespersonnes qui les reniplirent ne furent pas toujourssaintes. Aussi, la cérémonie du sacre, et lactedoindre avec lhuile les rois et les prêtres, était lereprésentatif de lamour spirituel de la charité,quon supposait avoir été snbstitué chez eux ~t la­mour naturel de la domination: on appelait lesrois, les prêtres et les prophètes « les oints duSeigneur, )) parce que lhuile avec laquelle on lesoignait, symbolisait le bien de lamour. 142. Cest ~t cause des scandales du monde quilest dit dans lVIathieu : « Ma1beur au monde ilcause des scandales! car il est nécessaire que lesscandales arrivent; toutefois, maUieur à cethomme par qui le scanclaIe arrive! » (1) Cette der­nière partie du texte: malheur à cet homme par quile scandale arrive, fait allusion au profanateur quimélange le bien et le mal et qui connaissant lebien et le vrai, au lieu de les appliquer les peIver­tit au profit du mal et du faux. Lhomme, lorsquil devient spirituel, doit ap­prendre par les choses correspondantes dans lemonde terrestre, le sens interne qui donne a con­naître ce que ces choses signifient. Lo Seigneurenseignait ces significations spirituelles, de ma­nière a cc que les hommes mondains ne les com­prissent point, et ainsi pour quils ne profanassentpoint les intérieurs de la Parole. Nous avonsexpliqué précédemment (n° 97) le clanger de la (1) ~Iathieu; XVIII.i.
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRA.IRES 275profanation : «( A vous il est donné de connattre losmystères du l~oyaumo do Dieu, mais aux autresen paraboles, afin que voyant ils ne voient point,et quentendant ils no compronnent point. » (1) Il est dit clans Matthieu: « Si ton œil droit estpour toi un sujot do chute, arrache-le et jette-leloin de toi; il est bon pour toi dentrer borgneclans la vie, plutôt que ayant deux yeux, dêtrejeté dans la géhenne du feu. » (2) Il est évident,quici loûl, nest pas lœil, et quil ne doit pasêtre arraché, car ce nest pas lœil qui est un sujetde scandale ou de cllute, mais cest lentendementdu vrai qui est représenté figurativement parlœil; et, sil est bon dentrer b01"gne clans la vie,plutôt que, ayant deux yeux, dêtre jeté clans lagéhenne du feu, cest parce quil vaut mieux: nepas savoir et ne pas comprendre les vrais de la foi,que de les savoir et de les comprendre, mais néan­moins de vivre selon la vie du mal. (3) On simagine souvent que la foi consiste iL savoirles vrais que la doctrine enseigne, mais quolle neconsiste point à vivre selon ces vrais; on va mêmejusqua nommer « vie morale, » la vie selon lesvrais, pour la mieux séparer de la doctrine delEglise quon appelle alors « théologie morale, ))ou même « morale indépendante. » NIais en réa­lité, la foi nexiste que chez ceux qui vivent la vicde la charité; quant à prétendre isoler la moralede la religion, nous avons vu (n° 99), que cétaitune pure illusion; et, en effet, la pratique de lafraternité est la religion même, parce que noussommes tous enfants du même Dieu. La nécessité de pratiquer les doctrines quonprofesse est enseignee partout dans la Bible.« Heureux les pauvros en lesprit, parce qua eux est (1) Luc; VIII. 10. (2) Matthieu; XVIII. 9 (3) Arcanes célestes, n 3863.
  • 276 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEle royaume des cieux, ») (1) sécrie Jésus dans sonsermon sur la montagne. Ceux-là en efIet, sont lessimples qui pensent quils ne savent rien par eux­mêmes, mais seulement par le Seigneur; et deplus, ils ne sont pas doubles, car ils agissent commeils parlent, suivant la sincérité du cœur. On ne se doute guère que ce même enseigne­ment se trouve voilé figurativement dans certainsdétails du costume national des Juifs. Dans lelivrc du Prophète Zaeharie, (2) on lit: « Ainsi adit Jéhovah Sébaoth: en ces jours-là, dix hommesde toutes lano-ues des nations saisiront le pan dela robe dun Juif, en disant: Nous irons avec vous,parce que nous avons entendu que Dieu est avecvous. )) Pour comprondre le sens spirituel de cetexte, il faut observer quil était commandé auxJuifs, non-seulement davoir une frange sur lespans de leurs vêtements, mais aussi de mettre surla frange un:fil décarlate double-teint; daprès lavaleur du mot hébreu, ce fil devait être dun lougeteinté de bleu. (3) Sil ny avait pas là un sens spi­rituel voilé sous cette particularité du costumeJuif, il eùt été indigne du Dieu Tout-PuiFlsant, delégiférer sur de tels détails de toilette. Mais par­tout dans la Bible, les vêtements fig ment les doc­trines, ou les vérités quon professe, et dont on serevêt comme dun vêtement. Le caractère distinc­tif de la frange est que la matière dont elle estcomposée, soit divisée en petites portions quisoient uniestda partie supérieure,et qui pendent sé­parément ala partie inférieure sous une forme légè­re et gracieuse. Lidée suggérée par là, est que lareligion doit être appliquée dans toutes les pctiesaffaires de chaque jour, aussi bien que dans lesgrandes occasions. Quant au fil décarlate teinté de (1) Matthieu; v. 3. (2) Zacharie; VIII. 23. (3) Nombres; XV. 38.
  • LES PRINCfilES DU DROrr DIVIN MODERNE 277bleu, il sexplique par le symbolisme des couleursdont nous avons dé:jà traité n° 118 ci-dessus. Lateinte rouge de lécarlate indique que toute véritépour être acceptable, doit être échauffée parlamour, car la vérité nest accessible que lors­quelle est présentée sous une forme agréable. Lateinte bleue désigne le vent que souffle la vérit~,etlorsque nous plongeons nos pensées dans les pro­fondeurs du firmament, le bleu du ciel représenteles profondeurs de la sagesse céleste, ainsi la vé­rité elle-même. Lenseignement qui se dégage deces textes, est donc que 13 religion ne doit pasêtre comme un vêtement quon met le Dimancheseulement, ou les jours fériés; elle doit être levêtement de tous les jours en ce qui concerne lapratique de ses préceptes. En réalité le costume,le cérémonial du culte, le culte lui-même, nontleur raison dêtre que parce ~luils sont destinés àservir"comme une école denseignement,dont tonsles préceptes sont applicables aux moindres détailsde la vie sociale. Les dix hommes de toutes leslangues cles nations qui doivent saisir le pan de larobe dun Juif, sont les nations qui appliqueront iLJa vie sociale tous les préceptes de la religion cle lavenir, ct il sagit de la doctrine de la Jérusalem céleste représentée ici par le Juif. La. Bible en effet, est le livre conservé par lui comme le prin­ cipal trésor de la Jerusalem ancienne et qui ren­ ferme en même temps clans son sens spirituel, les trésors de la Jérusalem delavenir. Le nombre dix est le symbole des restes du bien et du vrai qui sont chev. les hommes, et qui servent a les régéné­ rer, après que tou::: les maux et les faux ont été déracinés de leurs âmes. Appliquer toujours la doctrine religieuse aux moindres actes de la vie sociale, tel est donc le caractère de la foi de lEglise cle la Nouvelle Jéru­ salem: cest aussi le véritable caractère de la foi, suivant le progrès de nos idées modernes. Cette
  • 278 D<ANS LEURS APPLICATIONSfoi nouvelle aboutit en somme, a ne plus séparerla théorie de la pratique, et eUe se résume dans lapossession dune croyance en harmonie parfaiteavec la pratique de la vie sociale. Il est deyenunécessaire de comprendre avant de croire, autre­ment il est impossible dagir en être intelligent.Cest le seul moyen de produire une écolenouvelle de gens à convictions solides, et daffran­chir notre societé moderne du scepticisme qui lamine à sa base. Comme la foi nouvelle ne peut subsister qua lacondition dêtre rationnelle, elle produira gracluel­Imuent, a mesure que les doctrines de la NouvelleJérusalem se propageront et deviendront populai­res, des hommes qui seront aptes à trouver lavraie solutioJil de toutes les questions socialesparce quils possèderont outre la science, une sa­gesse plus élevée et CJuils seront ainsi supérieursaux hommes exclusivement scientifiques.
  • CHAPITRE XIV.DES CORRESPONDANCES DANS LEURS RAPPORTS A VEC LA DIRECTlON GÉNÉRALE DES PROGRÈS DU :YIONDE MODERNE. SOMMAIRE143. Le culte des sacrifices et sa signification. - 1M. Le bâton de Moïse changé en serpent et sa signification. -- 146. De lutilité dune traduction exacte de la Bible pmu obtenir une id~e claire de son sens spirituel. ­ 1q,G. Les miracles ne sont pas faits en viobtion des lois naturellts. - Le miracle dn .TOSu{~ qui arrête le soleil,et le miracle de .Jonas dans le ventre de la baleine. - Des miracles continués pal les apotres et du temps auquel ils perdirc,nt ce pouvoir. - 147. Les miracles ne sont que les applications de la science (les corres­ pondances, !lt ilssont introduits par un influx de la sphère qui entoure le Seigneur; ils ne doivent donc sopérer quau Hom du Dieu unique incarné jans le Christ. .- La croyance il .Jéhovah incarné dans le Christ, est devenue la nouvelle porte dintroduction dans la science des correspondances. - La Rédemp­ lion qui est lœuvre de Dieu, est distincte de la régé· nération, qui est le résultat de la coopération. de lhomme il loeuvre de Dieu. - 1Il8. La porte de la ber­ gerie est la croyance il Jéhovah incarné dans leChrist. - 14H. Les repré:>entatifs dans la icience des corres­ pondances, sont comme de~ échelons qui nous per­ mettent de monter des vérités apparentes aux vérités supérieures, intérieures eL r6e11ls. - 150. Le génie moderne eL particll!iéL3!Wl!1.1~~ie fran01is, recher­ che la vérité erïCTIe-mème; cest là IWSSJ la tendance ) de la Nouvelle Eglise c.hrétienne, dite Nouvelle :Jéru­ s~em. . 143. En général, on néglige encore plus létudede lAncien Tostarnent que létude du NouveauTestament; et, cependant dans lAncien Testa­ment, il y a une mine des plus riches, a laquelle
  • 280 LB:8 PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEpeuvent puiser tous ceux qui veulent pénétrer dansle sens interne de la Parole révélée, et avoir laconnaissance des correspondances des vérités natu­relles avec les Bpirituelles. Dans tous les écrits dela Bible, la Parole divme est adressée à la fois illEglise de lavenir et aux Eglises du passé, cardans son sens interne caehc, derrière lécorce dela lettre, on trouve tou:iours des vérités spirituel­les, dont· les enseignements sappliquent auxhommes de tous les temps. On saperçoit aussi quedans bien des circonstances lhistoire de lavenirde lhumanité se trouve souvent contenue en ger­me dans lhistoire du passé. Telle est par exemple,lhistoire des tentations et de la glorification duChrist, durant sa vio dans le monde, qui est racon­tée figurativement dans lhistoire cl Abraham 01,de ses descendants; elle nous donne en mêmetemps des enseignements utiles 1:l connaître, pourles progrès de la régénération de làme humaine. Nous avons vu na 118 ci-dessus. que lhistoirede la tour de Babel, marque la fin de lEglise deNoé. et le commeneement du culte des sacrificesinstitué par Héber. A partir de cette epoque, oncessa de rechercher la vérité en elle-même, et onperdit de vue le sens significatif des représenta­tifs; les eglises devinrent donc purement repré­senta,tives; la sc.ience des eorrespondances cessa,par consequent, dêtre une sc.ience et elle devintun pur mysticisme. Toutes les m:vthologies an­ciennes, ayant perdu leur sens significatif, né­taient plus que des histoires fabuleuses; ellesfurent lorigine de toutes les idùlàtries du paga­nisme et de toutes les superstitions. Comme on nesentendait plus _sur la verite spiritnelle, il y eutsuivant le langage biblique, une véritable confu­sion de langues et on ne sattachait plus quaul1:-erveilleux et au miracle, eest-ù-c1ire, au rnysti­Clsme. Les peuples anciens avaient donc cessé de ren­
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 281dre un culte 11 Dieu dans le sens interne, cest-a­dire, par I.es affections du cœur et les pensées ra­tionneJ1es qui en découlaient. Or, ces aiIectionsbonnes, et ces bonnes pensées, étaient figuréesdans la sagesse anticlue par les bêtes et los oiseaux,dont chaque espèce lcprésentait une affection ouune ponsée différente. Nous avons déjà, eu locca­sion au na 28 ci-dessus, dexpliquer lorigine duculte des animaux. Bien que les hommes eussent perdu leurs bon­nes atIections et leurs bonnes pensées, ils cr mentnéanmoins continuer leur culte tL Jéhovah, en luioiTrant en sacritîco, les animaux (lui les représen­taient hiéroglyplmluement. Cependant, le Sei­gneuT accepte ce nouveau culte, afin de sadapter, omme par le passe) aux modifications du géniebumain qui devenait de plus on plus externe. Dieuen effet, respecte toujours la liberté de lhommeet ne cherche ù attirer que ceux qui se donnent li­brement a Lui. Cest pourquoi le Soigneur édictodans la Bible les lois sur les sacrifices. mais de ma­nière (lue Jc;urs applications restent représentati­ves des bonnes atIections et des bonnes pensées,alors absentes du cœur de lhomme. Il ne faut clonepas en conclure qne les sacrifices ont éto comman­dés par Diou, (1) car le Seigneur sc borne seule­ment il los réglementer pour quils dovicuncIltlc8représentatifs du culte interne ou de lE;lise spi­rituelle qui doit revenir. Cesi, ninsi r]Ue 10 sang répandu sur lautol, c1l:l-.vient 10 repré:>entatif du Divin na; ; partout où ilest question de sang dans la Bible, il sagit dansle sons interne do la Yerit(~ ; noni:! nous en ::;omme8déj occUPÔ j)1()cédcl1illlont au nO 52. La Parolemcditéc ct nÎm(;.c dévoile le ,frai: cest le sang quipurifie. Le Seigneur lappolle : «( 10 s,mg de la nou­ (1) Vair I, Samuel; XV, 22, - Psaufl1e LI. 19. - Mathieu;IX. 13. 19
  • 282 DANS LEURS APPLICATIONSvelle alliance qui est répandu pour un grand nom­bre, en rémission cles péchés. » (1) Dans le Lévitique (2), il est dit il p1o]1o,5 du sa­crifice des oiseaux, que le sacrificateur devait oterle jabot avec sa plume et le jeter près de lautel verslOrient. Le jabot est la poche dans laquelle loiseau do­pose sa nourriture ayant quelle soit digérée; lejabot correspond à la 1l1(~moire de lhomme, parceque linstruction con6èe à la mémoire et non en­core digérée par la faculté rationnelle, ni adaptéeà la pratique de la vie sociale, est semblable à lanourriture déposée dans le jabot des oiseaux, ctnon encore digérée. Lorsque nous quittons la victerrestre. de telles connaissances restées dans lamémoire seulement, ne sont daucune utilité de­vant Dieu, et eUes sont rejetées. :Malheureusementla religion de la mémoire seule, cstencore celle dela grande généralité des hommes: ils la professentmais ne la pratiquent pas dans leurs rapports so­ciaux. Leur religion est celle du jabot et des plu­mes, et elle est rejetée comme les cendres. Si elleest rejetée près de lautel vers lOrient, cest 1)arceque la vérité retourne ainsi à Dieu, sans quelhomme sc la soit approprioe, ou en ait tiré aucune utilité, Cltr il la gardée dans sa mémoire seulement. Une autre particularité remarquable dans ce culte des sacrifices: cest que loiseau sacrifio de­ vait être entamé et non divisé. Or, le contrairo avait lieu dans le sacrifice des autres animaux; ceux-ci devaient être partagés par Je milieu. (3) Ainsi, pour les bôtes qui représentaient les bonnes affections du cœur il y avait division complète, et chacun des morceaux était placé lun Yis à vis de lautre, parallèlement. Ceci reprcsente les deux Il} Mathieu, XXVI. 28. (2) Lévitique 1. 16. (3) Genèse XV. 10
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 283c,ôtés de lalliance qui doit sopérer entre Dieu et lhomme. Le Seigneur fait inJ1uer le bien da,nslhommo; lhomme le reçoit par lintérieur. Duncoté Dieu conjoint lhomme it Lui, de lautre côtélhomme obéit. « Demeure en NIoi ») ,dit le Seigneur « et moi en toi )) (1) cest ce qui a lieu par le moyendu bien dans la ,-olonte régénôrée. Maislcs penséesde lhomme, qui sont représentées par Jes oiseaux,no sont pas susceptibles c1ôtrc mises en parallèleavec le Divin vrai, car il peut y avoir des erreurset des iJJùsions dans ses pensées, et il peut cepen­dant, être dirigé dans la bonne voie. Ainsi, le cultecles sacrifices nétait Cfuune dévintion du culte ducœur; en effet. lbomine voit le culte des sacriAcesclans lidée dune punition ou dune expiationquil doit simposer pour racheter ses péchés, tan­clis que la pensée divine est qne lhomme doitchasser de son cœur les maux eUes faux.pour Jeursubstituer les biens et les vrais, dont Dieu est lasource unique et, qui doivent, par conséquent, luiêtre consacrés. On voit donc (lue co culte toI quelhomme Je comprenait était impariait; mais ee­pendant, il servait à diriger lhomme dans la bon­ne voie. De môme, la crainte de Jéhovah qui ser­vait de fondoment principal Ida religion Jui 10, pou­vait aider lhomme il sortir dune vie sensuelle,bien que cette idée de crainte dun Dieu miséri­cordieux flit erronée; mais le celté salvi nrplO de laeloyance môme erronée nen existait pas moins,dès lors quelle impliquait la reeonnaissance delautorité divine et. de son droit do tutelle surlhomme. Il suffit donc que lhomme reconnaisseCJuil a des devoirs il remplir em"crs Dieu, bien(luj] ne los accepte point, tels quils sont ensei­gnés réellement. Cest hl pr<~cisémont, ce qui étaitreprésenté par les oiseaux oui devaient être enta­més, mais non partagés. (2) Cl) Jean XV. 4, 5. - (~) Voir Arcalle~ célestes; no 1832.
  • ~ LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE Lidée de sacflfice na jamais été figurative delidée de punition: on la cru, il est vrai, lorsquela religion est devenue un culte externe ou mysti­que, et quon a envisagé le sacrifice comme impli­quant lidée dune expiation des péchés, et nonplus comme lidée de consacrer a Dieu les bonnesaffections et les bonnes pensées dont Il est la sourceunique. Il en est résulté quon a confondu la repentance avec la pénitence, et même on se sertsouvent du même mot latin pœnitentia, pour ren­dre les deux idées qui sont pourtant bien différen­tes. La repentance en eflet, suppose llne conver­sion, et suivant le mot grec METANorA, employédans les Evangiles, une veritable métamorphosede lesprit, un retour complet h la lumière de lavérité. (1) Il est vrai que lobligation de renonccr il,ses erreurs et il. ses passions, au lieu dêtre un plai­sir devient une punition pour celui qui préfère lavie du mal et qui sy ph1t ; mais alors sil ne re­nonce pas à. cette vie du mal, il ne fait, en réalité, aucun sacrifice il, Dieu, lors même quil pratique­ rait le culte des sacrifices suivant le rite de sa re­ ligion. Le sacrifice réel fait il. Dieu, est celui qui est fait par plaisir de cœur, et il consiste dans les bonnes affections ct les bonnes pensées (lui sont mises il. son service. ~dais lerreur du culte des sacrilices devenu chez les chrétiens le culte de la pénitence, a persisté au point que les sacrifices sont devenus typiques do lexpiation du Christ sur la croix, comme une vic­ time innocente, qui racheterait ainsi les péchés du monde. Or, ce sont des sacrifices de justice, et non cles sacrifices injustes et abominables de vic­ times innocentes, qui nous sont enseignés clans la Bible. (2) En réalité, cest le propre divin amour du 8ei­ (1) Voir ci-dessus, n 138. (2) Deutéronome; XXIII. 19. - Psaume LI. 10. 21.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 285gnour qui le décide à faire volontairement subir clson Humain, les épreuves des tentations par dessoufIrances, pour combattre le mal héréditaire,accumulé ot aggravé de génération en générationjusquit Mario descendante de DaNid. Ce mal hé­réditaire avait donc éte transmis ~L lHumain duSeigneur qui dut le combattre, le vaincre et lerejeter entièremont, pour que son Divin puissesunir à, son Humain, son homme interne a sonhomme externe, ce dernier so trouvant alors puri­fié et glorifié. La voie à suivre pour la régénération de lâmehumaine est ainsi touto tracée sur le modèle de laglorification du Christ. Le mal est dans les illu­sions provenant de lamour trop exclusif de cha­cun pour los choses externes, naturelles et sen­suelles; (1) mais les déceptions qui résultent de cetamour mis en pratique, amènent les épreuves destentations par cles souffrances; celles-ci nous met­tent dans lalternative de choisir entre los illusionsot les réalités; les illusions une fois ébranlées, etnon pas confirmées, amènent les choses externes,naturelles et sensuelles, il devenir quiescentes enlhomme, avant que les choses spirituelles, puis­sent se manifester par lamour des vérités interneset supérieures; alors celles-ci dominent sur celles­là qui son devenues quiescentcs, et qui ne ser­vent plus que dinstrument, de telle sorte quelhomme externe devient subordonné ft lhommeinterne, et uni hlui; il ny a donc plus discordan­ce entre eux, ct la régénération est alors opérée. Il en est de même pour lhumanité; lhommesocial passe par des epreuves qui le régénèrent~Taduellement. Ainsi 10 culte des sacrifices aprèsotro devenu les sacrifiœs humains (2) chez les an­ciens peuples, est mitigé chez les Israélites par les (1) Voir ci-dessus, no 14, in fine. (2) Voir ci-dessus, n. 10. in fine.
  • 286 DANS LEUftS APPLICATIONSsacri6ces danimaux; il doit ensuite redevenir lesacrifice de nos mauvaises passions et de nos illu­sions ou mauvaises pensées, par le baptême de larepentance; puis enfin, il doit redevenir lappro­priation du bien ot du vrai, symbolisé dans le sa­crement dola Cène.Le culto des sacrifices doit clonefaire place dans nos àmes au Soigneur Lui-même,cest-il-dire au divin vrai ot au divin bien. 14 1. Il Y a dexcellents L1"Ctcts, publiés en Angle­ Lterre et en Amérique par des membres de la Nou­velle Eglise; ils nous renseignent très clairementsur le sens caché de toutes les histoires bibli­ques. (1) Ainsi, nous lisons dans une publicationhebdomadaire, (~) une explicaüOlI par le PasteurTho. A. King, du sons spirituel du bàton de Moï­se, miraculeusement changé en serpent, dont il estquestion aux chapitres III et IV de lExode. Quant au miracle en lui-même, on peut lexpli­quer en admettant que la vue spirituelle de Moïsea été ouverte pour la circon.stance. En cfIet, nousavons observé ci-dessus, n) 27, que les objets quelon voit dans le monde spirituel, se transformentsuivant les états interieurs de celui qui les voit:ces objets expriment, en conséquence, exactementces états de ltune, ct de continuels enseignementsen sont tirés par les habitants du celeste sejoLll;.Mais on est libre dexpliquer ce miracle dune au­tre manière, en admettant quil fùt lcouvre de ladi vine puissance qui, par linflux du bien ct duvrai, introduit les choses du monde spirituel dansle monde naturel, en les transformant en chosesqui correspondent. Quelle que soitlexplicaüon dumiracle, il nen avait pas moins pour but, clansson sens littéral, dinspirer aux Israélites la crainte (1) Par eX0mple: The Divine vVo~cl opened, par le PasteurBayley Londres, 1875. - The ;"calities of Ileaten. pa" lePasteur T. F. Wright. - Philadelphie. (2) The Helpe;; uo 7 dl! 1" volume. - Philaclelflhie.
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRAIRES 287 de Jéhovah. Il ne faut donc pas perdre de vue, que pour linstant, ce qui nous intéresse dans ce mira- cle, ce nest pas le miracle en lui-même, mais cest lenseignement spirituel qui peut sen déga- gel; co dernier enseignement est aussi li ladresse des chrétiens de lavenir qui édifieront une Eglise spirituolle. Le Seigneur parle li Moïse au milieu du buis- son ardent, de son intention de délivrer les enfants dIsraël des mains de leurs oppresseurs. Connais- sant linfidélité de son propre peuple, Moïse dit au Seigneur dans les versets 1 à 4: « Mais voici, ils ne me croiront point et nobéiront point à ma parole. - :Moïse avait un bâton à la main; et Jéhovah lui dit: Quest-ce que tu as en main? Il répondit, un b,Hon. Et Dieu lui dit: Jette-le par terre; et il le jota par terre, ct il devint un ser- pent. Et Mo:ise senfuyait de devant lui. Et Jého- vah dit à Moïse: Etends ta main ct prends la queue du serpent; et en faisant ainsi, le serpent devint un bâton dans la main de Moïse. » Les Juifs etaient un peuple dun cœur dur qui ne pouvait ètre amené à lobéissance à Jéhovah, autre- ment que par des moyens externes, comme les miracles, car jamais ils ne seraient arrivés à cette obéissance, par de simples appels cl la raison et à la conscience. Il y a dix-huit siècles que les chrétiens ont reçu lAncien Testament, ct ils nont pas encore fait, plus que les Juifs, de grands progrès dans la con- naissance du sens spiritllel, car ils se contentent assez généralement de lentendre seulement dans sa lettre. :Mais il est donné aux chrétiens de la dispensation nouvelle, darriver progressivement à ouvrir ce trésor de la Parole, ct de pénétrer le sens spirituel caché derrière la lettre, parce que la Nouvelle Eglise nest plus fondée sur des mira- cles, et quelle se laisse solliciter à lobéissance a
  • 288 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE Jéhov.ah par de simples appels à la raison et à la conSClOnce. Un bùton signiüe ce qui soutient lhomme, et par suite, correspond il. ce qui donne un support iL son corps spirituel. Tous nos cinq sens, consti­ tuent un appui dans la main de lhomme spirituel, car pOUl que celui-ci saffermisse ct développe sa vue spirituelle, il est nécessaire que sa religion lui fournisse iL la fois des enseignements naturels et des enseignements spirituels. Le bâton représente clans lhomme naturel, la vie naturelle clans son état de subordination il lhomme spirituel, car il sert comme appui, de même que la pratique des conuFandements de Dieu, est un fenne appui pour notre homme spiri­ tuel. LEglise qui ignore les vérités scientifiques, est impuissante et faible, mais lEglise qui les tient dans sa main ou dans sa puissance, et sen sert comme dun appui est puissante et forte. A cette Eglise, le Seigneur révèle la vraie doctrine, et lui ouvre le sens interne de la Parole: telle est lEglisede la Nouvelle Jérusalem. Cette Eglise fera de mer­ veilleux progrôs sur cette terre parce queHe tientla science comme un bàton dappui dans sa main. Lorsque la géologie fut crécie, lancienne man.ièredentendre littéralement les saintes Ecritures. futentièrement discréditée, car pour tous ceui quipensent, tout était fini avec linterprétation litté­rale de~3 onze premiers chapitres de la Genèse.Mais pour la Nouvelle Eglise, cétait un bâton, quine peut devenir un serpent, que sil est jeté ilterre: or, la Nouvelle Eglise sait ]0 saisir et alorsil deviont pour elle nn appui tel quelle le tientsolidement de nos jours. La vraie théologie ne se détourne jamais de lavraie science: Dieu est iL la fois lauteur de la Pa­role révélée et de la nature, de telle sorte que lacontradiction entre les deux ne peut exister pour ~
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 289la Nouvelle Eglise, qui. est destinée a lire couram­ment la sagesse de Dieu dans la Bible de la na­ture, comme dans la Bible écrite. Séparé du mental interne, :jeté à terre, le men­tal externe ou naturel, devient la proie des illu­sions sensuello~, et tous ses raisonnements sontfaux; cest ainsi quil devient un serpent, croyantaux illusions des sens, et quil transforme sonb~iton dappui en un serpent do sensualité et deméchanceté, rampant à terre et mangeant la pous­sière, croyant môme que tous ceux-la sont igno­rants et stupides, qui marchent droit et préfèrentune nourriture différente. La science, comme le serpent en Eden, devaitnous servir à marcher droit, à tonir la tète hauteau-dessus de la terre, età.reconnaitre Dieu commela source de la vie de toutes choses. Cest le dos­sein de Dieu, dans lœuvre de notre régénération,de nOLlS faire prendre co serpent, cette vie natu­relle, la nôtre, en lunissant à notre vie spirituelle,on la convertissant en un bùton dappui. Cestpourquoi Dieu dit à Moise: « Etends ta main etprends la queue du serpent. )) Cest co que nousdevons faire; mais dabord, il faut senfuir de lui,car 1Vloise on sc sauvant du serpent, nous enseignelhorreur que nous devons eprouver à la vue denos maux: le montal naturel reste un serpent, silnest pas changé en un bc,ton dappui. Sil est dit, quen le prenant, nOLlS devons lesaisir par la queue, cest parce que la qneLle du ser­pent correspond aux choses dernières du mentalnatt.rel-sensueL Toutes 18s pon~ées sensuelles for­ment la queue du serpent, et cost par les penséessensuolles que nous devons commencer notre régé­nération. Le Seigneur afait tout son possible pournous aider dans cette voie. car il descendit jusquesur 10 plan do notre vie naturelle et sensuelle:cest ainsi quIl éleva de terre le serpent, et en fitun bâton dappui dans la main de sa divinité.
  • 290 DANS LEURS APPLICATIONS 145. Il Y a des versions françaises de la Bible,qui traduisent ici le mot hébreu mis pour bâton,par le mot verge; or, ces deux mots ne sont passemblahles ; une velge signifie une baguette, unsceptre, le symbole de la règle et de lautorité,tandis quun bùton signifie un appui, un supportaux jambes pour marcher avec moins de fatigue.Dans les écrits de la Nouvelle Jérusalem, le motoriginal hébreu est toujours traduit par bàton,parce que cest son sens exact, et que le bcHonseul peut donner une idee claire du sens spiritueldu miracle en question. A mesure que la Nouvelle Jérusalem fera desprogrès dans le inonde, on sentira de plus en plusle besoin davoir une version de la Bible traduiteexactement, ce qui ne scra bien fait que par unhébraïsant familiarisé avec la connaissance descorrespondances des vérites naturelles avec lesvérités spirituelles. Cest pourquoi aussi, quelquesmembres de lEglise de la Nouvelle Jérusalem àParis, ont fondé une Société biblique. 14G. Les miracles ne furent pas ainsi quon selimagine souvent, faits en violation des lois natu­relles. mais bien suivant des lois définies résultantde linflux du bien et du vrai divins, qui introduitles choses du monde spirituel dans les choses dumonde naturel, et qui transforme celles-ci en cho­ses correspondantes aux verités spirituelles ainsisignifiées. La violation prétendue des lois natu­lelles par l,Lccomplissement des miracles, nestconsidérée commc chose de foi, que par ceux, quiveulent quon entende lEcriture sainte, absolu­ment dans 10 sens littéral, et qui ne se préoccu­pent que fOIt peu du sens spirituel. Un exemple frappant, cité souvent par ceux quine sattacbent quau sens littéral de la Parole, estIe miracle de Josué (1. qui est dit avoir arrêté le (1) Josué. X.12,13.- Voir aussi « lApocalypse expliquée,,, uo401.
  • SCIENTIFIQUES, AUTISTIQUES ET LITTÉHAIRES 291 soleil. Le soleil qui sarrête signifie dans le sens spirituel de ce passage, la présence de lamourdivin qui enflamme le cœur des hommes; la lunequi sarrête également dosigne, la présence de lafoi qui oc1aire, fortifie et donne la confiance. Josuodit après avoir mentionné ce miracle: « Cela nest­il pas écrit dans le li He du Juste )) ? Ce livre qniétait prophétique, faisait partie dune Bible anté­rieure à la nôtre, dont nous avons parlé ci-dessus,n° 36. En réalité, il sagit dune invocation à la­mour divin pour remonter le cœur des combat­tants et rendre par la foi la puissance ~t leursarmes. Quant au miracle lui-môme, sil étaitarrivo littéralement. toute la nature eût oté bou­leversée, ce qui nar:rive pas avec les autres mira­cles mentionnés dans b Bible. Il est donc bienpermis dadmettre quil yeût unc lumière qui ser­vit ~t éelairer Jes Israélites, qui leur apparut commela lumière du soleil, paree quclle en remplissaitlofLice. Interprétcr ainsi le miracle, nest pas unelicence plus grande que celle que nous prenonsencore aujourdhui, lorsque nous disons que lesoleil se lève et se couche, bien quo ce soit la terrequi roule autour de son orbite. Nous parlons ainsisuivant le" apparences, bien que nous nen soyonspas dupes. Un autre miracle qui paraît bien extraordinaire.est le miracle cle Jona~, dans Je ventre de la baleine. Cependant, on peut admettre quil soit rcellementarrivé, car il ne suppose pas comme le précédent,un bouleversement de toute la nature. Ce qui doitnous intoresser dans cc1ui-ci comme dans lesautres, cc nest pas le miracle en lui-même, maisbien lenseignement qui nous donne la connais­sanee de son sens spirituel. Le Christ rappelle cemiracle lorsquil nous dit que, « de même queJonas fut trois jours et trois nuits clans le ventrede la baleine, de même le Fils cle lhomme seradans le cœur de la terre trois jours et trois
  • 292 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEnuits. » (1) Il faisait allusion ~L ses combats contreles tentations, et iL ses victoires sur les enfers, jus­quà la dernière victoile qui eut lieu SHI la croixet qui fut lunion complète de son Divin avec sonHumain, ccsUt-dire, sa glorification. Sil est ditque le Fils de lllOmmo doit être clans le cœur dela terre, cest pour signifier aussi quo le divin vraidoit pénétrer dans la volonté de lhomme pourlaider a surmonter ses tentations ou les maux desa volonté, il mesure quo ses connaissances du bienet du vrai dispersent les faussotés de son entende­ment. Il sagit donc à la fois des combats et destentations du Seigneur, et de ceux de lhomme quiveut travailler a sa réformation ct a sa régénéra­tion finale. Les poissons signifient toujours dans la Bible,les vérités scientifiques qui appartionnent àlhomme naturel externe, et les grands poissonstels que les baloines, figurent les vérités scientifi­Elues générales et prédominantes. La mer symbo­lise lamas des connaissances naturelles. Jonasreprésente donc lhomme qui est tellement entraî­né dans la mer des connaissances mondaines queses facultés intellectuelles en sont assoupies. Ilveut, de mêrne que les hommes de lEglise Ada­mique, lorsquils sécartôrent de la sagesse divine,se laisser diriger par la science seule, ainsi se diri­ger par lui-même et non plus sc laisser dirigerpar le Seigneur, cest-iL-dire par les vérités inté­rieures et suporieures qui transformeraient ensagesse, sa science mal digérée. Jonas est doncdans le ventre cIe la baleine, parce quil est livréau combat des tentations: il est nécessaire à cha­cun dêtre tenté, afin quil puisse avoir loccasionde se purifier de ses maux héréditaires, ou dunaturalisme dans lequel il est no. De mème quedans le ventre les aliments doivent être purifiés (1) Jonas II. 1; Mathieu XII. 89,40; Luc XI. 29. 30.
  • LER PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 293 de telle manière, que les paeties nutritives puissent être séparées et amenées dans tout le système et les inutiles rejetées; de même lhomme qui com­ bat contre les tentations mauvaises, est purifié et nettoyé de sos fausses idées: il devient alors rationnel. Il est entendu que cette opération doit être commencée et achev(~e pal les teois jours et les trois nuits durant lesqueb, il y a des états alternés de vrai et de faux, ou de jour et de nllit. Le nombre trois embrasse à la fois, les trois élé­ ments de lunite de tout acte complot, a savoir la fin qui se réalise par la cause dans leffet: cest pourquoi le nombre trois est toujours dans la Bible, le symbole de ce CJui est commencé et ache­ vé. Il est clit encore que Jonas pria le Seigneur, et quil obtint que le poi~ôson le vomit SLU la terre sèche. Il ny a pas de regénération possible pour( lhomme cJ.12i sait, mais qni ne fait pas Qe ql~lsajt. Faire est ce qui entendu par la terre, car une chose est fixée sur la. terre sèche, ou achevée lorsquelle est faite. Cette histoire signifie donc que les llommes trop entièrement absorbés par leurs connaissances scienti1îclues. sont si bien ava­ lés par la baleine de Jonas, (l~uils ne comprennent plus les enseignements de la. sagesse divine; ils sont par conséquent, heureux de parvenir il, se convaincre, il la suite de leurs épreuves dans la lutte contre les tentations, qllO la science nest pas destinée ~l. obscurcir lintelligence cles choses divi­ nes, mais (lUcHo est destinée ù confirmer celles-ci et il sharmoniser avec elles. Sans porter atteinte en quoi que ce soit, a len­ seignement que toute Eglj,ac spirituelle peut pui­ ser dans le sens interne dés miracl~, on peut donc les conSidérer comme desfaits-dostinés à convertir les hommes sensuels, en lem inspirant la crainte de Jéhovah, et la foi à son incarnation clans le Christ. Mais tout merveilleux qLijis appalais::;ent
  • 294 DANS LEURS APPLICA.TIONS aux hommes auxquels ils ont cté directement adressés, en réalité, ils sobtenaient seulement par une observation exacte de la science des corres­ pondances des choses naturelles avec les spirituel­ les. Or, ceci suffit pour montrer quils nont jamais été que le résultat de Jois définies qui ont été mises en application touies Jes foif> que le Seigneur la jugé utile ponr lenseignement cles hommes. Les miracles du louvouu Testament ont été1­ continués par les apotres durant les trois premiers 1 sièclos du christianisme, aussi longtemps que , lEgli~& a conservé intacte 15tjoi la plus vive clans la divinité du Christ, que les chrétiens reconnais­ saient alors comme Dieu Tout-Puissant et unique. Mais les ap6tres navaient le don de ces miracles, que parce quil était nécessairo do poser les pre­ miers fondements du christianisme parmi cles hommes sens~LCls, cbez lesquels on ne pouvait en­ coro Etire germer (lnune foi naturelle basée sur la crainte do Dieu. Jean Cltrvsostômo, d~ms une do sos homèlies, (1) nous fixe h J)eu près iepoquc où JEglise perdit ce pouvoir, lorsquil nous palJccles tentations infruc­ tueuses clans ce sons, faites par los apôtres de son temps; et, cest prècisémont ïors le IVcIIlc siècle (1) Voir lépître dn cOl1solation de CIIIysostôme éClile il SOli ami intimc Sta~:irius Yel~ lan 383 ou 384 dû lJotre ère, On v lira quulJ moine était possédé pal 111 démOli et toulmûnlÔ d;, la méme maniôr-e qlle le~ démon iI<[UCS ,Jont il (Jst fJuestion dans le Nouve::m Testalllcnt, Cette IIlHludic [HlInll être crl1u que dans nos temps moderncs, n()llS appcl()ns lêlJilùpsié. Cl) moine ne ~adressa pas all" méc!(,cins de Sln tl~mps, qui du rcste, semblent ne sollo jamais mêlés do guôrir des llIal:ldiefl de celle nature; mais il s:ldlcssa ; celt:lins saints c"orcistes qui jusque-là, navHientjflm:lis nHtllqnô de plOCHllr ,JII sOllla­ gemeDt à dautres démoniaques Lluils :lVaÎll)) telltreplis de"ol­ cisel, 01, Chlysoslôme nous :Ipplund quil~ ccilouélent com­ plètement ùans leUl! eXOIcisllles ut luili; scn allèrent tout hOllleu" de cr ],rCmiel ér.her., Et Cilry:;o~tôme ajouto: "Lol~­ que lEglise peldit son POUVOil tle (aire de:; (ouvres pal le Sei­ glleur, le diahle dl ,;~a lin pouvoir semblable à Sl place, dont lEglise se se lvil. : tels sont les invocntions pal le~ reliques, les os et les cendrei; des martyrs, etc, »
  • SCIENTIFIQUES, AHTISTIQUES ET LITTÉHAIHES 295que le concile de Nicée par son dogme de la trinitédes dieux, marque lépoque de laffaiblissement dela foi chrétienne au Dien unique. Cest pourquoiSwédenborg écrit (1) que lEglise chrétienne, dèsson berceau, a commencé a être infestee et déchi­rée par des schismes, des hércsies; et, dans lasuite des temps a été blessée et lacérée il peu prèscomme on lit, qne le fut lhomme qui, en descen­dant de Jcrusalem il, Jéricho, fut attaqué par desvoleurs; ceux-ci après Javoir dépouille et couvertde plaies, le laissôrent demi-mort. (2) On pourrait continuer la comparaison et dire quele christianisme it demi-mort attend le bon sama­ritain: cc1ui-ci représente les nations qui sontdans le bien de la charité il légard du prochain;elles banderont la plaie avec de lhuile et du vin,cest-a-dire, avec le bien de lamour et le Tai de lafoi, lhuile et le vin ayant ces signi flcations clansla Parole. (3) La Nouvelle Eglise Chrétienne, dite NouvelleJérusalem, nest plus fondée SI,U des miracles,parce quelle se fonde sur lintelligence du sensspirituel de la Parole, rt, quo les miracles, sils sefaisaient chez elle, sexpliqueraient rationnelle­ment, et ainsi ne seraient plus des miracles. Leslois de la nature ne sont pOllf la Nouvelle Egliseque les dériyations dos loi:; du monde spirituel,car la nature par elle·môme nest que la matièreinerte. Les guérisons des maladies pourront doncse renouveler par les applications de la science descorrespondances, lorsque cotto science sera bienconnue ct a11 iee à une conception précise de la di­vinité du Christ, cest-à-dire, de Jéhovah incarné etreconnu comme Dieu unique. 147. Tontes les choses qui sc manifestent à no­ (1) Voir la Vraie Heligioll Chrétienne, n 378. (2) Luc X. 30. (3) Voir lApocalypse expliquée, Il 375 et lt44.
  • 296 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNEtre vue dans les trois règnes de la nature, sontproduites par des appllcations de cette science des(;Orrespondances des chusos naturelles avec lesspirituelles, et en même· temps par un influx éma­nant de la sphère qui entoure le DieLl unique. Con­sidérées en ellcs-mèmes, les créations de la naturesont autant de miracles, bien quelles nous soienttellement familières quelles ne nous apparaissentplus comme des miracles, et quelles sont, elles­mêmes des applications de la science des corres­pondances. Les miracles décrits dans la Bible. ont eu lieuen vertu des mêmes lois, cest-à-dire par un influxdu monde spirituel dans le monde naturel, et ilsont été produits également par une introductiondes choses du monde spirituel dans des chosescorrespondantes du monde naturel. La croyanceà Jéhovah incarne dam le Christ est devenue pourle monde moderne la nouvolle porte clintroduc­tion dans cette science des correspondances; enoHet la sagesse chrétienne lIlle lois adaptée au gé­nie moderne, ainsi quelle est destinée il lêtro,deviendra le complément nécessaire de la sagesseantielue : La 8ocù}té théosophique fondée dans lInde ctreprésentée en France et dans plusieurs pays delEurope, prétend cependant, arriver il, souleverle voile des lois inconnues de la nr"tnre et de tous lesfaits miraculeux, par la seule connaissance c18sreligions antiques des Aryens ct des autres racesorientales. Mais comme elle nie la divinité duChrist (1) et par suite certains faits providentielsqui se sont passés dans le monde m6me il, pnltÎl destemps prcllistoriques, et qui sc groupent pour le (1) Voir le Lotus, Reyue de hantes études tllOOsol,hiqllCS,(Georges Carré libruile il Parié), livraison dAni! 1888. On ylit p. lO,qne J?su, Chrisl na jamais ôlé un personnage histo­rique. Cet allide est signé pal jImc Blavnl,;l.,y, sc;;rélairecorrespondant de la iociété théosophique.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE 297 monde moderne tout autour de ce grand fait central ct historique de la divinité du Christ; comme elle ne veut pas voir, malgré lévidence, le Dieu incarné annoncé et attendu par ces antiques religions elles­ mêmes, (2) nous sommes assurés que touteB les étu­ des faites par ses membres, ne pourront aboutir quà des connaissances dans les sciences magiques cest-a-dire, à des pratiques de spiritisme; or celles­ ci continueront toujours comme par le passé a être nuisibles ct ne seront jamais utiles aux hommes. En effet, ces pratiques ne peuvent servir quà ac­ centuer le divorce entre la sagesse et la science, divorce qui fut déjà la cause de la décadence des sociétés humaines, ainsi à retarder, sinon à enra­ yer, lessor de la civilisation moderne vers le réta­ blissement de la fraternité parmi les hommes. La vérité est une, et il faut ladmettre toute en­ tière, bien quelle se présente sous une variété in­ finie daspects; si vous retranchez une seule de ses faces, vous ne ladmettez pas dans sa synthèse cest-a-dire dans son unité densemble. La société théosophique adopte elle-même pour devise quilny a pas de religion plus élevée que la vérité : orDieu est la vérité, et pour parler le langage des théosophes, Il est aussi bien la verité exotérique quela vérité ésoté?ique, ou la vérité externe que la vé­rité interne; mais prétendre sauter par dessus laprincipale face de la vérité externe ou exotériquecest-à-clire, nier le fait de lincarnation du Dieu unique dans le Christ, ceRt prétendre escaladerle Ciel, sans passer par les premiers ~chelons quipeuvent seuls nous conduire, nous autres modernes,il, la vérité interne on esotérique et ainsi dela terreau ciel. NOlis avons suffisamment développé ce point defait, que, par cela même que lhumanité en vieil­ (2) Voir ci-dessus au no 40 in fine, ce qui est dit de cette at­tente giuérale de la venue du Christ.
  • 298 DANS LEURS APPLlCA.TIONSlissant est devenue dun génie plus externe ettout ~t fait sonsnel, elle ne péut plus saisir lidée deDieu, la, concevoir etla comprendre quen laccep­tant préalablement, Sllr ce plan sensue] du géniehumain moderne, plan clans lequel il a dû descen­clre et sincarner, pour rattacher son alpha il. sonôméga, et permettre, par lIll procédé semblahle, iLlhumanité de rattachel égalr.ment sa fJn il. soncommencement, ou son amour, trop exclusif deschosos externes aux vérités internes ou su périeu­les qni en constituent làme ot la vie. Chez le:-:;Très-Anciens, ou chez les hommes de la primitivehumanité, il y avait linflux divin qui pénétraitsans obstacle dans lintérieur de leurs mentaIs, etqui snfnsait, par conséquent, pOUf leur lôvélmDieu dans son urLité et dans sa forme humaine.Mais il, meSUf() qlle les hommes c1e"inlont plusextelDes, les intôrieurs de .leurs mentaIs ::;e bou­chèrent. et 10 é1ictamen interne ne pouvait pluspénôtrer dans ses vases ré<:.ipien1s de la "o]onté etcie lent(~ndement. Na~allt pins accôs dans loshommes,il ne servait plus il éclairer les mentaIshumain::; üi, il. complôtel la lumière par la voieextel11e : cest pOUlq uoi, Dieu cl nt. (Ill moyen dunedispensation nouvelle, augmenter la lumière pro­cédant par la voie exte1lle, an n de lamener insen­siblement il. le:joindre la révôla1ion perdue par lavoi.e intcrno ct il reconstituer celle ci. Cette lé-ilation pal la voie externe nest plu::;seulement contenue clans not!c Biblo ac1uelle,mais elle sc puise aussi dan::;lôtude des raits scien­tifiques de la. créa,tion. LclII éLude persistante ycompris le fait historique e1 scientifiquo de lin­carnation clu Dieu unique, fera lornce des cche­lon::; nécessaires pOlr sélever il. lintelligence dusens spirituel de ces [o[)lésentatif::; du morfcl0 nalu­reJ.;ellonous fera, progressivement ressaisir, parla voie rationnelle, les é]it<8 révélées au moyende lil fl.llX intériew. dit dictamen in terne, gl:àce ,.1
  • SCIENTIFIQUES, ARTISTIQUES ET LITTÉRA.IRES 299 au secours qui nous est octroyé plus abondam­ ment des vérités révélées par la voie externe. Souvenons-nous que Jéhovah, estlâme de toute la nature créée; or celle-ci pareille il. une vierge éter­ nelle, engendre depuis le commencement du mon­1 de, son fils, car elle se perpétue par lopération toute interne de lesprit divin, sans avoir rien de commun avec un Dieu externe; il nest donc pas irrationnel de croire que Jéhovah pour relever les hommes de leur chute dans lamour trop exclusif des externes, a pu, par la même opération, naitre Lui-même dune vierge et sincarner dans le Christ: par ce moyen Jéhovah est parvenu à se rendre aussi externe que la pensée humaine, des­ tinée à être le miroir du Dieu unique, était e11e­ même devenue externe. Telle est lœuvre de la Rédemption: Observons en passant que celle-ci est distincte de lœuvre de lhomme qui travaille il son salut pour la vie it venir; en effet, la Rédemp­ tion, qui est lœuvre de Dieu, se distingue de la 1légénération en ce sens que celle-ci est la coopé­.Jlu"ation de lhomme à lœuvre de Dieu, IlDieu pour que lhomme coopère h cette œuvre de faut donc pouvoir continuer à se régénérer. 148. Comme cette conception dans notre monde terrestre du Dieu unique ou de Jéhovah incarné dans le Christ, est la seule voie qui nous soit ou­ verte maintenant, pour reconcluolir lantique sa­ gesse perdue, voilit pourquoi le Seigneur nous dit dans Jean. (1) « En vérité, je vous dis, celui qui nentre pas par la porte de la beroerie, mais qui monte par un autre endroit, celui-ht est un voleur et un larron; Moi je suis la porte; par Moi si quelquun entre, il sera sauvé. » En effet, entrel" pm" la pOI"te dans la bergel"ie des brebis, cest entrer par la foi dans lamour pour se conjoindre à lœuvre du Seigneur. Cest ainsi (1) Jean; X. 1 et 9.
  • 300 LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODERNE . -t1 • "1 , J que les hommes reconnaissent que toutes les choses de la foi et de la charité viennent de Lui, parcs quelles influent de Lui; mais les attrlbuerù dautres et surtout se les attribuer a soi-même, cest tolej" dans le sens spirituel, et ainsi, placer le mérite dans les œuvres. Entrer par la porte, cest entrer par le vrai clui appartient il la foi, vers le bien de la charité et de lamour, aussi vers le Seigneur, » (1) Le Seigneur a dit avec raison: « Nul na un amour plus grand que celui-ci: quand quelquun dépose son âme, cest-à-dii"e sa vie, pour ses amis. » (2) Celui-la seul qui sadresse au Seigneur, le re­ connait et croit en Lui, entre par la porte, ot du plan de vie corporel et sensuel, il peut sélever sur ]e plan de vie naturel, puis de celui-ci il pourra monter sur le plan de vie spirituel, en transfor­ mant sa foi naturelle on foi ,;piri tuelle. 149. Dès que lhomme a fait son entrée dans la vie spirituelle, en commençant pal lùpprentissage 1de sa ie naturelte, qui nest que lapparence et le symbolèèfe la vie spirituelle, il saperçoit que sa( vie réelle nest plus constituée par les événements èXféfie_urs il travers lesquels cependant, il est né­ cessaire que nous passions dans cc monde terres­ tre, pour arriver au monde spirituel, mais que sa) Yi~ réelle est cons!;ituée par les c.hoses. intcl}eures. qlll touchent nos ames. Celles-el, CJUl sont vues dans le monde spirituel par leurs représentatifs ex­ ternes, sont réelles, parce quelles affectent immé­ diatement la vie de ceux qui les voient; mais les représentatifs ou les objets extérieurs que les hommes voient dans le monde terrestre. naf[ec­ tent point immédiatement leur vie, si ce nest, quautant et selon que, chez eux, ces choses qui appartiennent ù la lumière du monde, se conjoi­ (1) Voir Arcanes célestes; nos 89)6, 8989. (2) .Jean; XV. 13.
  • LES PRINCIPES DU DROIT DIVIN MODEnNrj~ 301 gnent dune manière adéquate avec celles qui ap­ partiennent à la. lumière du Ciel, qui est aussi la lumière de la pensée humaine. Il faut dOllC préalablement, ~1 linverse du disci­ ple Thomas, qui avait dù voir matériellement pour croire, accepter de cœur et de confiance les vérités révdées naturelles annoncées dans la Bible, et les voir ou les entendre rationnellement, cest-tt-dire les comprendre et par suite les aimer, avant darri­ ver avec laide Chl dictamen interne, 11 accepter de cœur les vérités révélées spiritueUes; cest ainsi quon aeri ve ~t transformer sa foi naturelle en foi spirituelle. Il faut dabord commencer par lenfance avant de pouvoir arriver ~t làge dhomme et à la sagesse; il faut dabord aceepter de confiance les signes divinement révélés avant dentendre les choses signifiées par ces signes, en un mot, il faut passer par le bien naturel avant de pouvoir attein­ dre au bien spirituel: cela sera possible à tous ceux qui auront soin den appeler aux lumières des trois témoins nécessaires, dont nous ,wons padé ci-dessus au n° 102. Cest ainsi, par exemple, quon arrive i.L com­ prendre que le vrai soldat, nest pas celLliqui tient un fusil ou un sabre, mais bien celui qui dans le silence de son cœur combat contre la puissance du mal, et soutient la lutte intérieure contre les ten­ tations; que le vrai voyageur, nest pas celui gui a fait le tour du mOnda, mais quil est cet llomme qui, dans le royaume de la pensée et du sentiment, sélève il. la conception duDivin Vrai, ct progresse dans les applications de ce divin vrai aux choses de la vie. En cHet, tous les actes de la vie dans leIrmonde terrestre, non-seulement représentent les états ç.orISlspondants dola vie spirituelle, mais sont lèSfondements naturels de cette vie spirituelle; ce sont clonc les formes les plus externes dans les­ quelles elle doit toujours reposer, par cette raisonl que la terre est la pépinière du Ciel.
  • 302 DANS LEURS APPLICATIONS Les representatifs sont donc bien comme des échelons qui nous permettent de monter des véri­ tés apparentes aux y~rités internes et réelles. On voit donc que lorsque lhomme se sépare de Dieu, et quil ne peut plus recevoir de lui ses ins­ pirations par les facultés intemes, Dieu dans sa miséricorde le relie à Lui au moyen des sens, de la science et de la raison. r Mais si les causes du bien-être